La Caverne (by ViveAdam)

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Summary:  Perdus dans une tempête de sable, les Cartwrights font halte dans une mystérieuse caverne

Rated:  MA  WC  4500

 

La Caverne

 

Ils avançaient au pas lourd de leurs chevaux, la tête baissée pour protéger leurs visages des grains de sable dont la course éperdue s’arrêtait brutalement sur leur peau. Ils avaient tous quatre placé un bandana sur les yeux de leurs montures. Celles-ci ne voyaient rien mais se laissaient guider par leurs cavaliers.

 Adam et Hoss chevauchaient en tête, suivis de près par Ben. Joe fermait la marche.

 – « J’espère au moins que vous savez où vous allez », cria-t-il à ses frères mais nul ne l’entendit, le vent vrillait leurs oreilles.

– « Tu vois ce que je vois, Hoss, ou c’est un mirage ? J’ai l’impression qu’il y a une grotte dont l’entrée est éclairée par une lanterne », demanda soudain Adam en hurlant pour se faire entendre.

– « Non », répondit Hoss sur le même ton, « ou alors, nous sommes victimes de la même illusion. Moi aussi, je vois une grotte dont l’entrée est éclairée par une lanterne. »

– « Pa, Joe, venez vite. Nous allons pouvoir nous mettre à l’abri. Regardez. »

Ben et Joe tendirent le cou et aperçurent, eux aussi cette étonnante et inattendue manifestation de civilisation en plein désert, en pleine tempête de sable. Il y avait bel et bien une lanterne qui brillait, éclairant une anfractuosité dans le rocher.

– « C’est peut-être un mystère », clama Joe, exprimant ce que tous pensaient « mais l’heure n’est pas aux spéculations. Vous faites ce que vous voulez mais Cochise et moi, nous entrons. » Et, sautant de sa selle, il prit son cheval par la bride, se pencha et disparut à l’intérieur.

Ben, Adam et Hoss ne perdirent pas de temps à réfléchir. Eux aussi pénétrèrent dans la caverne. Ils se retrouvèrent dans une sorte de salle voûtée éclairée par une torche brûlante fixée à la paroi. Avant qu’ils n’aient eu le temps d’explorer plus avant leur refuge, une jeune fille émergea du fond de la grotte. C’était une ravissante brunette aux yeux de jais, aux cheveux retombant autour de ses joues en vague ondulante, une très charmante apparition.

– « Bienvenue au havre, Messieurs », dit-elle aimablement. Suivez-moi, nous allons installer vos chevaux puis nous nous occuperons de vous. »

Les quatre hommes s’entre-regardèrent, stupéfaits et, rendus muets par la surprise, suivirent leur guide.

Elle était vêtue d’un corsage à manches ballons vert et d’une jupe rouge sombre sur laquelle éclatait de blancheur un tablier de forme ovale bordé d’un croquet. Un sage nœud de la même couleur que la jupe, emprisonnait une lourde mèche de cheveux sur la nuque.

Le passage était relativement étroit e ils durent se mettre à la queue-leu-leu, puis, au bout d’une trentaine de mètres, ils débouchèrent sur une longue et haute galerie dans laquelle des stalles avaient été installées. Plusieurs chevaux étaient déjà là et des hommes s’affairaient à les bouchonner ou à les nourrir. Les Cartwright écarquillèrent les yeux : qu’est-ce que c’était que cette écurie bâtie à l’intérieur de la montagne ? « Mais d’où vient l’air ? » se demanda Adam.

– « Il vient de bouches d’aération percées dans le plafond », le renseigna la jeune personne. Adam rosit, réalisant qu’il avait pensé tout haut.

– « Si vous voulez bien », reprit la demoiselle, « vous pourriez laisser ici vos chevaux, ces Messieurs s’en occuperont. »

– « Oh, Miss », interrompit Hoss, « nous pouvons le faire nous-mêmes. »

– « Inutile, laissez les faire, c’est leur travail. Venez, un dîner chaud vous attend. »

Il n’y avait pas de meilleur argument pour convaincre Hoss. Avec son père et ses frères, il emboîta le pas à son charmant cicérone qui les conduisit dans une autre grande pièce, très animée, une sorte de salle à manger géante.

– « C’est fantastique, cette hacienda bâtie dans l’antre de la montagne », murmura Ben.

– « Oui », répondit Adam, « j’en admire l’architecture. »

– « Et moi », fit Hoss, « j’en apprécie la bonne odeur de soupe. »

– « Et moi », commenta Joe avec un sourire gourmand, « la population. »

Une demi-douzaine de jeunes beautés, toutes habillées de la même façon, s’agitait dans la salle, apportant aux convives attablés des plateaux bien garnis. Il y avait des hommes seuls de tout poil et de toute condition, fermiers, clergymen, cow-boys à la mine patibulaire, ou des familles de colons avec toute une marmaille. Au centre, un orchestre composé de deux violons, d’un accordéon, d’une guitare et d’un piano, jouait une musique entraînante. La jeune serveuse qui les avait accueillis leur désigna une table ronde située à la distance idéale pour entendre la musique sans être gêné pour la conversation.

– « Au menu ce soir, soupe aux six légumes, omelette aux lardons, terrine de lapin, pommes de terre rissolées et tarte aux prunes, ça vous va ? »

– « Magnifique ! », répondit Hoss. Les autres se contentèrent de hocher la tête mais il était clair que cela faisait plus que leur convenir.

Quelques minutes plus tard, la serveuse revint avec une lourde soupière. Une autre jeune fille, aussi blonde que sa collègue était brune, apporta une carafe d’eau et un pichet de vin.

– « Holà, jeune fille », fit Ben, « nous n’avons pas commandé de vin. J’ai de quoi payer ce dîner mais j’ignore à quel tarif vous facturez ce vin. »

– « Mais Monsieur, ici, on en paye pas en argent, on paye en services. »

– « Que voulez-vous dire ? »

– « Nous recueillons les voyageurs perdus dans les vents de sable, nous les nourrissons et les hébergeons et, en échange, chacun d’eux, ou juste un membre de la famille, nous rend le service que notre patronne décide de lui demander, s’occuper des chevaux, nettoyer les habitations, faire des réparations, décorer pour les artistes.… »

– « Ah, c’est une femme qui dirige cet établissement ! Pourrions-nous la voir ? »

– « Monsieur, elle ne se montre que quand elle veut et à qui elle veut. C’est elle qui a donné l’ordre qu’on vous serve du vin. En voulez-vous ? »

Ben se laissa servir perplexe. Ses fils tendirent leur verre que la belle blonde remplit généreusement. A la fin du repas, Ben se leva :

– « Eh bien, je me sens mieux. Je ne sais pas ce qu’on va nous demander en paiement mais ça en valait le coup. Allez, levez-vous, les gars »

– « Propose-leur qu’on s’occupe des chevaux », proposa Joe, « c’est dans nos cordes. Ou alors, qu’on fasse la vaisselle avec toutes ces petites gueules d’amour qui tournoient autour de nous depuis deux heures. Je suis sûr qu’on ne verra pas le temps passer. »

Ben allait se retourner pour le semoncer quand il vit approcher la blonde langoureuse et la brune sémillante qui les avaient servis. Il fit un pas vers elles avec un sourire engageant :

– « Eh bien, Mesdames, vous le voyez, je suis prêt. Quel est votre… prix », s’enquit-il avec un air malicieux. « A nous quatre, nous savons tout faire, vous savez. Mon fils Hoss n’a pas son pareil pour ferrer les chevaux, mon fils Adam est architecte et habile de ses mains, je sais faire les comptes, quant à Joe, le plus jeune, il est capable de toutes sortes de tâches, botteler le foin, grimper sous les toits pour nettoyer les charpentes et même, selon ses dires, faire la vaisselle. Mettez-nous à contribution »

– « Oh, ce n’est pas la peine, Monsieur Cartwright, vous allez pouvoir vous reposer, c’est lui qui va payer. »

En disant cela, la belle blonde pointait son doigt fuselé vers Adam.

-« Lui tout seul », fit son père incrédule.

 – « Oui, lui tout seul. La patronne a été formelle. Elle a dit : « amenez-moi celui qui est tout en noir. »

– « C’est bien moi », acquiesça Adam. Et saisissant son chapeau, il s’inclina gracieusement devant les jeunes filles et leur dit : « Je vous suis. »

– « Attends un peu, Adam », s’écria son père, « nous n’allons pas te laisser partir comme ça, sans savoir où tu vas ni ce qu’on te veut. »

Les serveuses gloussèrent et Adam regarda son  père avec un rictus moqueur : « Je ne crois pas que je risque grand-chose, Pa et d’ailleurs, on ne m’a pas retiré mon arme. »

Ben réalisa qu’il se ridiculisait. Il s’écarta pour laisser passer son fils qui, bientôt, disparut derrière une tenture, au fond de la salle.

– « Tu crois qu’il va bientôt revenir ? », demanda Hoss à son père.

– « Tu crois qu’elles vont bientôt revenir », interrogea Joe, en écho.

– « Je me demande ce qu’elle lui veut », grommela Ben. « Peut-être qu’elle a des travaux de décoration à réaliser… »

 – « Oui, ça doit être ça… », dit Joe d’un ton goguenard qui déclencha chez Ben une révélation.

– « Tu ne crois quand même pas que ?… »

– « Si », dit Joe parfaitement hilare. « J’espère que le grand frère va être à la hauteur. Nous avons été traités princièrement, il doit la traiter royalement  »

– « Joe, arrête immédiatement ces considérations déplacées et scandaleuses. D’ailleurs, si ça se trouve, tu te trompes du tout au tout. »

Hoss avait écouté cet échange sans être bien sûr de comprendre mais, voyant l’agacement de son père, il préféra ne pas poser de questions.

Pendant ce temps, Adam se faufilait à travers des couloirs étroits, mené à vive allure par les deux jupons rouges. Soudain, le passage s’ouvrit sur une antichambre en forme de demi-cercle. Une grande porte avait été sertie dans la roche. La pièce était meublée d’une grande armoire, d’un canapé et d’un guéridon.

– « Si vous voulez bien, Monsieur Cartwright, vous allez déposer votre arme et vos bottes dans cette armoire. Le lieu où vous allez pénétrer est chaud et humide et votre pistolet deviendra inutilisable si vous le gardez. Ne craignez rien, il ne vous sera fait aucun mal. »

Dans l’esprit d’Adam, l’inquiétude le disputait à la curiosité. Tout dans cette affaire était mystère : cette lanterne qui restait allumée au milieu de la tempête, cette grotte étonnamment grande et profonde, cette écurie et cette salle à manger surréalistes, ce repas improbable en plein désert et maintenant, cette porte refermée sur « un endroit chaud et humide »…

Il plongea son regard dans celui de la jeune fille qui lui parlait puis se retourna vers l’autre pour scruter également sa physionomie. Il n’y déchiffra ni noirceur ni malice.

– « Allons, optons pour l’aventure », se dit-il tout en sachant que, de toute façon, c’est le choix qu’il aurait fait. Il détacha sa ceinture, la tendit à son interlocutrice, s’assit pour enlever ses bottes, laissant apparaître ses chaussettes noires.

– « Bon, on y va, dans cet « un endroit chaud et humide » ? »

– « Vous y allez », fit la blonde en ouvrant la porte.

Une épaisse vapeur envahissait la pièce dans laquelle il pénétra. Il n’y voyait pas à cinquante centimètres.

– « Nom d’une pipe, mais qu’il fait chaud ! », maugréa-t-il. « Ca me rappelle un livre que j’ai lu sur l’époque romaine. Ils appelaient ça des thermes. En attendant, où donc est cette femme à qui je dois rendre service ? »

Il appela : « Hohoooo ! » mais ne reçut aucune réponse.

– « Il faut absolument que je sorte d’ici, je fonds littéralement. » Et il se mit à tâter les murs pour trouver une issue. La pièce était grande, il lui fallut bien cinq minutes pour finir par trouver une porte en cuir qu’il souleva avec soulagement.

– « Ouf, me voilà sorti de ce piège mais pas par là où je suis rentré. »

Il examina les lieus  où il se trouvait. C’était à nouveau une grande salle recouverte de mosaïques vert d’eau. Au mur étaient rivés des crochets auxquels on avait pendu des serviettes. Cette vue le réjouit profondément car il dégoulinait de partout. Il jeta un coup d’œil pour voir s’il était bien seul et, rassuré sur ce point, se déshabilla de pied en cap et se sécha. Puis, après s’être confectionné un pagne avec une serviette, il examina les alentours. La salle comptait deux portes ; celle qui donnait sur le bain de vapeur, qu’il évita soigneusement, et une autre vers laquelle il se dirigea. Il la franchit et se retrouva… dehors.

De fait, il était toujours à l’intérieur de la montagne mais une large fissure découvrait le ciel et ses étoiles. Il se trouvait à l’intérieur d’un cratère volcanique pas très profond, au fond duquel scintillaient les eaux d’un lac naturel. Des lampes torches accrochées à la paroi maintenaient à la fois de la chaleur et de la lumière.

Sans plus réfléchir, il laissa tomber la serviette à ses pieds et… nu comme Adam, plongea dans l’eau.

C’était bon de s’immerger dans de l’eau fraîche après cette longue chevauchée dans le vent et le sable. Il réalisa tout à coup que le bain de vapeur lui avait fait du bien, nettoyant sa peau. « Si j’avais su, je me serais déshabillé tout de suite », songea-t-il.

Il nageait la nage indienne : corps sur le côté, un bras en avant pour fendre l’eau, un autre pour faire le mouvement de la rame. Il était là à évoluer depuis cinq minutes, ayant complètement oublié pourquoi et comment il se trouvait là, savourant simplement le plaisir de la nage quand il entendit le bruit d’un plongeon. Il releva la tête dans la direction du bruit et aperçut un nageur qui venait vers lui.

Au fur et à mesure que le nageur avançait, il se rendit compte qu’il ne fallait pas dire « il » mais « elle » et qu’elle était aussi dévêtue que lui.

S’apercevant qu’il avait pied, il se dressa dans l’eau et attendit. Seules ses larges épaules et sa tête émergeaient. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, l’inconnue parvint jusqu’à lui et, sans vergogne, s’accrocha à lui.

– « Vous m’excuserez », dit-elle, « mais moi, je n’ai pas pied. »

Il la regarda et ce qu’il vit le ravit. Elle avait de grands yeux sombres en amande surmontés de sourcils formant un arc parfait, des ailes de nez palpitantes, des pommettes hautes et un menton en triangle. Ses longs cheveux étaient nattés. Comme ils étaient mouillés, il ne put, sur le moment, en saisir la teinte mais peu lui importait. Inconsciemment, il passa ses mains autour de sa taille qu’elle avait fine.

– « C’est vous, la patronne ? »

Elle rit. « C’est comme ça que m’appelle mon escouade de jeunes filles mais mon vrai nom est Liane. »

« Liane ? C’est la première fois que j’entends ce prénom. En tout cas, vous en avez la souplesse. Mais je suis là  pour vous rendre le service que vous me demanderez. Que puis-je faire pour vous ? »

Son rire résonna à nouveau, argentin dans ce cirque montagneux à l’acoustique sonore : « Dans un premier temps, vous pouvez me sortir de l’eau en me portant dans vos bras et me poser sur la rive, là-bas, là où vous voyez des serviettes blanches. »

Il s’exécuta, commençant à se faire une idée très précise de la manière dont il était supposé récompenser l’hospitalité de son hôtesse.

Il la souleva. Elle avait accroché ses bras autour de son cou et son corps ruisselait contre le sien. Il la déposa avec douceur sur la berge et se recula un peu pour pouvoir l’admirer. Non, décidément, si sa mission était de coucher avec elle, ce n’était certes pas un pensum. Elle avait l’allure d’une Diane chasseresse, une déesse grecque dont il avait vu une statue à Boston, dans sa jeunesse. Les seins étaient ronds et accrochés haut, la taille était bien prise, les hanches minces et les jambes parfaites.

Elle se laissa regarder sans rien dire et ne bougea pas quand il la contourna pour avoir une idée du côté pile. La chute de reins ne le déçut pas, ferme, une paire de fesses d’un bel ovale. Pas de doute, c’était une beauté et le mystère qui l’entourait la rendait encore plus attirante.

Elle considéra soudain que l’examen attentif dont elle était l’objet avait assez duré et, avisant une chaise longue placée là à dessein, saisit un drap de bain blanc et, se retournant vers Adam, lui proposa :

– Venez, que je vous sèche. »

– « Je ne sais pas si j’en aurai la patience », fit-il avec un demi-sourire significatif et, sans plus rien ajouter, il l’étreignit et l’embrassa. Ils savourèrent tous les deux ce baiser. Elle sentait son sexe dur haut dressé contre son ventre. Ensuite, elle se dégagea et se mit à courir vers une porte qui était entrouverte et qu’il n’avait pas remarquée, son attention ayant été détournée de l’exploration du décor.

Il resta l’espace d’un instant immobile, les mains sur les hanches, fixant la porte des yeux, puis se penchant en avant, déclara à voix haute, parlant pour lui-même :

« Ma foi, la flèche que j’ai entre les cuisses indique le chemin, suivons-le. »

Et nonchalamment, il se dirigea vers la porte et entra dans une chambre éclatante de blancheur : les murs et le plafond étaient blancs, les rideaux aussi ainsi que le grand lit et le paravent, derrière lequel Liane avait disparu, ne laissant plus voir que sa nuque.

Juste au moment où il la repérait, elle quitta  le couvert du paravent et apparut dans un déshabillé blanc qu’elle avait passé sur son corps encore mouillé de telle sorte qu’il collait à sa peau, la rendant vraiment affolante.

Si l’affoler était le résultat qu’elle cherchait, elle ne fut pas déçue. Il se jeta littéralement sur elle, l’enleva de terre, la porta sur le lit et  arracha le bouton de nacre serti d’argent qui fermait le déshabillé.

Couché sur elle, il se mit à la caresser en jouant des mains et des lèvres Elle se laissait faire, tantôt cramponnée à ses épaules, tantôt complètement abandonnée. Bientôt, l’exploration de ses doigts devint intime. Soudain, il s’interrompit, retirant ses doigts du siège de sa féminité.

– « Mais… mais… »

Inquiète, elle se redressa  sur ses coudes :

– « Qu’est-ce qui ne va pas ? »

– « Vous êtes vierge ! »

Elle rougit : « Oui, et je vous ai choisi pour cesser de l’être. Je vous en prie, ne me repoussez pas. » Des larmes perlaient à ses yeux, lui donnant l’air d’une biche aux abois.

Il posa sa main sur son front, repoussant les cheveux d’un geste tendre.

– « Petite fille, petite fille, êtes-vous bien sure de ce que vous faites ? Vous venez de me rencontrer, je suis un étranger qui passe et vous voulez me confier le soin de faire de vous une femme. »

– « Vous ne comprenez pas, Adam, je vous connais. Vous êtes celui que le destin avait désigné. Je vous attendais. Je vous ai immédiatement reconnu quand je vous ai aperçu à travers la jalousie. Oh, Adam, je vous expliquerai tout… après… si vous voulez bien. Je vous en prie. Je vous en prie. »

Tout en le suppliant, elle lui caressait la nuque et tendait sa bouche. Le désir l’emportant sur la curiosité, il ne put s’empêcher d’y poser la sienne puis, avec infiniment de délicatesse, il se remit à la caresser jusqu’à ce qu’elle ouvre instinctivement les jambes.

– « Croisez vos jambes au-dessus de mes reins », lui murmura-t-il à l’oreille et il la pénétra lentement. Elle poussa juste un petit gémissement quand il perça l’hymen qu’heureusement, elle avait fin. Voyant que la douleur avait été fugitive, il continua son va-et-vient qu’il accéléra petit à petit et la sentit peu à peu jouer des reins pour venir à sa rencontre.

Elle émit un nouveau gémissement mais celui-là, à l’évidence, n’était pas une manifestation de souffrance. Cette réaction le galvanisa et il explosa en elle tandis qu’elle s’agrippait à lui en lâchant un soupir qui était presqu’un cri.

Ils restèrent quelques instants, affalés en silence sur le lit, savourant les ondes de plaisir refluant en eux, puis Adam, son instinct de chercheur reprenant le dessus, déclara :

– « Et maintenant, fillette, tu m’as promis une explication. Comment connaissais-tu mon prénom que personne n’avait prononcé devant toi ? »

Ainsi, il avait remarqué cela », se dit-elle. Alors même qu’il était en pleine excitation sexuelle, il avait noté dans un coin de son cerveau cette anomalie. Adam Cartwright était incontestablement un être hors du commun, un homme qu’on ne contenterait pas avec des fables. Elle se releva, enfila son peignoir, chercha en vain le bouton de nacre qui aurait dû le fermer puis s’assit sur le rebord du lit. Voyant cela, il se leva, lui aussi et vint s’asseoir par terre, en tailleur, face à elle. Malgré ses efforts, elle ne parvenait pas à détourner son regard de ce giron et de ce pénis dont on devinait qu’il n’était pas vraiment au repos.

Mais Adam, tout en profitant du spectacle que lui offrait ce déshabillé qui portait si bien son nom, était trop intrigué pour délaisser son interrogatoire :

– « Oui ? » dit-il comme si elle avait commencé à parler.

– « Eh bien voilà : tu es dans un monde parallèle. »

– « Un quoi ? »

– « Toi et ta famille, vous avez franchi le continuum espace-temps à la faveur de la tempête.  Ce sont des choses qui se produisent de temps en temps. Ne me demande pas comment mais c’est un fait. On appelle ça des mirages mais ce n’en sont pas. Ne t’est-il jamais arrivé d’avoir l’impression que quelque chose existe et de le voir soudain s’évanouir ? »

– « Non mais je crois bien que c’est déjà arrivé à mon frère Joe. »

– « Dans le monde où je vis », enchaîna Liane, « quelques-uns d’entre nous naissent avec le don de prédiction et de persuasion. J’en fais partie. »

– « Prédiction, je vois bien ce que c’est, mais persuasion ? »

– « Nous avons le don d’amener nos interlocuteurs à penser comme nous. Tu te rappelles : tu hésitais à me prendre à cause de mon pucelage mais je n’ai eu qu’à te regarder pour que ça ne t’apparaisse pas comme si grave. »

– « Hmm », fit-il, pas très content de s’être laissé manipuler.

– « Mais c’est vrai », plaida-t-elle, « que ce n’est pas si grave. Ce qui aurait été grave, c’est que la prédiction ne s’accomplisse pas. »

– « Et quelle est cette prédiction ? »

– « De notre union, vont naître deux jumeaux, un garçon et une fille, et ils seront les sauveurs de ma planète. »

– « Et toi ? », demanda Adam qui s’inquiétait plus de la ravissante jeune femme avec laquelle il venait de s’accoupler que de ces jumeaux improbables, habitants d’un autre monde que le sien.

– « Moi, je vais vivre heureuse dans le souvenir du bonheur que tu m’as donné. C’est pour ça, Adam, qu’il ne faut pas gâcher le peu de temps que nous avons à parler. »

Et en disant ces mots, elle retira le frêle vêtement blanc qui la protégeait si peu des regards et s’accroupit devant son amant, tenant ses seins dans ses mains en coupe et les tendant vers sa bouche ;

Il ne résista pas. « Demain », pensa-t-il, « j’approfondirai cette histoire de continuum espace-temps et je verrai comment l’emmener avec nous. Qu’est-ce qu’elle croit ? Elle est la première vierge que j’initie, je ne vais pas la déflorer, juste comme ça et l’abandonner à son sort quel qu’il soit. Et puis d’abord, elle me plaît trop. »

Et saisissant le sein droit, il se mit à le téter goulument tandis qu’elle ronronnait de plaisir.

Par trois fois, il se rendit maître de ce beau corps qui ne demandait qu’à se soumettre puis ils s’endormirent. En sombrant dans le sommeil, il sentit un objet dur sous ses reins et le prit dans sa main mais il perdit conscience sans avoir eu le temps de voir ce que c’était.

Quand il émergea, avant même d’ouvrir les yeux, il lança sa main gauche à côté de lui, croyant rencontrer le corps de sa maîtresse mais, à la place, il sentit un gilet de buffle et une voix familière bougonner : « Voilà, voilà, je me lève. »

– « Hoss, qu’est-ce que tu fais là ? »

– « Et toi ? Je n’étais pas là quand je me suis endormi. J’étais… »

Interrompu par un hennissement, il n’acheva pas sa phrase. Plissant les yeux, ils cherchèrent à se repérer dans la pénombre. Ils se trouvaient dans la première salle, à l’entrée de la grotte. Ben et Joe, réveillés par le cheval s’ébrouèrent. « Lola, où est-elle ? », s’écria Joe.

– « Qui est Lola ? », demanda Ben d’un ton grognon.

– « Mais voyons Pa, c’est la brunette qui nous a accueillis ici même. Après le départ d’Adam, tu te rappelles, elle nous a amenés à nos chambres et… comme sa copine, la blonde, voulait rester avec Hoss, je suis reparti avec elle et… tu vois ce que je veux dire. »

– « Oui, je vois très bien », répondit Ben, essayant de paraître sévère mais qui était porté à l’indulgence par le fait que, lui aussi, était persuadé d’avoir passé la nuit en galante compagnie.

Hoss se gratta furieusement la tête. « Je ne comprends pas », fit Hoss, « j’étais avec Lydie, je… n’étais pas habillé et me revoilà comme si tout ça n’avait pas eu lieu. Vous vous souvenez bien comme moi du dîner que nous avons fait ? »

– « Oui, et de la grande taverne si animée », renchérit Joe.

– « Et du fait qu’on ne payait pas en argent mais en services ? », interrogea Ben.

– « Je m’en souviens si bien que c’est moi qui ai été appelé à payer », murmura Adam, « et que ce paiement a été bien agréable. »

– « Cherchons les issues », lança Joe en se levant et en commençant à fureter, « on ne peut pas s’en aller comme ça ! »

Hoss et Ben l’imitèrent mais ne purent trouver la moindre ouverture dans la paroi rocheuse.

– « Allons, allons », fit Ben, il n’y a rien ni personne d’autre que nos chevaux et nous-mêmes. Il faut se rendre à l’évidence, nous nous sommes abrités là, nous avons dormi et nous avons rêvé. Ce qui est curieux, c’est que nous ayons tous fait le même rêve… »

– « Du moins au début… », gouailla Joe.

– « En tout cas, nous devons tous être en manque de présence féminine, à en juger par la teneur de nos rêves », fit Ben sentencieusement, sans se rendre compte qu’il se vendait.

– « Tu te rappelles, Pa, ce jour où je poursuivais un hors-la-loi et où j’avais cru voir une ville-fantôme. J’avais même eu l’impression d’y vivre plusieurs jours… C’est le même phénomène. »

– « Tiens, c’est vrai », observa Hoss.

Adam les écoutait sans mot dire. Desserrant les doigts de sa main droite, il venait d’y trouver un bouton de nacre serti dans de l’argent. Il savait, lui qu’il n’avait pas rêvé.

« Je reviendrai », se promit-il. « Oh oui, je reviendrai et je la retrouverai… »

 

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Author: ViveAdam

Age : 62. Married, 4 children and 7 grandchildren. French, living next to Paris. Profession : lawyer, journalist and publisher. I've been watching Bonanza for 25 years. Favourite character : Adam

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