{"id":7529,"date":"2014-05-08T17:03:57","date_gmt":"2014-05-08T21:03:57","guid":{"rendered":"https:\/\/bonanzabrand.info\/library\/?p=7529"},"modified":"2025-02-18T19:12:13","modified_gmt":"2025-02-19T00:12:13","slug":"la-vie-fait-elle-toujours-cadeau-dune-deuxieme-chance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bonanzabrand.info\/library\/?p=7529","title":{"rendered":"La vie fait-elle toujours &#8220;cadeau&#8221; d&#8217;une deuxi\u00e8me chance ? (by mumu74)"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"label\" style=\"color: #000000;\">Summary: \u00a0\u00a0<\/span>Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9, Ben aura-t-il droit \u00e0 une deuxi\u00e8me chance ?<\/p>\n<p><span class=\"label\" style=\"color: #000000;\">Rated:<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0MA \u00a0WC \u00a065,000<\/span><\/p>\n<div id=\"pagetitle\"><span style=\"font-weight: bold;\">Author&#8217;s Notes: \u00a0<\/span>attention : sc\u00e8nes violentes, meurtre et peine capitale; mort<\/div>\n<div class=\"chapter\">\n<p>\u00a0***<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>La vie fait-elle toujours &#8220;cadeau&#8221; d&#8217;une deuxi\u00e8me chance ?<\/strong><\/p>\n<p align=\"left\">1En fait tout commence lorsque Ben Cartwrigh rentre de sa chevauch\u00e9e, au cours de laquelle il a ramen\u00e9 des t\u00eates de b\u00e9tail. Il est \u00e9reint\u00e9, a les reins cass\u00e9s, le visage poussi\u00e9reux et \u00e9carlate. Il a faim, mais au moment de se mettre \u00e0 table, il se plaint de maux de t\u00eate :<br \/>\n\u00ab\u00a0&#8211; sans doute un coup de chaleur\u00a0\u00bb diagnostique-t-il tout seul. Et il demande un verre d\u2019eau. Mais au moment de le porter \u00e0 ses l\u00e8vres; un \u00e9tourdissement le stoppe net.<br \/>\n&#8211; Un peu de fatigue, ne vous inqui\u00e9tez pas les gar\u00e7ons.<br \/>\nMais justement si, ils commencent \u00e0 s\u2019inqui\u00e9ter les gar\u00e7ons. Ils n&#8217;ont que trop rarement vu leur p\u00e8re avoir une faiblesse. Ben n\u2019\u00e9tant pas du genre \u00e0 se plaindre ou \u00e0 s\u2019affaisser pour un pet de travers, il devient \u00e9vident que leur p\u00e8re n\u2019est pas au mieux de sa forme. Malheureusement les heures suivantes vont les conforter dans leur ressenti.<br \/>\n&#8211; Je pense avoir un peu de fi\u00e8vre, le mieux est que j\u2019aille m\u2019allonger.<br \/>\n&#8211; Tu veux qu\u2019on aille chercher le m\u00e9decin, demanda Hoss.<br \/>\n&#8211; Non, on va pas le d\u00e9ranger pour une babiole. Je monte me coucher.<br \/>\nCe sont les derni\u00e8res paroles de Ben, comme dans un mauvais r\u00eave, les gar\u00e7ons voient leur p\u00e8re; ce roc monumental, vaciller . Il s\u2019\u00e9croule aux pieds des escaliers, \u00e0 demi-inconscient ou peut-\u00eatre compl\u00e8tement inconscient; personne &#8211; sur le coup- ne peut le v\u00e9rifier.<br \/>\n&#8211; h\u00e9 pa\u2019, bon sang, bougez-vous. Venez m\u2019aider , il faut le monter dans sa chambre.<br \/>\nC\u2019est Adam qui se pr\u00e9cipite au pr\u00e8s de son p\u00e8re, Joe et Hoss n\u2019ont pas boug\u00e9 imm\u00e9diatement, un peu sid\u00e9r\u00e9s par ce qu\u2019ils voient. Mais la voix imp\u00e9rieuse du fr\u00e8re a\u00een\u00e9 les sort de leur stupeur du moment. Hoss soul\u00e8ve son p\u00e8re et, aid\u00e9 d\u2019Adam, le m\u00e8ne \u00e0 l\u2019\u00e9tage; puis il lance \u00e0 Joe :<br \/>\n&#8211; File chercher\u2026..<br \/>\nNul besoin d\u2019en dire plus, Joe, qui a retrouv\u00e9 ses esprits attrape au vol son ceinturon et son chapeau et sort en trombe seller Cochise. Aurait-il eu 50 apaches derri\u00e8re lui, il ne galoperait pas plus vite. Cochise vole litt\u00e9ralement; ressentant peut-\u00eatre l\u2019urgence de cette chevauch\u00e9e.<br \/>\n******<br \/>\nLe docteur suit Joe dans les escaliers. Il ressent que trop bien l\u2019angoisse du plus jeune des Cartwright. C\u2019est inconcevable pour Joe de voir son p\u00e8re inconscient dans son lit. Joe a besoin de son p\u00e8re, il en a fait son rep\u00e8re, son point d\u2019appui, son conseiller; m\u00eame s\u2019il ne l\u2019\u00e9coute pas toujours. Joe d\u00e9borde d\u2019amour pour son p\u00e8re, Joe si sensible et si fragile en ce moment. Son p\u00e8re ne peut pas \u00eatre gravement atteint; Joe ne pourrait l\u2019accepter, ni l\u2019envisager ni l\u2019affronter.<br \/>\nArriv\u00e9 devant la chambre, le docteur marque un temps d\u2019arr\u00eat; il p\u00e9n\u00e8tre lentement dans la pi\u00e8ce et se dirige vers le lit. Ben y repose, inerte, les mains sur l\u2019\u00e9dredon. Il faut s\u2019approcher pour enfin percevoir le mouvement de sa poitrine, lent mais n\u00e9anmoins existant. Une respiration profonde, au ralenti; au ralenti ? Ben Cartwright ? Comment cela se pourrait-il ? Ben ne fait rien au ralenti; il est le mouvement incarn\u00e9; il d\u00e9marre toujours au quart de tour, s\u2019enflamme pour un rien, une \u00e2nerie commise par le dernier des Cartwright, ou une injustice ou une \u00e9ni\u00e8me insolence de son fils a\u00een\u00e9; il foudroie du regard quiconque ose lui tenir t\u00eate. Et l\u00e0; quelque chose tient t\u00eate \u00e0 Ben, un mal myst\u00e9rieux le met \u00e0 genoux.<br \/>\n&#8211; Alors Doc, qu\u2019est-ce que c\u2019est ?<br \/>\n&#8211; C\u2019est trop t\u00f4t pour le dire. Je dois l\u2019examiner. S\u2019est-il plaint d\u2019une blessure ou d\u2019une douleur.<br \/>\n&#8211; Pf, il n\u2019a pas eu le temps, r\u00e9pliqua Joe, un peu sarcastique.<br \/>\n-Joe, ne t\u2019en prends pas \u00e0 lui, il n\u2019y est pour rien.<br \/>\nAdam vient de lancer \u00e0 Joe un de ces regards tr\u00e8s sombres; pour le faire taire.<br \/>\n&#8211; Ne t\u2019en fais pas, Adam. Joe est boulevers\u00e9; je comprends.<br \/>\nLe docteur Martin examine Ben, d\u2019abord la t\u00eate, qu\u2019il t\u00e2te avec pr\u00e9caution, palpant chaque zone du cr\u00e2ne, \u00e0 la recherche d\u2019une \u00e9ventuelle bosse ou commotion qui aurait pu entra\u00eener cette inconscience.<br \/>\nPuis il \u00e9coute les battements cardiaques de son ami qui ne r\u00e9agit pas \u00e0 ces palpations et manipulations.<\/p>\n<p>*******<\/p>\n<p align=\"left\">Hop Sing est en cuisine, il est boulevers\u00e9 par l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 de Mr Cartwight. Il est tr\u00e8s inquiet et se languit de revoir le ma\u00eetre des lieux prendre place \u00e0 la table de famille. Mais Ben n&#8217;est pas en \u00e9tat de se lever. 72 heures apr\u00e8s la derni\u00e8re visite du doc, le coma se prolonge. Le m\u00e9decin a m\u00eame pr\u00e9dit le pire. Cela a \u00e9t\u00e9 les paroles les plus difficiles \u00e0 prononcer de toute sa vie. Oh bien s\u00fbr, il a d\u00e9j\u00e0 assist\u00e9 quantit\u00e9 de patients qu\u2019il a condamn\u00e9s. Mais pour un ami, et dieu lui en est t\u00e9moin; qu\u2019il consid\u00e8re Ben Cartwright comme son meilleur ami, il ne l&#8217;a encore jamais fait. Mais il doit se r\u00e9soudre \u00e0 cette id\u00e9e, car sa science vient d\u2019atteindre ses limites. Il ne sait pas comment sauver son vieil ami. Et cela lui arrache le c\u0153ur et cela le met dans une rage incommensurable, une rage qu\u2018il n\u2018a encore jamais ressentie; comment imaginer un instant que Ben Cartwright, cette force de la nature, ne vas pas se relever ? Il ne peut envisager une seconde qu\u2019il sera amen\u00e9 \u00e0 prononcer le d\u00e9c\u00e8s de ce cher Ben. Mais que peut-il faire ? Les rem\u00e8des qu\u2019il a administr\u00e9s au malade n&#8217;ont rien chang\u00e9; Ben reste inerte dans son lit, immobile, le teint gris\u00e2tre d\u2019un moribond. Cela devient insupportable. Ponderosa n\u2019a plus son \u00e2me, et les gar\u00e7ons sont compl\u00e8tements d\u00e9sorient\u00e9s. Adam s\u2019efforce de maintenir le cap mais il sent le d\u00e9sespoir s\u2019emparer de Joe et il craint de parvenir \u00e0 lui faire garder espoir. Il a fini par prendre Joe dans ses bras, la veille au soir , quand il l&#8217;a trouv\u00e9 effondr\u00e9 sur son lit, inconsolable.<br \/>\n&#8211; Adam, j\u2019en peux plus, je ne supporte plus de le voir comme \u00e7a. Je voudrai tant faire quelque chose pour l\u2019aider.<br \/>\n&#8211; Pour l\u2019instant, il n\u2019y a rien \u00e0 faire. Moi aussi, je bous de col\u00e8re face \u00e0 mon impuissance. Et puis c\u2019est tellement injuste. On ne sait m\u00eame pas ce qu\u2019il a.<br \/>\n&#8211; Oh Adam, dis-moi qu\u2019il va se r\u00e9veiller, dis-moi que ce cauchemar va prendre fin. Je serais pr\u00eat \u00e0 faire les pires \u00e2neries pour qu\u2019il me passe un savon, au moins il serait vivant.<br \/>\nAdam bondit du lit et secoue son fr\u00e8re :<br \/>\n&#8211; je t\u2019interdis de dire \u00e7a. PAPA EST VIVANT. Et si tu persistes \u00e0 garder dans ton esprit de telles pens\u00e9es, je te jure que je ne te louperai pas, Little Joe. Tu n\u2019as pas le droit de parler de la sorte. Ce sont les paroles d\u2019un gamin, pas d\u2019un homme.<br \/>\n&#8211; et si j\u2019avais envie de parler ainsi, aujourd\u2019hui. Papa me manque, je n\u2019ai pas ta force de caract\u00e8re. Je n\u2019ai pas ton sang-froid, ni ton temp\u00e9rament.<br \/>\n&#8211; OK Ok ok , ce n\u2019est pas le moment de me faire une d\u00e9claration d\u2019amour fraternel. Je ne me sens pas aussi solide que tu le pr\u00e9tends. Tu crois quoi, que tout va bien pour moi; que je fais face avec courage. Je ne suis pas plus arm\u00e9 que toi, moi aussi je cr\u00e8ve de trouille que notre p\u00e8re ne se rel\u00e8ve pas\u2026<br \/>\nJoe est assomm\u00e9 par les paroles d\u2019Adam. Et son monde s&#8217;\u00e9coule encore un peu plus; se peut-il qu\u2019Adam \u00e9prouve la m\u00eame inqui\u00e9tude que lui ? Joe a besoin de soutien, et le fait qu\u2019Adam se sente aussi impuissant ne le rassure pas. Si Adam se met lui aussi \u00e0 douter, cela signifie sans doute que Ben a vraiment peu de chance de se r\u00e9tablir. Et Joe ne peut envisager de tels lendemains.<br \/>\n********<br \/>\nHop Sing quitte le domicile des Cartwright t\u00f4t dans la nuit, sans \u00eatre vu de quiconque. Il est d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 tenter lui aussi quelque chose pour sauver mistel Caltwight. Il se rend en ville, il veut s\u2019entretenir avec son p\u00e8re. Ce dernier connait l\u2019art de la m\u00e9decine chinoise, et il esp\u00e8re revenir \u00e0 Ponderosa avec un rem\u00e8de miracle, qui \u00e9loignera de Ben les d\u00e9mons de la nuit.<br \/>\nIl prend cong\u00e9 de son p\u00e8re peu apr\u00e8s 23h00 et m\u00e8ne son buggy en direction de Ponderosa. Il a ce qu\u2019il d\u00e9sire : un rem\u00e8de qu\u2019il souhaite administrer \u00e0 mistel Caltwighlt. En arrivant devant le ranch, au moment de rentrer les deux chevaux qu\u2019il a attel\u00e9s au buggy, il remarque aussit\u00f4t la lumi\u00e8re au rez-de-chauss\u00e9e. Evidemment, aucun des trois gar\u00e7ons n&#8217;est couch\u00e9. D\u2019ailleurs, ayant tous les trois l\u2019ouie monstrueusement fine, ils se pr\u00e9cipitent dehors, aux devants de Hop Sing : Adam est le premier \u00e0 parler :<br \/>\n&#8211; ah, te voil\u00e0; tu ne nous avais pas dis que tu sortais.<br \/>\n&#8211; Hop Sing lien dit, palce que lui a clu gal\u00e7ons Caltwighlt d\u00e9j\u00e0 dans leuls chambles ou avec Mistel Caltwhiglt. Hop Sing palti pas longtemps; vouloir paller \u00e0 Pel de moi.<br \/>\n&#8211; Hey Hop Sing, tu n\u2019as pas de comptes \u00e0 nous rendre. Tu es libre d\u2019aller et venir.<br \/>\n&#8211; Merci mistel Hoss, Hop Sing est content, Hop Sing a un lemede poul Mistel Caltwight.<br \/>\n&#8211; Dadburnit, tu pouvais pas le dire plus t\u00f4t, imb\u00e9cile;<br \/>\nEn entendant la voix de Joe, Adam se retourne aussit\u00f4t, et fusille du regard son fr\u00e8re :<br \/>\n&#8211; Joe, qu\u2019est-ce qui te prend. Pr\u00e9sente tes excuses \u00e0 Hop Sing, imm\u00e9diatement.<br \/>\nAdam amorce un mouvement en direction de Joe.<br \/>\n&#8211; Ok, Hop Sing, je te prie de m\u2019excuser.<br \/>\n&#8211; Joe, si papa t\u2019avais entendu, tu serais mort.<br \/>\nHoss n&#8217;a pas manqu\u00e9 de commenter l\u2019attitude de Little Joe, incapable de tenir sa langue.<br \/>\n&#8211; Si seulement il avait pu m\u2019entendre.<br \/>\nDes paroles que Joe a murmur\u00e9 et que personne n&#8217;a entendu. Et il fait demi-tour et se dirige vers la lourde porte de bois du ranch. Il est boulevers\u00e9 et a les yeux brillants.<br \/>\n&#8211; Viens Hop Sing, il vaut mieux rentrer. Tu pourras nous en dire plus sur ce rem\u00e8de.<br \/>\n&#8211; Ok mistel Caltwight 1. Hop Sing vient et va tout expliquer poul la pl\u00e9palation.<br \/>\n&#8211; Quelle pl\u00e9palation ? Tu crois pas que tu as autre chose \u00e0 faire que d\u2019aller te mettre en cuisine. Tu sais; je dois l\u2019avouer, je n\u2019ai pas la t\u00eate ni le c\u0153ur \u00e0 avaler quoi que ce soit.<br \/>\n&#8211; Mistel Hoss pas avoil faim. Mais ma palole , tout le monde devenil fou dans cette maison. Vivement Mistel Caltwight va mieux; palce que Hop Sing lien complendle \u00e0 vous en ce moment.<br \/>\n&#8211; Puisses-tu dire vrai. Je donnerai tout pour que notre p\u00e8re se l\u00e8ve et vienne un peu r\u00e2ler sur moi ou m\u2019envoie chercher la clef des champs; comme il le faisait avec Joe; pour se d\u00e9barrasser de lui et ne pas l\u2019avoir dans les pattes pendant certains travaux p\u00e9nibles.<br \/>\nAdam exprime ce qu\u2019il ressent profond\u00e9ment au fond de son c\u0153ur. A ce moment pr\u00e9cis, cela lui p\u00e8se d\u2019\u00eatre Adam Cartwright l\u2019a\u00een\u00e9, Adam si responsable; si s\u00e9rieux; si consciencieux, si prompt \u00e0 faire face et \u00e0 garder son sang-froid. Lui aussi se serait bien laiss\u00e9 aller dans les bras de quelqu\u2019un. Hop Sing, dont on dit qu\u2019il passait ses jours et ses nuits dans SA cuisine, pareil \u00e0 un ours dans sa tani\u00e8re, esquisse un mouvement en direction d\u2019Adam. Petit bonhomme d\u2019\u00e0 peine 1, 52m, il pose n\u00e9anmoins sa main sur Adam. Tant pis si sa main n\u2019atterrit pas sur l\u2019\u00e9paule du grand gaillard qu\u2019est Adam, et qu\u2019il ne peut que fr\u00f4ler la chemise noire du jeune homme, Adam le per\u00e7oit et en est tr\u00e8s touch\u00e9.<br \/>\n&#8211; Merci Hop Sing.<br \/>\nAdam n&#8217;est pas coutumier des gestes affectifs, n&#8217; ayant pas eu le temps d&#8217;en recevoir de sa m\u00e8re, morte deux minutes apr\u00e8s l&#8217;avoir mis au monde et n\u2019en ayant accept\u00e9 que trop peu d\u2019Inger, sa belle-m\u00e8re, la maman de Hoss. Il a beaucoup appris en voyant son p\u00e8re dispenser les accolades d\u2019une mani\u00e8re aussi chaleureuses. Son p\u00e8re est d\u00e9cid\u00e9ment quelqu\u2019un d\u2019exceptionnel; il en convient parfaitement. M\u00eame si cela l\u2019agace profond\u00e9ment, il se sent en s\u00e9curit\u00e9 ici, dans l\u2019ombre d\u2019un tel ch\u00eane au tronc aussi majestueux et au feuillage aussi dense et protecteur..<br \/>\n********<br \/>\nHop Sing et les trois gar\u00e7ons sont \u00e0 pr\u00e9sent dans l\u2019immense pi\u00e8ce qui tient lieu de salle de s\u00e9jour, de salle \u00e0 manger et de bureau. Un grand espace, occup\u00e9 en partie par des fauteuils imposants et une table basse, qui doit avoir vu passer une bonne centaine de fois le dessous des bottes du plus jeune des fils Cartwrights. Hop Sing a devant lui une sacoche de toile us\u00e9e et un bloc de papier un peu jauni.<br \/>\n&#8211; Hop Sing geniteul explique tout \u00e0 moi. Mistel Caltwight besoin d\u2019un lemede puissant. Il faut aller chelcher tout et pl\u00e9paler poul lui aller mieux.<br \/>\n&#8211; Que faut-il ?<br \/>\n&#8211; plantes, et huile ou glaisse. Mistel Caltwight doit recevoir boisson avec plantes, massage avec glaisse et plantes, et aussi feu sul lui.<br \/>\n&#8211; Hein, tu as l\u2019intention de faire quoi \u00e0 notre p\u00e8re.<br \/>\n&#8211; Hop Sing va utiliser encens pour gu\u00e9lil Mistel Caltwight.<br \/>\nJoe est de nouveau de mauvaise humeur et il s\u2019en prend encore au pauvre Hop Sing. Il ressent le besoin d\u2019exprimer son angoisse, mais il ne se rend absolument pas compte qu\u2019il est insupportable, tout comme l&#8217;est l\u2019\u00e9tat de Ben Cartwright, qui quatre jours apr\u00e8s son malaise , n&#8217;a toujours pas repris connaissance. Hop sing se rend compte que le dernier des Cartwright ne va pas bien. Et cela le pousse encore plus \u00e0 agir pour sauver Ben Cartwright. Mais il faut d&#8217;une mani\u00e8re ou d&#8217;une autre donner la possibilit\u00e9 \u00e0 Joe de faire quelque chose.<br \/>\n&#8211; mistel Joe peut pas lester ici \u00e0 toulner comme \u00e7a. Hop Sing va vomil, si mistel Joe continue. Hop Sing a besoin d&#8217;aide, il faut aller chelcher de quoi pl\u00e9paler le lem\u00e8de poul mistel Caltwight. Mistel Joe va vite avec cheval; alols aller chelcher tout.<br \/>\n&#8211; OK, donne-moi ta liste, j&#8217;vais aller te les chercher tes feuilles et tes racines. De toutes fa\u00e7ons, si \u00e7a lui fait pas du bien, cela ne lui fera pas de mal, tu me le jures.<br \/>\n&#8211; Hop Sing veut soigner Mistel Caltwight, veut pas l&#8217;empoisonner.<br \/>\nHop Sing tend \u00e0 Joe un bout de papier chiffonn\u00e9, sur lequel figurent des signes et des mots. Little Joe commence \u00e0 lire :<\/p>\n<p>Fleur de Ch\u00e8vrefeuille jin yin hua<br \/>\nForsythia suspensa lian qiao<br \/>\nmenthe poivr\u00e9e bo he<br \/>\nHerbe de Schizonepetae jing jie sui<br \/>\nBardane commune niu pang zi<br \/>\nracine de Platycodon \/ jie geng<br \/>\nRhizome de roseau lu geng<br \/>\nRacine de Licorice oriental ou r\u00e9glisse chinois sheng gan cao<br \/>\n&#8211; Et je vais trouver tout \u00e7a dans la plaine ?<br \/>\n&#8211; Mais non, Little Joe aller en ville, chez g\u00e9niteul de Hop Sing et demander lui; lui il va donner tout \u00e0 mistel Joe.<br \/>\n&#8211; Et ben allons- y gaiement. En route, je vais de ce pas chez honorable papa et je vais chercher lu geng et sheng cacao.<br \/>\n&#8211; Sheng gan cao, mistel Joe.<br \/>\nIl ne fait aucun doute que Joe se fiche de Hop Sing et de sa liste, mais Hop Sing, ce soir, ne veut pas s&#8217;en offusquer. Pour la premi\u00e8re fois depuis que Ben Cartwright est tomb\u00e9 inerte, il voit le jeune Joe rire franchement et il ne va pas le priver de cette joie.<br \/>\nJoe file vers la grange, selle promptement son compagnon Cochise et le lance au triple galop jusqu&#8217;\u00e0 Virginia City.<br \/>\n&#8211; Hop Sing, j&#8217;ai vu Joe filer \u00e0 toute allure; tu sais o\u00f9 il va ?<br \/>\nAdam vient de redescendre de la chambre de son p\u00e8re.<br \/>\n&#8211; Lui vient de paltil \u00e0 Vilginia City poul aller chez geniteul de Hop Sing poul l\u00e9cup\u00e9ler ce qu&#8217;il faut poul soigner Mistel Caltwight. Comment va-t-il ?<br \/>\n&#8211; pas de changement. Il est toujours immobile et inconscient.<br \/>\nAdam est en train de se servir un verre de brandy, il le porte \u00e0 ses l\u00e8vres, c&#8217;est fort et cela lui donne un coup de fouet. Mais il ne finit pas son verre; en effet, sans son p\u00e8re, m\u00eame le meilleur des alcools est plus insipide que le th\u00e9 que boivent les belles dames de la ville. Le brandy, c&#8217;est Ben Cartwright, une soir\u00e9e au coin du feu, une partie d&#8217;\u00e9checs ou de dame; un bon livre, un \u00e9clat de rire ou une anecdote. Bref, la vie&#8230; Et la vie, elle est au ralentie dans le ranch de Ponderosa. Adam ne sait trop quoi faire, il n&#8217;a envie de rien. Lire ne lui dit rien, dormir, il le faut bien, mais il n&#8217;arrive pas \u00e0 fermer l&#8217;oeil. Il tombe de fatigue vers les 5heures et demi du matin. Hoss l&#8217;a trouv\u00e9 deux matins de suite endormi dans son fauteuil bleu, pr\u00e8s de la chemin\u00e9e, quand m\u00eame un peu serein. Chaque fois, Hoss l&#8217;a laiss\u00e9 dormir.<\/p>\n<p align=\"left\">2<\/p>\n<p align=\"left\">Joe ne tarde pas \u00e0 revenir avec une sacoche pleine de verdure, des feuilles de diff\u00e9rentes tailles, des fleurs odorantes et des racines un peu blanch\u00e2tres se battent en duel dans la poche en peau de vache retourn\u00e9e que Joe emm\u00e8ne souvent avec lui. Il n&#8217;a pas tra\u00een\u00e9, il sait que ces bouts de v\u00e9g\u00e9tation vont sauver la vie de son p\u00e8re. Il se pr\u00e9cipite dans la cuisine et lance sa sacoche sur la table.<br \/>\n&#8221; Tiens Hop Sing, y a tout ce qu&#8217;il te faut. Maintenant, il faut vite faire le rem\u00e8de, d\u00e9p\u00e8che-toi&#8230;<br \/>\n&#8211; Oui, Hop Sing va faile \u00e7a tout de suite, mais Mistel Joe doit se calmer. Hop Sing ne veut pas se faile enguilander tout le temps.<br \/>\n&#8211; D\u00e9sol\u00e9, Hop Sing. J&#8217;ai tellement h\u00e2te que ce cauchemar finisse&#8221;.<br \/>\nLittle Joe comprend rapidement que Hop Sing ne veut pas le voir tra\u00eener dans ses pattes. Alors il sort de la cuisine et essaie de trouver une occupation, mais il sait que cela est vain et futile. IL ne peut d\u00e9crocher ses yeux des escaliers qui m\u00e8nent aux chambres. Et dans une de ces chambres, il y a son p\u00e8re. Il ne tarde pas \u00e0 voir Adam descendre les escaliers. Il a encore pass\u00e9 deux heures au chevet de son p\u00e8re et il a bien besoin d&#8217;une bonne tasse de caf\u00e9 bien fort. Avisant son fr\u00e8re, il s&#8217;avance vers lui :<br \/>\n&#8221; Hey Joe, tu es rentr\u00e9. Tu as fait vite ?<br \/>\n&#8211; Tu crois que j&#8217;avais envie de tra\u00eener. J&#8217;ai cueilli autant de racines qu&#8217;il fallait et j&#8217;ai galop\u00e9 jusqu&#8217;ici. Cochise a failli me mettre \u00e0 terre plus d&#8217;une fois, tellement je l&#8217;ai pouss\u00e9.<br \/>\n&#8211; Oui j&#8217;imagine. Dis, tu n&#8217;as pas crois\u00e9 Hoss ?<br \/>\n&#8211; Pourquoi j&#8217;aurai d\u00fb ?<br \/>\n&#8211; Je pensais. Il a pris son cheval, sans rien dire \u00e0 personne et il a fil\u00e9. Je suppose que c&#8217;est sa fa\u00e7on \u00e0 lui de traverser ce p\u00e9nible moment.<br \/>\n&#8211; Tu veux que je reparte, je n&#8217;ai pas encore dessell\u00e9 Cochise.<br \/>\n&#8211; Non, ne te tracasse pas. Il sera bient\u00f4t rentr\u00e9. Je pense qu&#8217;il avait besoin d&#8217;\u00eatre seul. Bon, je vais me servir un caf\u00e9, y&#8217;en a de fait ?<br \/>\n&#8211; Oui, dans la cuisine. Profites-en pour dire \u00e0 Hop Sing de se d\u00e9p\u00eacher.<br \/>\n&#8211; M\u00eame si j&#8217;en ai envie, je ne le ferai pas. Hop Sing fait ce qu&#8217;il peut et ce ne serait pas correct de le houspiller alors qu&#8217;il est en train d&#8217;essayer de sauver la vie de pa.<br \/>\n&#8211; Oui Adam, tu as raison&#8221;.<br \/>\nEt Joe se laisse choir sur le canap\u00e9; il pose son bras derri\u00e8re sa t\u00eate et essaie de se calmer et se laisse aller \u00e0 fermer les yeux. Oh pas longtemps car il per\u00e7oit l&#8217;agitation derri\u00e8re lui.<br \/>\n&#8221; Ca y est, Hop SIng a pl\u00e9pal\u00e9 le lem\u00e8de poul mistel Caltwlight. Allons lui administrer. Il doit boire une grande gorg\u00e9e&#8230;<br \/>\n&#8211; Nous allons t&#8217;aider, tu peux compter sur nous&#8221;.<br \/>\nTous les trois se pr\u00e9cipitent \u00e0 l&#8217;\u00e9tage. Hop Sing tient dans ses mains une petite bouteille, rempli d&#8217;un liquide brun clair, un peu \u00e9pais. L&#8217;odeur n&#8217;est pas tr\u00e8s agr\u00e9able mais &#8220;aux grands maux, les grands rem\u00e8des&#8221;. Ils p\u00e9n\u00e8trent dans la chambre de Ben Cartwright. L&#8217;atmosph\u00e8re y est lourde, l&#8217;ampleur du mal s&#8217;\u00e9tale dans toute la pi\u00e8ce; comme un immense spectre qui fl\u00f4tte au-dessus des \u00e2mes et les recouvrent d&#8217;un voile glac\u00e9, funeste et malsain.<br \/>\n-il doit boile le lem\u00e8de, maintenant. Et nous allons aussi le flictionner avec.<br \/>\n&#8211; Tu veux passer \u00e7a sur le corps de notre p\u00e8re. C&#8217;est d\u00e9go\u00fbtant.<br \/>\n&#8211; Joe, laisse-le faire. Il sait ce qu&#8217;il fait.&#8221;<br \/>\nEncore une fois, Adam rabroue son fr\u00e8re.<br \/>\n&#8211; Aide-moi plut\u00f4t \u00e0 le redresser, et \u00e0 lui retirer sa chemise. Totalement inerte, Ben est tr\u00e8s lourd; Adam et Joe ont beaucoup de mal \u00e0 le retourner.<br \/>\n&#8211; Attendez je vais vous aider&#8221;.<br \/>\nAdam et Joe se retournent en entendant la voix de Hoss.<br \/>\n&#8211; Ah te voil\u00e0, tu \u00e9tais o\u00f9 ?<br \/>\n&#8211; On verra plus tard pour les questions; r\u00e9pondit Hoss.<br \/>\nEt en grand fr\u00e8re costaud; il prend son p\u00e8re \u00e0 bras le corps et le redresse promptement, Joe en profite pour lui glisser deux oreillers dans le dos. Ils doivent cependant maintenir leur p\u00e8re ainsi, car \u00e9videmment, il retombe tout de suite.<br \/>\nHop SIng verse une partie du contenu de la bouteille dans un verre et le restant dans une cuvette. Il en verse dans la bouche de Ben, le liquide coule aux commissures de ses l\u00e8vres. Adam, qui a pris une serviette, essuie pr\u00e9cautionneusement le menton de son p\u00e8re. Totale inversion des r\u00f4les; il se souvient tr\u00e8s bien du nombre de fois o\u00f9 son p\u00e8re a accompli ce geste, quand il a \u00e0 peine 3 ans. Et aujourd&#8217;hui, il se trouve dans la situation de devoir essuyer la bouche de son p\u00e8re. Hop SIng ne tergiverse pas, il se met \u00e0 frictionner la poitrine de Ben avec la mixture. Le torse velu de Ben se teint de brun, et des bouts de feuille viennent se coller sur le haut de son corps. Hop Sing ne m\u00e9nage pas sa peine, il effectue un massage \u00e9nergique sur la poitrine du patriarche de Ponderosa. Au bout de 10 minutes aussi intensives, il s&#8217;arr\u00eate et dit aux trois gar\u00e7ons :<br \/>\n&#8211; Maintenant, il faut attendle et laisser agil le lem\u00e8de. Nous pouvons paltil et le laisser.&#8221;<br \/>\nHop SIng se rince les mains et fait signe aux trois gar\u00e7ons de sortir. Adam, Hoss et Joe quittent la pi\u00e8ce et se retrouvent dans le salon.<br \/>\n&#8220;Dis, tu peux peut-\u00eatre nous expliquer maintenant o\u00f9 tu \u00e9tais.<br \/>\n&#8211; J&#8217;ai pris mon cheval, je l&#8217;ai sell\u00e9 et je suis parti galoper en direction du lac. Je suis d\u00e9sol\u00e9, ce n&#8217;est pas dans mes habitudes de ficher le camp comme \u00e7a, mais je me sentais tellement mal. Je suis aller marcher dans l&#8217;eau, j&#8217;ai pris tous les cailloux que j&#8217;ai pu trouver et je les ai jet\u00e9s dans l&#8217;eau. Et l\u00e0, comme je savais que j&#8217;\u00e9tais tout seul, j&#8217;ai cri\u00e9. OUi; j&#8217;ai hurl\u00e9 \u00e0 m&#8217;en faire p\u00e9ter les cordes vocales. Je suis tellement furieux et inquiet.<br \/>\n&#8211; Ne t&#8217;excuse pas big brother. Chacun fait ce qu&#8217;il peut. On a tous des r\u00e9actions bizarres, mais on a tous le m\u00eame sentiment d&#8217;inqui\u00e9tude qui nous ronge. Et qui nous fait agir diff\u00e9remment de ce que nous sommes.&#8221;<br \/>\nHoss \u00e9change un long regard avec Adam, d\u00e9cid\u00e9ment, ils peuvent vraiment compter sur Adam, quel temp\u00e9rament et quel sang-froid. Hoss l&#8217;admire et appr\u00e9cie tout particuli\u00e8rement en ces temps difficiles. Joe reste silencieux mais il per\u00e7oit toute l&#8217;intensit\u00e9 du moment, toute la gravit\u00e9 du ressenti exprim\u00e9 par Hoss. D&#8217;ailleurs, il comprend son grand fr\u00e8re. Oui, ils sont diff\u00e9rents; mais ils ont tous les trois la m\u00eame question en t\u00eate : QUAND EST-CE QUE LEUR PERE ALLAIT SE REVEILLER ???<\/p>\n<p align=\"left\">Et les larmes ruissellent sur ses joues, et il tape de toutes ses forces contre le tronc de l&#8217;arbre; il ne se rend m\u00eame pas compte que les jointures de ses doigts sont toutes \u00e9corch\u00e9es et saignent mis\u00e9rablement. Ses yeux sont ferm\u00e9s; est-il en train de prier ??? Et il murmure \u00ab\u00a0mais c&#8217;est injuste, c&#8217;est pas possible\u00a0\u00bb.<br \/>\nC&#8217;est dans cet \u00e9tat-l\u00e0 que Hoss et Adam le trouvent , le petit fr\u00e8re, en train de passer sa col\u00e8re sur ce pin. Il faut que \u00e7a sorte. Il est tellement en col\u00e8re; qu&#8217;il a l&#8217;impression que ce feu va le r\u00e9duire en cendres. Il a mal dans la nuque et sa t\u00eate semble broy\u00e9e dans un \u00e9tau&#8230; Sa poitrine haletante se soul\u00e8ve. Son coeur bat si fort en lui, qu&#8217;il le croit pr\u00eat \u00e0 exploser&#8230; COLERE, FUREUR, RAGE, HARGNE, ces mots r\u00e9sonnent en lui et lui font mal. Il veut frapper, cogner, enfin faire sortir ce d\u00e9mon de lui qui l&#8217;habite et le fait agir de la sorte. Il en veut au monde entier, voil\u00e0 pourquoi il veut \u00eatre seul; afin de pr\u00e9server ses proches. Il est dans un tel \u00e9tat qu&#8217;il en devient dangereux, il le sent. Aussi rejette-t-il violemment ses deux fr\u00e8res.<br \/>\n&#8211; F&#8230;&#8230;. le camp, laissez moi seul.<br \/>\n&#8211; Mais enfin Joe, calme-toi, on est l\u00e0 pour toi.<br \/>\n&#8211; Je ne veux pas vous voir.<br \/>\nJoe se d\u00e9bat, se tortille dans tous les sens; mais Hoss, qui a r\u00e9ussi \u00e0 l&#8217;attraper par un bras, le maintient fermement. Il parvient difficilement \u00e0 contenir la violence de Joe, et il a d\u00e9j\u00e0 re\u00e7u de nombreux coups. Qu&#8217;il se refuse absolument \u00e0 rendre&#8230;. Il a une solide exp\u00e9rience des combats \u00e0 mains nues; mais celui-ci a une autre dimension. Affective et cela p\u00e8se \u00e9norm\u00e9ment. Il a son fr\u00e8re contre lui et n&#8217;a nullement envie de lui faire mordre la poussi\u00e8re. Mais il faut que Joe se calme.<br \/>\nAdam, aussi, est d\u00e9pass\u00e9. Ses paroles sont inutiles, Joe n&#8217;est pas en \u00e9tat d&#8217;\u00e9couter ou d&#8217;\u00eatre raisonn\u00e9.<br \/>\n&#8211; Oupf, maintenant \u00e7a suffit.<br \/>\nHoss perd le peu de calme qui lui reste, au moment o\u00f9 Joe lui d\u00e9coche un violent coup de coude dans l&#8217;estomac. Une gifle magistrale atterrit sur la joue de Joe. Stup\u00e9fait, Joe retrouve instantan\u00e9ment ses esprits. Il recule et porte sa main \u00e0 sa joue, qui commence \u00e0 rosir&#8230; Puis il s&#8217;\u00e9croule, aux pieds de ses fr\u00e8res.<br \/>\n&#8211; Oh Hoss; pardonne-moi. Je ne sais pas ce qui m&#8217;a pris.<br \/>\n&#8211; C&#8217;est rien petit fr\u00e8re&#8230;<br \/>\n&#8211; Rien ? J&#8217;ai tu\u00e9 notre p\u00e8re et tu dis que c&#8217;est rien. Tu d\u00e9&#8230;.<br \/>\n&#8211; Joe, tu te calmes. Ou je t\u00a0&#8216;en allonge une autre.<br \/>\nEn entendant les paroles de Joe, Adam bondit sur lui.<br \/>\n&#8211; je ne veux pas t&#8217;entendre dire de telles horreurs. Tu n&#8217;y es pour rien&#8230; Et en plus, pa n&#8217;est pas mort.<br \/>\n&#8211; Et moi je sais qu&#8217;il ne va pas s&#8217;en remettre. Et c&#8217;est de ma faute. Je me suis tromp\u00e9, j&#8217;ai ramen\u00e9 la mauvaise racine et la potion l&#8217;a empoisonn\u00e9.<br \/>\n&#8211; mais arr\u00eate ton d\u00e9lire, Joe. Oui, il y a eu une erreur, Hop Sing l&#8217;a dit. Pa a fait une allergie, c&#8217;est tout. Son organisme n&#8217;a pas bien r\u00e9agit; mais il ne va pas mourir.<br \/>\n&#8211; ah bon, parce que TU ES MEDECIN, MAINTENANT MONSIEUR JE SAIS TOUT. POUR QUI TU TE PRENDS ???<br \/>\nAdam ne peut en supporter davantage. Il bouscule Hoss, attrape Joe par son foulard et le plaque contre le tronc de l&#8217;arbre et l&#8217;invective :<br \/>\n&#8211; Ecoute- moi bien , t\u00eate de lard. J&#8217;en ai marre de t&#8217;entendre passer tes nerfs sur tout le monde. Alors tu vas te calmer, et m&#8217;\u00e9couter. Depuis que Pa est dans cet \u00e9tat, je m&#8217;efforce de tenir la barre sans me laisser d\u00e9border, sans craquer&#8230; C&#8217;est normal, Adam, c&#8217;est l&#8217;a\u00een\u00e9, il est fort, il est responsable. Il a la t\u00eate froide, mais est-ce que tu t&#8217;es d\u00e9j\u00e0 demand\u00e9 ce que je pouvais ressentir ? J&#8217;EN AI ASSEZ. Tu crois que c&#8217;est facile pour moi, que je cultive l&#8217;optimisme comme d&#8217;autres font pousser le bl\u00e9. Et bien non, je suis en train de \u00ab\u00a0morfler\u00a0\u00bb moi aussi. Je cr\u00e8ve de trouille; je voudrai voir pa se r\u00e9tablir rapidement. Je ne supporte pas de le voir comme \u00e7a. Alors arr\u00eate de me faire passer pour un sans coeur&#8230;<br \/>\nAdam est \u00e0 bout de souffle&#8230;. Il a dit ces paroles d&#8217;une traite, sans prendre le temps de respirer. Mais tout est sorti d&#8217;un coup; cela fait trop longtemps qu&#8217;il le garde au fond de lui&#8230;<br \/>\n&#8211; Excuse-moi, Adam. J&#8217;ai honte. J&#8217;aurai d\u00fb comprendre&#8230;..Je n&#8217;aurai pas d\u00fb m&#8217;en prendre \u00e0 toi&#8230;<br \/>\nAdam a d\u00e9tourn\u00e9 sa t\u00eate; \u00e9puis\u00e9 par la violence des \u00e9motions qui viennent de le traverser. Lentement il fait marche arri\u00e8re et fixe le sol, avant de relever la t\u00eate et croiser le regard de ses deux fr\u00e8res.<br \/>\n&#8211; OK, je suppose que nous avions tous besoin de \u00e7a&#8230;. Maintenant \u00e7a va aller; moi je me sens mieux. Et toi Hoss, \u00e7a va ????<br \/>\n&#8211; Oui, mais Joe; la prochaine fois que tu vises mon estomac, je te d\u00e9fonce&#8230; Tu sais bien que je suis fragile de ce c\u00f4t\u00e9-l\u00e0&#8230;<br \/>\nJoe ne r\u00e9pond pas, mais lance un vrai sourire \u00e0 son fr\u00e8re. Tous les trois rentrent \u00e0 la maison&#8230; Il y a un buggy gar\u00e9 devant le ranch. Ce n&#8217;est pas celui du docteur, non, celui-l\u00e0 est plut\u00f4t grand et d&#8217;un mod\u00e8le assez luxueux. Qui peut bien venir rendre visite aux Cartwright ???<\/p>\n<p align=\"left\">Pour s\u00fbr, Joe, Hoss et Adam ont h\u00e2te de savoir qui est leur myst\u00e9rieux visiteur. Ces derni\u00e8res heures, ils n&#8217;ont vu que la carriole du docteur, \u00e0 qui ils ont fait promettre de ne rien r\u00e9v\u00e9ler en ville de l&#8217;\u00e9tat de sant\u00e9 de leur p\u00e8re. oh bien \u00e9videmment, le soutien des voisins aurait \u00e9t\u00e9 appr\u00e9ci\u00e9; mais Adam sait aussi que de nombreux esprits tordus auraient pu en profiter pour \u00e9chafauder toutes sortes de plan pour s&#8217;emparer des terres de Ponderosa.. Cela c&#8217;est d\u00e9j\u00e0 produit et Adam, soutenu par ses fr\u00e8res, ne tient pas \u00e0 leur donner une chance de tenter quoi que ce soit. Il sera toujours temps d&#8217;aviser, si l&#8217;\u00e9tat de sant\u00e9 de leur p\u00e8re doit irr\u00e9m\u00e9diablement se d\u00e9grader. Cette pens\u00e9e lui fait froid dans le dos. Il marque un temps d&#8217;arr\u00eat pour chasser de son esprit ces terribles desseins; une br\u00e8ve halte, que ses fr\u00e8res per\u00e7oivent n\u00e9anmoins.<br \/>\n&#8211; Alors, tu viens, lui lan\u00e7a Joe.<br \/>\n&#8211; Euh, oui, excuse. J&#8217;arrive.<br \/>\nHoss marche devant suivi de Joe et d&#8217;Adam. Ils se pr\u00e9cipitent \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur. Deux personnes leur tournent le dos; install\u00e9es dans le canap\u00e9 devant une tasse de th\u00e9. Il y a une femme brune, v\u00eatue \u00e9l\u00e9gamment d&#8217;une robe couleur rose cendr\u00e9. Ses cheveux sont \u00e9l\u00e9gamment remont\u00e9s en un chignon sophistiqu\u00e9, qui laisse appara\u00eetre la nuque blanche rehauss\u00e9e d&#8217;un fin sautoir en or.<br \/>\nLe grincement de la lourde porte en bois attire l&#8217;attention de l&#8217;homme et de la femme qui se retournent pour jeter un coup d&#8217;oeil. Les trois gar\u00e7ons Cartwright d\u00e9couvrent l&#8217;identit\u00e9 de la jeune femme.<br \/>\n&#8211; JOAN, c&#8217;est bien vous; quelle agr\u00e9able surprise.<br \/>\nAdam est le premier \u00e0 r\u00e9agir; il fait un pas vers elle, elle se jette dans ses bras.<br \/>\n&#8211; Oh Adam , que c&#8217;est bon de revenir ici&#8230;<br \/>\n&#8211; \u00e7a pour une surprise, je n&#8217;en reviens pas. Mais que fa\u00eetes-vous par ici ?<br \/>\nHoss et Joe viennent \u00e0 leur tour de s&#8217;approcher et donnent l&#8217;accolade \u00e0 Joan. Ils sont heureux de la voir.<br \/>\n&#8211; J&#8217;ai eu envie de venir vous pr\u00e9senter mon \u00e9poux, Henry.<br \/>\nAdam ne peut s&#8217;emp\u00eacher de s&#8217;exclamer :<br \/>\n&#8211; Le Henry de la diligence ?<br \/>\n&#8211; Celui-la m\u00eame.<br \/>\nAdam se rappelle tr\u00e8s bien la sc\u00e8ne. C&#8217;\u00e9tait peu de temps apr\u00e8s que Ben avait rompu avec Joan, lui ayant fait comprendre que leur histoire n&#8217;avait pas d&#8217;avenir. Il lui avait achet\u00e9 un billet pour San Francisco. Et elle \u00e9tait mont\u00e9 dans la diligence en m\u00eame temps qu&#8217;un jeune monsieur qu&#8217;elle avait d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9e lors de la r\u00e9ception que Ben avait donn\u00e9e en l&#8217;honneur de Joan. R\u00e9ception dont les gar\u00e7ons n&#8217;avaient pas go\u00fbt\u00e9 les charmes; leur p\u00e8re ayant &#8220;omis&#8221; d&#8217;inviter des demoiselles&#8230;<br \/>\n&#8211; voil\u00e0 quatre mois que nous avons uni nos destin\u00e9es. Henry a trouv\u00e9 une bonne place \u00e0 San Francisco. Nous voulions vous en faire la surprise.<br \/>\n&#8211; Je suis ravi pour vous; ma ch\u00e8re Joan, r\u00e9pondit Adam.<br \/>\n&#8211; Je suis tr\u00e8s heureuse, en effet. Mais d\u00eetes-moi Adam, qu&#8217;arrive-t-il \u00e0 votre p\u00e8re. Hop Sing nous a racont\u00e9.<br \/>\n&#8211; Nous n&#8217;en savons malheureusement rien. Cela fait 5 jours qu&#8217;il est inconscient.<br \/>\n&#8211; Oh mon dieu, mais c&#8217;est terrible. Mais pourquoi ?<br \/>\n&#8211; Nous n&#8217;avons pas de r\u00e9ponse, madame; r\u00e9pondit Hoss;<br \/>\nToute joie s&#8217;est \u00e9vapor\u00e9e; Joan se laisse envahir par toutes ces \u00e9motions qui se bousculent. Elle \u00e9clate en sanglots, contre l&#8217;\u00e9paule d&#8217;Adam. Henry s&#8217;est bien approch\u00e9, mais n&#8217;a pu esquisser un geste en direction de son \u00e9pouse. Il a une esp\u00e8ce de pudeur comme beaucoup d&#8217;hommes. Pourtant il se sent g\u00ean\u00e9 car il r\u00e9alise que ces trois hommes sont d&#8217;une autre nature. Eux n&#8217;ont aucune retenue et peuvent ais\u00e9ment se laisser aller \u00e0 prendre quelqu&#8217;un dans leur bras et \u00e0 montrer leurs sentiments.<br \/>\nJoe a les yeux brillants et Hoss pose tout naturellement sa large main sur l&#8217;\u00e9paule de son petit fr\u00e8re. Tout pr\u00e8s, Henry est fascin\u00e9 par ce que d\u00e9gage Hoss. Ce g\u00e9ant, capable de broyer la main d&#8217;un homme, parvient \u00e0 t\u00e9moigner douceur et chaleur \u00e0 ses proches. La seule explication qu&#8217;il a, est que Hoss a d\u00fb conna\u00eetre abondance d&#8217;amour et de tendresse&#8230;<br \/>\n&#8211; Si vous voulez bien alleter tous de pleuler, Hop Sing va pouvoil selvil le lepas.<br \/>\nL&#8217;arriv\u00e9e de Hop Sing est salu\u00e9e par tous, elle va permettre \u00e0 tous de se reprendre et de partager un bon repas en toute convivialit\u00e9. Illusoire perspective; puisque la place vacante de Ben ravive aussit\u00f4t la peine de Joan et des trois gar\u00e7ons&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">Ils prennent place \u00e0 la grande table du salon, table que Hop Sing a dress\u00e9e avec la plus belle vaisselle des jours de f\u00eate. Et tout cela en l&#8217;honneur de la belle jeune femme qui est venue \u00e9gayer la maison. Sa beaut\u00e9 est un ravissement pour les trois gar\u00e7ons, il ne fait aucun doute qu&#8217;elle est \u00e9panouie et radieuse. Elle s&#8217;assoit \u00e0 la gauche de Hoss; tandis que son mari s&#8217;installe en face d&#8217;elle, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Joe. Adam lui, a la place en bout de table, mais pas \u00e0 la place de de son p\u00e8re. Hop Sing leur porte le repas. En entr\u00e9e, il leur propose un arc-en-ciel de crudit\u00e9s : du ma\u00efs; des haricots rouges, des feuilles de salade et de petits oignons blancs d\u00e9licatement vinaigr\u00e9s dont la chair claque en bouche. Puis il leur porte le plat de r\u00e9sistance. Joan et Hoss \u00e9changent un regard complice et \u00e9clatent de rire : un rire franc, puissant, spontan\u00e9 et somme tout salutaire en ces temps bien tristes que traversent les fils Cartwright.<br \/>\n&#8211; Et bien ma ch\u00e8re, quel \u00e9clat de rire. Pouvez-nous en dire un peu plus , que nous rions ensemble.<br \/>\n&#8211; Et bien disons que Hoss et moi avons un souvenir plus que savoureux d&#8217;un plat similaire.<br \/>\n&#8211; Vous \u00eates en train de rire pour une plat\u00e9e de riz, ma ch\u00e8re Joan.<br \/>\n&#8211; Et oui; mais cela nous rappelle une certaine sc\u00e8ne que nous avons v\u00e9cue.<br \/>\nJoe, qui ne sait d\u00e9cid\u00e9ment pas tenir sa langue, tente d&#8217;expliquer \u00e0 Henry ce qui s&#8217;est pass\u00e9.<br \/>\n&#8211; Voyez-vous mon cher, ce jour-l\u00e0, votre d\u00e9licieuse \u00e9pouse nous a montr\u00e9 ses talents de lanceuse d&#8217;assiettes.<br \/>\n&#8211; Je ne comprends pas bien.<br \/>\n&#8211; Il n&#8217;y a rien \u00e0 comprendre. Je n&#8217;avais pas envie de manger et j&#8217;ai fait comprendre \u00e0 Hoss que son assiette de riz n&#8217;\u00e9tait pas la bienvenue.<br \/>\n&#8211; Et que s&#8217;est-il pass\u00e9 par la suite ?<br \/>\n&#8211; Mr Cartwright m&#8217;a convaincu de venir diner \u00e0 table.<br \/>\nHenry se tourne vers Adam :<br \/>\n&#8211; Mon cher Adam, il me semble que votre p\u00e8re a de solides arguments.<br \/>\n&#8211; Oui, en effet; tr\u00e8s percutants&#8230; Devrais-je dire.<br \/>\nJoan pique un fard qui ne passe pas inaper\u00e7u. Joe lui glisse un petit coup d&#8217;oeil complaisant ; et Adam lui lance un clin d&#8217;oeil \u00e9vocateur. Il n&#8217;en est pas dit davantage sur la sc\u00e8ne; apr\u00e8s tout, Joan est libre d&#8217;en faire part \u00e0 son \u00e9poux si elle le souhaite&#8230;<\/p>\n<p>Ponderosa se r\u00e9veille lentement en ce dimanche matin; nul besoin de se sortir du lit \u00e0 l&#8217;aube, chacun a le loisir de paresser entre les draps. Hop Sing sert le petit d\u00e9jeuner vers 9 h00. A table se trouvent d\u00e9j\u00e0 Adam et Joe, et Hoss , mais Hoss s&#8217;est absent\u00e9 pour aller voir comment se porte une des juments qui doit mettre bas ces jours-ci.<br \/>\nLa silhouette de Henry se dessine dans les escaliers; svelte, \u00e9lanc\u00e9; une belle stature; et une certaine classe, m\u00eame en robe de chambre. Cette derni\u00e8re, tr\u00e8s bien taill\u00e9e, provient des meilleures boutiques de San Francisco et t\u00e9moigne de l&#8217;aisance de son propri\u00e9taire.<br \/>\n-Messieurs, bien le bonjour.<br \/>\n-Bonjour, Henry. Prenez place; le caf\u00e9 est chaud. Prendrez-vous des oeufs ?<br \/>\n-Et bien, une tasse de caf\u00e9 pour commencer. Merci Adam.<br \/>\n-D\u00eetes-moi, avez-vous aper\u00e7u Joan, ce matin ?<br \/>\n-Ah non, Adam et moi \u00e9tions les premiers lev\u00e9s et nous n&#8217;avons pas vu votre femme. S&#8217;est-elle lev\u00e9e?<br \/>\n-Je pr\u00e9sume, mais je ne l&#8217;ai pas entendu. Elle aura s\u00fbrement voulu aller faire une petite promenade matinale.<br \/>\n-Hoss est dehors, il la croisera sans doute.<br \/>\n-Alors, il n&#8217;y a pas lieu de s&#8217;inqui\u00e9ter.<br \/>\nC&#8217;est \u00e0 ce moment que la porte s&#8217;ouvre ; quelqu&#8217;un entre. Quelqu&#8217;un qui, manifestement, n&#8217;est pas des plus sereins.<br \/>\n&#8211; Et bien Hoss, qu&#8217;est-ce qui t&#8217;arrive ? Tu as vu un fant\u00f4me ?<br \/>\n&#8211; Tr\u00e8s dr\u00f4le, Little Joe. Attends que je te raconte ce qui se passe, et on verra si tu as toujours envie de te marrer.<br \/>\n&#8211; Et bien, allez, vas-y, on t&#8217;\u00e9coute.<br \/>\n&#8211; Buck n&#8217;est plus dans son box. Quelqu&#8217;un l&#8217;a pris ?<br \/>\n&#8211; Hein ? Qu&#8217;est-ce que tu dis ? Buck a disparu ? Tu plaisantes ?<br \/>\n&#8211; Adam, tu me crois capable de faire ce genre de blague de potache. Je ne m&#8217;appelle pas Joseph.<br \/>\n&#8211; H\u00e9 minute, qu&#8217;est-ce que tu viens de dire ?<br \/>\nEvidemment, Joe a bondi de sa chaise, en entendant son fr\u00e8re.<br \/>\n&#8211; La ferme Joe, assieds-toi et mange. Et puis essuie un peu ton coin de table, tu as encore renvers\u00e9 ta tasse de caf\u00e9.<br \/>\nJoe lance un regard f\u00e9roce \u00e0 Adam, qui vient de le rabrouer vertement. D\u00e9cid\u00e9ment il en a parfois par-dessus la t\u00eate de ses deux grands fr\u00e8res. Ah Adam ne se g\u00eane pas pour prendre la place du donneur de le\u00e7ons et Hoss l&#8217;a trait\u00e9 de potache&#8230;<br \/>\n&#8211; Bien, alors que faisons-nous ? Est-ce qu&#8217;on se lance sur les traces du cheval ,<br \/>\n&#8211; Gentlemen, puis-je me permettre une r\u00e9flexion ?<br \/>\n&#8211; Bien s\u00fbr Henry ?<br \/>\n&#8211; Je vous ai fait part ce matin de l&#8217;absence de mon \u00e9pouse ? Il se pourrait qu&#8217;il y ait un rapport entre sa disparition et celle du cheval ?<br \/>\n&#8211; Vous pensez que Joan aurait pu partir avec le cheval de notre p\u00e8re ?<br \/>\n&#8211; Cela semble probable. Elle est une excellente cavali\u00e8re.<br \/>\n&#8211; Oui mais de l\u00e0 \u00e0 seller Buck et \u00e0 partir sans rien en dire \u00e0 personne.<br \/>\nAdam est perplexe; il aurait \u00e9videmment fourni une monture \u00e0 Joan si elle en avait manifest\u00e9 le d\u00e9sir. Mais cette fa\u00e7on d&#8217;agir pour le moins -cavali\u00e8re- le contrarie quelque peu. D&#8217;autant que personne ne semble au courant de l&#8217;escapade de la jeune femme. Et si il lui arrive quelque chose ? O\u00f9 iront-ils la chercher ? Dans quelle direction est-elle partie ? Et dans combien de temps va -t-elle rentrer ?<br \/>\n&#8211; Ne pouvons-nous pas lui accorder du temps ? Elle aura sans doute eu besoin de galoper un peu, elle rentrera rapidement.<br \/>\n&#8211; Et si ce n&#8217;est pas le cas, Hoss ?<br \/>\n&#8211; Alors nous aviserons. Elle est adulte; et notre invit\u00e9e. Je pense que papa ne s&#8217;en serait pas offusqu\u00e9.<br \/>\n&#8211; Bien, \u00e7a marche pour moi. Mais une heure maxi, pas plus. Apr\u00e8s, nous nous mettrons \u00e0 sa recherche.<br \/>\n&#8211; Bien s\u00fbr grand-fr\u00e8re&#8230;<br \/>\nAdam se rassoit et termine son petit d\u00e9jeuner, les autres font de m\u00eame; y compris Joe, encore vex\u00e9 par l&#8217;attitude de ses frangins.<\/p>\n<p align=\"left\">Il est plus de 13h00 quand ils descendent de cheval devant le ranch. D&#8217;ordinaire ils auraient men\u00e9 leur cheval \u00e0 l&#8217;\u00e9curie, mais l\u00e0, ils abandonnent leur monture devant la barri\u00e8re. Ils ont pass\u00e9 des heures \u00e0 dos de cheval. Ils ont ratiss\u00e9 chaque recoin du territoire, ils ont \u00e9t\u00e9 en ville; mais personne n&#8217;a vu Joan. Ils sont \u00e9reint\u00e9s; l&#8217;agacement chez Adam a maintenant fait place \u00e0 l&#8217;inqui\u00e9tude. Ils n&#8217;ont vraiment pas besoin de \u00e7a&#8230; C&#8217;est d\u00e9j\u00e0 abominable de devoir rester impuissant au chevet de leur p\u00e8re. Et maintenant il faut lancer les recherches.<br \/>\n-Bon dieu, c&#8217;est pas vrai. Mais o\u00f9 est-elle pass\u00e9e ?<br \/>\nPuis ayant remarqu\u00e9 qu&#8217;Henry le suit, il se confond en excuses.<br \/>\n&#8211; Veuillez me pardonner cet \u00e9gard de langage. Je suis sur les nerfs; et \u00e0 dire vrai, je commence \u00e0 m&#8217;inqui\u00e9ter pour votre \u00e9pouse.<br \/>\n&#8211; Je le comprends parfaitement Adam. Je commence moi aussi \u00e0 me faire du souci.<br \/>\n&#8211; Je sugg\u00e8re que nous avalions quelque chose, puis nous allons prendre un peu de repos et puis nous repartirons. Il faut absolument la retrouver. Nous ne savons m\u00eame pas si elle a des vivres avec elle. Je vais demander \u00e0 Hop Sing de nous pr\u00e9parer quelque chose.\u00a0\u00bb<br \/>\nAdam se dirigea vers la cuisine. Joe et Hoss se laiss\u00e8rent tomber dans le canap\u00e9; eux aussi \u00e9taient \u00e9puis\u00e9s; ils n&#8217;aspiraient qu&#8217;\u00e0 une seule chose : ne plus rien faire.<br \/>\nEt tous deux ferment les yeux, ils ont pass\u00e9 toute la matin\u00e9e \u00e0 cheval; pour rien. Ils ont parcouru des miles et des miles, ils ont bouff\u00e9 des tonnes de poussi\u00e8re; ils en ont encore le go\u00fbt acre dans la bouche.<\/p>\n<p align=\"left\">-HEIN? QUOI ? ELLE EST ICI !!!!!!!!!!! JOAN EST DANS LA MAISON; ET C&#8217;EST MAINTENANT QUE TU ME LE DIS. MAIS BON DIEU; HOP SING, TU POUVAIS PAS LE DIRE AVANT;<br \/>\nJoe et Hoss se l\u00e8vent d&#8217;un bond, alert\u00e9s par le bruit de la cuisine, rassemblant ce qui leur reste d&#8217;\u00e9nergie, ils se pr\u00e9cipitent dans la pi\u00e8ce, o\u00f9 ils d\u00e9couvrent Hop Sing gesticulant au bout du bras d&#8217;Adam qui le maintient fermement.<br \/>\nDe m\u00e9moire, les murs de Ponderosa n&#8217;ont jamais autant trembl\u00e9. Adam est hors de lui, et encore , en disant cela; on est loin de la v\u00e9rit\u00e9. Il est furieux, il secoue le pauvre Hop Sing comme un prunier.<br \/>\n-Vous pas de-man-der Hop Sing, si-sinon Hop Sing au-au-lait dit.<br \/>\nHop Sing, le pauvre, a du mal \u00e0 parler; Adam est litt\u00e9ralement en train de passer ses nerfs sur le pauvre gar\u00e7on. Hoss ne tergiverse pas trois secondes; il vole au secours de Hop Sing.<\/p>\n<p align=\"left\">-Adam l\u00e2che-le.<br \/>\n&#8211; JE VAIS LUI FAIRE BOUFFER SA NATTE, CET IMBECILE VIENT DE ME DIRE QUE JOAN EST DANS LA MAISON.<br \/>\n&#8211; Et alors, c&#8217;est plut\u00f4t une bonne nouvelle. Allons la voir et demandons-lui o\u00f9 elle est, n&#8217;est-ce pas Henry. Et apr\u00e8s nous pourrons tous aller manger quelque chose.<br \/>\n&#8211; UNE BONNE NOUVELLE, NON MAIS JE REVE; OH ET PUIS MERDE; ALLEZ TOUS VOUS FAIRE FOUTRE. J&#8217;EN AI MARRE, JE NE RESTE PAS UNE SECONDE DE PLUS ICI.<br \/>\nEt Adam quitte la cuisine, ses yeux lancent des \u00e9tincelles, et sa m\u00e2choire est crisp\u00e9e. Il attrape au vol son chapeau, ainsi que sa veste. Il la jette dessus son \u00e9paule, faisant trembler un vase qui explose par terre. Sans se retourner, il se pr\u00e9cipite dehors en claquant la porte derri\u00e8re lui; fort&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">*******<\/p>\n<p align=\"left\">Adam vient de claquer la porte, la surprise a clou\u00e9 sur place ses deux fr\u00e8res ainsi qu&#8217;Henry. Aussi immobiles que le totem des peaux-rouges de la tribu des Commanches. C&#8217;est bien simple, ils sont l\u00e0, tous les trois, plant\u00e9s, la bouche ouverte, les yeux fix\u00e9s en direction de la porte.<br \/>\n&#8211; Et bien, \u00e7a c&#8217;est fait. On n&#8217;en parle plus. Bon, c&#8217;est vrai qu&#8217;il \u00e9tait plus que moche ce vase, et je crois que l\u00e0; Adam; il lui a carr\u00e9ment r\u00e9gl\u00e9 son compte.<br \/>\nC&#8217;est Hoss, qui, par cette judicieuse remarque pleine de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, brise la chape de plomb qui s&#8217;est abattue sur Ponderosa. Henry se tient pr\u00e8s de la table, tournant le dos \u00e0 la chemin\u00e9e, les deux mains pos\u00e9es \u00e0 plat sur la nappe \u00e0 carreaux, les \u00e9paules un peu basses, profond\u00e9ment d\u00e9sol\u00e9 de ce qui se passe et des tourments que sa femme a caus\u00e9s. Hoss et Joe sesont rassis dans le canap\u00e9 pour prendre enfin ce qui ne semble pas pouvoir \u00eatre d&#8217;actualit\u00e9 ; un peu de repos.<br \/>\n&#8211; Bon je monte, faut que je parle \u00e0 Joan&#8230;<br \/>\nHenry s&#8217;est retourn\u00e9 et s&#8217;est prononc\u00e9 sur ses intentions, Hoss r\u00e9pond par une esquisse de mouvement qui signifie \u00ab\u00a0faites comme bon vous semble; moi je ne bouge plus de l\u00e0\u00a0\u00bb. Joe, encore moins port\u00e9 sur les convenances, ne r\u00e9pond m\u00eame pas, il somnole d\u00e9j\u00e0, les bras crois\u00e9s sur sa poitrine et la t\u00eate pench\u00e9e en avant.<br \/>\nEnfin un peu de silence est accord\u00e9 aux deux jeunes hommes; un peu, c&#8217;est rien de le dire. Oh \u00e0 peine trente \u00e0 quarante secondes plus tard, une voix retentit :<br \/>\n-appuyez-vous sur moi, et avancez doucement. L\u00e0, un pied apr\u00e8s l&#8217;autre, et tenez-vous au mur.\u00a0\u00bb<br \/>\nHoss ouvre un oeil, puis l&#8217;autre; il discerne une silhouette en haut des escaliers; il cligne des yeux, l&#8217;image se fait plus nette. C&#8217;est Joan, au sommet des marches; mais elle n&#8217;est pas seule. Bon sang, un Ben tout flage\u00f4lant la pr\u00e9c\u00e8de.<br \/>\n-mais mais , ohhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh paaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa. Mais mais mais, JOE, JOE. Bouge-toi. H\u00e9 regarde; l\u00e0-haut;<br \/>\nJoe \u00e9merge, m\u00e9content d&#8217;\u00eatre d\u00e9j\u00e0 secou\u00e9 et sorti de son sommeil qui s&#8217;annon\u00e7ait pourtant salvateur. Il d\u00e9couvre son fr\u00e8re Hoss, agit\u00e9 de mouvements d\u00e9sordonn\u00e9s; faisant de grands gestes dans toutes les directions. Joe manque d&#8217;ailleurs de se prendre une grosse claque.<br \/>\n&#8211; qu&#8217;est-ce qui te prend de brailler comme un porc en train de se faire \u00e9gorger.<br \/>\n&#8211; Mais regarde, pa est debout; vite Joe&#8230;. C&#8217;est \u00e9norme, c&#8217;est pas possible&#8230;.<br \/>\nEn deux pas, Hoss atteint l&#8217;escalier et monte les marches quatre \u00e0 quatre, bouscule Joan au passage et se rue sur son p\u00e8re. Il le serre contre lui, comme pour se persuader que c&#8217;est bien lui qui s&#8217; avance.<br \/>\n-pa&#8217;, mais&#8230;.. Comment&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;. Pffff&#8230;&#8230;&#8230;.. c&#8217;est pas possible&#8230;&#8230;&#8230;.. Non, \u00e7a se peut pas&#8230;&#8230;&#8230;&#8230; Mais je r\u00eave; JE VEUX QU&#8217;ON ME PINCE&#8230;..<br \/>\nHoss pousse des cris et s&#8217;agite de plus belle..<br \/>\n&#8211; AIEEEEEEEEEEEEEEEE.<br \/>\nJoe, qui entre temps a retrouv\u00e9 ses esprits, est mont\u00e9 et est en train de serrer violemment entre son pouce et son index la joue de son fr\u00e8re&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-Paaaaaaa<br \/>\nJoe pousse les m\u00eames cris que son fr\u00e8re, en deux dixi\u00e8mes de secondes, Ben est litt\u00e9ralement \u00e9cras\u00e9 entre ses deux fils, il re\u00e7oit une cascade d&#8217; accolades, baisers, tapes dans le dos. Il chancelle ;<br \/>\n-Mais paaaaaa; comment&#8230;.. Mais&#8230;&#8230; Oh mon dieu&#8230;.. JE SUIS SI HEUREUX&#8230; WAHOU&#8230;&#8230;.<br \/>\nPetit Joe est en larmes, mais il rie en m\u00eame temps; les nerfs l\u00e2chent, il est hyst\u00e9rique. Hoss ne vaut pas mieux. Joan, en voyant cela; fait preuve d&#8217;un sang-froid admirable; elle parvient \u00e0 repousser les deux gar\u00e7ons, ce qui en soi constitue d\u00e9j\u00e0 un exploit et met Ben \u00e0 l&#8217;\u00e9cart du tourbillon infernal.<br \/>\n-Je crois que c&#8217;est assez. Il faut retourner dans votre lit Ben, cinq pas sont largement suffisants pour un miracul\u00e9..<br \/>\nHoss et Joe, en entendant ces paroles pleines de bon sens et de sagesse, se calment aussit\u00f4t.<br \/>\n&#8211; Oui pa, on \u2026&#8230; te&#8230;&#8230;. raccompagne&#8230;&#8230; s&#8217;entendent-ils dire, encore sous le choc.<br \/>\nAlors, ivres de bonheur, les deux fr\u00e8res offrent leur bras et leur \u00e9paule \u00e0 leur p\u00e8re pour le reconduire \u00e0 sa chambre. Ils l&#8217;aident \u00e0 s&#8217;allonger : 1001 questions leur br\u00fblent les l\u00e8vres, mais ils ont encore un peu de conscience pour se rendre compte qu&#8217;ils vivent un moment SURREALISTE et qu&#8217;ils n&#8217;auront de toutes fa\u00e7ons pas assez de force pour tout entendre. Dans un deuxi\u00e8me temps, s\u00fbrement&#8230; Ben rousp\u00e8te un peu, il lui tarde de gambader, de se d\u00e9gourdir les jambes; il souffre de crampes dans les mollets et il a des fourmillements dans le post\u00e9rieur&#8230; Et puis il se sent sale, moite et puis, il en a marre.<br \/>\n&#8211; Moi je te laisse, mais je reviens.<br \/>\nHoss, en sortant de la chambre, pose son regard sur Joan.<br \/>\n-vous, vous nous devez des explications, dans tous les sens du terme et pour plusieurs raisons&#8230;. Et ce pauvre Henry, qui doit encore \u00eatre en bas \u00e0 se demander ce qui se passe.<br \/>\n&#8211; Et bien&#8230;<br \/>\n&#8211; Tout compte fait, on verra plus tard pour les explications.\u00a0\u00bb<br \/>\nEt il lui plante sur les joues un baiser sonore ; un baiser de reconnaissance, de soulagement et de d\u00e9votion. Il a rat\u00e9 quelque chose, il le sent. Mais comme tous les gars de cette maison, et tr\u00e8s franchement, il s&#8217;en moque \u00e9perdument. Il a vu son p\u00e8re debout, sur ses pieds, les yeux ouverts et c&#8217;est le plus beau jour de son existence&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">Joe reste aupr\u00e8s de son p\u00e8re, la t\u00eate pos\u00e9e sur le torse de Ben. Pas un son ne s&#8217;\u00e9chappe de sa bouche, il pleure doucement. Lui reviennent en m\u00e9moire chaque instant de ce cauchemar qui est maintenant en train de prendre fin : le malaise de Ben, sa chute brutale, les visites du docteur et son pessimisme de plus en plus criant, et les cris d&#8217;Adam et la tentative d&#8217;Hop Sing, peu efficace. Et ses crises \u00e0 lui, la terreur qui s&#8217;est empar\u00e9e de lui&#8230; Tout ceci remonte \u00e0 la surface et le d\u00e9passe, et le submerge. C&#8217;est trop : voir son p\u00e8re debout, aussi brutalement qu&#8217;il l&#8217;a vu s&#8217;\u00e9crouler. C&#8217;est d&#8217;une violence extr\u00eame.<br \/>\n&#8211; Faut que je me calme et que j&#8217;aille chercher Adam. Et que j&#8217;aille voir Hop Sing et&#8230;.. oh le pauvre Henry..<br \/>\nHoss est dans les escaliers, promptement engag\u00e9 dans les marches. Encore sonn\u00e9 par ce qu&#8217;il vient de vivre, il manque de chuter par-dessus la rambarde. Se rattrapant in extr\u00e9mis, il parvient \u00e0 conserver sa position debout.<br \/>\n&#8211; Bon, Henry, je ne m&#8217;en occupe pas, apr\u00e8s tout, Joan n&#8217;a qu&#8217;\u00e0 lui parler. La priorit\u00e9, c&#8217;est Adam.\u00a0\u00bb<br \/>\nEt il se dirige vers la porte. Avisant Henry, il lui lan\u00e7a un regard plein d&#8217;interrogation et pointa l&#8217;index vers le haut des escaliers et des bribes de paroles :<br \/>\n-Joan, l\u00e0-haut, dans sa chambre.<br \/>\nEt il sort; l&#8217;air frais lui fait du bien. Il essuie ses yeux du revers de la manche et marche un peu sur le perron. Mais o\u00f9 va-t-il le retrouver, Adam&#8230; Il connait le lieu de recueillement de Joe, c&#8217;est la tombe de sa m\u00e8re; mais Adam; le grand fr\u00e8re protecteur et si s\u00fbr de lui, o\u00f9 se r\u00e9fugie-t-il quand le d\u00e9sespoir vient frapper \u00e0 sa porte \u2026. Son instinct d&#8217;homme simple, naturel reprend le dessus; le meilleur confident d&#8217;Adam, bien s\u00fbr, c&#8217;est Sport. Alors d&#8217;un pas plus assur\u00e9, il se dirige vers la grange. Adam y est effectivement , en train de bouchonner son compagnon de chevauch\u00e9e.<br \/>\n&#8211; \u00e7a me fait toujours du bien de passer mes nerfs sur la brosse et les poils morts de Sport.<br \/>\n&#8211; Je vois \u00e7a; Sport brille comme un sou neuf.<br \/>\n&#8211; Dis, Adam, tu vas pouvoir poser ta brosse. Y a quelque chose qui t&#8217;attend l\u00e0-bas.<br \/>\n&#8211; oh oui, je sais. J&#8217;ai entendu quand je suis sorti. J&#8217;ai p\u00e9t\u00e9 quelque chose ???<br \/>\n&#8211; De quoi tu parles ? On s&#8217;en fiche du vase. C&#8217;est d&#8217;autre chose dont il s&#8217;agit. Pa&#8217; est debout. Oh, tu m&#8217;entends ???? JE TE DIS QUE PA EST DEBOUT.<br \/>\n&#8211; NONNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNN&#8230;.<br \/>\nAdam porte sa main \u00e0 sa t\u00eate et chancela :<br \/>\n-Oh Adam, tu vas pas tourner de l&#8217;oeil. H\u00e9, ho reste avec moi. Viens t&#8217;asseoir&#8230;<br \/>\nHoss commence \u00e0 gifler Adam avec \u00e9nergie, en d\u00e9sespoir de cause; il chope le seau d&#8217;eau et le jette au visage de son fr\u00e8re. Ce dernier recule; se secoue et proteste :<\/p>\n<p align=\"left\">-HEEEEEEEEEEEEE, t&#8217;es dingue, \u00e7a va pas la t\u00eate.<br \/>\n&#8211; Ah je vois que tu es revenu. Excuse-moi pour la douche, mais t&#8217;as failli tomber dans les pommes. H\u00e9, \u00e7a va aller ?<br \/>\n&#8211; Oui, mais bon l&#8217;eau, t&#8217;aurais pu \u00e9viter. Elle avait un go\u00fbt de pisse, ta flotte&#8230;<br \/>\n&#8211; Oh \u00e7a va; d&#8217;abord la fin justifie les moyens. Bon, j&#8217;t&#8217;emm\u00e8ne voir pa ou on continue \u00e0 discuter sur mes m\u00e9thodes pour te faire recouvrer tes esprits&#8230;<br \/>\n&#8211; Bien s\u00fbr, je te suis. Heu, Hoss, s&#8217;il te plait, j&#8217;aimerai que \u00e7a reste entre toi et moi. Joe n&#8217;a pas besoin de savoir \u00e7a.<br \/>\n&#8211; Rassure-toi, on n&#8217;est plus \u00e0 \u00e7a pr\u00e8s&#8230;. Joe faisait pas le malin quand je l&#8217;ai laiss\u00e9. Et puis tu sais, \u00e0 tous les deux, on a d\u00fb pleurer l&#8217;\u00e9quivalent du Lac Taho\u00e9&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">Un mois s&#8217;est \u00e9coul\u00e9 depuis cette folle journ\u00e9e au cours de laquelle Hoss puis Joe et enfin Adam ont eu l&#8217;immense surprise de voir leur p\u00e8re debout. La fuite inopin\u00e9e de Joan a \u00e9t\u00e9 \u00e9lucid\u00e9e ; elle a quitt\u00e9 Ponderosa pour aller chercher un rem\u00e8de aupr\u00e8s des Paiutes. Elle a pris d&#8217;\u00e9normes risques, en retournant dans son ancienne tribu. Elle a d\u00e9cid\u00e9 d&#8217;emprunter Buck, car elle savait que le chef des Paiutes a une haute estime de Ben Cartwright, et elle avait voulu mettre toutes les chances de son c\u00f4t\u00e9. Et le culot avait pay\u00e9; le chef des Paiutes avait convaincu son peuple de venir en aide \u00e0 leur ancienne squaw. Le rem\u00e8de avait fonctionn\u00e9, et elle avait aid\u00e9 Ben \u00e0 se mettre debout pour aller faire une surprise \u00e0 ses fils.<br \/>\nPaul Martin avait \u00e9t\u00e9 convi\u00e9 d\u00e8s le lendemain, et il avait eu droit \u00e0 la m\u00eame sc\u00e8ne; il n&#8217;avait jamais ressenti une telle liesse&#8230; Voir Ben Cartwright totalement r\u00e9tabli lui avait caus\u00e9 une \u00e9motion sans pareille&#8230; Dans son m\u00e9tier, il avait plus souvent v\u00e9cu des moments p\u00e9nibles que ce genre de gu\u00e9risons quasi miraculeuses. Et il \u00e9tait fou de joie que ce soit Ben qui lui offre \u00e0 vivre de telles minutes. Surtout que Ben, il l&#8217;avait examin\u00e9 scrupuleusement, ne souffrait d&#8217;aucunes s\u00e9quelles cons\u00e9cutives \u00e0 ce qu&#8217;on pouvait appeler une attaque. Il a \u00e9court\u00e9 sa convalescence, la r\u00e9duisant \u00e0 une semaine au lieu des trois exig\u00e9es par le docteur. Ses facult\u00e9s intellectuelles n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 affect\u00e9es, il ne pr\u00e9sente aucun trouble de la m\u00e9moire; il s&#8217;exprime toujours aussi bien qu&#8217;avant, c&#8217;est \u00e0 dire d&#8217;une voix forte et sur un ton ne souffrant aucune contestation. De nouveau, les murs de Ponderosa tremblent, mais ni Joe, ni Hoss ni Adam ne s&#8217;en offusquent, la voix de leur p\u00e8re leur a bien trop manqu\u00e9. Et du coup on entend des \u00ab\u00a0yes sir\u00a0\u00bb \u00e0 longueur de journ\u00e9e; m\u00eame Adam se surprend \u00e0 en l\u00e2cher quelques uns; et ce n&#8217;est pas rien, lui qui a toujours eu du mal avec l&#8217;autorit\u00e9 de son p\u00e8re.<br \/>\nBen reprend la t\u00eate du ranch, se remet aux affaires; oh pour l&#8217;instant il s&#8217;en tient \u00e0 de la comptabilit\u00e9 et au recensement des nouvelles t\u00eates de b\u00e9tail. Il n&#8217;est pas encore remont\u00e9 \u00e0 cheval, son alitement a laiss\u00e9 des traces notables sur sa musculature; il a vraiment fondu. C&#8217;est pour cela que Hop Sing cuisine tous les plats consistants qu&#8217;il connait, et oblige Mistel Caltwight \u00e0 se resservir au moins deux fois&#8230;.<br \/>\nCe matin, Ben est plong\u00e9 dans ses livres de comptes, quand Joan attire son attention par un raclement discret :<br \/>\n-Ben, excusez-moi de vous d\u00e9ranger. Je souhaiterai vous parler.<br \/>\n&#8211; Mais ne vous excusez pas ma ch\u00e8re. Je vais d&#8217;ailleurs faire une pause. J&#8217;ai \u00e9t\u00e9 tenu \u00e9loign\u00e9 des affaires pendant trop longtemps, et je suis un peu d\u00e9pass\u00e9 par la quantit\u00e9 de paperasse qui s&#8217;est accumul\u00e9e.<br \/>\n&#8211; Ben, vous exag\u00e9rez. Vos fils ont fait un travail sensationnel et je ne peux pas vous laisser dire \u00e7a.<br \/>\n&#8211; Oui, vous avez raison. Pardonnez-moi. Maintenant que je connais vos talents en mati\u00e8re de m\u00e9dication, je m\u00a0&#8216;abstiendrai de vous froisser. Vous \u00eates capable de m&#8217;exp\u00e9dier outre-tombe ou de me d\u00e9clencher une fi\u00e8vre de cheval.<br \/>\n&#8211; Oh Ben, vous vous moquez.<br \/>\n&#8211; Si peu si peu, j&#8217;\u00e9tais \u00e0 mille lieux de penser que vous aviez conserv\u00e9 de tels souvenirs de votre ancien monde.<br \/>\n&#8211; Je tiens \u00e0 vous dire que le chef des Paiutes m&#8217;a chass\u00e9 du monde des Indiens, mais nul ne pourra jamais faire sortir le monde des Indiens de mon esprit. Ils m&#8217;ont \u00e9lev\u00e9, leur culture est en moi dans mon coeur, \u00e0 d\u00e9faut de couler dans mes veines.<br \/>\n&#8211; Vous \u00eates une jeune femme formidable, Joan. Courageuse, d\u00e9termin\u00e9e, si j&#8217;osais je dirai qu&#8217; en plus vous n&#8217;avez pas froid aux yeux.<br \/>\n&#8211; Mais vous \u00eates aussi quelqu&#8217;un d&#8217;exceptionnel, Benjamin. Sinon, le chef n&#8217;aurait jamais accept\u00e9 d&#8217;aider un Blanc&#8230;. J&#8217;ai eu le temps de lui parler de vous, c&#8217;est ce qui l&#8217;a dissuad\u00e9 de mettre sa menace \u00e0 ex\u00e9cution. Il aurait pu me mettre \u00e0 mort.<br \/>\n&#8211; J&#8217;en fr\u00e9mis, ma ch\u00e8re. Je n&#8217;oublierai jamais ce que vous avez fait pour moi; vous avez risqu\u00e9 votre vie pour moi.&#8221;<br \/>\nBen se l\u00e8ve, prend Joan dans ses bras et la serre contre lui. Il lui faut lutter contre ses sentiments, C&#8217;est une femme mari\u00e9e qu&#8217;il vient d&#8217;enlacer et il doit mettre de l&#8217;ordre dans sa t\u00eate et commander \u00e0 son coeur de cesser ses battements effr\u00e9n\u00e9s .<br \/>\n&#8211; Bien, si vous me disiez ce qui vous tracasse \u2026<br \/>\n&#8211; Henry et moi souhaitons nous \u00e9tablir ici, louer ou acheter une petite maison. Nous appr\u00e9cions vote hospitalit\u00e9 mais il est temps pour nous de vous rendre votre tranquilit\u00e9 et nous devons penser \u00e0 notre vie de couple.<br \/>\n&#8211; Je comprends Joan, mais rien ne presse; restez ici jusqu&#8217;\u00e0 ce que vous trouviez ce que vous cherchez. Je pourrai me renseigner ces jours-ci en ville; vous pouvez compter sur moi.<br \/>\n-Merci Ben, je suis tr\u00e8s touch\u00e9e..<\/p>\n<p align=\"left\">Joan se d\u00e9gage des bras de Ben et sort de la pi\u00e8ce&#8230;. Elle a besoin de prendre un peu l&#8217;air. Elle s&#8217;\u00e9loigne du ranch, arrache machinalement quelques feuilles et les chiffonne tout aussi m\u00e9caniquement dans ses mains. Elle s&#8217;asseoit sur un rocher, le regard tourn\u00e9 vers l&#8217;horizon, s&#8217;effor\u00e7ant de chasser de son esprit le trouble qui l&#8217;a envahi. Dans son cr\u00e2ne, une terrible temp\u00eate se d\u00e9cha\u00eene.<br \/>\n-Ma pauvre Joan, mais qu&#8217;est-ce qu&#8217;il t&#8217;arrive ??? Ben te fait encore de l&#8217;effet; tu as eu du mal \u00e0 garder la t\u00eate froide quand il te serrait contre lui&#8230; Faut dire qu&#8217;il a tout ce dont tu r\u00eaves : il est puissant , protecteur et solide&#8230;. C&#8217;est ce qu&#8217;il te faut, hein&#8230;. Alors qu&#8217;est-ce que tu attends pour retourner le voir&#8230;. Tu sais bien que tu ne vas pas pouvoir r\u00e9sister \u00e0 son charme; c&#8217;est lui que tu aimes&#8230;<br \/>\nMais elle entend aussi une autre voix :<br \/>\n&#8211; Allons, tu ne vas revenir l\u00e0-dessus. Personne ne t&#8217;a forc\u00e9 \u00e0 \u00e9pouser Henry, tu as fait ton choix en ton \u00e2me et conscience. Il ne triche pas avec toi, il t&#8217;aime sinc\u00e8rement et tu peux compter sur lui.<br \/>\nC&#8217;est normal que tu restes attach\u00e9e \u00e0 Ben, surtout apr\u00e8s ce qu&#8217;il a fait pour toi et ce que vous avez v\u00e9cu ensemble. C&#8217;est toi qui as r\u00e9ussi \u00e0 le faire sortir du coma; alors cela cr\u00e9e forc\u00e9ment un attachement. Mais tu sais tr\u00e8s bien ce qu&#8217;il en est. Tu es mari\u00e9e et ce sacrement, tu ne pourras pas le rompre. C&#8217;est Dieu qui a consacr\u00e9 votre union et rien ne saurait la d\u00e9faire&#8230;\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Evidemment qu&#8217;elle est s\u00fbre de l&#8217;amour qu&#8217;elle porte \u00e0 Henry. L&#8217;alliance qu&#8217;elle porte \u00e0 sa main gauche est l\u00e0 pour lui rappeler ce serment qu&#8217;elle a prononc\u00e9 devant le pasteur; 5 mois auparavant. Quand d&#8217;une petite voix feutr\u00e9e elle a prononc\u00e9 \u00ab\u00a0I do\u00a0\u00bb; elle sait tr\u00e8s bien qu&#8217;elle n&#8217;a pas vu autre chose que le visage d&#8217;Henry&#8230; Ben n&#8217;a pas pris possession de son esprit, elle en est absolument certaine et c&#8217;est sur ces certitudes qu&#8217;elle doit s&#8217;appuyer pour y voir plus clair. Plus que jamais, il est urgent pour elle et Henry de trouver cette location et s&#8217;\u00e9loigner un peu de Ponderosa; car c\u00f4toyer Ben aussi souvent ne facilite pas les choses.<\/p>\n<p>Lorsqu&#8217;elle passe la porte, Ben est toujours assis \u00e0 son bureau. Elle ne s&#8217;arr\u00eate pas et monte directement dans sa chambre. Elle commence par plier du linge, \u00e0 remettre sur cintre une ou deux robes qu&#8217;elle a abandonn\u00e9es sur une chaise. Elle range les bottines d&#8217;Henry ainsi que son costume. Elle a beau s&#8217;occuper les mains, cela n&#8217;emp\u00eache pas son esprit de gamberger; et elle a l&#8217;impression que les choses de cette pi\u00e8ce ont une \u00e2me&#8230;.. La robe lui rappelle ses premiers instants avec Ben : la fameuse robe verte et blanche bien trop longue pour elle&#8230;. Et les bottines; aujourd&#8217;hui, elle ne peut s&#8217;en passer, son pied s&#8217;y est fait. Mais elle se souvient parfaitement du jour o\u00f9 Ben les lui a pr\u00e9sent\u00e9es. Elle \u00e9tait encore v\u00eatue de la tunique que les Pa\u00efutes lui avait appris \u00e0 tailler dans une peau d&#8217;auroch. A ses pieds, elle avait bien \u00e9videmment ses mocassins en peaux. Alors elle avait tr\u00e8s mal r\u00e9agi quand Ben lui avait demand\u00e9 de mettre CES choses \u00e0 ses pieds. Ben avait d&#8217;ailleurs failli se les ramasser en pleine figure..<br \/>\nHeureusement, Henry et elle occupent une autre chambre que celle dans laquelle elle avait pass\u00e9 ses nuits quand Ben et Adam l&#8217;avait ramen\u00e9e \u00e0 Ponderosa&#8230;. Sinon, en plus, le lit lui aurait rappel\u00e9 un autre souvenir; plus brulant celui-l\u00e0, une proximit\u00e9 rare, et qui irr\u00e9m\u00e9diablement la rattachait \u00e0 Ben&#8230;<br \/>\nElle ramasse un coussin, et prise d&#8217;une pulsion, se met \u00e0 le tordre et \u00e0 le frapper&#8230; Avant de le balancer \u00e0 travers la pi\u00e8ce. Mais que lui arrive-t-il ? Une jeune adulte sens\u00e9e n&#8217;a pas \u00e0 se conduire de la sorte; y compris chez les Pa\u00efutes&#8230;. Jamais oh grand jamais, une squaw ne se serait laiss\u00e9e aller \u00e0 un tel mouvement d&#8217;humeur&#8230; Ce genre de crises \u00e9tait tol\u00e9r\u00e9e chez les papooses; mais pas chez les adultes. Elle prend conscience de son geste et s&#8217;arr\u00eate net, saisie par ce qu&#8217;elle vient de faire&#8230;Il faut qu&#8217;elle se calme, tout de suite, et qu&#8217;elle arrive \u00e0 faire sortir Ben de son esprit&#8230;. Y parviendra-t-elle ? N&#8217;a-t-elle pas reconnu elle-m\u00eame, devant Ben ,que la civilisation n&#8217;est pas parvenu \u00e0 effacer le souvenir du monde indien ? Il en est peut-\u00eatre de m\u00eame avec les sentiments : son amour pour Henry est certes sinc\u00e8re et fort, mais va-t-il tenir face \u00e0 ce qu&#8217;elle ressent pour Ben ???<br \/>\nL&#8217;\u00e9cho d&#8217;un grincement parvient \u00e0 ses oreilles , quelqu&#8217;un monte \u00e0 l&#8217;\u00e9tage. Il faut qu&#8217;elle retrouve ses esprits :<\/p>\n<p align=\"left\">&#8211; Joan ch\u00e9rie, ma ch\u00e8re; vous voil\u00e0 en train de travailler.<br \/>\n&#8211; Travailler, est un grand mot, mon ami. Je mettais un peu d&#8217;ordre dans nos effets.<br \/>\nJoan s&#8217;entend parler mais elle a l&#8217;impression que ce n&#8217;est pas elle qui parle; sans s&#8217;en rendre compte, elle a adopt\u00e9 certains us de sa belle-famille et s&#8217;efforce de parler comme sa belle-m\u00e8re. Henry a deux soeurs qui ont \u00e9pous\u00e9 de riches entrepreneurs du chemin de fer \u00e0 San Francisco et Joan a calqu\u00e9 son intonation sur celle de ces belles soeurs et s&#8217;\u00e9vertue \u00e0 articuler exag\u00e9rement.<br \/>\n&#8211; N&#8217;irions-nous pas faire une balade avec la voiture ? Ben m&#8217;a indiqu\u00e9 ou une deux propri\u00e9t\u00e9s qui, semble-t-il seraient disponibles \u00e0 la vente.<br \/>\n&#8211; C&#8217;est une excellente id\u00e9e. Je prends ma cape et nous pouvons y aller&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">C&#8217;est sans aucun doute ce qu&#8217;il y a de mieux \u00e0 faire; s&#8217;\u00e9loigner encore un peu plus de Ponderosa , s&#8217;a\u00e9rer la t\u00eate et permettre \u00e0 son coeur de se calmer<\/p>\n<p align=\"left\">Ben, apr\u00e8s avoir assist\u00e9 au d\u00e9part de Joan et d&#8217;Henry, commence son travail dans la grange. Il a d\u00e9cid\u00e9 aujourd&#8217;hui de v\u00e9rifier les harnais et de faire un peu d&#8217;entretien. Il repense avec un sourire amus\u00e9 \u00e0 la r\u00e9flexion de Joan, \u00e0 propos du travail que les gar\u00e7ons ont abattu pendant qu&#8217;il \u00e9tait alit\u00e9. Il n&#8217;a rien trouv\u00e9 \u00e0 redire, mais une esp\u00e8ce d&#8217;orgueil le pousse \u00e0 reprendre pleinement possession des choses et des \u00eatres&#8230;. Il se sent en pleine forme, de plus, compl\u00e8tement r\u00e9tabli&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">Sans vraiment pouvoir dire pourquoi, il ressent le besoin d&#8217;ouvrir les malles qui contiennent une bonne partie de ses souvenirs. Ben ouvre la premi\u00e8re; et le pass\u00e9 lui saute au visage. C&#8217;est la malle dans laquelle il a enferm\u00e9 quelques affaires appartenant \u00e0 Marie&#8230; Lorsqu&#8217;il effleure la soie de sa robe de mari\u00e9; il ne peut contenir son \u00e9motion, et voil\u00e0, les larmes lui montent aux yeux. Cela fait bien longtemps qu&#8217;il n&#8217;a pas pleur\u00e9; mais il les laisse couler, elles glissent lentement sur ses joues en m\u00eame temps que les images se bousculent dans sa t\u00eate. Le sourire de Marie; si belle dans sa robe le jour de leur noce&#8230; Marie lui a redonn\u00e9 le go\u00fbt de vivre. Son ventre rebondi quand elle attendait leur b\u00e9b\u00e9&#8230;. Les jeux qu&#8217;elle inventait pour divertir Hoss; les efforts qu&#8217;elle faisait pour s&#8217;int\u00e9resser aux lectures d&#8217;Adam&#8230; Et tout cela avec une gr\u00e2ce tellement naturelle et une ga\u00eeet\u00e9 jamais alt\u00e9r\u00e9e. Quelque peu \u00e9tourdi par sa peine, Ben prend un tabouret et baisse la t\u00eate. Il pleure doucement, poussant du pied un brin de paille, les mains serrant un coussin blanc, qu&#8217;elle avait brod\u00e9 de ses initiales : M. C. Son coussin, qu&#8217;il avait pourtant banni de sa maison, aujourd&#8217;hui, il comble -l\u00e0 tout de suite- un vide immense et lui fournit une chaleur qu&#8217;il ne s &#8216;explique pas. La force de l&#8217;amour sans doute&#8230; De l\u00e0 o\u00f9 elle est, Marie veille sur lui. Il sait : chacune de ses \u00e9pouses sont venues lui tendre la main, quand il perdu dans le tunnel des ombres&#8230; Chacune \u00e0 sa mani\u00e8re, elles sont apparues : d&#8217;abord Elisabeth, puis Inger et enfin Marie. Elles l&#8217;ont appel\u00e9, elles lui ont tendu la main&#8230;. Il aurait pu aller les rejoindre, cela n&#8217;aurait pas \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s difficile&#8230; Il lui aurait suffi de se laisser glisser vers elles. Mais il y a eu cette autre femme; bien vivante, elle, qui l&#8217;a attir\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 de l&#8217;autre lumi\u00e8re : celle du soleil, celle de la vie, celle de Ponderosa&#8230; Et il a tourn\u00e9 le dos au sourire de ces trois dames blanches pour s&#8217;en retourner dans le tunnel; mais sans y s\u00e9journer. Il en \u00e9tait sorti. Et cette femme, c&#8217;est Joan&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">Il essuie ses yeux du revers de sa manche et replie la robe de mari\u00e9e qui a appartenu \u00e0 Marie. Il referme la malle et sort de la grange, les \u00e9paules un peu basses; et la mine triste. Il est triste; oui, triste d&#8217;\u00eatre seul, d&#8217;\u00eatre veuf. M\u00eame si cela fait plus de 10 ans, bient\u00f4t 15, il a encore la nostalgie de cette \u00e9poque o\u00f9 Marie a partag\u00e9 sa vie&#8230;. Et Inger, elle qui a tellement apport\u00e9 de joie dans sa vie. Et Elisabeth, la fi\u00e8re Elisabeth Stoddart qui a tenu t\u00eate \u00e0 son p\u00e8re pour imposer Ben&#8230;. Il a appr\u00e9ci\u00e9 chacun des moments qu&#8217;il a pass\u00e9s avec chacune de ses \u00e9pouses. Mais il d\u00e9teste chaque minute de cette solitude qui lui est impos\u00e9e. Il veut de nouveau go\u00fbter au bonheur de s&#8217;allonger au c\u00f4t\u00e9 d&#8217;une compagne et partager un instant tendrement langoureux et le plaisir de conna\u00eetre des minutes d&#8217;extase au lieu de combattre le froid dans un lit bien trop grand. Et se laisser aller au d\u00e9licat tempo d&#8217;une valse lente, et serrer dans ses bras celle qui ne jure que par vos yeux et ne r\u00eave que d&#8217;une chose : s&#8217;y noyer. Ben adore danser, il a toutes les cavali\u00e8res de Virginia City, mais toutes d\u00e9tournent les yeux sous son regard qui a toujours impressionn\u00e9&#8230; Cela les met mal \u00e0 l&#8217;aise , car ce regard est net, incisif et sondeur. Alors que Marie, ou Inger ou Elisabeth ont toujours soutenu son regard et m\u00eame, elles s&#8217;en sont nourries. Et Joan, oh il n&#8217;a pas \u00e0 forcer sa m\u00e9moire pour savoir que Joan n&#8217;a pas souvent baiss\u00e9 les yeux devant lui , bien au contraire, c&#8217;est elle qui l&#8217;a forc\u00e9 \u00e0 la regarder&#8230;. Pendant les quelques mois qu&#8217;elle a pass\u00e9 \u00e0 Ponderosa, elle a souvent montr\u00e9 \u00e0 Ben ce qu&#8217;elle pensait&#8230; Et il doit reconna\u00eetre qu&#8217;elle a r\u00e9ussi \u00e0 le d\u00e9stabiliser&#8230; Et m\u00eame mieux, elle y parvient encore, alors que c&#8217;est lui qui l&#8217;a pouss\u00e9 dans les bras de Henry. Elle est heureuse, et cela suffit \u00e0 son bonheur, en apparence, oui, car au plus profond de lui-m\u00eame, il n&#8217;en est pas persuad\u00e9. Et c&#8217;est ce soup\u00e7on de doute qui lui p\u00e8se autant et le pr\u00e9occupe. Il n&#8217;a pas tr\u00e8s envie de lutter contre ses sentiments, il le sait&#8230; Mais bon sang, pourquoi n&#8217;entend-il pas la voix de la raison, pourtant d&#8217;ordinaire si prompte \u00e0 venir lui rappeler de contr\u00f4ler son humeur et ses d\u00e9bordements. Il ne per\u00e7oit qu&#8217;un babillage diabolique qui l&#8217;exhorte \u00e0 se laisser aller et \u00e0 suivre les \u00e9lans de son coeur&#8230;.. Ah ce Cupidon, petit ange potel\u00e9 avec son arc. Plus d&#8217;une fois, il a \u00e9t\u00e9 bless\u00e9 par des fl\u00e8ches ou des balles, mais les tireurs qui l&#8217;ont pris pour cible n&#8217;ont jamais touch\u00e9 d&#8217;organes vitaux; tandis que ce diablotin a l&#8217;air de viser en plein coeur et comme ses fl\u00e8ches sont ensorcel\u00e9es, la blessure ne gu\u00e9rit jamais et la douleur ne cesse pas non plus. Le seul antidote connu est diabolique, il suffit de donner un baiser \u00e0 la personne dont le nom figure sur la fl\u00e8che que cet archer coquinet vous a d\u00e9coch\u00e9&#8230;. Et ce pr\u00e9nom-l\u00e0, Ben le connait : c&#8217;est un pr\u00e9nom tellement court, qu&#8217;une seule respiration suffit pour le prononcer. Ce qui rend sa r\u00e9p\u00e9tition vraiment ais\u00e9e&#8230;.. Joan Joan Joan, comme un appel, comme une sonnerie de gong qui le maintient en \u00e9veil sans arr\u00eat. Un refrain lancinant, incessant, grav\u00e9 dans son coeur, \u00e0 l&#8217;endroit o\u00f9 le petit bambin fris\u00e9 a plant\u00e9 sa fl\u00e8che&#8230;.<br \/>\nIl essaie de se remettre au travail \u00e0 son bureau mais son esprit vagabonde bien au-del\u00e0 de son cahier de comptes&#8230; Pas moyen de se concentrer, il peste Ben, il peste contre lui-m\u00eame, parce qu&#8217;il s&#8217;en veut de ne pas parvenir \u00e0 chasser de son esprit les images l\u00e9g\u00e8res que lui inspire Joan. Non, il n&#8217;arrive pas \u00e0 retrouver son s\u00e9rieux et sa concentration&#8230;<br \/>\nIl doit se forcer, n\u00e9anmoins, les gar\u00e7ons ne vont pas tarder \u00e0 arriver. Ils sont partis t\u00f4t le matin pour aller tailler du bois dans le portion nord du domaine. Un boulot harassant que Ben n&#8217;est pas encore en mesure de faire, voil\u00e0 pourquoi il s&#8217;est repli\u00e9 sur la comptabilit\u00e9; mais sans grand enthousiasme&#8230;. Il pr\u00e9f\u00e9rerait suer sur une hache pour ainsi bloquer son esprit; rien de tel qu&#8217;un labeur \u00e9reintant pour faire taire les p\u00e9r\u00e9grinations insens\u00e9s d&#8217;un cerveau tourment\u00e9. Au lieu de cela; il se retrouve assis sur une chaise, face \u00e0 l&#8217;imposant bureau avec un livre de compte qui ne veut pas se laisser remplir . Ben a l&#8217;impression que les chiffres le narguent, tant\u00f4t il y lit son \u00e2ge, et tant\u00f4t le sien, puis celui des gar\u00e7ons&#8230;. Bref, un cauchemar num\u00e9rique&#8230;.<br \/>\nUn \u00e9clat de rire retentit \u00e0 la porte&#8230; Joan rentre de sa promenade avec Henry. Voil\u00e0 qui va lui donner un pr\u00e9texte pour abandonner purement et simplement sa comptabilit\u00e9. Henry lui ouvre la porte et s&#8217;efface pour la laisser entrer. Elle a d\u00e9j\u00e0 retir\u00e9 son chapeau et le tient \u00e0 la main, et elle est en train de d\u00e9nouer sa cape&#8230; Puis elle retire ses gants, laissant appara\u00eetre de fines mains blanches, d\u00e9licates. Joan ne porte pas de bijoux, \u00e0 l&#8217;exception de son alliance, un anneau fin en or qui brille \u00e0 son doigt. L&#8217;anneau qui, aux yeux de Ben, cristallise toute la frustration d&#8217;un amour interdit et an\u00e9antit du coup toutes ces chim\u00e8res de bonheur.<br \/>\n&#8211; Avez-vous fait une agr\u00e9able promenade ?<br \/>\n&#8211; Oh oui, c&#8217;\u00e9tait charmant. Il faisait doux et nous avons appr\u00e9ci\u00e9 chaque minute.<br \/>\n&#8211; Ben, vous avez un domaine somptueux.<br \/>\n&#8211; Merci, mon cher Henry. C&#8217;est pour moi une grande fiert\u00e9, chaque parcelle de cette terre, chaque tronc d&#8217;arbre est la trace vivante du r\u00eave que j&#8217;ai fait. Chaque hectare conquis est le t\u00e9moignage de ce r\u00eave, sans cesse, Ponderosa me rappelle que l&#8217;homme heureux est celui qui fait un r\u00eave et qui se donne les moyens de le r\u00e9aliser.<br \/>\n&#8211; Certes mon cher Ben, je vous rejoins. Nul n&#8217;est plus heureux que celui qui obtient ce qu&#8217;il d\u00e9sire.Je compte bien moi aussi r\u00e9aliser mon r\u00eave&#8230;<br \/>\n&#8211; Notre r\u00eave, mon cher&#8230;<br \/>\nBen reconnait bien l\u00e0 Joan et son temp\u00e9rament . Nul doute qu&#8217;elle va faire \u00e9quipe avec Henry, leur fier navire sera pilot\u00e9 par deux capitaines, pr\u00eats \u00e0 braver ensemble les temp\u00eates de la vie. Oui, Henry est un homme heureux.<br \/>\n&#8211; Mon cher Henry, j&#8217;esp\u00e8re que vous savez appr\u00e9ci\u00e9 les qualit\u00e9s de votre \u00e9pouse; elle est extraordinaire.<br \/>\n&#8211; Oui, Ben.<br \/>\nEt ce faisant, Henry porte \u00e0 ses l\u00e8vres la main de sa main et y d\u00e9pose un chaste baiser.<br \/>\n&#8211; Vous devez mourir de fin, Ponderosa et ses environs vous a ravis les yeux mais je doute que cela ait pu emplir vos estomacs.<br \/>\n&#8211; Veuillez m&#8217;excuser Messieurs, je monte faire un brin de toilette et passer une autre tenue.\u00a0\u00bb<br \/>\nBen entra\u00eene Henry vers la table et lui offre un verre de whisky qu&#8217;ils d\u00e9gustent lentement en attendant les gar\u00e7ons pour passer \u00e0 table.<\/p>\n<p align=\"left\">-j&#8217;te l&#8217;avais dit que je serai le plus rapide pour rentrer&#8230; Tu as vu ce que je vous ai mis dans la vue&#8230; Cochise a litt\u00e9ralement vol\u00e9&#8230;<br \/>\n&#8211; c&#8217;est bien de reconna\u00eetre que Cochise a fait le boulot&#8230;.<br \/>\n&#8211; Ahah, mauvais perdant.<br \/>\n&#8211; Sport a perdu un fer et tu sais combien Adam r\u00e9pugne \u00e0 faire galoper un cheval s&#8217;il lui manque un fer&#8230;<br \/>\nC&#8217;est Hoss qui vient d&#8217;arriver et qui tente, comme d&#8217;habitude, de temporiser&#8230;.<br \/>\n&#8211; Je me demande qui des deux manquait de fer, lance Joe d&#8217;un air diabolique&#8230;.<br \/>\nAdam lui jette un regard noir, plus noir que son chapeau, c&#8217;est vous dire&#8230;. C&#8217;est le moment que Ben choisit pour intervenir.<br \/>\n&#8211; Alors les gar\u00e7ons; le travail a bien avanc\u00e9&#8230;<br \/>\n&#8211; Oui pa; il nous reste maintenant \u00e0 aller v\u00e9rifier les cl\u00f4tures dans la section Sud.. Ce sera pour demain. Cette apr\u00e8s-midi, nous retournons au bois. Les gars sont rest\u00e9s sur place.<br \/>\n&#8211; Hank est avec eux ?<br \/>\n&#8211; oui&#8230;. Pas de soucis. Il a embauch\u00e9 une vingtaine de types.. Des travailleurs. Tout ira bien.<br \/>\n&#8211; Bien, merci Adam.<br \/>\nOui tout va bien, Ponderosa a une m\u00e9canique bien huil\u00e9e, tout fonctionne parfaitement. En g\u00e9n\u00e9ral, Adam ou un de ses fr\u00e8res, voire Hank s&#8217;occupent de recr\u00fbter de la main d&#8217;oeuvre. Un coup d&#8217;oeil leur suffit pour jauger des qualit\u00e9s morales du gars qu&#8217;ils ont en face. Une poign\u00e9e de main conclut l&#8217;\u00e9change, contrat de confiance mutuel, un engagement fort. Donner sa parole engage quelqu&#8217;un, c&#8217;est quelque chose de fort&#8230; Ensuite Adam inscrit le nom du ou des hommes sur le cahier, de mani\u00e8re \u00e0 officialiser l&#8217;embauche, ce qui permet au gars de pr\u00e9tendre \u00e0 son salaire&#8230;<br \/>\n-Tu sais Pa, Hank a embauch\u00e9 un Canadien, c&#8217;est un roc. Il est aussi costaud qu&#8217;Hoss; il s&#8217;appelle Edmond, Edmond Marchildon&#8230;. Il abat une quantit\u00e9 incroyable de travail&#8230;.<br \/>\nJoe ne peut que ressentir de l&#8217;admiration pour un homme aussi fort, lui se trouve tellement maigrelet dans son blouson&#8230;. Des gars comme lui, Edmond aurait pu en soulever 4&#8230;. Joe n&#8217;a aucun mal \u00e0 l&#8217;imaginer&#8230; Il a d\u00e9j\u00e0 vu Hoss porter \u00e0 bout de bras des molosses.<br \/>\n&#8211; Bien les gar\u00e7ons, vous allez faire un brin de toilette, nous allons passer \u00e0 table dans quelques minutes&#8230; Joan ne saurait tarder, elle est mont\u00e9e se rafra\u00eechir.<br \/>\nHoss grimpe les escaliers et Joe lui emboite le pas, suivi d&#8217;Adam&#8230;. Ben les regarde filer avec un sourire non dissimul\u00e9; puis il se retourne et porte son verre \u00e0 ses l\u00e8vres.<br \/>\n&#8211; Ah mon cher Ben, vous \u00eates un homme heureux. Trois fils aussi travailleurs et aussi complices; quelle r\u00e9ussite.<br \/>\n&#8211; oui; c&#8217;est la plus grande fiert\u00e9 de ma vie. Ils passent avant tout; je serai pr\u00eat \u00e0 vendre Ponderosa pour chacun de mes fils&#8230;. La vie ne m&#8217;a pas \u00e9pargn\u00e9, en me prenant trois \u00e9pouses et en privant mes trois fils de l&#8217;amour de leur m\u00e8re, mais je suis combl\u00e9 en les voyant maintenant adultes&#8230;.<br \/>\n&#8211; comme je vous comprend. Moi-m\u00eame, je ne croyais pas pouvoir pr\u00e9tendre \u00e0 un tel bonheur. Joan est une \u00e9pouse merveilleuse; une compagne parfaite. Je l&#8217;aime en d\u00e9pit de son pass\u00e9, de ce monde dans lequel elle a grandi.<br \/>\n&#8211; Vous savez, cela a contribu\u00e9 certainement \u00e0 faire d&#8217;elle ce qu&#8217;elle est aujourd&#8217;hui.<br \/>\n&#8211; oui, vous avez raison Ben&#8230; Je ne pensais pas qu&#8217;un tel bonheur fut aussi simple \u00e0 gagner. Et je le savoure chaque jour. Mes parents ne donnaient qu&#8217;une image de fa\u00e7ade de leur f\u00e9licit\u00e9 conjugale, mais je peux vous dire qu&#8217;en huis clos, tout \u00e9tait diff\u00e9rent. Ma m\u00e8re m\u00e9prisait mon p\u00e8re; et ne se cachait pas pour le lui faire savoir. Lui ne disait rien, et se laisser injurier et rabaisser. Je crois qu&#8217;il devait un peu la craindre. Ma m\u00e8re \u00e9tait un sacr\u00e9 morceau de femme; avec un sale caract\u00e8re. Elle n&#8217;\u00e9tait jamais contente et se plaignait toujours de la maigreur de la paie qu&#8217;il ramenait \u00e0 la maison. Il se tuait \u00e0 la t\u00e2che dans les mines o\u00f9 il se faisait embaucher. Mon p\u00e8re \u00e9tait tout sauf l&#8217;incurable paresseux que ma m\u00e8re se plaisait \u00e0 d\u00e9crier. Elle exigeait de lui qu&#8217;il nous corrige; mais lui \u00e9tait bon avec nous. Je me souviens qu&#8217;il avait trouv\u00e9 une parade \u00e0 ses exigences sans bornes. Il nous conduisait dans sa chambre, fermait la porte et tapait sur un coussin et nous demandait de crier. Je lui en \u00e9tais tr\u00e8s reconnaissant&#8230; Et vous voyez, Ben, je pense que d&#8217;une certaine mani\u00e8re, vos fils ont moins souffert que moi. L&#8217;absence d&#8217;une m\u00e8re est une souffrance immense, certes, mais l&#8217;image qu&#8217;ils en ont d&#8217;elle est forc\u00e9ment empreinte d&#8217;amour; puisqu&#8217;ils l&#8217;ont construite petit \u00e0 petit \u00e0 partir de ce que vous avez pu leur dire.<br \/>\n&#8211; oui, tout \u00e0 fait. Je leur ai souvent parl\u00e9 de leur maman et tous trois savent \u00e0 quel point j&#8217;ai aim\u00e9 chacune de mes \u00e9pouses.<br \/>\n&#8211; Quel \u00e2ge avaient vos fils, \u00e0 la mort de leur m\u00e8re ?<br \/>\n&#8211; La m\u00e8re d&#8217;Adam est morte en couche; Inger, la m\u00e8re d&#8217;Hoss a \u00e9t\u00e9 mortellement bless\u00e9e alors que notre fils \u00e9tait encore un nourrisson. Et Joe a perdu sa m\u00e8re \u00e0 l&#8217;\u00e2ge de 7 ans&#8230;.<br \/>\n&#8211; C&#8217;est donc lui qui a profit\u00e9 le plus de sa m\u00e8re ?<br \/>\n&#8211; Oui et c&#8217;est sans doute lui qui a eu le plus de chagrin.<br \/>\n&#8211; Puis-je vous poser une question ?<br \/>\n&#8211; Bien s\u00fbr.<br \/>\n&#8211; J&#8217;esp\u00e8re ne pas \u00eatre indiscret ; comment avez-vous r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9lever des nourrissons ?<br \/>\n&#8211; A la mort d&#8217;Elisabeth, la sage-femme s&#8217;est occup\u00e9e de trouver une nourrice, une brave fille qui \u00e9levait sa petite fille et qui a accept\u00e9 de nourrir Adam. Puis j&#8217;ai d\u00e9cid\u00e9 de partir tr\u00e8s vite, je voulais r\u00e9aliser mon r\u00eave dans l&#8217;ouest. Je me suis donc engag\u00e9 dans cette aventure avec mon petit gar\u00e7on et quelques pi\u00e8ces en poche. Puis j&#8217;ai rencontr\u00e9 par hasard Inger qui est devenu ma femme et qui a accept\u00e9 de prendre Adam sous son aile et lui prodiguer tout son amour&#8230; Et un jour, une fl\u00e8che meurtri\u00e8re a foudroy\u00e9 ma belle . Et je suis rest\u00e9 de nouveau avec la solitude et le chagrin pour compagnon de route; avec deux enfants accroch\u00e9s \u00e0 moi comme deux naufrag\u00e9s arrim\u00e9s \u00e0 un morceau de bois chahut\u00e9 par des courants contraires. Hoss \u00e9tait encore en langes et Adam n&#8217;avait pas encore 7 ans&#8230;.<br \/>\n&#8211; Et c&#8217;est encore la force de votre r\u00eave qui vous maintenait debout.<br \/>\n&#8211; Exactement, et la pri\u00e8re et la confiance, intacte , que je gardais en notre Seigneur; malgr\u00e9 les \u00e9preuves et les souffrances qu&#8217;il m&#8217;infligeait . Je ne cessais de me r\u00e9p\u00e9ter qu&#8217;il m&#8217;envoyait uniquement que ce que j&#8217;\u00e9tais en mesure de supporter et de surmonter&#8230;. Et voyez, j&#8217;ai eu raison, la vie m&#8217;a largement combl\u00e9; et je sais combien j&#8217;ai bien fait de croire en moi et de croire en la vie&#8230;. La vie donne toujours plus, tant qu&#8217;on est capable de s&#8217;\u00e9merveiller d&#8217;une petite chose, d&#8217;un coucher de soleil, du chant d&#8217;un oiseau, de la majest\u00e9 d&#8217;un arbre s&#8217;\u00e9levant vers un ciel bleut\u00e9&#8230;<br \/>\n&#8211; Ben, je vous admire. Vous \u00eates un homme extraordinaire et je suis flatt\u00e9 de faire partie de votre cercle d&#8217;amis.<br \/>\n&#8211; Vous et Joan aurez toujours une place \u00e0 notre table \u00e0 Ponderosa; quand bien m\u00eame vous vous serez install\u00e9s dans votre petit nid.<br \/>\n&#8211; Merci Ben, j&#8217;appr\u00e9cie votre chaleur et votre hospitalit\u00e9.<br \/>\nEt les deux hommes de tomber dans les bras l&#8217;un de l&#8217;autre et de se donner l&#8217;accolade, une accolade fraternelle, masculine, et d\u00e9nu\u00e9e de pudeur&#8230;<br \/>\n&#8211; Voyez, Ben, c&#8217;est ici que j&#8217;aurais appris le sens de la chaleur humaine et de la vraie vie&#8230;. Je peux vous le dire maintenant, mais ce sont vos fils qui m&#8217;ont montr\u00e9 comment communiquer simplement r\u00e9confort et soutien. Moi je me tenais en arri\u00e8re et je les voyais se soutenir mutuellement et prendre Joan dans leur bras, alors que moi; comme un imb\u00e9cile, j&#8217;\u00e9tais incapable de la serrer contre moi et la consoler&#8230;.<br \/>\n&#8211; Nous les hommes, avons trop souvent du mal \u00e0 montrer ce que nous ressentons. J&#8217; ai toujours dit \u00e0 mes fils que le fait de porter une arme ne dispensait pas d&#8217;\u00e9couter son coeur&#8230;. Plus d&#8217;une fois, je le sais, mon fils a\u00een\u00e9 a manifest\u00e9 des regr\u00eats apr\u00e8s une fusillade. Il a d\u00fb quelque fois d\u00e9gainer et tirer pour sauver sa peau et les trois ou quatre fois o\u00f9 il l&#8217;a fait , il avait en face de lui un camarade. Fou furieux et abreuv\u00e9 de haine et de ressentiment, mais avec le m\u00eame visage qu&#8217;Adam leur avait toujours connu. Et \u00e0 chaque fois, ce fut un d\u00e9chirement terrible&#8230; Franchement, je suis fier que mes fils expriment ainsi le poids de leurs tourments et la sinc\u00e9rit\u00e9 de leurs sentiments&#8230; C&#8217;est ce qui peut sauver l&#8217;homme de la sauvagerie aveugle et de l&#8217;indiff\u00e9rence qui fait se d\u00e9tourner les yeux et s&#8217;ass\u00e9cher les coeurs&#8230;. et<br \/>\n&#8211; Ah mon cher Ben, que de belles paroles vous prononcez-l\u00e0&#8230; Et avec une telle conviction&#8230;.<br \/>\nBen se retourne sur la voix de Joan, ni lui ni Henry ne l&#8217;ont entendu arriver. Manifestement, ses petites ballerines de velours noires ont gliss\u00e9 sur les marches, sans la trahir&#8230;..<br \/>\n&#8211; Joan, vous \u00eates splendide. Simplement splendide. Mon cher Henry, pardonnez-moi ces paroles, mais votre \u00e9pouse est d\u00e9licieuse et particuli\u00e8rement en beaut\u00e9 ce soir, et elle va embellir notre table, mieux que n&#8217;importe quelle composition florale des plus grandes boutiques de Boston ou de San Francisco.<br \/>\n&#8211; Ben, je ne peux vous en vouloir. Et puis, c&#8217;est toujours tr\u00e8s fl\u00e2tteur pour un homme que de se voir vanter les charmes de son \u00e9pouse.<br \/>\n&#8211; Ben, m&#8217;offrirez-vous votre bras ?<br \/>\n&#8211; Avec plaisir, ch\u00e8re amie&#8230;<br \/>\nAvec amusement, Ben incline le buste en direction de Joan et tend son bras; elle posz sa main sur le poignet de Ben et se laisse conduire \u00e0 table.<br \/>\n&#8211; Ma ch\u00e8re Joan, je suis d\u00e9sol\u00e9, nous allons devoir patienter quelque peu, les gar\u00e7ons ne sont pas encore descendus.<br \/>\n&#8211; Si si pa, nous arrivons.<br \/>\nEt une cavalcade se fait entendre dans les escaliers et les trois fils Cartwright rejoignent leur p\u00e8re et leurs h\u00f4tes.. Adam s&#8217;incline et baise la main de Joan.<br \/>\n&#8211; Veuillez nous pardonner, Joan; mes fr\u00e8res ont mis un temps fou \u00e0 se pr\u00e9parer. Joe s&#8217;est recoiff\u00e9 trois fois et Hoss a essay\u00e9 toutes les cravates pour \u00eatre bien sur qu&#8217;il n&#8217;y en avait pas une qui serrait moins que les autres.<br \/>\n&#8211; Big Brother, tu ennuis Joan avec tes r\u00e9criminations. Elle n&#8217;a surement pas envie de t&#8217;entendre p\u00e9rorer de la sorte.<br \/>\nJoe joue des coudes, lui aussi veut saluer Joan, mais lui l&#8217;embrasse sur la joue, un baiser tout frais, qui sent bon l&#8217;eau de Cologne.<br \/>\n&#8211; Hou l\u00e0&#8230;.<br \/>\nQuant \u00e0 Hoss, il la soul\u00e8ve de terre et la fait tourner au-dessus du sol.<br \/>\n&#8211; Hoss, reposez-moi, vous allez me donner le tournis.<br \/>\n&#8211; Pardonnez-moi, Joan&#8230;..<br \/>\nLe repas s&#8217;annonce anim\u00e9.<\/p>\n<p align=\"left\">Et environ 4 semaines plus tard, on retrouve Joan et Henry en ville.<\/p>\n<p>&#8211; Voil\u00e0 Monsieur Dexter; je vous remets officiellement votre acte de propri\u00e9t\u00e9. Vous voudrez bien signez en bas de la page&#8230; Cela fait de vous les nouveaux propri\u00e9taires de la ferme de feu Jonathan Handricks&#8230;<br \/>\nEt le notaire de tendre son porte-plume \u00e0 Henry, celui-ci inscrit son nom en bas de la page; puis le tend \u00e0 son \u00e9pouse.<br \/>\n&#8211; Ma\u00eetre, vous ne voyez pas d&#8217;inconv\u00e9nient \u00e0 ce que ma femme signe aussi.<br \/>\n&#8211; Ce n&#8217;est pas dans la proc\u00e9dure mais je ne vois pas pourquoi je m&#8217;y opposerai. C&#8217;est vous le d\u00e9positaire l\u00e9gal, mais madame \u00e9tant votre \u00e9pouse, je consens \u00e0 ce qu&#8217;elle signe \u00e9galement le document.<br \/>\nJoan est tr\u00e8s fi\u00e8re , c&#8217;est peut-\u00eatre \u00e7a dont lui ont parl\u00e9 Ben et Adam, quand ils lui disaient qu&#8217;elle avait droit de prendre sa place en tant que femme&#8230; Que de chemin parcouru , depuis le jour o\u00f9 elle a \u00e9t\u00e9 chass\u00e9e de la tribu des Pa\u00efutes et que son chemin de vie a crois\u00e9 les Cartwright&#8230; La voici mari\u00e9e, en train de signer un papier qui leur donne le droit de s&#8217;installer et de fonder un foyer&#8230; C&#8217;est le deuxi\u00e8me papier officiel qu&#8217;elle signe, le premier \u00e9tant le registre des mariages. Elle avait eu une telle crainte de faire un pat\u00e9 sur le grand livre; son \u00e9criture \u00e9tait encore un peu h\u00e9sitante, il en avait fallu du temps \u00e0 Ben pour lui faire acqu\u00e9rir de la souplesse dans le poignet et lui faire ma\u00eetriser le geste. Elle s&#8217;\u00e9tait beaucoup entra\u00een\u00e9e et \u00e9tait assez fi\u00e8re d&#8217;elle&#8230; Elle avait une telle soif d&#8217;apprendre; maintenant que Ben avait distill\u00e9 dans son esprit les germes de la culture politique, juridique et \u00e9conomique&#8230; Sans oublier la litt\u00e9rature, mais \u00e7a c&#8217;\u00e9tait Adam qui s&#8217;en \u00e9tait charg\u00e9&#8230; Il lui avait fait souvent la lecture et avait m\u00eame consenti \u00e0 lui faire r\u00e9p\u00e9ter son alphabet et elle avait rapidement appris \u00e0 lire&#8230; Quant \u00e0 Joe, il avait fait un fameux professeur, essayant de gommer de son vocabulaire les expressions un peu os\u00e9es que les Pa\u00efutes lui avaient enseign\u00e9es&#8230; Heureusement, cela avait \u00e9t\u00e9 un exercice plaisant, car Joe avait des substituts, il connaissait d&#8217;autres tournures qui n&#8217;auraient pas manqu\u00e9 de faire bondir Ben de son fauteuil.. N&#8217;emp\u00eache qu&#8217;ils s&#8217;\u00e9taient bien amus\u00e9s tous les deux&#8230;. Hoss lui avait tout de suite dit qu&#8217;il ne lui apprendrait rien, \u00e9tant donn\u00e9 qu&#8217;il n&#8217;avait pas gard\u00e9 grand-chose de toutes ces ann\u00e9es pass\u00e9es \u00e0 user ses fonds de pantalon sur les bancs de l&#8217;\u00e9cole. Mais Joan avait appr\u00e9ci\u00e9 chacune des minutes en sa compagnie; Hoss enseignait, sans jamais s&#8217;en rendre compte. Il parlait des arbres et des animaux comme personne, et elle croyait entendre la voix de Grand-P\u00e8re Feuillu, l&#8217;\u00e2me de la tribu, \u00e0 qui elle avait souvent confi\u00e9 ses tracas de Papoose ou ses col\u00e8res, lorsque les adultes lui faisaient comprendre que sa place n&#8217;\u00e9tait pas avec les guerriers et que sa pr\u00e9sence aux c\u00e9r\u00e9monies rituelles n&#8217;\u00e9tait pas \u00e0 envisager&#8230;.<br \/>\n&#8211; je pense que nous pourrons remercier Ben Cartwright pour ses pr\u00e9cieux conseils.<br \/>\n&#8211; C&#8217;est un ami tr\u00e8s cher ; et un homme extraordinaire. Vous savez, les gens ici , ne sont pas enclins \u00e0 vendre leur propri\u00e9t\u00e9 \u00e0 des \u00e9trangers; mais le fait que vous soyez un ami de Ben Cartwright inspire la confiance et c&#8217;est pour cela que les h\u00e9ritiers de Jonathan Handricks ont accept\u00e9 de vous c\u00e9der cette ferme. C&#8217;est une bonne affaire; et la maison est en excellent \u00e9tat&#8230; Les champs ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s bien entretenus&#8230; Avez-vous l&#8217;intention de vous \u00e9tablir et exploiter votre ferme, mr Dexter ?<br \/>\n&#8211; Oh non, je ne pr\u00e9tends pas \u00e0 cette t\u00e2che. Non que je ne m&#8217;abaisserai pas \u00e0 la faire, mais je suis un incomp\u00e9tent notoire, d\u00e8s qu&#8217;il s&#8217;agit de tenir un outil. Je suis un vrai danger&#8230; Je manie la plume et les chiffres; je vais donc garder mon poste \u00e0 San Francisco.<br \/>\n&#8211; Que faites-vous \u00e0 San Francisco ???<br \/>\n&#8211; Je suis avocat.<br \/>\n&#8211; Que ne me l&#8217;avez-vous dit avant. Nous voici confr\u00e8res..<br \/>\n&#8211; Oui.<\/p>\n<p align=\"left\">Joan et Henry, quelques temps plus tard, organisent une splendide party dans leur nouvelle maison&#8230;. Ils ont fait venir les musiciens et ont lanc\u00e9 les invitations&#8230; Tous les amis des Cartwright et donc amis de Joan sont venus&#8230;.<br \/>\nUn violonniste barbu, vieil ami de Henry est venu sp\u00e9cialement de San Francisco et il met le feu \u00e0 la salle&#8230;. Il commence par jouer une polka, une polka injouable, mais lui il la joue. Ses doigts courent sur l&#8217;archet et un \u00e0 un ; les danseurs abandonnent, vaincus par la fr\u00e9n\u00e9sie du tempo&#8230; Personne ne peut plus suivre; m\u00eame frapper dans les mains devient impossibles&#8230; Et lui continue de jouer, avec un sourire radieux sur son visage burin\u00e9, en poussant des YEAH enthousiastes&#8230; De son pied, au sol, il marque la cadence et imprime le mouvement \u00e0 son violon&#8230; Les invit\u00e9s sont sid\u00e9r\u00e9s, ils n&#8217;ont jamais vu un musicien jouer aussi vite&#8230;Et il acc\u00e9l\u00e8re encore; c&#8217;est de la folie, c&#8217;est un envol de notes, on a l&#8217;impression que ses doigts ne touchent m\u00eame plus les cordes; l&#8217;archet n&#8217;en peut plus de galoper ainsi&#8230; Dans une ultime acc\u00e9l\u00e9ration, il ach\u00e8ve sa course et l\u00e8ve son violon vers le plafond&#8230;. Et la musique s&#8217;arr\u00eate&#8230;.. Le silence qui suit \u00e9tant encore un peu de la musique; les applaudissements tardent un peu \u00e0 venir&#8230; Mais ils d\u00e9marrent en une salve unanime pour saluer le virtuose&#8230; Ils l&#8217;applaudissent pendant de longues minutes, le remerciant de leur avoir offert une telle d\u00e9monstration&#8230;.<br \/>\nPuis il reprend son instrument et annonce un quadrille, puis une mazurka, une autre polka, puis une galopade, mais moins fr\u00e9n\u00e9tique que la pr\u00e9c\u00e9dente&#8230;. Ensuite, il encha\u00eene une valse h\u00e9sitation avec les musiciens venus de Virginia City&#8230; Vraissemblablement impressionn\u00e9s, ils ne compteront pas les fausses notes&#8230;. Mais le violonniste barbu est indulgent et accueillant, sa musique s&#8217;adapte&#8230;. Les danseurs enchainent les pas, Joan se laisse emmener par Ben pour une mazurka&#8230; Elle se m\u00e9lange un peu dans les pas, mais il la guide et lui souffle \u00e0 l&#8217;oreille quand est-ce qu&#8217;elle doit sauter&#8230; Et elle parvient \u00e0 se caler sur la musique et ne se trouve plus en contre-temps avec Ben&#8230; Il lui pince doucement le dos, pour lui imprimer le mouvement et faire qu&#8217;elle saute au bon moment;&#8230; Cela la fait beaucoup rire&#8230;. Mais voil\u00e0 Adam qui fend la foule ; Adam, en grande tenue, qui tape s\u00e8chement dans ses mains; qui se place au centre de la pi\u00e8ce et qui r\u00e9clame le silence. D\u00e9j\u00e0 les commentaires vont bon train :<br \/>\n-alors Adam; qu&#8217;est-ce que tu as \u00e0 nous annoncer ?Tu te maries avant la fin de l&#8217;ann\u00e9e ?<br \/>\n-Tu as trouv\u00e9 de l&#8217;or et tu veux en faire profiter tes amis&#8230;.<br \/>\n-S&#8217;il vous plait;&#8230;<br \/>\nLes musiciens ont arr\u00eat\u00e9 de jouer; Ben jette un regard mi-dr\u00f4le mi inqui\u00eat \u00e0 Joan&#8230;; avant de la raccompagner galamment vers sa table. Adam les interrompt :<br \/>\n-Non, Joan, je vous en prie; restez pr\u00e8s de moi&#8230; Henry, venez mon cher&#8230;.<br \/>\nJoan, rejointe par son mari, gagne le centre de la pi\u00e8ce et se place \u00e0 droite d&#8217;Adam qui vient d&#8217;\u00eatre intronis\u00e9 ma\u00eetre de c\u00e9r\u00e9monie&#8230;.<br \/>\n-voyez-vous ma ch\u00e8re, il est temps de passer \u00e0 la distribution des cadeaux&#8230;.<br \/>\n-des cadeaux ? Mais comment&#8230; Oh Adam; dois-je m&#8217;attendre au pire ?<br \/>\n-en quelque sorte; disons le meilleur pire qu&#8217;il soit possible de fournir&#8230;<\/p>\n<p>Joan regarde Henry; \u00e0 vrai dire ni l&#8217;un ni l&#8217;autre n&#8217;est en mesure de dire \u00e0 quelle sauce ils vont \u00eatre mang\u00e9s&#8230;. Les premi\u00e8res paroles d&#8217;Adam sont \u00e9difiantes et orientent les recherches&#8230;.<br \/>\nselon les dires du S\u00e9nateur Douglas, la moiti\u00e9 de nos habitations sont remplies de choses futiles et inutiles et l&#8217;autre moiti\u00e9 est vide&#8230;. La nature ayant horreur du vide; nous allons y rem\u00e9dier&#8230;<br \/>\nAdam claque dans ses mains ; Joe et Hoss arrivent , ils poussent une grande caisse en bois&#8230;. C\u00e9r\u00e9monieusement, et en grands habits, ils font sauter les clous qui maintiennent le couvercle&#8230;.. Adam s&#8217;en approche et d\u00e9voile le contenu de la caisse :<\/p>\n<p>-ma ch\u00e8re Joan mon cher Henry, loin de moi l&#8217;id\u00e9e de supposer que vous ne serez pas \u00e0 m\u00eame de combler les vides de vos vies, de votre nid et de vos nuits&#8230;<br \/>\n-Adam&#8230;.<\/p>\n<p>Murmure r\u00e9probateur de la part de Ben, qui ne peut s&#8217;emp\u00eacher de houspiller son fils ain\u00e9;; il ne faudrait pas qu&#8217;il en oublie ses bonnes mani\u00e8res, quand bien m\u00eame il aurait d\u00e9cid\u00e9 de faire l&#8217;amuseur public&#8230;<\/p>\n<p>-Je disais donc, voil\u00e0 de quoi combler un vide&#8230;.<\/p>\n<p>Et Adam sort de la caisse des livres; des ouvrages litt\u00e9raires, des exemplaires de la presse , dont les fameuses th\u00e9ories du s\u00e9nateur Douglass qu&#8217;Adam et ses fr\u00e8res ont pris soin de faire imprimer sur une pleine page et qu&#8217;ils ont fait encadrer&#8230;<\/p>\n<p>-Pour que vous les ayez toujours sous les yeux, au cas o\u00f9 vous en oublieriez un passage&#8230;..<\/p>\n<p>Et il dit cela avec un sourire; vous savez le sourire d&#8217;Adam Cartwright, celui qui fait qu&#8217;on a soit envie de lui sauter au cou, soit de l&#8217;\u00e9trangler&#8230; Joan choisit les deux; elle se jette \u00e0 son cou et commence \u00e0 lui tirer affectueusement l&#8217;oreille&#8230;.<\/p>\n<p>-Adam Cartwright, vous \u00eates un affreux moqueur&#8230; Mais je suis tr\u00e8s fl\u00e2tt\u00e9e; et tous ces livres auront une place privil\u00e9gi\u00e9 ici, dans notre biblioth\u00e8que&#8230;<br \/>\n-je n&#8217;en doute pas&#8230; Et celui-ci ?<\/p>\n<p align=\"left\">Adam sort de la poche int\u00e9rieur de son veston, un fascicule&#8230;. Il est \u00e9crit dessus : Manuel de savoir-vivre \u00e0 l&#8217;usage des demoiselles; par la grande dame d&#8217;Angleterre&#8230;<\/p>\n<p>-Oh Adam, vous \u00eates monstrueux.<br \/>\n-Non, juste observateur&#8230; Cependant; le livre n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 achemin\u00e9&#8230;Mais avec ce bon, on vous le remettra d\u00e8s qu&#8217;il aura \u00e9t\u00e9 livr\u00e9&#8230;.<br \/>\n-Bien, j&#8217;irai le rechercher&#8230; Sit\u00f4t apr\u00e8s, je vous ferai manger la couverture&#8230;<br \/>\n-Oh non, quel sacril\u00e8ge&#8230;<\/p>\n<p>Et les voil\u00e0 partis \u00e0 rire, tous les deux&#8230;. L&#8217;assistance ne comprend pas tout, mais rit de bon coeur&#8230;. Et ils ne sont pas au bout de leurs surprises; car voil\u00e0 Hoss qui s&#8217;avance; lui aussi endimanch\u00e9&#8230;.<\/p>\n<p>-Adam, merci&#8230;. Mais c&#8217;est \u00e0 mon tour maintenant&#8230;. Ma ch\u00e8re Joan, je ne vous cacherai pas que je ne suis pas un amateur de litt\u00e9rature&#8230; Mais je rejoins mon fr\u00e8re sur la n\u00e9cessit\u00e9 de combler les vides de la vie&#8230; Aussi mon cadeau sera plus mat\u00e9riel; vous trouverez \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur, devant votre grange, un chariot&#8230;. qu&#8217;il faudra d\u00e9charger&#8230;&#8230;. Des sacs de pomme de terre vous y attendent, ainsi que des sacs de riz; cadeau de Hop Sing, de quoi pr\u00e9parer de succulents repas. Vous trouverez aussi des lentilles, des petits pois secs et des haricots&#8230;.. Mais ce chariot ne sera \u00e0 vous qu&#8217;\u00e0 une condition:<\/p>\n<p>-laquelle Hoss ?<br \/>\n-vous devrez combler le vide de mon estomac une fois par mois&#8230;<br \/>\n-oh, cela me semble faisable. Merci mon cher Hoss&#8230;.<\/p>\n<p>Et elle l&#8217;embrasse, tandis que Henry lui serre la main, amicalement et plein de reconnaissance&#8230;.<\/p>\n<p>-Bien, bien bien bien,,,,,, bien parl\u00e9 big brother; mais c&#8217;est \u00e0 moi maintenant&#8230;.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 Joe qui s&#8217;avance, \u00e9l\u00e9gamment cintr\u00e9 dans son costume bleu&#8230;. Il a lui aussi l&#8217;oeil coquin , peut-\u00eatre encore davantage que ses deux fr\u00e8res&#8230;<\/p>\n<p>-moi, j&#8217;ai retenu quelque chose de tout cela, c&#8217;est cette histoire de vide&#8230;. Et je sais ma ch\u00e8re Joan, que si la nature n&#8217;aime pas le vide; vous, par contre, vous savez le faire&#8230; Avec votre m\u00e9thode \u00e0 vous&#8230; Alors moi j&#8217;ai d\u00e9cid\u00e9 de vous offrir ceci&#8230;.<\/p>\n<p>Hoss et Adam apportent une autre caisse, font sauter les clous du couvercle&#8230; Joe plonge la main dedans et en ressort une douzaine d&#8217;assiettes finement d\u00e9cor\u00e9es de fleurs bleues en couronne&#8230;.<\/p>\n<p>-voil\u00e0 pour vous; ma ch\u00e8re Joan&#8230; Vous y d\u00e9gusterez d&#8217;excellents repas, et vous pourrez toujours les lancer \u00e0 la t\u00eate de votre \u00e9poux les jours de tension&#8230;<br \/>\n-Oh Joe,<br \/>\n-pardon Joan, c&#8217;\u00e9tait trop tentant&#8230;<br \/>\n-ne vous en fa\u00eetes pas . J&#8217;appr\u00e9cie les clins d&#8217;oeil et vos pr\u00e9sents nous touchent beaucoup&#8230;.<br \/>\n-Et maintenant, musique&#8230;.. Valse d&#8217;honneur&#8230;.<\/p>\n<p>Et les musiciens attaquent une valse; Adam enlace Joan et la fait tourner; les invit\u00e9s forment un cercle autour des deux valseurs; et accompagnent la musique en frappant dans leurs mains&#8230;. Puis Hoss s&#8217;avance, il tape dans ses mains, Adam s&#8217;\u00e9carte et Hoss enlace Joan et la valse reprend&#8230; Hoss n&#8217;est pas aussi bon valseur qu&#8217;Adam; mais il s&#8217;applique et Joan se laisse aller dans les bras puissants de ce g\u00e9ant au grand coeur&#8230; Puis Joe s&#8217;approche, il tape dans ses mains, Hoss s&#8217;\u00e9carte et rejoint Adam sur le bord de la piste&#8230; Joe est un excellent danseur; il entra\u00eene Joan, lui lache la main et lui fait faire une pastourelle sous son bras \u2026 Joan se laisse guider, elle rejoint Joe, il la reprend dans ses bras&#8230;. Puis Joe fait signe \u00e0 Henry de s&#8217;approcher, il \u00e9carte le bras et laisse sa place&#8230; Henry saisit la main de sa femme; s&#8217;incline respectueusement et pose ses mains dans le dos de son \u00e9pouse et commence \u00e0 la faire tourner&#8230; Lentement puis de plus en plus vite&#8230;. Henry est un excellent danseur, cela se voit imm\u00e9diatement lorsqu&#8217;il d\u00e9marre la valse en reculant son pied gauche, il valse \u00e0 l&#8217;envers&#8230; Tous les hommes sont loin de ma\u00eetriser la valse \u00e0 l&#8217;envers&#8230; les invit\u00e9s sont charm\u00e9s&#8230;. Les escarpins de Joan glissent sur le plancher, c&#8217;est si l\u00e9ger, on entend \u00e0 peine le crissement de la robe&#8230;. Et leurs pieds s&#8217;imbriquent de fa\u00e7on harmonieuse; c&#8217;est magique&#8230;. Ils sont hors du temps, hors de la soir\u00e9e&#8230; Ils revivent leur soir\u00e9e de noce&#8230;. Leur bal, leur valse&#8230;.<br \/>\nUne pluie de rubans multicolores tombe sur eux&#8230;. Chaque invit\u00e9 avait dans ses poches des serpentins de papiers qu&#8217;ils lancent sur le jeune couple. Les voil\u00e0 emmel\u00e9s dans les rubans; ils en sont couverts, leurs mains sont li\u00e9s par les rubans&#8230;. Mais ils continuent de valser; de valser, de valser , de valser, sans interruption&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">Il n&#8217;est pas loin de 2 heures et demi du matin quand les musiciens annoncent la derni\u00e8re danse : une valse lente pour ceux qui ont encore un peu d&#8217;\u00a0\u00e9nergie ou qui veulent esquisser un dernier pas, un dernier tour de piste&#8230;. Un deux trois; un deux trois, une douce m\u00e9lodie; et c&#8217;est Adam qui a la faveur de ce dernier morceau, il a Joan dans les bras&#8230; Et il la fait tourner lentement, il a plant\u00e9 ses yeux dans les siens; d\u00e9cid\u00e9ment, le fils a le m\u00eame regard troublant que le p\u00e8re&#8230; Un regard profond, tendre et puissant.<br \/>\nMais les instruments d\u00e9j\u00e0 se taisent, les musiciens s&#8217;arr\u00eatent, \u00e9puis\u00e9s mais heureux&#8230; Ce fut une belle soir\u00e9e, ils ont appr\u00e9ci\u00e9 d&#8217;\u00eatre accompagn\u00e9s par ce violonniste si talentueux&#8230; Cela a donn\u00e9 une autre dimension \u00e0 la soir\u00e9e, pour s\u00fbr , on en reparlera encore longtemps de la party donn\u00e9e par Joan et son \u00e9poux&#8230;<br \/>\nUn \u00e0 un les invit\u00e9s quittent la maison apr\u00e8s avoir chaleureusement remerci\u00e9 leurs h\u00f4tes&#8230; Il fait doux ce soir, les voitures s&#8217;\u00e9loignent toutes les unes apr\u00e8s les autres; il ne reste plus que les Cartwright sur le pas de la porte. Ils s&#8217;appr\u00eatent \u00e0 prendre eux aussi cong\u00e9&#8230;<br \/>\n-Merci Joan pour cette soir\u00e9e&#8230; Elle a \u00e9t\u00e9 d\u00e9licieuse pour mes fils et moi&#8230;<br \/>\n-Hey, pa; nous sommes assez grands pour remercier notre h\u00f4tesse et lui faire des compliments.<br \/>\n-Je n&#8217;en doute pas Adam&#8230;.<\/p>\n<p>Hoss et Joe d\u00e9livrent \u00e0 Joan leur sp\u00e9cialit\u00e9 : un baiser sonore sur chaque joue&#8230; Adam est plus retenu et se contente de porter \u00e0 ses l\u00e8vres la main de Joan gant\u00e9e&#8230;<\/p>\n<p>-Merci pour cette charmante soir\u00e9e; ma ch\u00e8re amie&#8230; Ce fut tr\u00e8s agr\u00e9able et j&#8217;ai beaucoup appr\u00e9ci\u00e9 la derni\u00e8re danse&#8230;.<\/p>\n<p>Et il ne manque pas de remercier Henry de lui avoir si gracieusement pr\u00eat\u00e9 sa cavali\u00e8re&#8230; Henry sourit \u00e0 la plaisanterie et serre chaleureusement la main d&#8217;Adam; puis il salue de la m\u00eame mani\u00e8re Hoss et Joe&#8230;<\/p>\n<p>-bon retour \u00e0 Ponderosa chers amis. Soyez prudents&#8230;<br \/>\n-Oui, ne vous inqui\u00e9tez pas&#8230;.<\/p>\n<p>Ben monte dans le buggy en dernier et saisit les r\u00eanes.. Il fait claquer sa langue et les chevaux se mettent en route. Un dernier salut de la main et les voil\u00e0 aval\u00e9s dans la nuit de la plaine&#8230; Le trajet sera court, environ trois quart d&#8217;heure; mais Ben est soulag\u00e9 de savoir ses fils avec lui&#8230; La fatigue se fait encore ressentir, ils ont veill\u00e9 tard&#8230; A l&#8217;arri\u00e8re Joe et Hoss sommeillent&#8230; Adam se retourne et lance une boutade \u00e0 son p\u00e8re :<\/p>\n<p>-mes deux fr\u00e8res sont dans les bras de Morph\u00e9e&#8230; Faut dire qu&#8217;ils ont pass\u00e9 plus de temps aupr\u00e8s du ponch que sur la piste&#8230; Moi personnellement, j&#8217;ai appr\u00e9ci\u00e9 la qualit\u00e9 de la musique. Jeff et ses potes n&#8217;ont jamais aussi bien jou\u00e9&#8230;.<br \/>\n-ils se sont appliqu\u00e9s c&#8217;est sur&#8230; Pour une fois qu&#8217;ils ne nous ont pas massacr\u00e9 la valse h\u00e9sitation&#8230;.Tout le m\u00e9rite revient au violonniste qu&#8217;Henry a invit\u00e9&#8230; Quel virtuose, il m&#8217;a vraiment bluff\u00e9&#8230;Je pense qu&#8217;on en entendra parler \u00e0 Virginia City&#8230; \u00e7a fait tellement du bien d&#8217;entendre de la belle musique jou\u00e9e par quelqu&#8217;un d&#8217;aussi dou\u00e9&#8230;.<br \/>\n-Oui, je suis d&#8217;accord avec toi&#8230;. Tout ce qu&#8217;il joue n&#8217;est pas dansable, mais il ex\u00e9cute les morceaux avec un tel brio qu&#8217;on ne peut qu&#8217;\u00eatre enthousiasm\u00e9&#8230; Mais par contre, j&#8217;ai trouv\u00e9 charmant votre id\u00e9e pour la valse&#8230; C&#8217;est toi qui a organis\u00e9 tout cela ????<br \/>\n-oui, j&#8217;ai assist\u00e9 \u00e0 quelque chose de ce genre \u00e0 Boston, et je me suis dit que ce serait ce qu&#8217;il faudrait pour rendre hommage \u00e0 Joan et \u00e0 Henry&#8230;<br \/>\n-C&#8217;\u00e9tait tr\u00e8s beau&#8230; Merci Adam, merci pour eux&#8230;<br \/>\n-\u00e7a va pa ? Tu as l&#8217;air \u00e9trange&#8230;<br \/>\n-Sans doute un peu de fatigue&#8230;<br \/>\n-Oh, mais oui, pa; allez, donne-moi les r\u00eanes; Pardonne-moi, j&#8217;ai tendance \u00e0 oublier que tu es encore en convalescence.<br \/>\n-Convalescence, non, c&#8217;est fini maintenant&#8230; C&#8217;est juste que je n&#8217;ai plus trop l&#8217;habitude de rentrer si tard&#8230;<br \/>\n-dis pa, excuse-moi de te demander cela et je te prie de me faire taire si je suis indiscr\u00eat&#8230; Est-ce que tu ne serais pas un peu troubl\u00e9 ???<br \/>\n-Troubl\u00e9; qu&#8217;est-ce que tu entends par l\u00e0 ???<br \/>\n-Pa, on pourrait pour une fois se parler en hommes ;et pas seulement de p\u00e8re \u00e0 fils&#8230; J&#8217;ai l&#8217;impression de voir dans ton regard un voile de tristesse ou de regret .. .Ce n&#8217;est quand m\u00eame pas la fatigue&#8230; IL y a autre chose, n&#8217;est-ce pas ???<br \/>\n-Je vois que je ne peux rien te cacher&#8230; Pour tout te dire, Adam; oui; je suis troubl\u00e9&#8230;<br \/>\n-C&#8217;est Joan&#8230;<br \/>\n-Comment as-tu devin\u00e9 ??? Bah, tu as raison&#8230; Cela doit se voir sur mon visage&#8230; Je suis tellement en col\u00e8re apr\u00e8s moi ;<br \/>\n-En col\u00e8re, mais pourquoi ???<br \/>\n-Adam, tu ne dois pas bien te rendre compte de la situation. J&#8217;en viens \u00e0 poser les yeux sur une femme mari\u00e9e , qui plus est a l&#8217;age de ton plus jeune fr\u00e8re, voire moins&#8230;<br \/>\n-je reconnais que ce n&#8217;est pas banal&#8230; Mais pas au point de te sentir coupable&#8230;<br \/>\n-ADAM&#8230;..<br \/>\n-laisse-moi terminer. Ce que je veux dire par l\u00e0 c&#8217;est que c&#8217;est tout \u00e0 fait normal. Joan et toi avez v\u00e9cu des moments forts, et cela a forc\u00e9ment tiss\u00e9 des liens entre vous.. C&#8217;est compr\u00e9hensible que tu ne parviennes plus \u00e0 y voir clair dans tes sentiments : est ce du paternalisme, de la reconnaissance, de l&#8217;amiti\u00e9; de la complicit\u00e9; de l&#8217;amour \u2026j&#8217;en sais rien moi, c&#8217;est sans doute un m\u00e9lange de tout cela&#8230;<br \/>\n-oui, mais quand bien m\u00eame ce serait tout cela, la situation est simple, Joan est mari\u00e9e, maintenant; et \u2026.<br \/>\n-et toi tu es malheureux&#8230;.<br \/>\n-Ben, dis comme \u00e7a&#8230;&#8230;.. pfffffff&#8230;. oui; je le reconnais, je suis malheureux&#8230; Et je me sens stupide car c&#8217;est moi qui l&#8217;ai oblig\u00e9 \u00e0 \u00e9touffer ses sentiments;&#8230;<br \/>\n-oh, je suis \u00e0 peu pr\u00e8s certain qu&#8217;elle doit \u00eatre aussi mal que toi&#8230;.<br \/>\n-Tu plaisantes ???<br \/>\n-Oh non, il y a un petit coin de son coeur qui n&#8217;appartient pas \u00e0 Henry&#8230; Je l&#8217;ai vu quand elle dansait avec toi&#8230;. Et je te parie qu&#8217;elle doit se poser les m\u00eames questions que toi&#8230;<br \/>\n-Mais Adam; on ne peut pas&#8230;.<br \/>\n-quoi on ne peut pas&#8230; Ce n&#8217;est pas une question de pouvoir ou de ne pas pouvoir&#8230; La r\u00e9alit\u00e9, elle est l\u00e0; les sentiments sont l\u00e0; prends en conscience, au moins&#8230; Cela t&#8217;aidera \u00e0 prendre une d\u00e9cision et \u00e0 y voir plus clair..<br \/>\n-Je ne vois pas comment&#8230;<br \/>\n-tu trouveras, je le sais. Un jour la solution s&#8217;imposera \u00e0 toi; tout naturellement&#8230;..A toi ou \u00e0 Joan..d&#8217;ailleurs.. Tu y repenseras et les choses seront peut-\u00eatre diff\u00e9rentes.<br \/>\n-Puisses-tu dire vrai&#8230;<\/p>\n<p>Et la voiture poursuit son chemin dans la nuit bleut\u00e9e de Ponderosa&#8230; Le p\u00e8re et le fils, unis dans le calme tranquille traversent la plaine, prot\u00e9g\u00e9s par l&#8217;ombre majestueuse des pins. Une lueur cendr\u00e9e tombe sur eux, le cahin-cahat des roues cercl\u00e9es les fait tressauter sur le si\u00e8ge de cuir&#8230; Adam est un bon conducteur mais les routes sont tellement accident\u00e9es&#8230; Cela tient sa vigilance en \u00e9veil et lui \u00e9vite de s&#8217;endormir. A vrai dire lui aussi tombe un peu de sommeil&#8230;. Heureusement le ranch n&#8217;est plus tr\u00e8s loin&#8230; Il voit son p\u00e8re qui s&#8217;est laiss\u00e9 aller \u00e0 fermer les yeux&#8230; Adam n&#8217;a plus envie de parler; il repense \u00e0 ces derni\u00e8res semaines, \u00e0 l&#8217;alitement de son p\u00e8re&#8230; Et \u00e0 ces mots que son p\u00e8re a prononc\u00e9 ce soir : MALHEUREUX&#8230;. Et pour la premi\u00e8re fois, Adam prend vraiment conscience de ce qu&#8217;on son p\u00e8re a endur\u00e9&#8230;. Son p\u00e8re n&#8217;est pas du genre \u00e0 se plaindre; mais le vide se fait sentir, et ce d&#8217;autant plus que l&#8217;amour vient lui faire une jolie pirouette&#8230; Adam se rend compte de l&#8217;abomination de la situation&#8230; Il est hors de question de briser le couple de Joan et de Henry, mais il voudrait voir son p\u00e8re heureux&#8230; Et heureux, il l&#8217;\u00e9tait, oui; il l&#8217;a \u00e9t\u00e9 ce soir, quand il tenait dans ses bras sa Joan, son merveilleux cadeau, sa jolie fleur&#8230; Ce que Joan \u00e9tait ce soir, c&#8217;est Ben Cartwright qui lui en a donn\u00e9 les moyens. Lui seul s&#8217;est attel\u00e9 \u00e0 la t\u00e2che d&#8217;accueillir cette enfant rejet\u00e9e par un monde en lequel elle croyait. Lui seul a eu la patience d&#8217;accepter son ressentiment, sa hargne et sa r\u00e9volte&#8230; Lui seul a eu le courage de reconna\u00eetre ses torts et de lui offrir la libert\u00e9, lui seul lui a laiss\u00e9 le choix; lui seul l&#8217;a accompagn\u00e9; s&#8217;est montr\u00e9 fier de ses progr\u00e8s&#8230;. Et lui seul a consenti \u00e0 lui dire les mots qu&#8217;il fallait dire, pour la pousser vers son destin&#8230;<br \/>\nMais ce soir, Lui \u00e9tait seul, face \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 qui s&#8217;imposait \u00e0 lui douloureusement : il s&#8217;\u00e9tait attach\u00e9 \u00e0 elle plus qu&#8217;il ne voulait se l&#8217;avouer et l\u00e0 il n&#8217;\u00e9tait plus question de raison ou de logique, c&#8217;\u00e9tait le coeur et les sentiments qui commandaient&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">Il est midi, Ben et ses fils sont \u00e0 table. Poulet r\u00f4ti, riz et sauce au curry. Hop Sing vient d&#8217;apporter le plat, quand le galop d&#8217;un cheval a attir\u00e9 leur attention. Qui peut bien venir \u00e0 cette heure ci ??? C&#8217;est Adam qui s&#8217;est lev\u00e9 le premier, il s&#8217;est pr\u00e9cipit\u00e9 vers la porte et l&#8217;a ouverte. Juste \u00e0 temps pour recueillir dans ses bras leur visiteur&#8230;. Robe cintr\u00e9e, bottines noires, il reconna\u00eet instantan\u00e9ment; malgr\u00e9 ses cheveux en bataille et son visage ravag\u00e9 par les larmes., celle qui vient de s&#8217;\u00e9crouler devant la porte de Ponderosa..<br \/>\nAdam se tourne vers son p\u00e8re et ses fr\u00e8res, il les cherche du regard, il a besoin d&#8217;aide; la d\u00e9tresse de la jeune femme le d\u00e9passe. Qui r\u00e9pond le premier ???? Qui fait basculer son si\u00e8ge en se levant ???? C&#8217;est Ben qui s&#8217;arrache de sa chaise&#8230; C&#8217;est Ben qui la prend dans ses bras et la serre contre lui, c&#8217;est Ben qui lui offre son \u00e9paule large, protectrice. Il la laisse vider son chagrin, sa douleur; il ne la questionne pas; il attend, il attend que les tremblements cessent, il attend que les larmes se tarissent, il attend que les cris s&#8217;\u00e9teignent&#8230;. Des cris, elle en a plein la gorge, des cris qui l&#8217;\u00e9touffent, qui la font suffoquer&#8230;Elle pleure, elle pleure; elle pleure; elle pleure des trombes d&#8217;eau, elle pleure un oc\u00e9an de larmes qui la submerge, qui d\u00e9trempe la chemise de Ben, ses yeux sont noy\u00e9s; elle en avale autant qu&#8217;elle en recrache&#8230;. Le temps s&#8217;arr\u00eate; le silence tombe sur la pi\u00e8ce; d&#8217;un seul coup il fait froid, un froid funeste qui s&#8217;abat sur les \u00eatres et les choses&#8230;.<\/p>\n<p>-JE N&#8217;AI PLUS DE MARI&#8230;&#8230;..<\/p>\n<p>Joan a ouvert la bouche, elle a prononc\u00e9 cinq mots&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">Et elle pleure; les larmes ruissellent sur sa peau, \u00e0 croire qu&#8217;elle va se liqu\u00e9fier et devenir elle-m\u00eame un torrent de pleurs&#8230;.Elle est \u00e0 deux doigts de la crise de nerfs, Ben le sent bien, et il ne sait pas quoi faire pour la calmer&#8230; IL ne va quand m\u00eame pas devoir la gifler..<\/p>\n<p>&#8211; Ben, pourquoi ? Qu&#8217;est-ce que j&#8217;ai fait ? Pourquoi ?<br \/>\n&#8211; Mais enfin Joan, qu&#8217;est-ce qui se passe ?<br \/>\n&#8211; C&#8217;est horrible, Ben, la lettre; l\u00e0; dans ma poche&#8230; La lettre, Ben,<\/p>\n<p>Et le torrent de larmes reprend, elle s&#8217;\u00e9croule sur le canap\u00e9 et ne peut plus aligner deux mots; elle est d\u00e9vast\u00e9e par le chagrin&#8230;. Ses \u00e9paules tremblent, elle a du mal \u00e0 reprendre sa respiration&#8230; Elle tape du poing sur les coussins, elle les martelle de toutes ses forces; elle a envie de se faire mal&#8230;<\/p>\n<p>&#8211; Joan, je vous en prie, calmez-vous&#8230;<\/p>\n<p>Adam s&#8217;approche, d\u00e9contenanc\u00e9 par la douleur de leur amie, il ne sait pas quoi faire; il ne sait pas quoi dire&#8230; Hoss et Joe sont muets devant le spectacle, tels des bateaux perdus, chahut\u00e9s en pleine temp\u00eate&#8230;. Joan, leur amie, est en train d&#8217;exploser devant eux, une \u00e2me de cristal en perdition; qui est \u00e0 bl\u00e2mer ? Que s&#8217;est-il pass\u00e9, bon sang ? l&#8217;attente est pire que toutes les abominations auxquelles ils se pr\u00e9parent mentalement&#8230; Est-ce Henry ?Ce ne peut \u00eatre que cela \u2026. Il a d\u00fb se passer quelque chose de dramatique&#8230; Est-ce que cela signifie que leur histoire est finie ?Non, cela ne se pourrait pas, ce serait trop insoutenable&#8230; Eux qui n&#8217;ont eu \u00e0 peine le temps de go\u00fbter aux baisers de miel que seul l&#8217;amour d\u00e9licat, pur et vrai peut procurer&#8230;..<br \/>\nJoe ferme les yeux et lui reviennent en m\u00e9moire tous ces courts instants, o\u00f9 il a vu Joan et Henry rire; et s&#8217;aimer, complices et tendres&#8230;. De l&#8217;amour franc, sinc\u00e8re; frais&#8230;<br \/>\nHoss reste l\u00e0, immobile comme un bloc de granit, fendu par un coup d&#8217;\u00e9p\u00e9e brutal&#8230; Sa carrure de g\u00e9ant est \u00e9paisse; mais la violence du drame qui se d\u00e9roule a \u00e9branl\u00e9 son int\u00e9riorit\u00e9 : son coeur saigne; il a mal; il a mal parce qu&#8217;il sent que les minutes qui vont suivre vont \u00eatre atroces&#8230; Mais lui; veut savoir aussi&#8230;. Ce sera de toute fa\u00e7on moins pire que cette attente&#8230;<br \/>\nBen cherche d\u00e9licatement dans la veste de Joan, il la retourne d\u00e9licatement et tout en la serrant contre lui, glisse sa main dans la poche sur le cot\u00e9 et trouve ce qu&#8217;il cherchait : une feuille de papier, ou plut\u00f4t deux chiffonn\u00e9es , froiss\u00e9es&#8230; Comme si quelqu&#8217;un avait pass\u00e9 sa col\u00e8re dessus; et les avait d\u00e9chiquet\u00e9es&#8230;<br \/>\nLa feuille est maintenant entre les mains de Ben ; il pose ses yeux sur les premi\u00e8res lignes :<\/p>\n<p><em>Ton amour n&#8217;existe plus&#8230;.<\/em><\/p>\n<p>Une phrase, une seule, juste quatre mots; mais avec un pouvoir destructeur insoutenable&#8230;. Et puis la deuxi\u00e8me feuille; un papier tamponn\u00e9; un certificat \u00e9tabli dans la ville de Carlson City ;<\/p>\n<p align=\"left\">Ben met du temps \u00e0 comprendre de quoi il s&#8217;agit&#8230; LE chagrin de Joan a sem\u00e9 le trouble dans son esprit et il tarde \u00e0 retrouver la lucidit\u00e9 qui convient&#8230; Il parvient enfin \u00e0 lire le papier&#8230; IL s&#8217;agit d&#8217;un certificat de mariage \u00e9tabli donc \u00e0 Carlson City&#8230; Ce qui saute aux yeux de Ben, instantan\u00e9ment, c&#8217;est le nom qui est inscrit dessus : Henry DEXTER&#8230; Ben ferme son esprit et se concentre sur ce qu&#8217;il lit, sa m\u00e2choire se durcit, son visage se crispe&#8230; Une col\u00e8re sourde gronde en lui. Il s&#8217;\u00e9tait pr\u00e9par\u00e9 mentalement \u00e0 encaisser un choc abominable, mais ce qu&#8217;il vient de d\u00e9couvrir d\u00e9passe l&#8217;entendement&#8230;. Il accuse le coup et d\u00e9tourne les yeux&#8230; Il n&#8217;ose regarder Joan, pas apr\u00e8s ce qu&#8217;il vient de lire&#8230;<br \/>\n-J&#8217;ai peine \u00e0 croire cela&#8230; Mais comment a-t-il pu faire une chose pareille ??? Quel genre d&#8217;homme serait assez malhonn\u00eate pour faire \u00e7a ???? Tout \u00e7a me d\u00e9passe&#8230;<br \/>\n&#8211; Pa; tu veux bien nous en dire un peu plus&#8230;<br \/>\nBen tourne la t\u00eate vers Joan, d&#8217;un bref hochement de t\u00eate, elle donne son assentiment&#8230; Ben tend la lettre \u00e0 son fils ain\u00e9&#8230; Adam bl\u00eamit \u00e0 l&#8217;instant o\u00f9 il pose ses yeux dessus&#8230; M\u00eame r\u00e9action chez Hoss et chez Joe.<br \/>\n&#8211; Quelle ordure&#8230;<br \/>\n&#8211; JOSEPH, mesure tes paroles, quand m\u00eame.<br \/>\n&#8211; Pardon pa; mais enfin, y a pas d&#8217;autres mots&#8230;<\/p>\n<p>Adam serre les poings dans son coin, lui aussi a le visage ferm\u00e9 et les yeux qui lancent des \u00e9clairs de foudre&#8230;..<br \/>\n-Excusez-moi ,<br \/>\nLe voil\u00e0 qui vient de choper au vol son chapeau et son r\u00e9volver&#8230;. Il sort de la pi\u00e8ce sans un regard pour son p\u00e8re.<br \/>\n&#8211; Adam, ADAM, o\u00f9 vas-tu ? Ne fais rien que tu pourrais regretter&#8230;<br \/>\nMais les recommandations de Ben se perdent dans le vide de la porte qui se claque&#8230;.Ben ne quitte pas la porte des yeux, il ne sait pas quoi faire&#8230; Il faudrait peut-\u00eatre aller chercher Adam&#8230;. Puis Ben jette un coup d&#8217;oeil \u00e0 Hoss, un regard qui en dit long, un regard qui signifie \u00ab\u00a0je sais de quoi est capable ton fr\u00e8re&#8230;<br \/>\n&#8211; Pa, tu crois qu&#8217;Adam pourrait&#8230;.<br \/>\n&#8211; oui, il pourrait&#8230; Je ne le connais que trop bien&#8230; Un homme, sur un coup de t\u00eate, est capable de tout&#8230;<br \/>\n&#8211; Pas Adam, je ne crois pas&#8230;<br \/>\nHoss maintient son id\u00e9e&#8230; Cela lui d\u00e9plait de penser qu&#8217;Adam pourrait avoir un geste malheureux&#8230; Mais Ben n&#8217;est pas convaincu, il sait tr\u00e8s bien les sentiments qui animent son fils a\u00een\u00e9, il a lu de la col\u00e8re dans son regard, de la d\u00e9ception et de la hargne&#8230; Il a vu cette col\u00e8re enflammer son regard d&#8217;ordinaire si doux&#8230; A croire que Adam sera trahi toute sa vie par des personnes \u00e0 qui il aura donn\u00e9 son amiti\u00e9 et sa confiance&#8230; Alors Ben sait ce que c&#8217;est que cette rage, cette rage d&#8217;avoir \u00e9t\u00e9 dup\u00e9, flou\u00e9, tromp\u00e9&#8230; Tromp\u00e9, oui, comme peut l&#8217;\u00eatre une \u00e9pouse&#8230; Adam n&#8217;a jamais donn\u00e9 son amiti\u00e9 \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re, mais quand il donne, il donne toujours pleinement sans rien attendre en retour. Et l\u00e0, encore une fois, il vient de se prendre une grosse claque&#8230; Ben est d\u00e9sempar\u00e9, il s&#8217;en veut de ne pas avoir tent\u00e9 de le retenir, de ne pas avoir essay\u00e9 de le raisonner, m\u00eame si cela aurait \u00e9t\u00e9 vain&#8230;. Oh il sait tr\u00e8s bien pourquoi il n&#8217;a pas couru derri\u00e8re Adam; pas la peine de se mentir&#8230; Il veut rester pr\u00e8s de Joan, il sait \u00e0 quel point elle a besoin de lui&#8230;. Il doit l&#8217;entourer, l&#8217;\u00e9pauler, la soutenir&#8230;.<br \/>\n&#8211; Pa, tu veux qu&#8217;on aille en ville; peut-\u00eatre qu&#8217;on ne sera pas trop de deux pour r\u00e9cup\u00e9rer Adam.<br \/>\n&#8211; Oui, Hoss. Vous pouvez toujours essayer, bien que je ne doute que vous ne r\u00e9ussissiez \u00e0 l&#8217;arr\u00eater&#8230;<br \/>\n&#8211; On fera ce qu&#8217;il faut pour.. Allez viens Joe.<br \/>\nBen regarde sortir ses deux gaillards; au moins eux parviendront-ils \u00e0 \u00e9viter peut-\u00eatre qu&#8217;Adam ne commette une grosse b\u00eatise&#8230;. Il l&#8217;esp\u00e8re vraiment&#8230;.<br \/>\nAu moment o\u00f9 la porte claque, Ben sent Joan bouger contre lui&#8230;. Elle appuie sa t\u00eate contre sa poitrine. Elle a le regard perdu, les yeux rougis par les larmes&#8230;. Alors tendrement, il pose son pouce contre la joue de Joan et essuie une goutte d&#8217;eau qui s&#8217;\u00e9tait \u00e9chapp\u00e9e. Elle redresse la t\u00eate et ses yeux croisent ceux de Ben&#8230;. Le temps s&#8217;arr\u00eate, il y a un tel intensit\u00e9 dans les yeux de Ben Cartwright, une telle humanit\u00e9, une telle compassion, une telle empathie; qu&#8217;elle en est troubl\u00e9e. Profond\u00e9ment troubl\u00e9e&#8230; Elle soutient son regard, cherchant \u00e0 lire dedans ce qu&#8217;il est en train de penser; ce qu&#8217;il va dire. Mais il ne dit rien, et lentement, tr\u00e8s lentement, il incline la t\u00eate et approche son visage. Elle sent son souffle sur elle, elle retient sa respiration. Et d\u00e9licatement, il pose ses l\u00e8vres sur les l\u00e8vres de la jeune femme. Soudain il recule, comme brul\u00e9 par l&#8217;insolence du geste qu&#8217;il vient de commettre.<br \/>\n-Excusez-moi Joan, je n&#8217;aurai pas d\u00fb.<br \/>\n-Non, Ben, ne vous excusez surtout pas.<br \/>\n-Je vous en prie, ne nous m\u00e9prennons pas sur ce qui vient de se passer. Un moment d&#8217;\u00e9garement.<br \/>\n&#8211; Acceptez que j&#8217;appelle cela un geste de tendresse. Voyez-vous Ben, j&#8217;en avais besoin. Tout de suite j&#8217;ai appr\u00e9ci\u00e9 d&#8217;\u00eatre dans vos bras, je sais que jamais vous ne me ferez de mal&#8230;<br \/>\n&#8211; mais je vous ai fait tellement de mal d\u00e9j\u00e0&#8230;. Si vous saviez comme je m&#8217;en veux de vous avoir pouss\u00e9 dans cette voie, dans les bras de cet homme&#8230;Oui je vous ai fait du mal, et je continue de vous en faire. Ce baiser, c&#8217;\u00e9tait de la folie.<br \/>\n&#8211; De la folie ? Non.<br \/>\n&#8211; Mais enfin, Joan, vous \u00eates une femme mari\u00e9e.<br \/>\n&#8211; MARIEE, vous osez encore dire cela. Je suis mari\u00e9e, oui, \u00e0 un homme qui a d\u00e9j\u00e0 dit je t&#8217;aime \u00e0 une autre femme, une autre femme qui porte son nom&#8230; Alors excusez-moi du peu. Il lui a promis fid\u00e9lit\u00e9, il lui a sans doute fait l&#8217;amour et elle porte peut-\u00eatre un enfant de lui&#8230; Et moi, qu&#8217;est-ce que j&#8217;ai ???? Je n&#8217;ai plus rien, juste un bout de papier et ce go\u00fbt d&#8217;inachev\u00e9 qui me donne la naus\u00e9e&#8230;<br \/>\n&#8211; Oh Joan, je suis tellement d\u00e9sol\u00e9 par ce qui vous arrive \u2026.<br \/>\n&#8211; Vous savez quoi ; Ben, J&#8217;ai vu Adam sortir pr\u00e9cipitemment du ranch. Je ne peux souhaiter qu&#8217;une chose, c&#8217;est qu&#8217;il tombe sur mon \u00e9poux et qu&#8217;il lui flanque une bonne correction&#8230;.<br \/>\n&#8211; C&#8217;est malheureusement ce qui risque d&#8217;arriver si Hoss et Joe ne le retrouvent pas&#8230;.<br \/>\n&#8211; Et alors, je crois qu&#8217;il faudrait le f\u00e9liciter&#8230;..<br \/>\n&#8211; Ma cher Joan, je n&#8217;encourage pas mes fils \u00e0 se battre&#8230; M\u00eame pour l&#8217;honneur d&#8217;une dame. Mais je suis ravi de voir que la col\u00e8re vous a sorti de votre torpeur&#8230; Je crois que vos r\u00e9flexes de femme Paiute reviennent. En attendant, vous devriez aller prendre un peu de repos et si vous le souhaitez, nous pourrons aller faire une promenade \u00e0 cheval.<br \/>\n&#8211; Avec plaisir Ben. Merci pour tout.<br \/>\n&#8211; Mais de rien ma ch\u00e8re&#8230; C&#8217;est tout ce que je peux faire, pour l&#8217;instant, et j&#8217;aimerai pouvoir faire plus.<br \/>\n&#8211; Vous avez fait tellement pour moi, Benjamin. Vous m&#8217;avez aid\u00e9e de toutes les fa\u00e7ons qu&#8217;on peut aider quelqu&#8217;un et vous savez qu&#8217;une place toute particuli\u00e8re vous est r\u00e9serv\u00e9e dans mon coeur&#8230;<br \/>\nOh que ces paroles faisaient mal; Ben se rappelait ; c&#8217;\u00e9tait exactement ce qu&#8217;Adam lui avait dit la veille, dans le chariot, en lui faisant comprendre qu&#8217;une parcelle du coeur de Joan n&#8217;appartenait pas \u00e0 Henry&#8230;;<br \/>\nJoan adresse un dernier sourire \u00e0 Ben avant de dispara\u00eetre dans la chambre d&#8217;ami, qui jouxtait la salle de s\u00e9jour. Ben la regarde s&#8217;\u00e9loigner, \u00e9touffe un soupir dans sa poitrine. Il est compl\u00e8tement d\u00e9sempar\u00e9, il a le coeur en miette et la raison qui ne commande plus&#8230;.. IL est pris entre des sentiments contraires&#8230; Il ne prend pas la compl\u00e8re mesure de ce qui se passe; il ne comprend pas les cons\u00e9quences de cet \u00e9v\u00e9nement, il n&#8217;a plus de bon sens&#8230; Benjamin Cartwright pour la premi\u00e8re fois, ne sait plus&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">Pendant ce temps; Adam galope avec fr\u00e9n\u00e9sie vers la direction qu&#8217;il a choisie de prendre&#8230; Il file vers le ranch de Joan et de Henry&#8230;. Il descend de cheval devant la barri\u00e8re et prend le temps d&#8217;attacher Sport&#8230; Il se dirige vers l&#8217;entr\u00e9e. Il l\u00e8ve le poing. Il commence \u00e0 tambouriner contre la porte. Personne ne vient lui ouvrir. Il n&#8217;est pas \u00e9tonn\u00e9. Il jette un dernier coup d&#8217;oeil, passe la t\u00eate par la grange, sur et certain qu&#8217;il ne saurait trouver Henry en train de changer la liti\u00e8re des chevaux&#8230; Il se remet en selle et rattrape la piste qui m\u00e8ne \u00e0 Virginia City&#8230; Il a bien l&#8217;intention d&#8217;aller cueillir ce gougeat et de lui flanquer son poing dans la figure&#8230; Adam sait que la col\u00e8re est mauvaise conseill\u00e8re, mais il est furieux&#8230; Il a encore le visage d\u00e9vast\u00e9 de Joan devant les yeux&#8230; C&#8217;est tellement ignoble.. Adam ne pardonnera pas; il le sait&#8230; Quelque chose est cass\u00e9; irr\u00e9m\u00e9diablement cass\u00e9. Toute l&#8217;estime et l&#8217;affection qu&#8217;il avait pour Henry vient d&#8217;exploser. Et \u00e7a fait mal , oh oui, \u00e7a fait mal.. Adam serre les poings sur les r\u00e8nes&#8230; Tellement fort que les jointures de ses mains lui font mal&#8230;<\/p>\n<p>Adam est en ville; il arpente les rues; il marche droit devant lui; le regard viss\u00e9 vers \u2026.. vers , il n&#8217;en sait rien. Il n&#8217;a pas de destination pr\u00e9cise.. Il est droit comme un I, le corps en un seul bloc, riv\u00e9 dans le sol; enfon\u00e7ant profond\u00e9ment ses bottes dans la poussi\u00e8re \u00e0 chaque pas&#8230;. C&#8217;est vous dire la duret\u00e9 de son \u00eatre \u00e0 ce moment&#8230;. Il est tendu, il bombe le torse et avance fi\u00e8rement. Et il le voit. Ses yeux voient la silhouette \u00e9l\u00e9gante s&#8217;avancer. Adam acc\u00e9l\u00e8re le pas. Il se plante devant lui. L&#8217;autre , Henry en l&#8217;occurrence, s&#8217;approche. Il enl\u00e8ve son chapeau, chaleureux comme \u00e0 son accoutum\u00e9e..<br \/>\n\u00ab\u00a0oh bonjour Adam; comment al&#8230;..<br \/>\n-Bonjour..<br \/>\nLe ton est cassant, dur. Adam le s\u00e8che sur place; ses yeux le fendent litt\u00e9ralement. Adam ignore la main tendue. Henry recule. Adam le toise. Henry \u00e9carquille les yeux. Adam ne dit pas un mot.<br \/>\n&#8211; Adam, enfin, expliquez-vous ??? Pourquoi cette soudaine hostilit\u00e9 ?<br \/>\n&#8211; Moi m&#8217;expliquer ? Elle est un peu forte celle-l\u00e0, vous ne croyez pas ?<br \/>\n&#8211; Mais de quoi parlez-vous Adam ?<br \/>\n&#8211; Ne me prenez pas pour un idiot, Dexter. C&#8217;est bien la derni\u00e8re chose que je vous conseille de faire. Cela n&#8217;arrange pas vos affaires. Et puis vous allez me foutre en rogne. D\u00e9j\u00e0 que je suis \u00e0 deux doigts de vous coller mon poing dans la figure..<br \/>\n&#8211; Mais enfin Adam vous \u00eates fous.. Arr\u00eatez&#8230; D\u00eetes-moi ce que vous avez \u00e0 me reprocher&#8230;<br \/>\n&#8211; Un certificat de mariage, \u00e7a ne vous dit rien ? A peine quelques mois avant d&#8217;\u00e9pouser Joan ???<br \/>\n&#8211; Arr\u00eatez de me secouer comme \u00e7a, Adam.. Je ne sais pas de quoi vous parler.<br \/>\n-Pourquoi, Dexter ? Pourquoi cette mascarade ? Je veux savoir.<br \/>\n&#8211; JE NE SAIS PAS DE QUOI VOUS PARLEZ. MAINTENANT LACHEZ-MOI&#8230;<br \/>\n&#8211; Ok je vous l\u00e2che, mais vous avez int\u00e9r\u00eat \u00e0 vous expliquer&#8230;<br \/>\n&#8211; Mais enfin, Adam; comment osez-vous insinuer de telles choses ?<br \/>\n&#8211; je n&#8217;insinue rien, j&#8217;ai constat\u00e9. J&#8217;ai lu le certificat que Joan a sur elle.<br \/>\n&#8211; Joan, mais comment; elle est \u00e0 Ponderosa ?<br \/>\nMa parole, il se fout de moi, celui-l\u00e0. Oh Adam Cartwright, m\u00e9fie-toi, il est avocat, il va essayer de t&#8217;embrouiller&#8230;. Soit il ment vraiment tr\u00e8s bien. Soit il n&#8217;est pas au courant et l\u00e0 on nage en plein d\u00e9lire. Il est l&#8217;accus\u00e9 principal mais son visage trahit une telle incr\u00e9dulit\u00e9&#8230;. Il a presque l&#8217;air sinc\u00e8re.. Non, c&#8217;est impossible. Adam secoue sa t\u00eate, chasse de son esprit ses doutes. Non; il ne peut pas laisser la perplexit\u00e9 s&#8217;installer. Ce serait une insulte pour Joan&#8230; Ce type est un avocat, il a l&#8217;habitude des plaidoiries.. La rh\u00e9torique qu&#8217;Adam a \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e9cole, lui il l&#8217;utilise quotidiennement et Adam ne conna\u00eet que trop bien le don des orateurs&#8230; Ils savent parler et surtout convaincre. Et quand ils mettent leur talent au service de la duperie; ils sont imbattables. Adam le sait&#8230; Adam se dit que cette fois l&#8217;avocat ne gagnera pas&#8230;<br \/>\n-Mr l&#8217;avocat; vous \u00eates indigne de notre amiti\u00e9. Vous avez perdu votre place chez nous&#8230;<\/p>\n<p>Son ignominie le rend ind\u00e9sirable \u00e0 Ponderosa&#8230;<\/p>\n<p>-Joan est une soeur pour moi. Vous l&#8217;avez trahie. Et c&#8217;est impardonnable. Joan s&#8217;est effondr\u00e9e dans mes bras et croyez-moi , je ne suis pas pr\u00eat d&#8217;oublier \u00e7a&#8230;. Je me fous de vos exp\u00e9riences et de vos conqu\u00eates mais vous n&#8217;aviez pas le droit de lui faire \u00e7a.. Elle vous aimait&#8230; Vous avez jou\u00e9 avec ses sentiments&#8230; Vous \u00eates un beau salaud.<br \/>\n&#8211; Je vous interdit.<br \/>\nHenry s&#8217;avance vers Adam. Adam n&#8217;attend que \u00e7a&#8230; Vas-y, l\u00e8ve le poing, mon coco et je te jure que je t&#8217;en allonge une. Tu vas mordre la poussi\u00e8re mr l&#8217;avocat&#8230;.<br \/>\n&#8211; Allez-y, frappez le premier que j&#8217;ai le plaisir de vous retourner mon poing dans la figure&#8230;<br \/>\n&#8211; Adam, si vraiment j&#8217;ai fait ce que vous dites, alors allez-y. Ne vous retenez pas. Cela vous fera du bien&#8230;<br \/>\nAdam est \u00e9bahi, ahuri, estomaqu\u00e9.. Il s&#8217;attendait \u00e0 tout sauf \u00e0 cela&#8230;<br \/>\n&#8211; Adam, je vous promets que je n&#8217;ai rien fait \u00e0 Joan. Je ne comprends pas un seul mot de ce que vous me dites. Si j&#8217;avais fait ce que vous dites, je ne serai pas l\u00e0 \u00e0 essayer de comprendre . Votre col\u00e8re, votre m\u00e9pris, vos accusations&#8230; Je ne sais pas de quoi vous parlez&#8230;<\/p>\n<p>Adam ne dit rien. Adam ne sait pas quoi dire. Adam est muet de stup\u00e9faction&#8230; Il est \u00e9branl\u00e9. Int\u00e9rieurement et profond\u00e9ment. Maintenant que la col\u00e8re est tomb\u00e9e, il est vid\u00e9&#8230;<br \/>\n-Adam, acceptez que je vous accompagne \u00e0 Ponderosa. Je dois parler \u00e0 Joan. Je dois lui expliquer.<br \/>\n&#8211; Je ne crois pas que vous soyez le bienvenu \u00e0 Ponderosa.<br \/>\n&#8211; Adam, vous ne me ferez pas croire que les Cartwright agissent de cette fa\u00e7on l\u00e0. Non, je ne le croirai pas. Les autres ranchers oui, mais pas les Cartwright.<br \/>\n&#8211; Vous semblez avoir une tr\u00e8s haute opinion de nous, Dexter&#8230;<br \/>\n&#8211; Et encore, vous n&#8217;avez pas id\u00e9e \u00e0 quel point. Je ne vous connais pas bien, c&#8217;est vrai, mais je sais que vous ne jugez jamais dans la pr\u00e9cipitation, n&#8217;est-ce pas Adam ?<br \/>\nUn point de marqu\u00e9, mr l&#8217;avocat.. Adam, tu t&#8217;\u00e9tais jur\u00e9 de faire gaffe&#8230; Au poker tu aurais d\u00e9j\u00e0 perdu tout ton fric face \u00e0 lui.. C&#8217;est lui qui a l&#8217;avantage, toi tu te laisses commander par tes \u00e9motions. Tu le sais Adam, c&#8217;est ton point faible&#8230;<br \/>\n&#8211; Bien, admettons, j&#8217;accepte que vous veniez \u00e0 Ponderosa. Vous aurez le loisir de vous expliquez; si Joan le permet. Et je vous demander de ne pas insister si elle vous dit non.<br \/>\nAdam remonte en selle, Henry grimpe dans son buggy. Tous les deux se dirigent vers Ponderosa.<\/p>\n<p align=\"left\">-Joan, Joan, \u00e9coutez-moi&#8230;.<br \/>\nJoan fuit, Joan ne veut rien entendre.. Joan se bouche les oreilles. Joan ne veut pas souffrir&#8230; Joan a mal. Joan se prot\u00e8ge&#8230;<br \/>\n-Henry, laissez-l\u00e0, Henry, non, vous avez promis&#8230; Henry, laissez-l\u00e0&#8230;<br \/>\nBien \u00e9videmment, Henry est entr\u00e9 dans le ranch, au moment o\u00f9 Joan revenait de sa promenade avec Ben. Ben l&#8217;a vu arriver&#8230; Ben lui a jet\u00e9 un regard d&#8217;une noirceur indescriptible&#8230; Un regard vide, vide de compassion, un regard vide de compr\u00e9hension&#8230; Un regard pas coutumier chez Ben Cartwright. Non, mais plut\u00f4t un regard lourd de menace, un regard accusateur&#8230; Il ne laisse pas Henry s&#8217;approcher, Adam non plus.. Henry comprend maintenant qui sont les Cartwright : ce sont des loups qui chassent en meute, pr\u00eat \u00e0 le d\u00e9chiqueter.. Sauf qu&#8217;il n&#8217;est pas une biche, la comparaison s&#8217;arr\u00eatera l\u00e0&#8230; Mais en tout cas il lit dans leur regard une d\u00e9termination qu&#8217;il n&#8217;a jamais vu avant, chez aucun homme&#8230; Ces hommes sont pr\u00eats \u00e0 en d\u00e9coudre pour l&#8217;honneur de la jeune femme&#8230; Il l&#8217;a senti : malgr\u00e9 leur bonne \u00e9ducation, ils sont capables de l&#8217;\u00e9tendre au sol si jamais il envisage de forcer le passage&#8230;. Hoss a le regard mauvais et Joe n&#8217;est pas du genre \u00e0 se laisser intimider&#8230;. Il en a 4 devant lui et il ne se sent pas de taille.. Qu&#8217;est-ce qu&#8217;il a comme arme; le pauvre avocat ? Des mots, des mots face \u00e0 quatre statues de granit imperturbables&#8230; Ils ont des yeux inqui\u00e9tants, les yeux d&#8217;un fauve&#8230; Des yeux cern\u00e9s de noir, des yeux de repr\u00e9sailles; des yeux durs pr\u00eats \u00e0 faire la guerre&#8230; Des yeux pas farouches; des yeux d\u00e9moniaques; des yeux qui percent; des yeux qui font vaciller&#8230; Et les voil\u00e0 qui s&#8217;approchent tous les quatre, les voil\u00e0 pr\u00eats \u00e0 l&#8217;encercler; pr\u00eats \u00e0 fondre sur lui. Il conna\u00eet l&#8217;instinct du chasseur, mais il se retrouve proie et cela le fait chanceler&#8230;<br \/>\n&#8211; Bien, comme je vous l&#8217;ai promis, Adam, je n&#8217;insiste pas&#8230;<br \/>\nHenry remonte en voiture et quitte Ponderosa.. Ben entre dans le ranch , il soutient Joan plus p\u00e2le que jamais&#8230;<\/p>\n<p>un peu plus tard<\/p>\n<p><em>ma ch\u00e9rie<br \/>\nPuisque je ne peux pas me pr\u00e9senter \u00e0 vos yeux, je choisis d&#8217;aller vers vous ainsi.. Je sais que tout m&#8217;accuse, je veux bien croire que mon nom figure sur ce document, Adam l&#8217;a vu&#8230; Je ne nie pas. Je veux vous faire part de mes sentiments, c&#8217;est tout&#8230; Au nom de l&#8217;amour que je vous porte, ma douce amie, je vous fais la promesse que je n&#8217;ai \u00e9pous\u00e9 aucune autre personne \u00e0 part vous&#8230;. Je n&#8217;ai pas fait de doux serments \u00e0 une autre que vous&#8230; J&#8217;ignore qui , mais je sens que quelqu&#8217;un veut nous nuire. Et ce quelqu&#8217;un est parvenu \u00e0 ses fins \u2026. La raison ? Je l&#8217;ignore \u00e9galement&#8230; Je suis malheureux, non de mon propre sort, non, je suis malheureux parce que vous souffrez \u00e0 cause de moi. Je m&#8217;\u00e9tais jur\u00e9 de ne jamais faire de mal \u00e0 un individu , qui plus est une femme.. Et je trahis ainsi ma promesse. J&#8217;ai l&#8217;\u00e9thique et la probit\u00e9 de ma profession, j&#8217;ai pr\u00eat\u00e9 serment de respecter la v\u00e9rit\u00e9 et de toujours la d\u00e9fendre. Je continue. Mais je ne pensais pas devoir lutter pour d\u00e9fendre ma v\u00e9rit\u00e9, mon honneur et mon int\u00e9grit\u00e9&#8230;.<br \/>\nMaintenant, ma ch\u00e9rie, la d\u00e9cision vous revient. Je saurai m&#8217;effacer de votre vie si vous l&#8217;exigez. Mais Joan, comme cette missive est sous le sceau de la sinc\u00e9rit\u00e9, je vous avoue que je quitterai votre vie avec un d\u00e9chirement au coeur&#8230;. Je sais au fond de moi que je ne suis pas cet \u00eatre ignoble, cet \u00eatre abject que tous vous voyez&#8230;. Je ne peux pas plaider ma cause aupr\u00e8s de vous et aupr\u00e8s de vos amis; et c&#8217;est ce qui me chagrine&#8230;Je ne suis pas homme \u00e0 pleurnicher \u00e0 vos genoux; je serai digne ; et je ne vous offenserai pas davantage&#8230;<\/em><\/p>\n<p align=\"left\">*** au ranch<\/p>\n<p align=\"left\">-Ben, je ne sais plus&#8230; Je ne sais pas si je dois croire l&#8217;homme de ma vie&#8230; Si ce n&#8217;\u00e9tait que des \u00ab\u00a0on dits; ou des bruits mal&#8230;mal&#8230;malfaits.. non, je veux dire malfaisants; je n&#8217;y aurai m\u00eame pas fait attention, mais il y a ce fichu papier&#8230;<br \/>\n-Ce papier comme vous dites, n&#8217;est qu&#8217;un papier&#8230; M\u00eame s&#8217;il y a le nom de votre mari dessus&#8230;<br \/>\n&#8211; Mais Ben, pourquoi me dire cela maintenant. Je vous ai vu tout \u00e0 l&#8217;heure. J&#8217;ai vu vos yeux, vous \u00e9tiez tout sauf compatissant envers Henry&#8230; Vous le croyez coupable; n&#8217;est-ce pas ?<br \/>\n&#8211; Tout d&#8217;abord, j&#8217;ai r\u00e9agi comme vous , parce que j&#8217;ai vu le certificat&#8230;<br \/>\n&#8211; Et maintenant ?<br \/>\n&#8211; Maintenant , je vous dis ceci car je pense \u00e0 Henry&#8230;<br \/>\n&#8211; \u00e0 Henry, comment cela ?<br \/>\n&#8211; Oui je pense \u00e0 votre mari, \u00e0 ce qu&#8217;il est, \u00e0 ce qu&#8217;il m&#8217;a dit&#8230; Je me souviens de ces paroles, \u00ab\u00a0Moi-m\u00eame, je ne croyais pas pouvoir pr\u00e9tendre \u00e0 un tel bonheur. Joan est une \u00e9pouse merveilleuse; une compagne parfaite.\u00a0\u00bb Voil\u00e0 ce que j&#8217;ai entendu dans sa bouche, et croyez-moi il \u00e9tait sinc\u00e8re quand il disait cela&#8230;.<br \/>\n&#8211; Ben, je devrai vous maudire; vous m&#8217;embrouillez l&#8217;esprit&#8230;<br \/>\nJoan marche dans la pi\u00e8ce et finit par tourner le dos \u00e0 Ben. Ben reste camp\u00e9 sur place; assis sur le coin du bureau, le regard tourn\u00e9 vers Joan..<br \/>\n&#8211; Non, je vous livre mon sentiment; et je ne crois pas me tromper, vous avez le m\u00eame sentiment que moi , n&#8217;est-ce pas ?<br \/>\nIl se l\u00e8ve et marche vers elle. Il pose sa main sur l&#8217;\u00e9paule de la jeune femme et doucement, l&#8217;oblige \u00e0 se retourner :<br \/>\n&#8211; regardez-moi Joan&#8230; Pourriez-vous me dire, les yeux dans les yeux, que vous persistez \u00e0 condamner votre \u00e9poux?<br \/>\n&#8211; Ne me demandez-pas cela, Ben&#8230;<br \/>\n&#8211; Je vous le demande&#8230;<br \/>\nJoan l\u00e8ve vers lui ses yeux embu\u00e9s et d&#8217;une voix \u00e9trangl\u00e9e ; r\u00e9pond \u00e0 la question par une phrase laconique&#8230;<br \/>\n&#8211; Je ne sais plus&#8230;.<br \/>\n&#8211; Il vous faut du temps Joan&#8230; Petit \u00e0 petit, vous en viendrez \u00e0 vous poser les vrais questions . Sait-il mentir, l&#8217;homme que vous avez \u00e9pous\u00e9 ?A t-il fait des projets pour vous ? Est-ce que cela vaut le coup de l&#8217;oublier ? Est-il un criminel?<br \/>\nA ces mots, elle sursaute&#8230;<br \/>\n&#8211; Vous y allez fort ?<br \/>\n&#8211; Vous croyez ? Si vraiment vous le jugez coupable, mes mots ne seront jamais aussi forts que ceux que vous lui adresserez, n&#8217;est-ce pas ?<br \/>\n&#8211; Ben, vous \u00eates aga\u00e7ants&#8230; Pourquoi avez-vous toujours les bons arguments ?<br \/>\n&#8211; Et vous, pourquoi montez-vous sur vos grands-chevaux pour d\u00e9fendre un gouge\u00e2t, un malotru, un menteur&#8230;<br \/>\n&#8211; Ben, je vous interdis&#8230;<br \/>\n&#8211; Merci Joan de m&#8217;avoir arr\u00eat\u00e9&#8230;<br \/>\n&#8211; Je vous demande pardon ?<br \/>\n&#8211; Je dis Merci de m&#8217;avoir arr\u00eat\u00e9&#8230; Dites , rappelez- moi quel est le mot qui vous a fait r\u00e9agir ?<br \/>\n&#8211; Je ne sais plus.<br \/>\n&#8211; Joan, allons,<br \/>\n&#8211; Bon , vous avez gagn\u00e9.. Oui, je le reconnais, je n&#8217;ai pas accept\u00e9 que vous traitiez mon mari de menteur.<br \/>\n&#8211; C&#8217;est pourtant ce qu&#8217;il est ? A moins que vous ne consentiez enfin \u00e0 prendre ce papier pour ce qu&#8217;il est, c&#8217;est \u00e0 dire un bout de papier. Et que vous acceptiez de faire confiance \u00e0 Henry&#8230;<br \/>\n&#8211; Benjamin Cartwright, vous \u00eates impossible&#8230; Vous savez mener votre barque.. Je n&#8217;ai jamais vu quelqu&#8217;un d&#8217;aussi ent\u00eat\u00e9&#8230;<br \/>\n&#8211; Et encore, vous n&#8217;avez pas id\u00e9e \u00e0 quel point je peux l&#8217;\u00eatre&#8230;<br \/>\nBen se rend compte de ce qu&#8217;il vient de dire&#8230; Il ferme les yeux, esquisse une mimique amus\u00e9e et passe sa main dans ses cheveux&#8230;<br \/>\n&#8211; bien s\u00fbr que si je le sais, Benjamin.. Quand vous avez d\u00e9cid\u00e9 quelque chose, le monde entier se tait et vous ob\u00e9it. D&#8217;une fa\u00e7on ou d&#8217;une autre; vous parvenez \u00e0 vos fins&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">Le feu dans la chemin\u00e9e, le silence dans la maison trop vide, trop grande; trop vaste&#8230; Henry termine son deuxi\u00e8me verre de whisky.. La t\u00eate baiss\u00e9e, il arpente la grande pi\u00e8ce, l&#8217;esprit tortur\u00e9 et les yeux fig\u00e9s sur les lattes du plancher&#8230; Il se souvient de Joan les astiquant avec \u00e9nergie&#8230; Finalement, cette maison sans Joan, c&#8217;est trop moche. Il se demande ce qu&#8217;il fabrique ici, attendant quoi ? Il sait que Joan ne retournera pas \u00e0 la maison&#8230; Il sait qu&#8217;il l&#8217;a perdue, il le sait depuis l&#8217;instant o\u00f9 elle s&#8217;est d\u00e9tourn\u00e9e de lui pour se r\u00e9fugier dans le ranch, avec ceux qui ne lui feront jamais de mal&#8230; Il a un go\u00fbt d&#8217;inachev\u00e9 dans la bouche, un sentiment d&#8217;injustice qui lui file la naus\u00e9e.. A moins que ce ne soit le whisky&#8230; Il a l&#8217;estomac vide, il n&#8217;a rien mang\u00e9 ce soir&#8230; Il a bu, plus que de raison, plus qu&#8217;il ne boit d&#8217;habitude.. Il n&#8217;est pas tr\u00e8s port\u00e9 sur l&#8217;alcool, c&#8217;est pourquoi le whisky le rend malade ce soir. Dormir ? Il devrait y songer. Mais franchement, aller se jeter dans un lit froid, seul sur son oreiller, il n&#8217;en a pas tr\u00e8s envie&#8230; Il finira peut-\u00eatre par s&#8217;\u00e9crouler ivre de fatigue , ivre de lassitude dans un des fauteuils \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du feu, quand il aura jet\u00e9 une \u00e9ni\u00e8me buche dans le feu&#8230; Il entretiendra le feu aussi longtemps qu&#8217;il restera ici, \u00e0 d\u00e9faut d&#8217;avoir su entretenir le feu de leur union, il veillera sur le dernier foyer qu&#8217;il lui reste&#8230; L&#8217;autre, il est mort&#8230; Bien mort. Mort comme leurs projets de voyage : Henry voulait emmener Joan en Europe; lui faire d\u00e9couvrir Venise et Paris&#8230; Et puis Vienne. Il voulait la charmer et lui d\u00e9clamer son amour en dessous du balcon de Juliette. Oui, il voulait faire tout \u00e7a.. Et au-lieu de cela il se retrouvait accus\u00e9, malmen\u00e9 et abandonn\u00e9, pour quelque chose qu&#8217;il n&#8217;avait pas fait&#8230;<br \/>\nIl ouvre la porte en grand; il laisse entrer un peu d&#8217;air frais dans la pi\u00e8ce&#8230; Il frissonne, il appuie son dos contre la porte; l\u00e8ve les yeux au ciel et inspire lentement.. Il a la t\u00eate qui tourne, il ne sent pas bien; il a envie de vomir&#8230; Il porte sa main \u00e0 sa bouche; il se force \u00e0 respirer. Il prend de grandes inspirations pour parvenir \u00e0 contenir ses renvois naus\u00e9eux&#8230; Il rentre \u00e0 nouveau, se dirige vers la cuisine et prend un peu d&#8217;eau dans le seau. Il s&#8217;asperge le visage et la nuque. L&#8217;eau fra\u00eeche lui fait du bien&#8230; Il regarde les gouttes passer sur ses doigts, il chope le linge qui tra\u00eene sur le tabouret et enfouit son visage dedans&#8230; Oh que \u00e7a fait mal; oui, \u00e7a fait mal de tomber ainsi&#8230; Il est tomb\u00e9 de haut; tomb\u00e9 de son piedestal.. Il a chut\u00e9; humainement, moralement; il est \u00e0 terre; vaincu par des mots.. C&#8217;est \u00e0 peine croyable.. Mais maintenant il commence \u00e0 comprendre , il para\u00eet que celui qui porte le fer, p\u00e9rira par le fer&#8230; Et lui, il a p\u00e9ri par les mots, les mots qu&#8217;il porte chaque jour&#8230; Les mots sont son quotidien, son arme et ce qu&#8217;il ma\u00eetrise le plus&#8230; Et il a \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 terre par eux&#8230; Cela devrait faire sens en lui&#8230; Quelqu&#8217;un a cherch\u00e9 \u00e0 lui nuire; quelqu&#8217;un qui le connait bien&#8230; Oui, c&#8217;est \u00e7a; quelqu&#8217;un a ourdi un plan diabolique pour d\u00e9truire son bonheur et l&#8217;atteindre profond\u00e9ment. Et ce quelqu&#8217;un, il doit forc\u00e9ment trouver qui il est&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">Chambre du haut&#8230; Cheveux d\u00e9tach\u00e9s; sur les reins, Joan est seule&#8230; Ses yeux trop clairs sont tourn\u00e9s vers le lit&#8230;<br \/>\nLa solitude, c&#8217;est maintenant; cela fait longtemps; La solitude, c&#8217;\u00e9tait l&#8217;ann\u00e9e derni\u00e8re&#8230; Avant Ben, avant sa folle transformation \u00e0 Ponderosa; avant de rencontrer Henry&#8230; Pourtant, dans la tribu, elle n&#8217;a jamais \u00e9t\u00e9 seule&#8230; mais c\u00f4t\u00e9 coeur, c&#8217;\u00e9tait le d\u00e9sert. Du jour o\u00f9 elle a pos\u00e9 les yeux sur le fils du chef, les choses ont chang\u00e9; tout a \u00e9t\u00e9 perdu.. Elle a tout perdu : sa famille, sa tribu, sa place.. Elle a tout perdu; ils se sont d\u00e9barass\u00e9e d&#8217;elle comme d&#8217;un paquet encombrant.. Ils auraient pu la tuer&#8230;<\/p>\n<p><em>Virginia City, 10h32, \u00e0 l&#8217;annonce de l&#8217;arriv\u00e9e de la diligence en provenance de San Francisco&#8230;. un vieux sommeille sur une chaise; son chapeau crasseux pos\u00e9 n\u00e9gligemment sur le nez.. A ses c\u00f4t\u00e9s; un jeune \u00e9grenne, en sourdine, une rengaine sur un petit harmonica qu&#8217;il a tir\u00e9 de la poche de sa chemise&#8230; Il fait d\u00e9j\u00e0 lourd&#8230;<\/em><\/p>\n<p>La diligence s&#8217;immobilise devant l&#8217;office de Ned.. La porte s&#8217;ouvre&#8230;Sur le marche-pied on voit appara\u00eetre un soulier, noir, fin, un mod\u00e8le pr\u00e9cieux et raffin\u00e9&#8230; Une silhouette gracile se dessine. Robe longue; ample; empes\u00e9e. Un costume de ville en soie couleur rose cendr\u00e9e r\u00e9hauss\u00e9 d&#8217;arabesques en velours qui dessinent sur la manche une boucle et des r\u00e9silles sur le noeud du chapeau que la voyageuse porte sur ses cheveux boucl\u00e9s remont\u00e9s en chignon&#8230; Un visage avenant, souriant. Quelques rides au coin des yeux. A ses oreilles deux gouttes en or scintillent et ondulent. Ses mains ? Elles sont cach\u00e9es par des gants en dentelle noire; une dentelle fine, soyeuse.<br \/>\n*******Dans la maison vide&#8230; Le jour se l\u00e8ve sur le visage sans repos d&#8217;Henry&#8230; Il n&#8217;a pas dormi, c&#8217;\u00e9tait le chaos dans sa t\u00eate&#8230; A ses pieds, un verre vide&#8230; Et une bouteille; vide aussi&#8230; Il ne se rappelle pas l&#8217;avoir bue&#8230; Mais il est dans le brouillard et ce qu&#8217;il a fait n&#8217;a aucune esp\u00e8ce importance.. C&#8217;est quoi cette vie qui bascule en quelques heures&#8230; Qui vacille.. A propose de vaciller, il se rend compte qu&#8217;il a la d\u00e9marche bien mal assur\u00e9e&#8230; Il est submerg\u00e9 ; submerg\u00e9 par la fatigue, par l&#8217;arri\u00e8re-go\u00fbt pateux dans la bouche.. Bref, il est \u00e0 mille lieux du fringant avocat qu&#8217;il \u00e9tait encore il y a peu&#8230; Mais non, ils ont d\u00fb se tromper.. Tromper&#8230; Comme les mots sonnent doublement maintenant.. C&#8217;est anodin de dire qu&#8217;on s&#8217;est tromp\u00e9&#8230; Tromperie, duperie&#8230;<br \/>\nIl grimpe \u00e0 l&#8217;\u00e9tage, ouvre la porte de sa chambre.. Qu&#8217;esp\u00e8re-t-il ? Y trouver Joan, sans doute&#8230; Il pose le regard sur la coiffeuse devant laquelle elle \u00e9tait encore assise il y a peu de temps, prenant soin de sa coiffure. L&#8217;image que lui renvoie la glace lui fait peur&#8230; Il a une mine de papier chiffonn\u00e9&#8230;<\/p>\n<p><em>La femme; maintenant descendue de la diligence; se dirige vers l&#8217;office&#8230; Elle a la d\u00e9marche assur\u00e9, la d\u00e9marche \u00e9l\u00e9gante d&#8217;une dame de haut rang&#8230; Distingu\u00e9e, manifestement quelqu&#8217;un d&#8217;illustre naissance&#8230;.<br \/>\n-Bonjour mon brave. Pourriez-vous me fournir un renseignement ,<br \/>\n-Avec plaisir, Madame. Permettez-moi de me pr\u00e9senter.. Ned Galagher, pour vous servir, r\u00e9pond le t\u00e9l\u00e9graphiste en portant sa main \u00e0 sa casquette.<br \/>\n&#8211; je suis Eug\u00e9nie Sue Dexter. Et je viens rendre visite \u00e0 mon fils, Henry. Savez-vous o\u00f9 je peux le trouver ???<br \/>\n&#8211; Lui et son \u00e9pouse habitent un ranch \u00e0 la sortie de Virginia City&#8230; Une voiture peut vous y conduire.<br \/>\n&#8211; Merci \u2026 Et pouvez-vous m&#8217;indiquer o\u00f9 se trouve l&#8217;h\u00f4tel. Je d\u00e9sirerai m&#8217;installer quelques jours et voyez-vous, je ne tiens pas \u00e0 d\u00e9ranger mon fils et sa jeune \u00e9pouse.<br \/>\n&#8211; C&#8217;est tout \u00e0 votre honneur, madame&#8230;<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p>**********dans le ranch des Dexter.<\/p>\n<p align=\"left\">Il se laisse tomber les bras en croix sur le lit et fixe le plafond&#8230; Minute de creux; du silence; Envie de tout stopper&#8230;Besoin de fermer les yeux; fermer les yeux sur la r\u00e9alit\u00e9 qui d\u00e9\u00e7oit&#8230;. Quelques heures d&#8217;oubli. Et la promesse de se r\u00e9veiller ailleurs, loin du doute, loin de la calomnie, loin de la d\u00e9ch\u00e9ance&#8230; Une place au soleil, il se l&#8217;\u00e9tait faite; par sa seule volont\u00e9&#8230; Il a gravi un \u00e0 un les \u00e9chelons de la soci\u00e9t\u00e9; commen\u00e7ant sa carri\u00e8re dans les bureaux du bas, et m\u00eame dans les profondeurs du tribunal, \u00e0 archiver des dossiers poussi\u00e9reux&#8230;. Puis \u00e0 force de pugnacit\u00e9 et d&#8217;acharnement, apr\u00e8s d&#8217;interminables nuits blanches pench\u00e9s sur les livres de code, il a triomph\u00e9 d&#8217;un des examens les plus ardus&#8230; Et avoir le droit de poser sur le mur du tribunal une plaque rutilante : Henry Horace Dexter, avocat sp\u00e9cialis\u00e9&#8230; \u00e7a sonnait bien&#8230; Il en avait r\u00eav\u00e9 souvent; \u00e0 sa vie d&#8217;homme; \u00e0 ce qu&#8217;il allait faire de ses dix doigts et de son cerveau.. Les mettre au service des autres lui \u00e9tait rapidement apparu comme une noble tache&#8230; Se jeter corps et \u00e2me dans ses nouvelles fonctions et l&#8217;accomplir avec loyaut\u00e9 et d\u00e9f\u00e9rence&#8230;. Il se souvient du jour o\u00f9 il avait d\u00fb pr\u00eater serment sur la bible.. Ce n&#8217;\u00e9tait pas un engagement futile, non, il avait engag\u00e9 son nom; son \u00e2me et tout ce qui faisait de lui un honn\u00eate homme : ses valeurs; son int\u00e9grit\u00e9, son sens du devoir et son respect de l&#8217;autre&#8230; Ce matin, il se sentait un autre; et un autre pas tr\u00e8s glorieux&#8230; Tout ce qu&#8217;il ex\u00e9crait, en r\u00e9alit\u00e9..<\/p>\n<p><em>La voiture conduite par un des employ\u00e9s de Ned emm\u00e8ne l&#8217;\u00e9l\u00e9gante Mme Dexter sur les pistes poussi\u00e9reuses&#8230; Ils ont laiss\u00e9 derri\u00e8re eux les boutiques de Virginia City, l&#8217;office du sh\u00e9riff, le Grand H\u00f4tel, qui n&#8217;a de grand que le nom pour une personne arriv\u00e9e de San Francisco&#8230; Mme Dexter ouvre son ombrelle pour prot\u00e9ger son visage de la poussi\u00e8re et du soleil..<br \/>\n-Sommes-nous bient\u00f4t arriv\u00e9s ?<br \/>\n&#8211; Madame; il faut compter une bonne heure pour arriver au ranch de votre fils&#8230;<br \/>\n&#8211; C&#8217;est donc vrai ce qu&#8217;on m&#8217;a dit.. Mon fils vit dans un ranch&#8230;<br \/>\n&#8211; Oui, la maison et les terres appartenaient \u00e0 feu Jonathan Handricks&#8230; Les h\u00e9ritiers ont accept\u00e9 de vendre \u00e0 un \u00e9tranger car les Cartwright se sont port\u00e9s garant&#8230;<br \/>\n&#8211; Qui sont les Cartwright ?<br \/>\n&#8211; Les Cartwright sont les plus riches propri\u00e9taires de tout le territoire ; madame&#8230; Ils poss\u00e8dent 600.000 acres de terre. Ponderosa, cela ne vous dit rien ???<br \/>\n&#8211; Non, qu&#8217;est-ce que c&#8217;est ?<br \/>\n&#8211; C&#8217;est le nom de leur domaine&#8230; Une \u00e9tendue de for\u00eats \u00e0 n&#8217;en plus finir et des pins qui se dressent fi\u00e8rement&#8230; C&#8217;est Ponderosa quoi&#8230;<br \/>\n&#8211; Et ces Cartwright sont d&#8217;honn\u00eates citoyens ?<br \/>\nMme Dexter ne semble pas relever l&#8217;expression du conducteur.. Pourtant il est choqu\u00e9..<br \/>\n&#8211; Madame; je ne peux vous laisser dire cela..<br \/>\n&#8211; Je me renseigne, voil\u00e0 tout. Nul besoin de vous offusquer de la sorte.. Je suppose que votre r\u00e9action \u00e9quivaut \u00e0 une r\u00e9ponse.. Alors ces Cartwright sont honn\u00eates; et ne vont pas nuire \u00e0 la r\u00e9putation de mon cher Henry&#8230;<br \/>\n&#8211; Les Cartwright sont des citoyens droits, honn\u00eates, loyaux et tr\u00e8s estim\u00e9s \u00e0 Virginia City. Oh nombreux sont ceux qui les d\u00e9testent; vous pensez une telle richesse fait forc\u00e9ment des envieux&#8230;<br \/>\n&#8211; Oui, bien s\u00fbr.. Et pardonnez ma curiosit\u00e9; mais d&#8217;o\u00f9 leur vient cette richesse ??? Car ce sont de nouveaux riches, n&#8217;est-ce pas ?<br \/>\n&#8211; Oh \u00e0 vrai dire, je ne sais pas&#8230; Ben Cartwright \u00e9tait marin avant de venir s&#8217;installer ici avec ses trois fils&#8230; Il a \u00e9difi\u00e9 Ponderosa.<br \/>\n&#8211; il doit y mener grand train je pr\u00e9sume&#8230;<br \/>\n&#8211; Non, je ne dirai pas \u00e7a&#8230; Les parties qu&#8217;il donne avec ses fils sont certes les plus r\u00e9ussies, mais je ne pense pas qu&#8217;il soit un tel homme&#8230; Pour lui ne comptent que ses fils et son domaine&#8230; Voil\u00e0 tout ce que je sais, madame&#8230;<br \/>\n&#8211; Merci mon brave.. Et pardonnez-moi de m&#8217;\u00eatre montr\u00e9e aussi curieuse. Mais voyez-vous, je ne m&#8217;attendais pas \u00e0 devoir faire encore du chemin pour rejoindre mon fils.. Le trajet depuis San Francisco est long et je suis \u00e9reint\u00e9e&#8230;<br \/>\n&#8211; Je comprends Madame. .Nous serons bient\u00f4t arriv\u00e9s et vous pourrez alors vous reposer&#8230;<\/em><\/p>\n<p align=\"left\">Apr\u00e8s une vingtaine de minutes; la voiture parvient en haut d&#8217;une colline&#8230;<br \/>\nVoil\u00e0 le ranch des Dexter.<br \/>\n&#8211; Je m&#8217;attendais \u00e0 quelque chose de plus; voyons, euh, de moins modeste&#8230;. Quelque chose de plus luxueux&#8230;<br \/>\n&#8211; Mr Dexter a tr\u00e8s bien compris que l&#8217;imp\u00e9ratif par chez nous est d&#8217;avoir un toit et des murs solides.. La s\u00e9curit\u00e9 passe avant le confort&#8230;.<br \/>\nL&#8217;employ\u00e9 de Ned aide l&#8217;\u00e9l\u00e9gante passag\u00e8re \u00e0 descendre et porte ses valises.<br \/>\n&#8211; Merci mon brave&#8230;<br \/>\nElle lui tend une liasse de billets verts. L&#8217;employ\u00e9 porte sa main \u00e0 son chapeau, remercie avant de s&#8217;eclipser pour remonter en voiture et s&#8217;en retourner&#8230;<br \/>\nRest\u00e9e seule, Mme Dexter soul\u00e8ve le bas de sa robe, pose d\u00e9licatement ses pieds chauss\u00e9s d&#8217;\u00e9l\u00e9gants escarpins sur le chemin poussi\u00e9reux et se dirige vers la porte&#8230;. Elle l\u00e8ve sa main gant\u00e9e et attrape la fine cordelette reli\u00e9e \u00e0 la clochette de bronze suspendue au-dessus de sa t\u00eate&#8230; Avant m\u00eame qu&#8217;elle n&#8217;ai fait sonner la cloche, la porte s&#8217;ouvre.<br \/>\n&#8211; Joan , c&#8217;est toi&#8230; Ah bonjour m\u00e8re; MERE ?<br \/>\n&#8211; Bonjour Henry \u2026. Ferme la bouche s&#8217;il te plait; on dirait un poisson mort&#8230; Est-ce ainsi que tu accueilles ta ch\u00e8re m\u00e8re ? Qu&#8217;est-ce que c&#8217;est que cette tenue ? Tu as l&#8217;air d&#8217;un vagabond!!! Et de plus, tu emp\u00eastes l&#8217;alcool ! Ma parole,; mais tu es ivre ?<br \/>\n&#8211; M\u00e8re que faites -vous ici ?<br \/>\n-as-tu l&#8217;intention de me laisser me d\u00e9secher sur le perron ou bien comptes-tu me faire entrer dans cette&#8230;. heu maison ?<br \/>\n&#8211; pardonnez-moi m\u00e8re, entrez&#8230;<br \/>\nHenry, encore tout \u00e0 sa surprise; attrape le sac et la malle de sa m\u00e8re. Il pose le tout dans le corridor et jette un regard \u00e0 sa m\u00e8re&#8230;<br \/>\n-Prenez un fauteuil, m\u00e8re&#8230;<br \/>\n&#8211; Un fauteuil, ah oui&#8230;.<br \/>\n&#8211; M\u00e8re, pourquoi n&#8217;avez-vous pas envoy\u00e9 un t\u00e9l\u00e9gramme; je serai venu vous chercher \u00e0 l&#8217;arriv\u00e9e de la diligence&#8230;<br \/>\n&#8211; C&#8217;est un peu fort ! Monsieur mon fils veut qu&#8217;on lui envoie un t\u00e9l\u00e9gramme&#8230;.<br \/>\n&#8211; M\u00e8re, c&#8217;est pas c&#8217;que je voulai dire !!<br \/>\n&#8211; mais quelle horreur, Henry, tu manges tes mots; maintenant ? O\u00f9 est pass\u00e9e ta belle \u00e9loquence&#8230;. Je t&#8217;ai fait donner des cours de langue et de conversation&#8230; Est-ce ainsi que tu me remercies de ce que j&#8217;ai fait pour toi ? Moi qui me suis saign\u00e9e aux quatres veines pour ton \u00e9ducation&#8230;<br \/>\n&#8211; Oh m\u00e8re, vous n&#8217;allez pas recommencer&#8230; S&#8217;il vous plait..<br \/>\n&#8211; je ne m\u00e9ritais pas \u00e7a, henry; non pas du tout&#8230;.<br \/>\n-Oh non m\u00e8re, ne pleurez pas; je vous en prie.. Je vous ai dit que j&#8217;\u00e9tais d\u00e9sol\u00e9..<br \/>\n-Bien, tu es un brave gar\u00e7on.. Voudrais-tu me donner un verre d&#8217;eau, mon fils ? Ces routes poussi\u00e9reuses et d\u00e9fonc\u00e9es m&#8217;ont donn\u00e9 soif..<br \/>\n&#8211; Mais bien s\u00fbr M\u00e8re&#8230;<br \/>\nHenry s&#8217;ex\u00e9cute&#8230; Il donne \u00e0 sa m\u00e8re un grand verre d&#8217;eau fra\u00eeche, qu&#8217;il prend \u00e0 la pompe&#8230; C&#8221;est bien la derni\u00e8re personne qu&#8217;il avait envie de voir&#8230;. C&#8217;est Joan qu&#8217;il s&#8217;attendait \u00e0 trouver devant sa porte&#8230;<br \/>\nNon, question compr\u00e9hension et soutien, ce n&#8217;est surement pas sa m\u00e8re qui va les lui apporter.. D&#8217;ailleurs, il a eu une nouvelle d\u00e9monstration de ce qu&#8217;elle est.. D\u00e9j\u00e0 des critiques et des r\u00e9criminations&#8230;.<br \/>\n&#8211; Ta charmante \u00e9pouse n&#8217;est pas \u00e0 la maison ?<br \/>\nEt pan, prends \u00e7a dans les dents&#8230; Juste le mot qui fait mal&#8230;<br \/>\n&#8211; Non, elle s&#8217;est humm absent\u00e9e.<br \/>\nPar o\u00f9 commencer ? Quel d\u00e9sordre dans sa t\u00eate ? Comment lui annoncer \u00e7a ? Lui dire, ce serait reconna\u00eetre son erreur, dire le mal qu&#8217;il a fait&#8230;. Et il n&#8217;en est pas capable pour l&#8217;instant&#8230; Quel enfer&#8230;.<br \/>\n&#8211; M\u00e8re, puis-je vous montrer votre chambre ?<br \/>\n&#8211; Tu veux te d\u00e9barrasser de moi , c&#8217;est \u00e7a; je t&#8217;ennuie ?<br \/>\n&#8211; M\u00e8re, mais non, enfin; veuillez cesser de toujours transformer ce que je dis;. C&#8217;est aga\u00e7ant !!<br \/>\n&#8211; tu hausses le ton avec moi, jeune homme ?<br \/>\n&#8211; Pardon m\u00e8re; mais&#8230;.<br \/>\n&#8211; mais quoi&#8230; Bien, je vais te suivre. Mais je n&#8217;admets pas qu&#8217;on me traite ainsi&#8230;.<br \/>\nLa mont\u00e9e des marches se fait dans un silence lourd et pesant&#8230;. Madame Dexter s&#8217;engage dans l&#8217;\u00e9troit escalier; en prenant soin de ne pas marcher sur sa robe&#8230; Elle pose d\u00e9licatement ses escarpins noirs sur le tapis qui recouvre chaque marche ainsi que les contre-marche&#8230; On dirait qu&#8217;elle \u00e9crase un parasite \u00e0 chaque pas&#8230; Elle soupire, mais ne d\u00e9croche pas un mot&#8230; Henry tient dans sa main droite la malle carr\u00e9e , matelass\u00e9e et dans la main gauche un sac de voyage en tissu fleuri&#8230; Madame Dexter a gard\u00e9 \u00e0 son bras une petite bourse en soie broch\u00e9e, assortie \u00e0 sa tenue&#8230;<br \/>\nLes voil\u00e0 arriv\u00e9s \u00e0 l&#8217;\u00e9tage : Madame Dexter s&#8217;efface et laisse passer Henry.. Il l&#8217;invite \u00e0 le suivre dans le couloir qui m\u00e8ne aux chambres&#8230;.<br \/>\n-Voil\u00e0 votre chambre M\u00e8re&#8230;.<br \/>\nHenry la laisse prendre possession de cet espace.. C&#8217;est la pi\u00e8ce la plus spacieuse; de larges rideau fleuris tombent sur le plancher&#8230;. . Au milieu, le lit : grand, blanc; \u00e0 barreaux; avec des pommeaux dor\u00e9s&#8230;. A gauche, en entrant, une commode comportant cinq tiroirs ferm\u00e9s par de petites cl\u00e9s en laiton rutilant&#8230; Deux tables de nuit en bois vernis, une \u00e0 droite et une \u00e0 gauche, recouvertes d&#8217;un napperon de dentelles&#8230; Pos\u00e9s dessus, deux vases avec des roses rouges apportent gaiet\u00e9 et fraicheur dans la pi\u00e8ce un peu trop blanche&#8230;. A c\u00f4t\u00e9 des roses rouges; quelques marguerites blanches. Deux lampes en cuivre sont fix\u00e9es contre le mur. Le verre un peu entach\u00e9 de suie laisse appara\u00eetre une m\u00e8che noircie&#8230;. Trois oreillers moelleux, un couvre-lit en laine blanche ; voil\u00e0 pour le linge de lit&#8230; Au pied du lit, une table ovale; avec un magnifique bouquet de roses.<br \/>\n-C&#8217;est coquet , enfin, je suppose que c&#8217;est ce qu&#8217;il faut dire.. A dire vrai, je ne m&#8217;attendais pas \u00e0 trouver pareil euh raffinement ici&#8230;. Je suis extr\u00eamement surprise&#8230;<br \/>\n&#8211; Joanie tient beaucoup \u00e0 cette chambre.. Elle veut que chaque personne qui y s\u00e9journe s&#8217;y sente bien&#8230;..<\/p>\n<p>C&#8217;est la nuit&#8230;..<\/p>\n<p>Y a t-il un signe de vie derri\u00e8re ces yeux rid\u00e9s? Une vieille dame p\u00e9trie de dignit\u00e9 et de suffisance&#8230; Des tr\u00e9sors de retenue et de fiert\u00e9 qui l&#8217;aident \u00e0 vivre&#8230; Aime-t-elle ? Que cache-t-elle derri\u00e8re cette duret\u00e9, apparente froideur, s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 cassante; insatisfaction permanente&#8230;<br \/>\nHenry ne sait pas; Henry n&#8217;a pas envie de penser&#8230; Il vient de redescendre, apr\u00e8s avoir laiss\u00e9 la porte se fermer sur sa m\u00e8re&#8230;.Il a la gorge serr\u00e9e&#8230;. Il a perdu la seule main qu&#8217;il souhaitait plus que tout garder pour lui, il a perdu le droit d&#8217;aller la chercher.. M\u00e8re, vous pouvez comprendre que je n&#8217;ai pas le coeur \u00e0 parler, ce soir&#8230; Tant pis si vous ne comprenez pas&#8230; Je n&#8217;attends rien de vous; d&#8217;ailleurs.. J&#8217;ai cess\u00e9 d&#8217;attendre un geste tendre de vous.. J&#8217;entends votre litanie de reproches, mais j&#8217;ai ferm\u00e9 mon coeur&#8230;<\/p>\n<p>Henry attend, il attend que sa moiti\u00e9 rentre \u00e0 la maison.. .Mais saura-t-elle faire le chemin vers celui qui l&#8217;a trahie ? Il ne le croit pas&#8230;.C&#8217;est comme \u00e7a&#8230;.<br \/>\nDeuxi\u00e8me nuit sans elle; deuxi\u00e8me nuit de d\u00e9route, deuxi\u00e8me nuit de traine lancinante&#8230;. Oh oui, il a din\u00e9 avec M\u00e8re.. Quel d\u00eener !!! Il aurait voulu dispara\u00eetre dans la huche \u00e0 pain , mais non, il a du subir les gr\u00e2ces avec Maman, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 train\u00e9 dans le grand H\u00f4tel.. Et oui, M\u00e8re a tenu \u00e0 retourner \u00e0 Virginia City pour diner&#8230; Quelle horreur&#8230;. Henry a du faire bonne figure, sourire pour m\u00e8re&#8230;. Pour ne pas lui g\u00e2cher son repas; mais il en abhorr\u00e9 chaque seconde&#8230;. M\u00e8re a tenu \u00e0 manger une cassolette de gibier et des pommes de terre duchesse&#8230;. Ainsi qu&#8217;un navarin \u00e0 la framboise&#8230; De la cr\u00e8me, du sucr\u00e9, du croustillant, tout \u00e7a avec un champagne l\u00e9ger&#8230;. Et Henry lui, tout \u00e0 l&#8217;amertume de ce qu&#8217;il vit, n&#8217;a rien savour\u00e9.. Tout lui est rest\u00e9 en travers&#8230; La m\u00e8re venant donner de l&#8217;amer \u00e0 toute cette savoureuse cuisine&#8230;.<br \/>\nIl faut qu&#8217;il sorte de cette spirale; il faut qu&#8217;elle l&#8217;\u00e9coute, il faut qu&#8217;il trouve qui a envoy\u00e9 cette lettre poison, qui a falsifi\u00e9 un document officiel.. Qui a sem\u00e9 le doute ? Qui a empoisonn\u00e9 leur amour ? qui a ourdi une telle machination ? Il doit savoir&#8230;. Mais elle ne veut plus entendre parler de lui&#8230;. Elle est dans chaque pi\u00e8ce de la maison, dans chaque miroir, dans chaque attention d\u00e9licate&#8230;. M\u00e8re elle m\u00eame a paru chanceler, dans sa m\u00e9chancet\u00e9 coutumi\u00e8re&#8230; Joan a su faire de sa maison un havre chatoyant et chaleureux&#8230;.<br \/>\nIl ne veut plus se noyer dans la boisson, \u00e7a ne sert \u00e0 rien, il lui faut toute sa lucidit\u00e9 pour r\u00e9fl\u00e9chir sereinement , efficacement.. Il doit parler \u00e0 Joan&#8230; Joan, sa Joan \u00e0 lui, celle qu&#8217;il aime.. Joanie, c&#8217;est le nom qu&#8217;il a dit \u00e0 sa m\u00e8re.. Mais Joan, c&#8217;est \u00e0 lui, c&#8217;est son joyau brut, c&#8217;est la sauvageonne qu&#8217;elle sait \u00eatre parfois&#8230; Il la revoit \u00e0 cheval; ne montant jamais en amazone, ah \u00e7a s\u00fbrement pas.. .Elle monte comme un homme, elle monte comme un Cartwright&#8230; Avec l&#8217;\u00e9l\u00e9gance en plus&#8230;.<br \/>\nSur un coup de t\u00eate; il d\u00e9cide de galoper jusqu&#8217;\u00e0 Ponderosa&#8230; Au moment o\u00f9 il quitte la maison, une voix s\u00e8che imp\u00e9rieuse le glace sur place.<br \/>\n-Henry, que fais-tu ?<br \/>\n&#8211; M\u00e8re, je ne suis plus un enfant ; j&#8217;ai pass\u00e9 l&#8217;\u00e2ge de vous demander l&#8217;autorisation pour sortir. Et je suis chez moi..<br \/>\n&#8211; Oh oui, j&#8217;ai bien compris.. Mais je t&#8217;interd&#8230;.<br \/>\n&#8211; Pardon, vous m&#8217;interdisez ? Non mais et puis quoi&#8230;<br \/>\nHenry \u00e9touffe un rire mauvais&#8230; Il ne manquerait plus que \u00e7a, que sa m\u00e8re lui interdise quoi que ce soit&#8230;<br \/>\n&#8211; Ton p\u00e8re aurait honte de toi, s&#8217;il t&#8217;entendait parler ainsi&#8230;.<br \/>\n&#8211; Pourquoi aurait-il honte ? Parce que je cours chercher mon \u00e9pouse et essayer de laver l&#8217;affront de cette \u00e9pouvantable m\u00e9prise.. Allons, donc, P\u00e8re ne saurait avoir honte de moi&#8230;<br \/>\nHenry part,; sans un regard pour sa m\u00e8re&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">Personne ne le sait, mais sur la piste qui m\u00e8ne \u00e0 Ponderosa; il y a un petit oratoire&#8230; Petite st\u00e8le cach\u00e9e derri\u00e8re une colline.. Henry l&#8217;avait d\u00e9couverte un jour de balade avec Joan&#8230; Un petit monument hors de la piste; un peu \u00e0 l&#8217;\u00e9cart de toute v\u00e9g\u00e9tation ou des ranch habit\u00e9s par les voisins des Cartwright&#8230; Henry d\u00e9cide de s&#8217;y arr\u00eater&#8230; oh pas longtemps; juste le temps d&#8217;un souffle , d&#8217;une halte.. Un repos pour sa monture&#8230;<br \/>\nIl descend de son cheval, et continue \u00e0 pied, en ayant pris soin d&#8217;attacher les rennes de son compagnon \u00e0 quatre pattes \u00e0 une branche&#8230; Il \u00e9carte les hautes herbes et s&#8217;approche de la pierre&#8230;.<br \/>\nIl veut s&#8217;asseoir \u00e0 proximit\u00e9 de la pierre.. Il sait qu&#8217;il serait folie de s&#8217;aventurer chez les Cartwright maintenant.. Il est conscient qu&#8217;il a fui la maison, le bavardage nocif de sa m\u00e8re lui donne des naus\u00e9es&#8230; Elle n&#8217;arr\u00eate pas de cracher son venin&#8230;.<br \/>\nL&#8217;attaque est fulgurante&#8230; Il sent que quelque chose porte un coup sur sa botte.. Il regarde horrifi\u00e9 le crotale pendu au bout de sa botte&#8230; A ce moment, il ne sait si l&#8217;animal est parvenu \u00e0 transpercer le cuir \u00e9pais de sa botte&#8230; Mais sa pens\u00e9e est ailleurs.. Que faire ? Bouger ? Secouer son pied ? Essayer de tuer l&#8217;animal ? Il n&#8217;a pas le choix.. Lentement il sort son r\u00e9volver de son \u00e9tui et sans h\u00e9siter, tire. Sur lui, sur l&#8217;animal , sur son pied&#8230; Carton r\u00e9ussi, \u00e9tant donn\u00e9 que la proie n&#8217;\u00e9tait qu&#8217;\u00e0 quelques centim\u00e8tres&#8230; Il vient de se sauver la vie, mais une douleur violente irradie son pied&#8230; Est-ce la morsure ou la balle ? Il souhaite que ce ne soit que la balle; et non la morsure.. De toutes fa\u00e7ons, il le saura bien assez t\u00f4t&#8230; Le crotale ne laisse g\u00e9n\u00e9ralement peu de chance \u00e0 sa victime.. Il d\u00e9cide de se remettre en selle et de rejoindre Ponderosa. Si vraiment il a \u00e9t\u00e9 mordu, il ne parviendra pas vivant au ranch. Les quelques m\u00e8tres qui le s\u00e9parent de son cheval lui semblent inatteignables; il a tellement mal.. Il rampe et mord son poing quand la douleur est trop forte&#8230;<br \/>\nIl se hisse difficilement sur son cheval et parvient \u00e0 le faire mettre au galop&#8230; Sa jambe valide est dans l&#8217;\u00e9trier tandis que l&#8217;autre pend mis\u00e9rablement le long du corps du cheval&#8230;<br \/>\nVa-t-il parvenir jusqu&#8217;au ranch ???<\/p>\n<p align=\"left\">Pendant ce temps \u00e0 Ponderosa&#8230;<br \/>\nBen a ferm\u00e9 les volets et tir\u00e9 les rideaux.. M\u00eames gestes 100 fois r\u00e9p\u00e9t\u00e9s chaque jour, chaleureuse routine&#8230;. Les bruits de la nuit; la vie qui s&#8217;assoupit&#8230; Place au repos, place aux r\u00eaves&#8230; La solitude pour lui commence&#8230; Joan est mont\u00e9e se coucher. Les gar\u00e7ons sont dans leur chambre; Adam avec un livre; tr\u00e8s certainement.. Solitude pour Ben, alors oui; le silence,; le lit trop vaste; trop grand, trop froid. Des draps hostiles, sans \u00e2me&#8230;. Des images se bousculent dans sa t\u00eate. Il est seul , sur le dos, les mains crois\u00e9s derri\u00e8re la t\u00eate&#8230; Il fixe le plafond; les yeux perdus dans le vague&#8230; Il laisse son esprit vagabonder&#8230; Il revoit un parc, une rue pav\u00e9e, des fiacres et des promeneurs \u00e9l\u00e9gants&#8230; Il marchait vers ce parc, d&#8217;un pas d\u00e9cid\u00e9.. Soudain, un cheval, un cri, de l&#8217;agitation. Quelle est cette lady qui mont\u00e9e en amazone lui avait obstru\u00e9 le passage ? Il ne le savait pas mais il venait de croiser sa future \u00e9pouse&#8230; Oh oui, que de souvenirs heureux&#8230;.. Une aventure si loin&#8230;<br \/>\nUn flash,, un autre \u00e9clair&#8230; Une lueur pale qui aurait pour nom \u00ab\u00a0 ne t&#8217;en va pas\u00a0\u00bb.. Trois jours, jours de lent d\u00e9clin apr\u00e8s la chute brutale&#8230; Son doux visage qui se fanait, son teint qui se figeait sous le regard impuissant des hommes de la maison&#8230;. Elle qui dit \u00ab\u00a0mon ch\u00e9ri, je suis fatigu\u00e9e\u00a0\u00bb&#8230; oui, c&#8217;est \u00e7a, maman \u00e9tait fatigu\u00e9e&#8230;<\/p>\n<p>Alors, c&#8217;est vrai, les blessures les plus graves sont celles qu&#8217;on ne voit pas ? Pas de sang, pas de cassure, mais un traumatisme enfoui qui vous condamne, plus s\u00fbrement qu&#8217;un tribunal.. Oui c&#8217;est \u00e7a : c&#8217;\u00e9tait grave cette chute&#8230; Elle s&#8217;en est relev\u00e9e; mais pour mieux sombrer.. Lui aussi est bless\u00e9, bless\u00e9 \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur aussi ? Un coup de poing ? Un membre amput\u00e9 ? Le souffle coup\u00e9 ? Il ne saurait dire&#8230; Plus de m\u00e9moire de ces jours funestes o\u00f9 tout a bascul\u00e9&#8230; Peu de mots; un m\u00e9decin qui fait signe de la t\u00eate, un signe de la main qui condamne, une main qui se pose sur son \u00e9paule ? C&#8217;est \u00e7a ? Est-ce qu&#8217;il se souvient bien ?? Est-ce que c&#8217;est comme \u00e7a que \u00e7a s&#8217;est pass\u00e9 ? Et lui qui tombe au pied du lit, qui prend une derni\u00e8re fois cette main encore un petit peu chaude&#8230; Cette main qu&#8217;il embrasse , qu&#8217;il serre contre son visage \u2026 Que croit-il ? Qu&#8217;il a le pouvoir de retenir la vie ? A-t-il mal ? Non , il est vide&#8230; Vide de larmes; vide de r\u00e9action, vide de col\u00e8re.. Quoi que , \u00e0 bien y regarder; il est en col\u00e8re.. .Contre le cheval; oui, c&#8217;est \u00e7a&#8230;. Et puis il pense; il pense \u00e0 ses fils, au plus petit, au petit dernier&#8230; Comment dire \u00ab\u00a0tu n&#8217;as plus de maman\u00a0\u00bb ? Petit Joe qui aime tant les chevaux, va t-il comprendre ? Comment lui dire,; maman est tomb\u00e9e du cheval.. Petit Joe ne veut pas croire qu&#8217;on peut se faire mal en tombant de cheval,; c&#8217;est ce qu&#8217;il s&#8217;\u00e9vertue \u00e0 lui dire&#8230;.<\/p>\n<p>Ben soupire dans son lit, il tourne la t\u00eate vers la table de nuit et s&#8217;appr\u00eate \u00e0 souffler sur la lampe lorsqu&#8217;un bruit attire son attention&#8230; Il tend l&#8217;oreille, habitu\u00e9 \u00e0 guetter et \u00e0 se montrer vigilent.<br \/>\nLe galop d&#8217;un cheval, cette fois plus de doute possible; quelqu&#8217;un est devant le ranch&#8230;. Ben est sur ses gardes : l&#8217;oreille affut\u00e9e; les yeux \u00e9carquill\u00e9s.. Alors; ami ou ennemi ? Comment savoir&#8230;. Il se pr\u00e9cipite en bas du lit, attrape au vol son r\u00e9volver et se rue hors de la chambre.. Bien \u00e9videmment, il n&#8217;est pas le seul \u00e0 avoir entendu ; les habitants de cette maison sont rompus \u00e0 ce genre de p\u00e9rip\u00e9ties; ce sont de fins limiers et leur ouie est si fine, que le murmure du vent dans les feuilles les sort du sommeil.. Don particulier ? Non, simplement l&#8217;instinct de survie&#8230; Et ce n&#8217;est pas un vain mot dans ces contr\u00e9es.. Ponderosa est certes un havre de paix mais les hors la loi sont partout; et cette vaste \u00e9tendue de terre verdoyante est l&#8217;objet de bien des convoitises&#8230; Les Cartwright le savent.<br \/>\n&#8211; pa, qu&#8217;est-ce qui se passe ?<\/p>\n<p>Ben descend les marches quatre \u00e0 quatre, Adam et Joe ainsi que Hoss sont derri\u00e8re lui&#8230;. Hoss finit de sauter dans son pantalon, sa chemise de nuit sort sur un c\u00f4t\u00e9&#8230; Il a une de ces d\u00e9gaines.. Adam est torse nu, mais avec son pantalon.. Quant \u00e0 Joe; il a une \u2026.. serviette autour de la taille&#8230;..<br \/>\n&#8211; Ben quoi, me regardez pas comme \u00e7a, je prenais un bain&#8230;.<br \/>\n&#8211; Hey pas si fort, Joan dort&#8230;<br \/>\n&#8211; Pardon pa&#8230;<br \/>\n&#8211; Et ton colt , il est o\u00f9 ?<br \/>\n&#8211; Dans ma chambre.. J&#8217;ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 choper au vol une serviette avant de songer au colt.. Z&#8217;auriez quand m\u00eame pas voulu que je sorte tout nu avec le r\u00e9volver dans la main ?<br \/>\n&#8211; De quoi effrayer Jessie James en personne&#8230;.<br \/>\n&#8211; ahahah, tr\u00e8s dr\u00f4le&#8230;<br \/>\n-Assez plaisant\u00e9 les gar\u00e7ons, on sort maintenant&#8230;<br \/>\nLes trois Cartwright se pr\u00e9cipitent sur le perron. Joe reste \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur&#8230;<br \/>\n&#8211; HENRY&#8230;<br \/>\nBen accourt le premier, dans cette nuit inond\u00e9e par une pleine lune magnifique, il n&#8217;a aucun mal \u00e0 reconna\u00eetre le cavalier, inerte, qui est affal\u00e9 sur son cheval&#8230;<br \/>\n&#8211; Hoss , Adam, venez m&#8217;aider&#8230;<br \/>\nTous les trois descendent l&#8217;homme de sa monture&#8230;.<br \/>\n&#8211; Il est \u2026&#8230; ?<br \/>\n&#8211; J&#8217;en sais rien, Hoss; allongeons-le sur le sol&#8230;<br \/>\nD\u00e9licatement, ils posent Henry par terre.<br \/>\n&#8211; pa, regarde son pied.. Il est en sang&#8230;.<br \/>\nAdam attrape la botte et tire..<br \/>\n&#8211; AIEEEEEEEEEEEEEEEE&#8230;<br \/>\n-Content de vous voir en vie, l&#8217;ami&#8230;<br \/>\n-Adam, Ben, je suis si content de vous voir.. Ainsi je suis en vie.. Dieu merci..<br \/>\n&#8211; Henry , que vous est-il arriv\u00e9 ?<br \/>\n&#8211; J&#8217;ai \u00e9t\u00e9 mordu par un crotale. Plus exactement, il a mordu ma botte et y est rest\u00e9 suspendu&#8230; Je ne savais pas s&#8217;il avait travers\u00e9 le cuir, alors j&#8217;ai pris mon r\u00e9volver et j&#8217;ai tir\u00e9 une balle..<br \/>\n-Vous vous \u00eates tir\u00e9 dessus ?<br \/>\nAdam le regarde avec un dr\u00f4le d&#8217;air, m\u00e9lange d&#8217;incr\u00e9dulit\u00e9 et d&#8217;admiration.. Il n&#8217;aurait pas cru l&#8217;avocat menteur capable d&#8217;un tel geste&#8230;.<br \/>\n-SI je suis l\u00e0, c&#8217;est que le serpent s&#8217;est cass\u00e9 les dents sur le cuir de ma botte.. Elles m&#8217;ont cout\u00e9 une petite fortune, mais dor\u00e9navant je ne regretterais jamais mes 25 dollars..<br \/>\n&#8211; 25 Dollars pour une paire de bottes; oui je comprends que \u00e7a lui soit rest\u00e9 en travers du gosier, au crotale&#8230;.<br \/>\n-Hoss; c&#8217;est pas le moment de faire de l&#8217;esprit;&#8230;gronde Ben&#8230; \u00ab\u00a0et o\u00f9 alliez-vous comme \u00e7a ???\u00a0\u00bb<br \/>\n&#8211; J&#8217;\u00e9tais parti pour une balade ?<br \/>\n&#8211; en pleine nuit ?<br \/>\n&#8211; Oui, j&#8217;avais besoin d&#8217;\u00eatre seul&#8230;<br \/>\n&#8211; mais vous \u00eates seuls \u00e0 la maison, il me semble&#8230;. Euh pardonnez-moi, se reprend Adam en captant le regard lourd de reproche que lui lance son p\u00e8re.<br \/>\n&#8211; Vous avez raison Adam&#8230; C&#8217;est juste que&#8230;. Enfin, bon, ma m\u00e8re est arriv\u00e9e aujourd&#8217;hui par la diligence et disons que, elle et moi, avons un peu de mal \u00e0 communiquer.. Alors avec ce qui m&#8217;arrive, j&#8217;ai tout sauf envie de faire des efforts&#8230;.<br \/>\n-euh oui, nous comprenons; bien s\u00fbr&#8230; En attendant, il va falloir soigner ce pied.. Dieu merci le serpent vous a \u00e9pargn\u00e9; mais la gangr\u00e8ne ne vous loupera pas si vous tardez \u00e0 d\u00e9sinfecter ce pied.. Hop Sing laisse toujours un peu de sa d\u00e9coction miracle&#8230; Allez venez; appuyez-vous sur moi&#8230;<br \/>\nBen aggripe Henry et le soul\u00e8ve prestement, tandis qu&#8217;Adam glisse son \u00e9paule en-dessous de son bras pour le soutenir et l&#8217;emmener \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur&#8230;<br \/>\n&#8211; Bon Joe, tu files te v\u00eatir correctement. Regarde, tu trempes tout le plancher.<br \/>\n&#8211; Oui pa&#8230;. J&#8217;en ai marre de me faire engueuler&#8230; Encore et encore.. C&#8217;est ma faute si on d\u00e9barque ici \u00e0 toute heure de la nuit.. On n&#8217;est pas une pension, quand m\u00eame&#8230;<br \/>\nJoe marmonne tout ce qu&#8217;il peut dans sa barbe, enfin fa\u00e7on de parler; question pilosit\u00e9, tout le monde sait bien que Joe n&#8217;est pas le plus fourni&#8230;.<br \/>\nAdam et Ben conduisent le bless\u00e9 et l&#8217;installe sur le canap\u00e9&#8230; Hoss file en cuisine et revient avec une cuvette en fonte rempli d&#8217;un liquide marron&#8230;<br \/>\n-Allez-y trempez votre pied l\u00e0-dedans&#8230;.<br \/>\nHenry s&#8217;ex\u00e9cute apr\u00e8s avoir laborieusement retir\u00e9 sa botte et sa chaussette&#8230; Le sang se r\u00e9pand dans la cuvette, se m\u00ealant \u00e0 l&#8217;eau sombre qui s&#8217;y trouve&#8230;<br \/>\n-Et c&#8217;est quoi, ce qu&#8217;il y l\u00e0-dedans ?<br \/>\n&#8211; cupules de glands, poivre noir , romarin , consoude, sureau noir, et p\u00e2querette pour la petite touche finale&#8230; Sp\u00e9cialit\u00e9 de Hop Sing&#8230;<br \/>\n&#8211; Et bien, en tout as, \u00e7a a l&#8217;air plus efficace que app\u00e9tissant&#8230;<br \/>\n&#8211; Personne ne vous a demand\u00e9 de le boire, r\u00e9pond Joe d&#8217;un air sarcastique..<br \/>\n-Tiens, t&#8217;es pas encore mont\u00e9&#8230;, r\u00e9plique Adam, d&#8217;un ton sec<br \/>\n&#8211; Il me faut pas trois heures pour sauter dans un pantalon propre&#8230;<br \/>\n-allez file, Joe<br \/>\n&#8211; Oh pa; tu ne t&#8217;arr\u00eates jamais !!!<br \/>\n&#8211; Joseph, que signifie ce ton et cette r\u00e9flexion.. N&#8217;oublie pas \u00e0 qui tu parles&#8230; Tu montes passer une chemise, et tout de suite, si tu ne veux pas que je me f\u00e2che; r\u00e9pond Ben d&#8217;un ton qui n&#8217;admet nulle r\u00e9plique&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-ok ok je monte&#8230;<br \/>\nJoe dispara\u00eet dans les escaliers&#8230;..<br \/>\n-J&#8217;en ai marre qu&#8217;il me traite comme un m\u00f4me&#8230; J&#8217;en ai marre&#8230;.<br \/>\nJoe se dirige vers sa chambre, en tenant sa serviette serr\u00e9e contre son bas-ventre&#8230; Il a les cheveux tremp\u00e9s et des gouttes d&#8217;eau coulent sur son torse&#8230;<br \/>\n&#8211; En plus je vais me faire engueuler par Hop Sing&#8230;. j&#8217;en ai plein les oreilles,; moi de leurs j\u00e9r\u00e9miades \u00e0 deux cents&#8230;<br \/>\nTout \u00e0 ses r\u00e9criminations en solo, il ne voit pas que la porte de la chambre de Joan s&#8217;est ouverte&#8230; C&#8217;est tout juste qu&#8217;il ne la percute pas&#8230;.<br \/>\n&#8211; Oh pardon, Joan&#8230;. Oh on vous a r\u00e9veill\u00e9 ? Pardon&#8230;<br \/>\n&#8211; Ne vous excusez-pas.. Dites-moi plut\u00f4t ce qu&#8217;il se passe&#8230;.<br \/>\n&#8211; Ben, euh,<br \/>\nJoe fait mine de se passer la main dans les cheveux; il est g\u00ean\u00e9 par la question, c&#8217;est un fait&#8230; In extr\u00e9mis, il se rappelle qu&#8217;il tient sa serviette&#8230;.<br \/>\n&#8211; C&#8217;est \u00e0 dire que \u2026. bah&#8230;.. Il y a&#8230;<br \/>\n&#8211; Joe, dites-moi ce qui se passe.. Je veux savoir&#8230;<br \/>\n-Votre mari est dans le salon&#8230; Il est b&#8230;&#8230;<br \/>\nJoan tourne les talons, la robe de chambre vaporeuse s&#8217;envole et la porte claque&#8230; Pour s&#8217;ouvrir quarante secondes plus tard&#8230;. Joan, sans un regard pour Joe, se dirige vers les escaliers et les descend&#8230; Joe continue vers sa chambre&#8230;. Il doit passer des v\u00eatements; sans quoi son p\u00e8re va lui passer un savon.. Et comme il a d\u00e9j\u00e0 pris un bain, il n&#8217;y tient pas plus que \u00e7a.. M\u00eame de nuit, Ben Cartwright est redoutable&#8230;.<\/p>\n<p>Dans le salon&#8230;.<br \/>\nBen, Hoss et Adam sont debout; entourant Henry qui regarde son pied dans la cuvette&#8230;. Pas un ne dit un mot&#8230; Adam est plein de ressentiment, il pr\u00e9f\u00e8re garder la bouche ferm\u00e9e. Ben est pris entre deux feux; d&#8217;un c\u00f4t\u00e9 les sentiments qu&#8217;il a pour Joan et de l&#8217;autre; l&#8217;empathie qu&#8217;il ressent un peu pour Henry&#8230; Et au milieu, cette situation incroyable o\u00f9 la sinc\u00e9rit\u00e9 se m\u00eale \u00e0 la tromperie et \u00e0 la malhonn\u00eatet\u00e9&#8230;..<br \/>\nDans ce silence un peu oppressant, Joan s&#8217;avance vers son mari; le regard tendre et les yeux humides&#8230; Mais&#8230;&#8230; En une fraction de seconde, elle sort de sa large manche un petit couteau et saute sur Henry&#8230;<br \/>\n-Esp\u00e8ce de chien,<br \/>\nElle lance son bras arm\u00e9 en direction d&#8217;Henry, qui m\u00e9dus\u00e9; bascule en arri\u00e8re pour \u00e9viter le coup&#8230; Il sort son pied qui heurte la cuvette&#8230; Ben re\u00e7oit le contenu sur ses bottes et sur son bas de pantalon&#8230;<br \/>\nAdam, en un r\u00e9flexe \u00e0 peine \u00e9mouss\u00e9 par la vision qu&#8217;il a de Joan mena\u00e7ant son propre \u00e9poux, se jette sur elle et lui attrape le bras.. Il essaie de la d\u00e9sarmer&#8230;..<br \/>\n&#8211; Joan, arr\u00eatez&#8230;L\u00e2chez ce couteau&#8230;<br \/>\nMais Joan n&#8217;entend pas l\u00e2cher prise aussi facilement&#8230; Adam vient de r\u00e9aliser brutalement que Joan n&#8217;est plus -\u00e0 ce moment- MRS Dexter, mais une ancienne Pa\u00efute.. Et \u00e7a change la donne&#8230; Elle sait se battre,; et vue la fureur qui l&#8217;anime; elle est capable du pire&#8230;. C&#8217;est ce qu&#8217;on appelle mettre un coup de canif dans le contrat.<br \/>\n&#8211; ouch&#8230;.<br \/>\nIl regarde son bras, la peau est entaill\u00e9e et le sang perle&#8230; Il est estomaqu\u00e9; sid\u00e9r\u00e9 que la douce Joan ait pu lui faire \u00e7a&#8230;. Malgr\u00e9 tout, il ne renonce pas&#8230; Il serre le bras de la jeune femme; tr\u00e8s fort, il sent qu&#8217;il peut lui casser le bras.. Il ne le veut pas, bien s\u00fbr, mais il doit r\u00e9ussir \u00e0 lui faire l\u00e2cher prise&#8230;. Il sent qu&#8217;elle desserre sa main; le canif tombe par terre.. .Adam donne un coup de pied pour l&#8217;\u00e9loigner&#8230; Hoss se baisse et le ramasse&#8230;.<br \/>\n&#8211; Adam, attention&#8230;.<br \/>\nM\u00eame d\u00e9sarm\u00e9e; Joan ne renonce pas.. La voil\u00e0 qui tourne la t\u00eate et plante ses dents dans la main d&#8217;Adam&#8230;<br \/>\n&#8211; Ouch, la<br \/>\nMais il retient les mots qui lui brulent les l\u00e8vres&#8230;. Il pose sa main valide sur la blessure&#8230; L&#8217;empreinte des dents y est d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s nette.. Du coup; Joan en profite pour se carapater&#8230; Elle file vers la chemin\u00e9e et s&#8217;empare d&#8217;une buche et la jette \u00e0 la t\u00eate de Henry&#8230; Il s&#8217;\u00e9crase sur le coussin, le rondin de bois atterrit sur le bureau de Ben&#8230; En plein sur l&#8217;encrier&#8230;. Elle a d\u00e9j\u00e0 une autre buche dans la main et s&#8217;appr\u00eate \u00e0 aligner son \u00e9poux une seconde fois. Mais une poigne ferme l&#8217;en emp\u00eache. Ben se dresse devant elle ; et lui tient le bras; dans un \u00e9tau de fer&#8230;<br \/>\n-Joan, cela suffit.. Posez ceci&#8230;<br \/>\nLe ton est sec; mais Joan ne semble pas d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 abandonner aussi facilement&#8230;..<br \/>\n-Joan, l\u00e2chez \u00e7a&#8230;. Vous m&#8217;entendez ?<br \/>\nPas de geste de la part de la jeune femme&#8230; Une flamme dans les yeux, un regard noir, un regard d\u00e9termin\u00e9&#8230; De l&#8217;eau a coul\u00e9 sous les ponts; elle n&#8217;est plus la jeune squaw qu&#8217;il a connu&#8230; Elle a pris de l&#8217;assurance et comme elle n&#8217;a jamais baiss\u00e9 les yeux devant lui, elle ne va pas commencer ce soir&#8230; S\u00fbrement pas&#8230;..<br \/>\n&#8211; Non Ben, pas avant de l&#8217;avoir assomm\u00e9, ce chien galeux&#8230;.<br \/>\n&#8211; Joan, pour la derni\u00e8re fois, je vous somme de poser cela&#8230; Un&#8230; Deux&#8230;.<br \/>\nHoss et Adam retiennent leur souffle; le pauvre Henry s&#8217;est liqu\u00e9fi\u00e9 sur le canap\u00e9&#8230;. Trop de chocs successifs ; sa blessure au pied le fait affreusement souffrir&#8230; M\u00eame si ni le coup de couteau ni les buches ne l&#8217;ont atteint, il est atteint moralement&#8230;.<br \/>\n-Bien maintenant cela suffit&#8230;<br \/>\nBen continue de serrer le poignet de Joan , il lui fait plier les genoux et de l&#8217;autre main, parvient \u00e0 lui arracher la buche&#8230;. Brutalement, il la pousse dans le fauteuil&#8230;.<br \/>\n-Maintenant, vous allez vous calmer&#8230;.<br \/>\nJoan tente de se lever; mais Ben est le plus fort&#8230;<br \/>\n&#8211; Non Joan.. Je vous l&#8217;interdis&#8230; Pas temps que vous \u00eates dans cet \u00e9tat l\u00e0.. Et je vous conseille de rester tranquille&#8230; Vous savez de quoi je suis capable&#8230;.<br \/>\nLa derni\u00e8re phrase lanc\u00e9e par Ben Cartwright a raison de l&#8217;ent\u00eatement de Joan&#8230;<br \/>\n-D&#8217;accord, Ben.. Mais pas avec cette face de chacal&#8230; Faites le sortir ou je lui arrache les yeux&#8230;.<br \/>\n&#8211; JOAN&#8230;&#8230;<br \/>\nElle se rassoit.<br \/>\n&#8211; Hoss , fais sortir Henry&#8230;. Je m&#8217;occupe de Joan&#8230;. Adam, \u00e7a ira ton bras ,?<br \/>\n&#8211; Oui pa&#8230;<br \/>\n&#8211; Monte \u00e0 l&#8217;\u00e9tage; Joe est dans sa chambre.. Il pourra te nettoyer \u00e7a et faire un pansement&#8230;.<br \/>\nHoss soul\u00e8ve Henry et l&#8217;entra\u00eene sur le perron&#8230; Mis\u00e9rable Henry qui tente un dernier regard vers Joan, mais l&#8217;\u00e9clair de fureur qu&#8217;il y lit lui fait mal et il n&#8217;insiste pas&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">-\u00e9coutez moi Joan, vous avez besoin de vous reposer&#8230;Vous vivez quelque chose de tr\u00e8s p\u00e9nible&#8230; Je comprends que vous ayez envie de vous venger;.. J&#8217;imagine ce que vous ressentez; j&#8217;essaie&#8230; Je ne peux pas vous en vouloir&#8230;Vous \u00eates en col\u00e8re; vous avez le droit&#8230;<br \/>\nLa col\u00e8re de Joan se mue en chagrin&#8230; Elle s&#8217;apaise , touch\u00e9e par la sollicitude dont Ben Cartwright fait preuve&#8230; Elle se sent redevenir petite pr\u00e8s de lui; mais elle choisit de faire confiance.. Elle a envie de s&#8217;en remettre \u00e0 lui, elle accepte de se laisser aller.. Ne plus penser; ne plus rien porter, juste s&#8217;abandonner entre les bras de cet homme si bon, si calme; si fort et si pr\u00e9venant; si protecteur ; avec tant de gentillesse dans les yeux&#8230; C&#8217;est si simple de se laisser aller; ne plus chercher \u00e0 comprendre; ne plus essayer d&#8217;\u00eatre forte; ne plus avoir \u00e0 choisir; se laisser gentiment guider; juste dire oui et \u00e9couter&#8230;<\/p>\n<p>****************<br \/>\nConseil de famille \u00e0 Ponderosa&#8230;.<br \/>\n-Bon, les gar\u00e7ons, il va falloir trouver une solution pour la nuit&#8230; Je ne vous cacherai pas que j&#8217;ai h\u00e2te d&#8217;aller me coucher&#8230; Alors voil\u00e0 ce que je sugg\u00e8re&#8230;.Henry va s&#8217;installer dans la chambre d&#8217;h\u00f4te du rez de chauss\u00e9e&#8230; J&#8217;y dormirai \u00e9galement.. Je vais prendre une couverture et je passerai la nuit aupr\u00e8s de lui; au cas o\u00f9 la fi\u00e8vre le prendrait&#8230;. Joan est dans sa chambre \u00e0 l&#8217;\u00e9tage, Hop Sing lui a donn\u00e9 une de ses fameuses tisanes et elle dort d\u00e9j\u00e0&#8230; Demain matin, nous aviserons&#8230;.<\/p>\n<p>***************<br \/>\nBen dans la chambre, pelotonn\u00e9 dans le fauteuil, avec une couverture n\u00e9gligemment pos\u00e9 sur son torse..<br \/>\nTortur\u00e9 au plus profond de lui.. Jour apr\u00e8s jour, nuit apr\u00e8s nuit, les m\u00eames r\u00eaves; les m\u00eames envies; et cette douleur qui lui transperce l&#8217;\u00e2me&#8230; La douleur de sa conscience; de ses scrupules, de ses remords; la morsure de ces sentiments paradoxaux qu&#8217;ils ne ma\u00eetrisent pas&#8230; Lui l&#8217;homme droit, \u00e0 cheval sur les principes; l&#8217;homme qui a \u00e9difi\u00e9 Ponderosa sur quatre piliers : loyaut\u00e9, honn\u00eatet\u00e9, droiture et respect; l&#8217;homme se met soudain \u00e0 douter&#8230; Tout \u00e7a pour quoi ? Pour vivre \u00e0 deux, pour ne plus vivre seul&#8230; Il ne veut pas bafouer ses principes; mais comment oublier un sentiment.. Comment nier ce qu&#8217;il ressent pour elle&#8230; Comment faire taire cette voix qui s&#8217;exprime en lui avec tant de v\u00e9h\u00e9mence&#8230;. Comment effacer une image, un visage ? Elle a besoin de lui; il le sait&#8230; Et m\u00eame s&#8217;il ne veut pas se l&#8217;avouer; il a besoin de lui&#8230;.<\/p>\n<p>Il a march\u00e9, chaque fois qu&#8217;il sentait qu&#8217;il perdait pied&#8230; Tant de fois il a voulu lui dire; m\u00eame quand il savait; m\u00eame quand il voyait l&#8217;amour tisser son fils entre Henry et elle.. Il n&#8217;a jamais rien dit; mais il pense \u00e0 cet instant qu&#8217;il serait peut-\u00eatre temps.. Comment ne pas y voir un signe ? Signe de la vie ? Signe du destin ? Un amour s&#8217;\u00e9croule et un autre s&#8217;\u00e9veille ? Est-ce que c&#8217;est comme \u00e7a que \u00e7a marche ? Est-ce qu&#8217;une jolie fleur serait en train de s&#8217;ouvrir sur les ruines d&#8217;un champ de bataille ?<\/p>\n<p>*********<br \/>\nHenry s&#8217;agite dans son sommeil&#8230; D&#8217;abord, un g\u00e9missement, profond, puis un marmonnement incompr\u00e9hensible&#8230; Un mot, deux mots; des mots&#8230; Joannnnnnnnnnnnn&#8230;.<br \/>\nBen, entre deux phases de sommeil, rejette la couverture qu&#8217;il a sur lui et va au chevet de l&#8217;homme qui parle dans la nuit&#8230; Il pose sa main sur son front, pas de fi\u00e8vre&#8230; Pourtant, le trouble est r\u00e9el.. Le choc de la morsure de serpent, sans doute&#8230; La peur ; la mort qui plane&#8230;.<br \/>\n-Henry, Henry, h\u00e9&#8230;<br \/>\nBen le secoue. Mais le sommeil est revenu, il a replong\u00e9&#8230; Il n&#8217;y aura pas d&#8217;autres alertes; pas de mouvements brusques&#8230; Mais Ben, lui, est bel et bien sorti des bras de Morph\u00e9e&#8230; Et pas pr\u00eat d&#8217;y retourner&#8230;. Trop de poids sur les \u00e9paules, trop de tensions&#8230; et puis elle est devant ses yeux, il la voit, endormi ou \u00e9veill\u00e9; la m\u00eame silhouette qui se dessine et qui danse&#8230; L\u00e0, dans le miroir \u00e9clair\u00e9 par la lune qui transperce les volets de la petite chambre d&#8217;en bas; elle est l\u00e0; m\u00e9lang\u00e9e, dilu\u00e9e mais si pr\u00e9sente&#8230; Elle, comme deux ailes \u00e0 son d\u00e9sir.. Besoin d&#8217;elle; oui, c&#8217;est une r\u00e9alit\u00e9&#8230; Se l&#8217;avouer, ce n&#8217;est plus la peine.. C&#8217;est une v\u00e9rit\u00e9 qui fait mal; c&#8217;est dire combien l&#8217;attache est fortement ancr\u00e9e dans son coeur&#8230;. Point de non retour; c&#8217;est certain.. Une ardoise peut se laver , pas un coeur marqu\u00e9 par le fer des sentiments&#8230;. Quand on est Benjamin Cartwright, a-t-on le droit de se laisser glisser vers ce refuge condamn\u00e9, sans issue que le d\u00e9shonneur et la d\u00e9sapprobation ? Comment r\u00e9gler le conflit entre raison et sentiment ? Un duel \u00e0 mort, mais comment d\u00e9ga\u00eener le plus rapidement contre soi-m\u00eame ? Benjamin Cartwright est fin tireur, le plus rapide ? Mais comment \u00eatre le plus rapide, ? Comment \u00eatre vainqueur de sa propre existence ? Quel choix faire ? Que privil\u00e9gier ? Les convenances, l&#8217;ordre ? L&#8217;anarchie ? Le bonheur ? Que diront les regards courrouc\u00e9s ? Ils ne se g\u00eaneraient pas pour en lancer des ragots; des rumeurs.. Non, \u00e7a ne se peut&#8230;. Alors que faire ? Fuir, s&#8217;enfuir ? en finir ? Situation sans fin, sans solution&#8230;<\/p>\n<p>Le jour se l\u00e8ve sur une nouvelle journ\u00e9e&#8230; Journ\u00e9e o\u00f9 on joue \u00e0 s&#8217;\u00e9viter \u00e0 Ponderosa&#8230; Hoss, Adam et Joe d\u00e9jeunent seuls \u00e0 table&#8230; Ben a d\u00e9jeun\u00e9 avant tout le monde; puis porte un plateau \u00e0 Henry qui \u00e9merge lentement du sommeil&#8230; Joan ne d\u00e9jeune pas; elle n&#8217;a pas faim&#8230; .Et au milieu de ce chaos sans nom; Hop Sing, qui veille \u00e0 ce que tout le monde ait \u00e0 manger;. Petit bonhomme plant\u00e9 dans ses savates noires; qui ne fait pas de bruit sur le plancher, qui trotte, qui va qui vient de la cuisine \u00e0 l&#8217;\u00e9tage.. Hop Sing qui s&#8217;adapte; mais dont la patience a des limites&#8230;<br \/>\n-Hop Sing va retourner en Chine.. \u00e7a pas \u00eatre possible&#8230; Hop Sing plus vouloir de \u00e7a.. Trop de monde dans la maison, et tout le monde regarder le mur. Personne travaille, tout le monde fait mauvais caract\u00e8re, tout le monde f\u00e2ch\u00e9; tout le monde avoir col\u00e8re&#8230;.<br \/>\nEt petit bonhomme tourne les talons&#8230;. en maugr\u00e9ant..<br \/>\n-j\u012b du\u014d b\u00f9 xi\u00e0 d\u00e0n<br \/>\n-qu&#8217;est-ce qu&#8217;il a dit, Adam ?<br \/>\n-Parce que tu crois que je comprends le mandarin, peut-\u00eatre; j&#8217;en sais rien ce qu&#8217;il a dit&#8230;<br \/>\n-Hop Sing pas \u00eatre sourd; encore.. Moi avoir dit : \u00ab\u00a0quand poules sont nombreuses, elles plus pondre\u00a0\u00bb Maison remplie de t\u00eate mais mains pas faire grand-chose&#8230;.<br \/>\n-Bien, que diriez-vous d&#8217;aller faire ce qu&#8217;on a \u00e0 faire ?<br \/>\n-Bien vu; Adam; mieux vaut sortir d&#8217;ici&#8230;.Hop Sing ira passer ses nerfs sur quelqu&#8217;un d&#8217;autre&#8230;<br \/>\nA ce moment, Ben sort de la chambre dans laquelle dort Henry&#8230;<br \/>\n-Attendez les gar\u00e7ons, il faudrait accompagner Henry jusqu&#8217;\u00e0 son ranch&#8230; Il se sent mieux et veut rentrer chez lui.. Adam; va seller son cheval..<br \/>\n-Bien pa&#8230;<br \/>\n-Joe, tu accompagneras Henry&#8230;<br \/>\n-Yes sir&#8230;;<br \/>\n-pa, y a quelque chose que je peux faire ?<br \/>\n-Oui Hoss, va \u00e0 la rencontre de Hank, il doit arriver d&#8217;un moment \u00e0 l&#8217;autre avec du b\u00e9tail&#8230; Vous ne serez pas trop de deux pour ramener les b\u00eates&#8230;<br \/>\n-Bien pa; j&#8217;y vais..<br \/>\nHoss attrape son ceinturon et coiffe sur sa t\u00eate son grand chapeau et sort en direction de la grange&#8230;.<br \/>\nL&#8217;air est frais; mais la journ\u00e9e s&#8217;annonce chaude&#8230; Hoss a remplit deux gourdes et selle son cheval&#8230; Il grimpe; et lance Chubby au galop vers les prairies grill\u00e9es de Ponderosa&#8230; La chevauch\u00e9e lui fait du bien, il sent son esprit s&#8217;all\u00e9ger.. Trop de tension au ranch ces derni\u00e8res heures; le travail qui va l&#8217;\u00e9loigner de tout \u00e7a est bienvenu&#8230;. Retrouver les grands espaces, la prairie; la poussi\u00e8re et voir courir le b\u00e9tail, 1500 b\u00eates, toutes de premier choix&#8230; Des b\u00eates puissantes; parmi elles un taureau de toute beaut\u00e9, que Hank devait n\u00e9gocier.. Hoss savait que Pa avait beaucoup insist\u00e9 pour l&#8217;avoir&#8230; Dans peu de temps, Hoss saura si leur contrema\u00eetre a conclus l&#8217;affaire&#8230;.<\/p>\n<p>**********<br \/>\nPendant ce temps, sur la piste, \u00e0 quelques miles de Ponderosa&#8230; Henry et Joe arrivent en vue du ranch. Matin frais dans le ciel du Nevada&#8230; Personne sur la piste, \u00e9videmment&#8230; Pas un bruit, deux oiseaux de proie qui tournoient dans l&#8217;immensit\u00e9 bleu-gris de la plaine caillouteuse et d\u00e9sert\u00e9e&#8230; Pas un souffle de vent, et toujours la poussi\u00e8re qui se soul\u00e8ve sous les sabots ferr\u00e9s des chevaux&#8230;<br \/>\nHenry et Joe parcourent les derniers yards qui le s\u00e9parent de l&#8217;imposante structure de bois&#8230; Ils mettent tous deux pieds \u00e0 terre; Henry grimace quand sa jambe heurte la selle.. Sa blessure a \u00e9t\u00e9 bien soign\u00e9e , \u00e7a va gu\u00e9rir, mais la douleur est vive&#8230;<br \/>\n-Joe, j&#8217;ai un pressentiment, regardez, la porte est ouverte&#8230;<br \/>\nNi une ni deux, Joe d\u00e9gaine; \u00e0 l&#8217;affut&#8230;<br \/>\n-Je vais passer par le c\u00f4t\u00e9&#8230;<br \/>\nHenry n&#8217;est pas arm\u00e9&#8230; Il boitille, mais parvient \u00e0 se mettre \u00e0 l&#8217;abri pr\u00e8s de l&#8217;abri \u00e0 bois, de l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9 du ranch..<br \/>\nJoe tente le tout pour le tout&#8230; Il tire un coup de feu.. Au moins savoir \u00e0 qui ils ont \u00e0 faire et si la maison est vide&#8230; Son tir fait exploser les carreaux de la fen\u00eatre, Joe attend, pas de riposte&#8230; Il fait signe \u00e0 Henry de s&#8217;avancer&#8230;.<br \/>\nHenry sort de sa cachette et se dirige vers sa maison&#8230; Il monte lentement les marches de bois qui craque sous ses bottines.. De sa main, il pousse la porte peinte \u00e0 la chaux&#8230;<br \/>\n-M\u00e8re,<br \/>\nPas de r\u00e9ponse&#8230; Une r\u00e9elle inqui\u00e9tude s&#8217;empare de lui maintenant&#8230; Il explore chaque pi\u00e8ce : la salle de s\u00e9jour, la cuisine, le sellier , tout est impeccablement rang\u00e9&#8230; Sa chambre \u00e9galement et la pi\u00e8ce qui suit, pas encore termin\u00e9e, qu&#8217;il destine \u00e0 devenir la nursery&#8230;. Rien n&#8217;a \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9.. C&#8217;est tr\u00e8s \u00e9trange.. Et sa m\u00e8re qui ne r\u00e9pond pas.. Pour sur il a du se passer quelque chose&#8230;. Il ressort de sa chambre. Dans sa poitrine, son coeur fait des bonds \u00e0 n&#8217;en plus finir&#8230; La seule chambre qu&#8217;il n&#8217;a pas explor\u00e9e, c&#8217;est celle de sa m\u00e8re&#8230; Il ferme les yeux, essaie de chasser les images sombres qui d\u00e9j\u00e0 s&#8217;y amoncellent.. En fils bien \u00e9lev\u00e9, il frappe \u00e0 la porte, esp\u00e9rant encore que la voix dure et tranchante de sa m\u00e8re lui r\u00e9pondra. Non, faux espoir; seul le silence. Henry pose la main sur la poign\u00e9e en laiton et porcelaine fleurie&#8230; Retenant son souffle, il avance le pied et pousse la porte.. La pi\u00e8ce est plong\u00e9e dans une semi-obscurit\u00e9; un des volets est ferm\u00e9; l&#8217;autre entrebaill\u00e9.. dans un mouvement suspendu, interrompu&#8230; Le lit n&#8217;est pas d\u00e9fait. La lampe pos\u00e9e sur la table de nuit s&#8217;est \u00e9teinte; r\u00e9serve d&#8217;huile \u00e9puis\u00e9e&#8230; Petite m\u00e8che noircie.<\/p>\n<p>**************<br \/>\n\u00e0 Ponderosa : Joan est dans sa chambre, assise devant la glace de sa coiffeuse.. Cheveux noirs tomb\u00e9s en cascade sur ses reins, sur ses \u00e9paules&#8230; La brosse qui va et vient sur la mar\u00e9e ondulante&#8230;. Geste m\u00e9canique, esprit qui vagabonde bien au-del\u00e0 de la pi\u00e8ce..Vers les souvenirs, vers l&#8217;avant; avant la peine, avant la souffrance&#8230;. Les yeux perdus dans le reflet mis\u00e9rable de son visage marqu\u00e9 par les larmes et la fureur&#8230;. Les traits tir\u00e9s, fatigue d&#8217;une nuit sans repos , d&#8217;une nuit de larmes&#8230; Nuit sans r\u00e9confort, nuit de solitude&#8230;. Paum\u00e9e, perdue encore, de nouveau&#8230; L&#8217;anneau \u00e0 son doigt; la voix de son coeur, des bribes de certitude et un grand flou autour : trahison, abandon, frisson glac\u00e9 dans le bas de son rein&#8230; Un noeud dans la poitrine.<\/p>\n<p>*************<br \/>\nDans la grange..<br \/>\nBen passe le r\u00e2teau au m\u00eame endroit : cinquante fois qu&#8217;il ratisse le m\u00eame coin&#8230; Pour ramasser quoi ? Des brins de paille qui trainent; des graines \u00e9parses que les poulets viendront peut -\u00eatre picorer&#8230; Une tension dans la nuque, un sentiment de fatigue, une nuit mouvement\u00e9e sur le fauteuil de la pi\u00e8ce du bas&#8230; Tension des muscles qui revient comme un \u00e9cho \u00e0 la tension qui r\u00e8gne sous son toit.. Une tension qu&#8217;il ne peut apaiser; une tension dont il se sent prisonnier.. Quelque chose lui \u00e9chappe, son coeur sans doute&#8230; Ses sentiments, certainement. Une part de lui serait-elle en train de sourire et d&#8217;esp\u00e9rer&#8230; Reconna\u00eetre cet \u00e9tat est tellement contraire \u00e0 ce qu&#8217;il est dans ses tripes&#8230; Il abandonne le r\u00e2teau dans un geste de frustration&#8230; Il ramasse un harnais, veut le fixer au clou, le voil\u00e0 qui tombe. Ben le ramasse et le jette contre le mur&#8230;. Mais que m&#8217;arrive-t-il ? Il sort de la grange et marche dans la cour&#8230; Jette un regard vers l\u00e0-haut, vers le deuxi\u00e8me \u00e9tage du ranch&#8230; Qu&#8217;esp\u00e8re-t-il y voir ? Serait-elle en train d&#8217;ouvrir la fen\u00eatre pour profiter d&#8217;un matin de calme; maintenant que la maison est vide de ses occupants ? Oui la fen\u00eatre s&#8217;ouvre&#8230;. Joan appuie ses bras sur le bord du cadre. Elle n&#8217;a pas vu qui est dehors.. Pour l&#8217;instant elle savoure les rayons du soleil sur son visage fraichement essuy\u00e9 et qui sent bon le savon&#8230;. Elle ferme les yeux et laisse ses l\u00e8vres se d\u00e9tendre en un petit sourire&#8230; Puis elle le voit ; elle lui adresse un petit signe de la main&#8230;<br \/>\nBen lui rend son sourire; et ouvre la main, d\u00e9crispe ses doigts et lui montre sa paume. Cela transforme ses pens\u00e9es; d\u00e9chire le voile de ses tourments; pour un court instant du moins.. Car rien n&#8217;est chang\u00e9; son trouble est le m\u00eame et rien n&#8217;est r\u00e9solu&#8230;.<\/p>\n<p>***********<br \/>\n-Bonjour Ben,<br \/>\n-Oh bonjour Joan&#8230;<br \/>\nElle est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, elle est descendue.. Ses cheveux d\u00e9faits sur ses \u00e9paules et un ch\u00e2le pos\u00e9e sur son caraco couleur brique&#8230;.<br \/>\n-Je suis contente de vous voir&#8230;<br \/>\n-Moi aussi.. Avez-vous r\u00e9ussi \u00e0 dormir ?<br \/>\n-H\u00e9las non, trop de col\u00e8re, trop de \u2026&#8230; Je ne sais quoi&#8230;.<br \/>\n-il ne devrait plus y en avoir de la col\u00e8re; il me semble.. Elle est sortie, non ? Je ne me rappelle pas avoir jamais vu une telle fureur chez quelqu&#8217;un?<br \/>\n-En \u00eates-vous bien sur; Benjamin ?<br \/>\nLa voil\u00e0 qui sourit malicieusement&#8230;.<br \/>\n-Je ne crois pas vous avoir d\u00e9j\u00e0 vue ainsi, m\u00eame lorsqu&#8217; Adam et moi vous avons ramen\u00e9e \u00e0 Ponderosa&#8230;<br \/>\n-Je me souviens, Benjamin, j&#8217;avais essay\u00e9 de vous mordre;<br \/>\n-Croyez bien que vous aviez r\u00e9ussi.. Vos dents \u00e9taient marqu\u00e9es sur ma peau&#8230;<br \/>\n-Allons, je n&#8217;avais quand m\u00eame pas travers\u00e9 cette \u00e9paisse chemise&#8230;<br \/>\n-Et si&#8230;<br \/>\n-Vous exag\u00e9rez..<br \/>\n-Pas du tout&#8230;.<br \/>\nLes deux rient \u00e0 l&#8217;\u00e9vocation de ce souvenir pour le moins mordant&#8230;<br \/>\nIls se donnent la main, pourquoi ? En ont-ils seulement le droit ? Ils s&#8217;en moquent un peu.. Ben ne comprend pas ce qui se passe.. Joan lui a pris la main et il n&#8217;a pas envie de retirer sa main calleuse qu&#8217;elle tient entre ses doigts d\u00e9licats&#8230; Leurs yeux se croisent, leurs sourires s&#8217;harmonisent, ils le sentent, c&#8217;est plus fort qu&#8217;eux se qui se passe&#8230;. Elle se blottit contre lui, pose sa t\u00eate contre la chemise et frotte ses cheveux contre la peau de son cou, l\u00e0 o\u00f9 la chemise est ouverte&#8230; Il pose sa main rugueuse sur ses cheveux et les froisse lentement&#8230;.<br \/>\n-Joan, il ne f&#8230;..<br \/>\nMais il ne continue pas sa phrase&#8230; Il pose son doigt sous le menton de la jeune femme et le soul\u00e8ve, avant de poser ses l\u00e8vres sur cette bouche si fine qui n&#8217;attend que \u00e7a&#8230;. Elle ferme les yeux et s&#8217;abandonne au baiser&#8230; Ils sont d\u00e9finitivement seuls au monde&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">*************Il aper\u00e7oit, forme noire au sol; il s&#8217;avance; le coeur battant \u00e0 tout rompre dans la poitrine;. Terrifi\u00e9 par ce qu&#8217;il croit reconna\u00eetre&#8230;. Il se fige, porte la main \u00e0 sa bouche, mais pas un son ne sort&#8230; Sa m\u00e8re allong\u00e9e par terre; oui, pas de doute&#8230; Il se baisse; pose la main sur son cou, recherchant une pulsation.. Rien, il lui prend la main&#8230; La main retombe sur le corps sans vie&#8230;. Il lui soul\u00e8ve la t\u00eate ; d\u00e9licatement&#8230; C&#8217;est poisseux, il retire sa main.. Il y a du sang dessus&#8230; Sa m\u00e8re a une vilaine blessure derri\u00e8re la t\u00eate&#8230; C&#8217;est fini, il n&#8217;y a plus rien \u00e0 faire&#8230; Il ne sait pas quoi faire&#8230; Partir ? Rester ? Soulever sa m\u00e8re et la d\u00e9poser sur le lit ? Il ne sait pas \u2026. Il s&#8217;assoit sur le lit et se prend la t\u00eate \u00e0 deux mains&#8230; Il a les jambes qui tremblent, prises d&#8217;un tremblement incontr\u00f4lable. Il a le coeur au bord des l\u00e8vres, il porte ses mains \u00e0 sa bouche&#8230; Il a envie de vomir&#8230;. Il faut qu&#8217;il aille se laver les mains; enlever ce sang qui colle entre ses doigts, sur ses ongles&#8230;<\/p>\n<p>il se rel\u00e8ve; saisi d&#8217;horreur,; d&#8217;effroi.. Il porte ses mains \u00e0 son front, se retourne, bute dans le lit et sort de la chambre&#8230; Il s&#8217;accroche au montant de la porte ; tellement il est chancelant; il a le souffle court&#8230;. Il traverse le couloir; descend les escaliers;.. Brrr patatras&#8230; Le voil\u00e0 qui tombe dans les marches&#8230; Il se rel\u00e8ve et reprend&#8230;<br \/>\n-He Henry, qu&#8217;est-ce&#8230;.<br \/>\nHenry vient de heurter Joe de plein fouet, les yeux ailleurs; l&#8217;esprit embu\u00e9, Henry n&#8217;a pas vu le jeune Cartwright et il bute contre lui&#8230;<br \/>\n-Qu&#8217;est-ce qu&#8217;il y a ?<br \/>\nHenry ne r\u00e9pond pas. Il se retourne et tend la main vers les escaliers; vers l&#8217;\u00e9tage&#8230; Il tend sa main droite, sa main tach\u00e9e de sang&#8230;<br \/>\n-Mais Henry, votre main,<br \/>\nHenry ne dit rien, il se laisse glisser le long du mur, en une prostration insoutenable&#8230;. Joe , arm\u00e9 ; se pr\u00e9cipite \u00e0 l&#8217;\u00e9tage&#8230; La porte ouverte attire son attention, Joe se glisse dans le couloir , arriv\u00e9 \u00e0 hauteur de la porte entrouverte, il s&#8217;arr\u00eate et prend une profonde respiration&#8230;. Il h\u00e9site \u00e0 entrer, se demandant ce qu&#8217;il va trouver&#8230;.<br \/>\nIl voit&#8230;.<\/p>\n<p>********<br \/>\n-Henry, venez, on part, sh\u00e9riff&#8230;<br \/>\nHenry r\u00e9pond machinalement ; son cerveau fonctionne au ralenti.. Ses instincts d&#8217;homme de loi tardent \u00e0 refaire surface&#8230;. Il connait les proc\u00e9dures, enqu\u00eate; circonstances. Effort violent qu&#8217;il doit fournir pour se redonner une composition et sortir de son abattement&#8230;O\u00f9 trouver l&#8217;\u00e9nergie que n\u00e9cessite l&#8217;action ? Comment se mouvoir quand on vient de basculer dans l&#8217;horreur la plus ignoble, la plus immonde&#8230; Il a le sang de sa m\u00e8re sur lui, sur les mains&#8230;.<br \/>\n**********<br \/>\nComment est-il mont\u00e9 \u00e0 cheval ? Comment a -t-il parcouru les miles qui les s\u00e9parent de Virginia City, il n&#8217;en sait strictement rien&#8230;.. Lorsqu&#8217;il p\u00e9n\u00e8tre dans le bureau de Roy Coffee avec Joe \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s&#8230; il a retrouv\u00e9 un semblant de calme&#8230; Un semblant seulement, car il est au bord de s&#8217;effondrer&#8230;. Il y a cette naus\u00e9e qui lui remonte incessamment aux l\u00e8vres; cette vague d&#8217;horreur qui menace de le submerger&#8230;<br \/>\n-Oh bonjour Joe, monsieur Dexter; qu&#8217;est-ce qui vous am\u00e8ne en ville&#8230;.<br \/>\nJoe abr\u00e8ge les salutations&#8230; Phrases br\u00e8ves, s\u00e8ches; Joe fait comprendre \u00e0 Roy qu&#8217;il doit le suivre&#8230;.<br \/>\n-On t&#8217;expliquera en route&#8230;.<\/p>\n<p>******* au ranch<\/p>\n<p>Joan est plong\u00e9e dans l&#8217;eau de son bain&#8230; Elle a relev\u00e9 ses cheveux en un chignon impr\u00e9cis, quelques \u00e9pingles fich\u00e9es \u00e7a et l\u00e0 dans la masse de ses m\u00e8ches brunes&#8230;. Elle a les yeux clos , elle remue lentement ses jambes dans l&#8217;eau mousseuse et savoure la caresse de l&#8217;eau chaude&#8230; Elle touche une \u00e0 une les bulles qui fr\u00f4lent son \u00e9paule&#8230; Pens\u00e9es qui l&#8217;obs\u00e8dent, le go\u00fbt des l\u00e8vres de l&#8217;\u00eatre aim\u00e9&#8230; Baiser brulant aux saveurs inhabituelles; le go\u00fbt de l&#8217;interdit&#8230; Silence de l&#8217;instant qui les as vu unis, un bref instant mais d&#8217;une rare intensit\u00e9.. Un feu instantan\u00e9, vite consomm\u00e9, vite consum\u00e9; un laps de temps pr\u00e9cieux; une \u00e9tincelle jaillie de nulle part , \u00e9tincelle incendiaire, voleur de coeur, voleur de raison.. Oui d\u00e9raisonn\u00e9e comme le fut cette id\u00e9e de baiser ? Qui l&#8217;a eue ? Consentement mutuel, contentement bien r\u00e9el des deux parties en pr\u00e9sence&#8230;. Parti, oui, il est parti, il s&#8217;est \u00e9loign\u00e9 de sa bouche, comme brul\u00e9 encore une fois, brul\u00e9, d\u00e9chir\u00e9 entre ce qui se veut et ce qui ne se fait pas;&#8230;<br \/>\nSortie du bain, elle s&#8217;enroule dans une serviette. Eau qui d\u00e9gouline le long de ses jambes et qui s&#8217;\u00e9crase au sol comme une larme qu&#8217;on n&#8217;aurait pas su retenir&#8230; Douleur de ce qu&#8217;on a perdu, douleur de ce qu&#8217;on ne peut avoir; chagrin qui s&#8217;\u00e9coule comme le temps qui \u2026&#8230; qui quoi ? Temps qui a pass\u00e9, qui condamne les sentiments ?<\/p>\n<p>*********** dans le ranch des Dexter<\/p>\n<p>Regroupement silencieux autour du corps de la victime&#8230; Regards constern\u00e9s; maladresse des hommes autour de ce corps de femme livide&#8230;. Henry plong\u00e9 dans une profonde d\u00e9tresse regarde Roy soulever le corps et le poser sur le lit, sur lequel son adjoint \u00e0 pris soin de d\u00e9poser une couverture&#8230;. Tache de sang sur le plancher; Henry d\u00e9tourne les yeux&#8230; Rien, personne ne sait rien de la macabre sc\u00e8ne qui s&#8217;est d\u00e9roul\u00e9e ici&#8230;. Le froid de l&#8217;horreur transperce le pauvre homme de loi. Clou\u00e9 sur place, oui, clou\u00e9 sur place en contemplant le sang s\u00e9ch\u00e9 sur le plancher et le corps froid de sa m\u00e8re. A peine l&#8217;a -t-il touch\u00e9e pour recouvrir sa bottine; ne pas laisser appara\u00eetre la cheville ou&#8230;. Pourquoi ? D\u00e9cence inavou\u00e9e, geste tendre envers celle qui n&#8217;avait jamais \u00e9t\u00e9 aimante&#8230; Cette fin horrible vient-elle effacer la douleur des ann\u00e9es sans amour ? M\u00eame une sans coeur ne m\u00e9rite pas une telle fin&#8230; Et c&#8217;est ce qui taraude son esprit; tandis que Roy interroge des yeux l&#8217;espace de ce huis-clos assourdissant de malaise et de questions en suspens&#8230;<br \/>\n-Monsieur Dexter, votre m\u00e8re \u00e9tait seule \u00e0 la maison ?<br \/>\n-Oui, euh oui, j&#8217;ai pass\u00e9 la nuit \u00e0 Ponderosa chez les Cartwright.. J&#8217;ai quitt\u00e9 le ranch vers 21h00.<br \/>\nJoe acquiesce&#8230;.<br \/>\n-Et \u00e7a , qu&#8217;est-ce que c&#8217;est ?<br \/>\nRoy tient dans sa main un bout de papier&#8230;<br \/>\n-je l&#8217;ai trouv\u00e9 dans la main de votre m\u00e8re&#8230;. Elle le serrait dans son poing&#8230; Un bout de papier d\u00e9chir\u00e9; avec juste \u00e9crit dessus : chambre 9, grand h\u00f4tel, Virginia City&#8230;<br \/>\n-ma m\u00e8re ne m&#8217;a pas dit qu&#8217;elle avait lou\u00e9 une chambre; elle venait de s&#8217;installer dans cette pi\u00e8ce, chez nous; Nous sommes all\u00e9s diner au Grand Hotel, mais elle ne m&#8217;a pas dit qu&#8217;elle dormait en ville&#8230;.<\/p>\n<p>**********plus tard<\/p>\n<p>Hank Peterson, le fossoyeur, arrive au ranch des Dexters&#8230; Il vient chercher le corps de Mme Dexter&#8230; Henry assiste \u00e0 la lev\u00e9e du corps&#8230; Il n&#8217;arrive pas \u00e0 poser la main sur celle qui n&#8217;est plus&#8230;. Sentiments fig\u00e9s ; \u00e9teints en lui&#8230; Insensibilit\u00e9, protection ? Elle n&#8217;a pas su aimer.. Il est atterr\u00e9 par l&#8217;horreur du geste, par le danger d\u00e9barqu\u00e9 dans sa vie.. Quelqu&#8217;un a fracass\u00e9 le crane de sa m\u00e8re; coup port\u00e9 avec suffisamment de force et de d\u00e9termination pour provoquer la mort instantan\u00e9ment&#8230; Qui ? Qui peut faire une chose pareille \u00e0 une vieille dame ?? Et puis pourquoi ? Rien n&#8217;a disparu dans la pi\u00e8ce&#8230; Bijoux sur la table; bourse bien en \u00e9vidence sur le lit; broche pr\u00e9cieuse \u00e9pingl\u00e9e sur la cape de velours&#8230;. On n&#8217;assomme pas quelqu&#8217;un sans un motif crapuleux; ne rien lui prendre, \u00e0 part la vie; cela d\u00e9passe l&#8217;entendement ; surtout dans ces contr\u00e9es o\u00f9 la richesse attire les convoitises&#8230;.<\/p>\n<p>Le plancher craque sous le poids des personnes qui entrent&#8230; Les Cartwright pr\u00e9venus par Joe p\u00e9n\u00e8trent dans la pi\u00e8ce; mine contrite et chapeau \u00e0 la main&#8230;. Ben, suivi de Adam et de Hoss&#8230; Et puis Joan&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">Sans un mot ils avancent&#8230; Joan, p\u00e2le, dans sa longue jupe gris-bleut\u00e9e et son chemisier blanc ferm\u00e9 par huit gros boutons de nacre&#8230; Ben qui a pass\u00e9 une veste sur sa chemise de lin couleur cr\u00e8me.. Et Joan ose le geste que Henry n&#8217;esp\u00e9rait plus&#8230; Elle pose sa main gant\u00e9e sur l&#8217;\u00e9paule&#8230;. Henry frissonne, ce geste l&#8217;apaise&#8230; Elle incarne \u00e0 ce moment la bont\u00e9 et la tendresse&#8230; Comment ne pas \u00e9voquer la maternit\u00e9, elle est l\u00e0 aupr\u00e8s de lui; elle le console; elle vient soigner une vilaine blessure&#8230; Elle ne parle pas mais le langage de ses yeux est sans \u00e9quivoque; limpide, il signifie je suis l\u00e0, je suis avec toi, je suis l\u00e0 pour toi. Ben s&#8217;avance aussi, ne pouvant d\u00e9tacher son regard de ce petit bout de femme; qui au del\u00e0 de sa propre peine, offre du r\u00e9confort \u00e0 celui qui lui a fait mal&#8230; Elle est la femme \u00e0 qui on a menti&#8230; Elle voit diff\u00e9remment, elle r\u00e9invente l&#8217;amour, en en faisant l&#8217;amour tendresse, l&#8217;amour compagnie, l&#8217;amour soutien&#8230; Elle ne veut plus rien savoir, ne veut plus penser \u00e0 ce papier&#8230; Pardonn\u00e9 ? aurait-elle pardonn\u00e9 ? Ben n&#8217;en sait rien&#8230; Il ne peut pas en savoir plus.. Elle est l\u00e0 dans un geste tendre; comme une parenth\u00e8se dans un chapitre p\u00e9nible&#8230;. Comme une respiration diff\u00e9rente dans ce moment d&#8217;\u00e9garement o\u00f9 se perdent les souffles de deux vies unies&#8230;.<\/p>\n<p>*************<br \/>\nVirginia city, derri\u00e8re la maison chapelle, r\u00e9serv\u00e9e au culte, un espace ombrag\u00e9 par des pins dans lequel reposent tous ceux qui ont cess\u00e9 de vivre&#8230;.<br \/>\nHoss et Joe, pelle \u00e0 la main, terminent de creuser une fosse pour le cercueil de la d\u00e9funte&#8230; Ils ont pris soin d&#8217;\u00f4ter leur veste; qu&#8217;ils ont laiss\u00e9 dans le chariot&#8230;<br \/>\nHenry arrive. Redingote noire, pantalon ray\u00e9, chemise claire \u00e0 fines rayures blanches et grises, gilet gris cintr\u00e9 sur lequel pend une cha\u00eene en argent, la cha\u00eene d&#8217;une montre rentr\u00e9e dans la petite poche sur la droite du v\u00eatement&#8230; Ses yeux sont gonfl\u00e9s, cern\u00e9s, un peu vide aussi.. Vestiges des nuits sans sommeil et de l&#8217;alcool des derniers jours&#8230; Les larmes ? Pas vraiment, Henry n&#8217;en a pas vers\u00e9 : ni sur son mariage d\u00e9truit, ni sur la d\u00e9pouille de sa m\u00e8re.. Elles sont sans doute toutes l\u00e0 , sous ses paupi\u00e8res; vont-elles s&#8217;\u00e9couler ?<\/p>\n<p>Derniers coups de pelle, poussi\u00e8re qui s&#8217;envole au dessus du monticule sous lequel repose Mme Dexter&#8230; Joan qui d\u00e9pose des fleurs; bouquet de marguerites ; chaque p\u00e9tale comme une larme blanche sur un coeur en or&#8230; Et Henry qui s&#8217;avance; avec dans ses mains un panneau de bois sur lequel sont grav\u00e9s ces simples mots :<br \/>\nIci repose Eug\u00e9nie Sue Dexter, d\u00e9c\u00e9d\u00e9e le 30 septembre 1859.<br \/>\n-Hoss; Joe, allez remettre les pelles dans le chariot; murmure Ben \u00e0 ses deux fils&#8230;en sortant de sa poche sa bible; avant de commencer \u00e0 lire.<br \/>\n-oui pa&#8230;<\/p>\n<p><em>Il y a un temps pour tout et un moment pour toute chose sous le soleil.<br \/>\nIl y a un temps pour na\u00eetre et un temps pour mourir, &#8230;<br \/>\nIl y a aussi un temps pour pleurer et un temps pour rire, un temps pour se lamenter et un temps pour danser, &#8230;<br \/>\nIl y a un temps pour chercher et un temps pour perdre.<\/em><\/p>\n<p>Henry joint ses mains devant lui, tandis qu&#8217;Adam dresse le panneau , au bout de la tombe&#8230; Les coups de son maillet troublent le silence quelques instants.. Puis le calme revient. Adam frotte ses mains l&#8217;une contre l&#8217;autre et rejoint ses fr\u00e8res&#8230;.<br \/>\n-Regardez Joan, comme elle est tendre avec Henry&#8230;. Elle semble avoir tout oubli\u00e9&#8230;<br \/>\n-Adam, ce sont des circonstances exceptionnelles;. C&#8217;est normal qu&#8217;elle soit l\u00e0&#8230;<br \/>\n-Je sais Hoss;<br \/>\n-peut-\u00eatre que la mort de cette pauvre femme aura servi \u00e0 quelque chose&#8230;<br \/>\n-J&#8217;en suis pas si s\u00fbr; r\u00e9plique Joe&#8230; Faut pas oublier que Henry est toujours dans la m\u00eame panade; et en plus; Roy m\u00e8ne son enqu\u00eate.. Sa m\u00e8re a quand m\u00eame \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9e&#8230;.Et&#8230;<br \/>\n-Et quoi, Joe; tu ne sous-entends quand m\u00eame pas que Henry aurait pu tuer sa m\u00e8re \u2026.<br \/>\n-Bah euh, non; mais; c&#8217;est quand m\u00eame louche cette mort&#8230;<br \/>\n-Tu sais bien qu&#8217;Henry \u00e9tait avec nous&#8230;<br \/>\n-Oui ; mais on ne sait pas depuis combien de temps elle \u00e9tait dans cette chambre&#8230;<br \/>\n-Ecoute Joe, c&#8217;est toi qui \u00e9tait avec lui \u2026 Il t&#8217;a donn\u00e9 l&#8217;impression d&#8217;\u00eatre un meutrier ?<br \/>\n-euh non, il ;&#8230;..il a rien dit; il a juste montr\u00e9 la chambre.. Mais&#8230; j&#8217;crois qu&#8217;il nous a montr\u00e9 qu&#8217;il savait bien mentir et jouer la com\u00e9die&#8230;.<\/p>\n<p>Quelqu&#8217;un s&#8217;approche d&#8217;Henry et de Joan.. Un homme qui marche lentement , et qui se d\u00e9couvre devant le couple recueilli&#8230;<\/p>\n<p>-sinc\u00e8res condol\u00e9ances; mr Dexter&#8230;<br \/>\n-Merci Ned&#8230;.<br \/>\n-Mes respects Madame&#8230;.<br \/>\nJoan r\u00e9pond par un signe de t\u00eate&#8230; Elle porte une petite voilette noire sur sa robe de moire; noire \u00e9galement.. Elle tient dans ses mains le bouquet de marguerites qu&#8217;elle allait s&#8217;appr\u00eater \u00e0 d\u00e9poser sur la tombe de cette belle-m\u00e8re qu&#8217;elle connaissait si peu&#8230;.<br \/>\n-Je tenais \u00e0 \u00eatre pr\u00e9sent; Mr.. J&#8217;ai eu l&#8217;occasion d&#8217;\u00e9changer quelques mots avec votre m\u00e8re; quelle femme charmante&#8230; Vraiment, quel drame affreux&#8230; Mais qui a pu faire une chose pareille; une dame d&#8217;une telle qualit\u00e9.. Le sh\u00e9riff n&#8217;avait pas mentionn\u00e9 la trace de quelques bandes de desperados.. Il n&#8217;a pas de piste&#8230;<br \/>\nHenry fait non de la t\u00eate&#8230; Il fixe la tombe; sans vraiment \u00e9couter les paroles de Ned&#8230;<br \/>\n-Vous savez, Mr Dexter je garderai toujours en m\u00e9moire l&#8217;image de votre m\u00e8re&#8230; Charmante, je la revois encore me demandant de lui indiquer l&#8217;H\u00f4tel le plus proche , elle souhaitait y r\u00e9server une chambre, ; \u00ab\u00a0je ne tiens pas \u00e0 d\u00e9ranger mon fils et sa jeune \u00e9pouse.\u00a0\u00bb a-t-elle insist\u00e9&#8230;.<br \/>\nHenry ne peut s&#8217;emp\u00eacher de hausser les \u00e9paules en un rire nerveux; qui se perd en contracture.. D\u00e9cid\u00e9ment, sa m\u00e8re savait se montrer charmante et gagner les coeurs de ceux qu&#8217;elle rencontrait.. Dommage qu&#8217;elle n&#8217;ait pas mis ses dons et son charisme au service de sa relation avec son \u00e9poux et son fils&#8230;..<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir salu\u00e9 Ben et ses fils ; Ned repart.. Il repose son chapeau et prend la direction de son office qu&#8217;il avait momentan\u00e9 fem\u00e9; le temps de venir jusqu&#8217;au cimeti\u00e8re&#8230;.<br \/>\nJoan se retourne et se dirige vers le chariot&#8230;. Henry; la voyant s&#8217;\u00e9loigner; la rattrape en deux grandes enjamb\u00e9es.<br \/>\n-Joan, attendez.. O\u00f9 allez-vous ?<br \/>\n-Benjamin et ses fils m&#8217;attendent&#8230; Je rentre avec eux&#8230; J&#8217;ai besoin d&#8217;\u00eatre seule&#8230;<br \/>\n-Ne me laissez pas; Joan; je ne veux pas \u00eatre seul dans cette maison, avec le sang de ma m\u00e8re sur le planc<br \/>\nHenry ne peut terminer sa phrase.. Les sanglots s&#8217;\u00e9touffent dans sa gorge&#8230; Et il s&#8217;effondre en pleurs , tenant toujours la main de sa femme; dans la sienne&#8230;.<br \/>\nElle pose sa main sur son \u00e9paule. Henry appuie sa t\u00eate contre la poitrine de son \u00e9pouse et laisse le chagrin l&#8217;envahir&#8230;..<br \/>\n-je comprends; prenez une chambre \u00e0 l&#8217;h\u00f4tel et essayez de dormir&#8230; Je vous promets de r\u00e9fl\u00e9chir et nous nous reparlerons&#8230;.<\/p>\n<p>Joan rejoint Ben, et les gar\u00e7ons.. .Elle tourne une derni\u00e8re fois les yeux vers son \u00e9poux&#8230;. Le chariot dispara\u00eet..<\/p>\n<p align=\"left\">Ranch des Cartwright..<br \/>\nLes habitants de Ponderosa sont couch\u00e9s&#8230; Seul Joe ne parvient pas \u00e0 trouver le sommeil&#8230;. Il est dans la cour, appuy\u00e9 sur la barri\u00e8re; les yeux plant\u00e9s au sol, les \u00e9paules basses&#8230;<br \/>\n-Joe, que fais-tu encore dehors \u00e0 cette heure-ci ?<br \/>\n-Je peux pas dormir&#8230; pa, c&#8217;est fou, j&#8217;aime pas \u00e7a; mais j&#8217;ai comme un pressentiment&#8230;.<br \/>\n-Joe; qu&#8217;est-ce qui se passe ?<br \/>\n-J&#8217;sais pas trop; une sensation de m&#8217;\u00eatre fait avoir, d&#8217;\u00eatre complice d&#8217;un truc atroce&#8230;. Tout est louche, le faux certificat, le cadavre sur le plancher, j&#8217;aime pas \u00e7a&#8230;.<br \/>\n-Joe tu devrais aller te reposer, cesse de ressasser tout \u00e7a&#8230; Tu as \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin d&#8217;une sc\u00e8ne abominable et je crois que tu es sous le choc&#8230; On le serait \u00e0 moins&#8230;<br \/>\n-oh pa, j&#8217;en ai vu d&#8217;autre quand m\u00eame; j&#8217;suis pas un m\u00f4me.. C&#8217;est pas le probl\u00e8me&#8230; Ce qui me g\u00eane; ce sont les \u00e9vidences , la fa\u00e7on dont tout \u00e7a s&#8217;enchaine.. Je ne sais pas qui croire, je ne sais pas que penser&#8230; Je n&#8217;y comprends rien, tout \u00e7a me d\u00e9passe&#8230;. Pa, tu crois qu&#8217;on peut sonder l&#8217;\u00e2me d&#8217;une personne ? Est-ce qu&#8217;un homme peut mentir sur toute la ligne ? Peut-on se composer une double personnalit\u00e9 ?<br \/>\n-Je ne sais pas mon fils \u2026 Je ne sais pas&#8230;.<br \/>\n-mais doit-on le croire ?<br \/>\n-ce que je sais fils, c&#8217;est que la malhonn\u00eatet\u00e9 ne peut guider une vie tout du long&#8230;.Un jour ou l&#8217;autre toute la supercherie tombe, un jour ou l&#8217;autre tout usurpateur tombe le masque.. Vient un jour o\u00f9 le mensonge de trop survient et entra\u00eene celui qui le dit dans une chute infernale qui le conduit \u00e0 sa perte \u2026.<br \/>\n-oui mais en attendant, tous ceux qui gravitent autour souffrent&#8230;.<br \/>\n-oui, c&#8217;est certain&#8230; Beaucoup de souffrance&#8230; Tu vois, Joe, c&#8217;est pour \u00e7a que je n&#8217;ai jamais tol\u00e9r\u00e9 le mensonge&#8230; C&#8217;est la pire de toutes les transgressions, \u00e0 mes yeux&#8230;. Je n&#8217;ai jamais pu accepter cela&#8230;<br \/>\n-oui, je sais&#8230; Mais comment alors parviens-tu \u00e0 accorder du cr\u00e9dit \u00e0 Henry ?<br \/>\n-Tu parlais tout \u00e0 l&#8217;heure de sonder le coeur de l&#8217;homme;.. Moi c&#8217;est le regard que je sonde&#8230; Un homme peut mentir, mais il ne peut contr\u00f4ler son regard.. Et ce que je lis dans le regard d&#8217;Henry , c&#8217;est un ahurissement complet face \u00e0 tout ce qui lui tombe sur la t\u00eate&#8230;.<br \/>\n-Ah bon ?<br \/>\n-Oui Joe; c&#8217;est ce que je vois.. Et crois-moi, j&#8217;en ai lu des choses dans les yeux des hommes; et je n&#8217;ai jamais retrouv\u00e9 cette lueur qu&#8217;il y a dans les yeux d&#8217;Henry \u2026<br \/>\n-Quelle lueur ?<br \/>\n-une lueur de bont\u00e9&#8230; Bont\u00e9, oui&#8230; Bont\u00e9 qui fait de lui sa faiblesse; je le crains&#8230;<br \/>\n-Qu&#8217;est-ce que tu veux dire ?<br \/>\n-Henry est un homme qui n&#8217;est pas en ad\u00e9quation avec le monde&#8230; Il a une vraie gentillesse et ne semble pas mesurer le danger qui r\u00e8gne parfois, de fa\u00e7on insidieuse autour de nous&#8230; On pourrait dire de lui qu&#8217;il est na\u00eff&#8230; Les gens na\u00effs sont dangereux pour eux-m\u00eames car ils ne voient pas le monde comme toi et moi&#8230;<br \/>\n-J&#8217;ai du mal \u00e0 te suivre, l\u00e0 ; pa&#8230;<br \/>\n-Excuse-moi, je vais faire plus simple.. Pourquoi tes fr\u00e8res, toi et moi avons-nous une arme en permanence , m\u00eame quand nous ramenons du b\u00e9tail ?<br \/>\n-Un homme sans arme a peu de chances de survivre ici, entre les voleurs de chevaux et les bandits de grand chemin qui s&#8217;en prennent aux cavaliers.. Sans compter les Indiens&#8230;<br \/>\n-Tout \u00e0 fait&#8230; Toi et moi avons d\u00fb par la force des choses apprendre \u00e0 diviser le monde en deux camps, d&#8217;un c\u00f4t\u00e9 le bons et de l&#8217;autre les mauvais.. Question de survie; et il faut parfois tr\u00e8s vite se d\u00e9cider, ne pas condamner trop vite; mais ne pas se laisser endormir..<br \/>\n-C&#8217;est ce qui me para\u00eet le plus difficile&#8230;<br \/>\n-Tu es jeune Joe, mais ne crois-pas que cela devient plus facile avec les ann\u00e9es.. On doute toujours, on croit, on ne sait pas&#8230;<\/p>\n<p>***********Le lendemain, vers 11h00<\/p>\n<p>Bureau du sh\u00e9riff<br \/>\n-Monsieur Dexter, reprenons s&#8217;il vous plait&#8230;. Quand avez-vous vu votre m\u00e8re pour la derni\u00e8re fois ?<br \/>\n-Il devait \u00eatre 9 heures du soir, je suis sorti pour aller prendre l&#8217;air&#8230; j&#8217;ai galop\u00e9 \u2026.<br \/>\n-Et votre m\u00e8re ?<br \/>\n-Elle est rest\u00e9e au ranch&#8230; Elle a d\u00e9barqu\u00e9 dans ma maison, je me d\u00e9battais dans des probl\u00e8mes personnels et bah, disons , que ce n&#8217;\u00e9tait pas le meilleur moment pour des retrouvailles&#8230;<br \/>\n-Des retrouvailles, que voulez-vous dire ?<br \/>\n-Ma m\u00e8re et moi sommes brouill\u00e9s&#8230; Elle n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s aimante; et n&#8217;a pas tr\u00e8s bien accept\u00e9 mon mariage&#8230;. Ce qui fait que&#8230;.<br \/>\n-Ce qui fait que ce que vous me dites l\u00e0 , Monsieur, n&#8217;est pas pour vous arranger&#8230; En absence de piste, vous allez vous retrouver mon principal suspect&#8230;<br \/>\nHenry redresse la t\u00eate, comme piqu\u00e9 par un fl\u00e8che :<br \/>\n-Hein, vous plaisantez ,?<br \/>\n-Pas du tout&#8230;Mais vous \u00eates la seule personne \u00e0 avoir approch\u00e9 votre m\u00e8re; \u00e0 part Ned Galagher,.. Et il est insoup\u00e7onnable&#8230; Etes-vous arm\u00e9s,; Monsieur Dexter ?<br \/>\n-Oui&#8230;.<br \/>\n-Pouvez-vous me remettre votre arme ?<br \/>\n-je ne l&#8217;ai pas&#8230; Elle est chez les Cartwright&#8230; Ils l&#8217;auront gard\u00e9 quand ils m&#8217;ont descendu de cheval&#8230; Vous trouverez mon r\u00e9volver au ranch.. Et vous verrez \u00e9galement qu&#8217;il manque une balle dans le barillet&#8230; C&#8217;est celle que j&#8217;ai tir\u00e9 sur le crotale qui m&#8217;a attaqu\u00e9&#8230;<br \/>\n-Ah oui, la balle qui vous a transperc\u00e9 le pied et qui vous a fait cette vilaine blessure;..<br \/>\n-Blessure qui a bien cicatris\u00e9, dieu merci.. Gr\u00e2ce aux soins des Cartwright&#8230;.<br \/>\n-Revenons en \u00e0 notre affaire.. Donc vous quittez le ranch en d\u00e9but de nuit et vous avez rejoint le ranch des Cartwright apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9 par un serpent&#8230; Combien de temps \u00eates-vous rest\u00e9s chez Ben et ses fils ?<br \/>\n-J&#8217;ai pass\u00e9 la nuit chez eux et je suis reparti d\u00e8s le lendemain.. Je ne pouvais imposer ma pr\u00e9sence \u00e0 mon \u00e9pouse, pas avec ce qui s&#8217;est pass\u00e9&#8230;<br \/>\n-Que s&#8217;est-il pass\u00e9 ?<br \/>\n-quelqu&#8217;un de mal intentionn\u00e9 lui a fait parvenir un document, un registre de mariage; sur lequel appara\u00eet mon nom&#8230; Mais ce document est faux; je ne suis l&#8217;homme que d&#8217;une seule femme&#8230; Celle qui a trouv\u00e9 refuge chez les Cartwright&#8230;<br \/>\n-Vous \u00eates dans les ennuis jusqu&#8217;au cou, Mr Dexter.. Mais dites-moi quand vous dites quelqu&#8217;un de mal intentionn\u00e9.. Pensez-vous \u00e0 quelqu&#8217;un en particulier ?<br \/>\n-Bien non, je n&#8217;ai aucune id\u00e9e de qui pourrait m&#8217;en vouloir \u00e0 ce point&#8230; Mais il ne fait aucun doute que quelqu&#8217;un cherche \u00e0 me nuire&#8230;. Sh\u00e9riff, allez-vous me garder en cellule ?<br \/>\n-Je ne sais pas; je r\u00e9serve mon jugement.. Ai-je votre promesse de ne pas quitter la ville ? Vous \u00eates un homme d&#8217;honneur; Mr Dexter ? Vous avez pr\u00eat\u00e9 serment \u2026<br \/>\n-L&#8217;honneur, oui, c&#8217;est ce qui me reste&#8230; Un honneur bafou\u00e9, mais honneur malgr\u00e9 tout.. Sh\u00e9riff , je vous fais la promesse que je ne quitterai pas la ville&#8230;. Et vous , que comptez-vous faire ?<br \/>\n&#8211; Continuer \u00e0 chercher; explorer peut-\u00eatre la piste du num\u00e9ro de chambre sur le papier que j&#8217;ai trouv\u00e9 dans la main de votre m\u00e8re&#8230;. Peut-\u00eatre le propri\u00e9taire du Grand H\u00f4tel pourra nous renseigner sur l&#8217;identit\u00e9 de la personne qui a r\u00e9serv\u00e9 cette chambre&#8230;. Nous allons de toute fa\u00e7on continuer \u00e0 creuser&#8230; Un tel crime ne doit pas rester impuni; j&#8217;en fais une affaire personnelle;&#8230; Un criminel court en libert\u00e9 et je ne saurai le tol\u00e9rer..<\/p>\n<p align=\"left\">A l&#8217;h\u00f4tel<\/p>\n<p align=\"left\">Henry \u00e9merge&#8230;. Il vient de passer une seconde nuit dans la chambre de l&#8217;h\u00f4tel qui lui sert de domicile&#8230;. Il est all\u00e9 la veille chez lui pour prendre quelques affaires&#8230;. Il ne s&#8217;est pas attard\u00e9, il a pris dans sa penderie deux costumes, trois chemises; une tenue de nuit et des affaires de toilette; un pain de savon, une ou deux serviettes et puis son rasoir&#8230;. Et il est reparti&#8230;. Puis il a fait demi-tour; il est rerentr\u00e9 dans la maison, a pouss\u00e9 la porte de leur chambre et a pris le portrait de leur mariage&#8230; Enfin, le portrait qu&#8217;ils ont fait faire apr\u00e8s leur mariage, pendant leur lune de miel&#8230;. Portrait qu&#8217;ils avaient fait faire dans une petite \u00e9choppe, dans une ruelle de San Francisco&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">Puis il a envoy\u00e9 un t\u00e9l\u00e9gramme \u00e0 son \u00e9tude pour faire savoir qu&#8217;il serait absent quelques temps&#8230; Il serait temps apr\u00e8s de lui \u00e9crire une lettre dans laquelle il d\u00e9taillerait sa triste situation&#8230;..<\/p>\n<p align=\"left\">Il prend son temps pour ouvrir les yeux; il savoure la joie simple d&#8217;\u00eatre allong\u00e9 dans un lit frais et moelleux&#8230; Il jette un coup d&#8217;oeil sur le r\u00e9veil : 7h55&#8230; Oh il n&#8217;en revient pas d&#8217;avoir r\u00e9ussi \u00e0 dormir aussi longtemps&#8230;. Une rapide toilette lui fait se sentir mieux; l&#8217;eau fra\u00eeche sur son visage le ragaillardit&#8230; Il se rase soigneusement, il fait attention \u00e0 ne pas se couper&#8230; Il plonge plusieurs fois ses mains dans la cuvette en fa\u00efence et innonde ses joues et son front&#8230; Il ferme les yeux, et savoure&#8230;. La serviette blanche est un peu r\u00e8che mais elle sent bon le propre&#8230; Il enfile une chemise et un pantalon et descend dans la salle commune, o\u00f9 une table dress\u00e9e l&#8217;attend.. .Dans un petit coin de la salle, loin des bavardages des couples; il peut prendre son petit d\u00e9jeuner sans \u00eatre d\u00e9rang\u00e9&#8230;Pour commencer un bol de caf\u00e9 noir, des tartines de pain beurr\u00e9 , du bacon et deux oeufs sur le plat&#8230;. Et tout \u00e7a servi par une personne adorable&#8230; La jeune serveuse lui a m\u00eame souri&#8230;. Mais il ne lui adresse pas la parole, il contemple son bol de caf\u00e9, y trempe machinalement sa cuiller qu&#8217;il tourne inlassablement&#8230;. avant de la porter \u00e0 sa bouche&#8230; Il accomplit chaque geste avec lenteur, avec un air d\u00e9sabus\u00e9, absent&#8230; Il est si loin de tout, si amorphe, si d\u00e9boussol\u00e9&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">-tout va bien, Mr Dexter ? Vous d\u00e9sirez autre chose<\/p>\n<p align=\"left\">-&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-Excusez-moi, Monsieur, je ne veux pas vous d\u00e9ranger; mais&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-oh pardon, vous m&#8217;avez parl\u00e9 ? Je suis distrait , pardonnez-moi&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-d\u00e9sirez-vous autre chose ?<\/p>\n<p align=\"left\">-Non, je vous remercie&#8230;. Tout \u00e9tait parfait; merci&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">Le voil\u00e0 d\u00e9j\u00e0 qui se l\u00e8ve, il est pr\u00eat \u00e0 quitter la salle&#8230; Il n&#8217;a nulle envie d&#8217;entamer la conversation&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">pas avec tout ce qu&#8217;il a dans la t\u00eate&#8230; Il a bien trop de tracas pour \u00e7a&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">Il sort de l&#8217;h\u00f4tel; \u00e0 cette heure matinale, les rues sont vides&#8230; Quelques vieilles dames venues faire quelques achats se dirigent \u00e0 petits pas vers le magasin&#8230; Le g\u00e9rant est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, en train de balayer le plancher de bois juste devant la porte vitr\u00e9e de sa boutique&#8230;. La cloche de la chapelle-\u00a0\u00e9cole va bient\u00f4t sonner neuf heures&#8230;. Les enfants vont bient\u00f4t rappliquer, en une joyeuse cavalcade que la ma\u00eetresse fera cesser en frappant dans ses mains&#8230;. Petite vie tranquille d&#8217;une petite ville en plein essor&#8230; Des hommes conduisant des chariots font halte pour changer un fer ou troquer quelques fournitures, des peaux , des fourrures; contre un peu de nourriture ou de la poudre&#8230;. Lee Wong et ses fils s&#8217;activent dans la blanchisserie qu&#8217;ils viennent d&#8217;ouvrir&#8230; On entend le mart\u00e8lement du mar\u00e9chal-ferrant, les cris des hommes qui cherchent \u00e0 forcer le passage dans la grande rue, principale voie de la ville, poussi\u00e9reuse et pas pav\u00e9e.. Rien de semblable \u00e0 San Francisco, mais l&#8217;agitation est bien moindre ici, et le jeune avocat appr\u00e9cie&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">Il d\u00e9cide d&#8217;aller voir le sh\u00e9riff&#8230;. C&#8217;est la seule personne \u00e0 qui il a envie de parler&#8230; Au moins, lui, il ne bavarde pas&#8230;. Il ne p\u00e9rore pas sur la mort de sa m\u00e8re, comme on put le faire certains dans son dos&#8230;. Il ne supporte pas ces insinuations, ces commentaires acerbes par des gens qu&#8217;il ne connait pas&#8230; \u00e7a l&#8217;agace&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-Bonjour Mr Dexter \u2026<\/p>\n<p align=\"left\">-Bonjour Sheriff&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">Voil\u00e0 quelqu&#8217;un qui a compris, qui ne lui demande pas \u00ab\u00a0comment allez-vous ?\u00a0\u00bb et Henry appr\u00e9cie&#8230; Il ne va pas bien, non&#8230; Sa m\u00e8re a \u00e9t\u00e9 trucid\u00e9e, il est sur la liste des coupables potentiels, il ne vit plus avec sa femme&#8230; Alors non, \u00e7a ne va pas \u2026. Il vit sa peine en solitaire&#8230;. il ne veut voir personne&#8230;. Il pr\u00e9f\u00e8re rester avec son esprit embu\u00e9 et ses gestes emp\u00e2t\u00e9s&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">-du neuf Sh\u00e9riff ?<\/p>\n<p align=\"left\">-j&#8221;ai envoy\u00e9 plusieurs t\u00e9l\u00e9grammes dans les villes des environs&#8230; Je voulais savoir si Bohnes et sa bande avait \u00e9t\u00e9 rep\u00e9r\u00e9 dans le coin&#8230; Ils pourraient avoir fait le coup \u2026. Mais j&#8217;ai pas re\u00e7u de r\u00e9ponses.. Ned m&#8217;apportera tout de suite les messages&#8230; J&#8217;esp\u00e8re que \u00e7a donnera quelque chose; car je dois vous avouer que je ne sais pas o\u00f9 chercher&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">-merci d&#8217;\u00eatre franc&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">-je ne mange pas de ce pain l\u00e0, moi&#8230; J&#8217;ai jur\u00e9 de faire la lumi\u00e8re sur la mort de votre m\u00e8re, et je tiendrai ma promesse&#8230; Mais pour l&#8217;instant, je dois reconna\u00eetre que je n&#8217;ai pas grand chose \u00e0 vous annoncer&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-je garde confiance&#8230; Heu par contre, sh\u00e9riff, j&#8217;ai une faveur \u00e0 vous demander.. Je devrai prochainement me rendre \u00e0 San Francisco pour, hum, m&#8217;occuper de la maison de ma m\u00e8re et aussi signer quelques papiers pour la succession&#8230; Pourrai-je m&#8217;y rendre&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">Roy releva la t\u00eate, prit une profonde inspiration avant de r\u00e9pondre :<\/p>\n<p align=\"left\">-et bien, j&#8217;imagine que c&#8217;est important pour vous; je pourrai consentir \u00e0 vous laisser y aller&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">-merci sh\u00e9riff&#8230; euh encore une chose; \u00eates-vous retourn\u00e9 hum dans la maison ?<\/p>\n<p align=\"left\">-Non, pas depuis&#8230; Pourquoi ?<\/p>\n<p align=\"left\">-je n&#8217;arrive pas \u00e0 comprendre pourquoi tout est rest\u00e9 intact dans la maison&#8230; Ma m\u00e8re avait d\u00e9pos\u00e9 ses bijoux sur la table, et rien n&#8217;a disparu, m\u00eame pas sa bourse&#8230; \u00e7a ne tient pas debout&#8230; N&#8217;importe quel bandit penserait \u00e0 se servir.. Sinon, quelle est la raison de cette violence&#8230; Je ne comprends pas; et cela m&#8217;obs\u00e8de&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-je comprends Mr Dexter.. Mais c&#8217;est mon job, laissez-moi faire mon enqu\u00eate&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-oui mais, vous ne vous basez jamais sur ce type d&#8217;incoh\u00e9rences ?<\/p>\n<p align=\"left\">-bien s\u00fbr \u2026&#8230; bien s\u00fbr.. Quoique avec tout ce qu&#8217;on voit; plus rien ne saurait m&#8217;\u00e9tonner&#8230; Pourriez-vous m&#8217;en dire un peu plus sur vos intuitions, Mr Dexter ?<\/p>\n<p align=\"left\">-oh non, je n&#8217;ai aucune intuition&#8230; Juste je m&#8217;\u00e9tonne&#8230; Je sais que des richesses peuvent attirer la convoitise; l&#8217;envie et la jalousie peuvent pousser un homme&#8230; Mais ce qui m&#8217;\u00e9tonne c&#8217;est que ma m\u00e8re a \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9e dans ma maison.. Or elle est \u00e0 Virginia City une parfaite inconnue&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-quelqu&#8217;un l&#8217;aura rep\u00e9r\u00e9e durant son voyage jusqu&#8217;ici ???<\/p>\n<p align=\"left\">-oui et comment ce quelqu&#8217;un aurait-il su qu&#8217;elle se trouvait chez moi alors qu&#8217;elle \u00e9tait sens\u00e9e descendre \u00e0 l&#8217;h\u00f4tel ? C&#8217;est ce qu&#8217;elle a demand\u00e9 \u00e0 Ned&#8230; y a un truc qui ne colle pas, Sh\u00e9riff&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">*********** pendant ce temps<\/p>\n<p align=\"left\">petit matin, au ranch de Ponderosa : Adam arrive dans la cour du ranch, descend de cheval et marche vers son p\u00e8re&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">-pa, y a un os. Je ram\u00e8ne le corps d&#8217;un homme.. Je l&#8217;ai trouv\u00e9, au nord; pr\u00e8s de la section B&#8230;. Il est pas beau \u00e0 voir, je crois qu&#8217;il respire encore&#8230; Mais il a l&#8217;air mal en point&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-on le connait ?<\/p>\n<p align=\"left\">-oui, c&#8217;est le type qu&#8217;on a embauch\u00e9, le fameux Canadien , b\u00e2ti comme un pilier de bar&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">et dans les environs, \u00e7a donnait quoi ?<\/p>\n<p align=\"left\">-pas de trace de lutte; pas de traces de foyer, rien, \u00e0 part le corps et..<\/p>\n<p align=\"left\">-m\u00eame pas de cartouches ?<\/p>\n<p align=\"left\">-ben non, tu sais , si \u00e7a te trouve, il a \u00e9t\u00e9 largu\u00e9 ici&#8230;. Il a pu \u00eatre attaqu\u00e9 partout ; dans le d\u00e9sert ou dans les prairies plus au nord&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-mais enfin, Adam; comment on a pu passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de sa disparition&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-pff pa; j&#8217;en sais rien, j&#8217;avoue que je ne vais pas les border tous les soirs; les gars;..<\/p>\n<p align=\"left\">-j&#8217;sais bien ,Adam; je te fais pas de reproche;.. Ce que je ne comprends pas; c&#8217;est que aucun de nos gars n&#8217;est venu signaler sa disparition&#8230; Hank t&#8217;avait pr\u00e9venu ?<\/p>\n<p align=\"left\">-mais non, tu sais;; il \u00e9tait hyper solitaire; ce mec&#8230; Il ne s&#8217;est pas beaucoup m\u00eal\u00e9 avec les autres&#8230;. Les gars le trouvaient un peu sp\u00e9cial avec son accent et ses expressions \u00e0 la six quatre deux et ses petites manies;&#8230; Mais sinon Hank ne m&#8217;a absolument rien signal\u00e9; il faisait son boulot, point&#8230;. -faudra quand m\u00eame qu&#8217;on lui parle; et puis, en attendant, il faut pr\u00e9venir Roy&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-il ne va plus savoir o\u00f9 donner de la t\u00eate&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">-\u00e7a va lui faire du bien, \u00e7a va le changer un peu de son enqu\u00eate&#8230; Il ne lache rien, sur l&#8217;affaire de la pauvre Mrs Dexter&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">-il fait pas bon \u00eatre sh\u00e9riff par les temps qui courent; voil\u00e0 bien un boulot que j&#8217;esp\u00e8re ne jamais avoir \u00e0 refaire&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-je te comprends fils; mais parfois, il faut le faire; et alors on ne peut pas se d\u00e9filer&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-je sais pa; mais franchement, aller ramasser des cadavres et se coltiner les bandits et les desperados; tu parles d&#8217;un boulot \u00e9panouissant&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-oui mais il y a une grande satisfaction \u00e0 voir qu&#8217;on sert l&#8217;int\u00e9r\u00eat des citoyens et qu&#8217;on maintient l&#8217;ordre dans sa ville&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-ouais, au p\u00e9ril de sa vie; quand m\u00eame&#8230; Bon, ben je repars&#8230; Je file pr\u00e9venir Roy&#8230; Je vais emmener le gars avec moi.. Au pire il clamse en route, et au mieux, je verrai s\u00fbrement Paul en ville&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-Veux-tu que je t&#8217;accompagne ???<\/p>\n<p align=\"left\">-Non pa; \u00e7a va aller.. Je serai de retour avant la nuit&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">-Bien fils, \u00e0 plus tard&#8230;. Sois prudent&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-Oui, je te promets&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">Cela fait une bonne heure qu&#8217;Adam a quitt\u00e9 le ranch et son p\u00e8re&#8230;. Sport avale les miles, en direction de Virginia City&#8230;. Adam tient dans ses mains les r\u00eanes de son compagnon \u00e0 quatre pattes ; mais aussi le lincoln d&#8217;un autre cheval; qui porte le corps du pauvre malheureux&#8230;. oui mais voil\u00e0; le corps n&#8217;est pas une buche.. Le gars, un peu estourbi, \u00e9merge progressivement de son brouillard&#8230; La premi\u00e8re chose qu&#8217;il voit en ouvrant les yeux, c&#8217;est le sol et les quatre pattes d&#8217;un animal&#8230;Il ne lui faut pas dix secondes pour r\u00e9gir :<\/p>\n<p>-mais , mais, c&#8217;est quoi \u00e7a ? Qui m&#8217;a attach\u00e9 ? Qu&#8217;est-ce que je fabrique ici ? he vous, descendez-moi&#8230;<\/p>\n<p>Adam se retourne et stoppe son cheval&#8230;<\/p>\n<p>-ho l&#8217;ami, te voil\u00e0 revenu d&#8217;entre les morts&#8230;.<\/p>\n<p>-D\u00e9tache-moi&#8230;. Qu&#8217;est-ce que je fais l\u00e0 ? Qu&#8217;est-ce qui t&#8217;a pris de me ficeler ?<\/p>\n<p>-oh une question \u00e0 la fois, tu veux; r\u00e9pond Adam en s&#8217;attaquant aux noeuds qui retiennent le type sur la selle&#8230;. \u00ab\u00a0voil\u00e0, j&#8217;ai fini\u00a0\u00bb&#8230;<\/p>\n<p>Adam remet le gars sur ces deux pieds&#8230;<\/p>\n<p>-Comment tu te sens ?<\/p>\n<p>-Ho mais on ne peut mieux&#8230; SILENCE! J&#8217;\u00e9tais saucissonn\u00e9 sur un cheval, mais \u00e0 part \u00e7a tout va bien&#8230; ET on va o\u00f9 ? Et ohhhhhh&#8230;..<\/p>\n<p>Adam voyant le type chanceler, l&#8217;attire vers un tronc et le force \u00e0 s&#8217;asseoir&#8230;<\/p>\n<p>-Tiens l&#8217;ami, pose tes fesses ici; \u00e7a t&#8217;\u00e9vitera de tomber dans les pommes&#8230; T&#8217;as pas franchement la taille d&#8217;une demoiselle et je tiens pas trop \u00e0 t&#8217;avoir dans les bras&#8230;. T&#8217;es plut\u00f4t costaud&#8230;.<\/p>\n<p>-ouais, et \u00e7a te pose un probl\u00e8me ? Et d&#8217;abord t&#8217;es qui ? On se connait ?<\/p>\n<p>-Oui monsieur, je suis Adam Cartwright et \u2026&#8230;. Oh attend, vieux, tu sais qui tu es ?<\/p>\n<p>-ben oui, qu&#8217;est-ce que tu vas imaginer ? Je suis Edmond Marchildon&#8230; J&#8217;suis pas m\u00e9sique, moi&#8230; tu placotes bizarre&#8230;<\/p>\n<p>-je quoi ?<\/p>\n<p>-tu placotes, \u00e7a veut dire causer&#8230;<\/p>\n<p>-ah bon, merci pour la traduction&#8230;.. Bon, \u00e7a va mieux, on peut se remettre en route ?<\/p>\n<p>-Pour quoi faire, on va o\u00f9 ? t\u00e9 vir\u00e9 su&#8217;le top \u2026.<\/p>\n<p>-C&#8217;est quoi \u00e7a encore,<\/p>\n<p>-ben si tu m&#8217;expliquais ce qu&#8217;on fait ici ? Accouche qu&#8217;on baptise&#8230;<\/p>\n<p>-ho l&#8217;ami, tu te calmes.. Je t&#8217;ai trouv\u00e9 dans la section nord et tu faisais un bon gros dodo&#8230; Alors c&#8217;est peut-\u00eatre \u00e0 toi de m&#8217;expliquer ce qui s&#8217;est pass\u00e9&#8230; T&#8217;as fait une mauvaise rencontre ?<\/p>\n<p>-ben, c&#8217;est \u00e0 dire que&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">Le gars fouille dans sa poche, sort un cigare et craque une allumette sous son talon&#8230; Il jette l&#8217;allumette et porte le cigare \u00e0 sa bouche&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-ah \u00e7a fait du bien par o\u00f9 \u00e7a passe&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-peut-\u00eatre que \u00e7a fait du bien, mais tu vas tout de suite aller ramasser \u00e7a, avant de foutre le feu&#8230; Tu bosses pour nous, tu connais les r\u00e8gles&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-hey, monte pas sur tes grands chevaux, l&#8217;ami&#8230;. j&#8217;ai d\u00e9j\u00e0 vu neiger avant toi \u2026 Tu beurres \u00e9pais, toi&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">Adam perd son calme , il s&#8217;approche du gars, le choppe par son foulard bleu marine et le secoue&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-Tu arr\u00eates et tu fais ce que je te dis.. H\u00e9 rappelle-moi de te refiler ton d\u00fb, tu es vir\u00e9&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-oh oh, t&#8217;\u00e9nerves pas le poil des jambes&#8230;&#8230; J&#8217;aime pas trop ton petit c\u00f4t\u00e9 \u00ab\u00a0la boss de b\u00e9cosses\u00a0\u00bb, t&#8217;es pas le patron&#8230; et l\u00e2che-moi la cr\u00e9mone&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">-pour toi, si, c&#8217;est tout comme&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-ok ok, l&#8217;ami, du calme&#8230;.. Dis, tu veux pas plut\u00f4t t&#8217;asseoir et fumer un botch de cigarette, tiens ?<\/p>\n<p align=\"left\">-je ne fume pas&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">-pourquoi ?<\/p>\n<p align=\"left\">-\u00e7a m&#8217;dit rien, c&#8217;est tout&#8230; J&#8217;bouffe bien assez de poussi\u00e8re dans ce pays&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-en tout cas, moi je me prendrai bien un boc de bi\u00e8re ou une bonne chotte de cognac \u2026<\/p>\n<p align=\"left\">-\u00e7a \u00e7a peut s&#8217;arranger.. On n&#8217;est pas loin de Virginia City; on se remet en selle et on y va&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">-Ok Bossy&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">-ne m&#8217;appelle pas Bossy&#8230;. On n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 garder les cochons ensemble&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">-oh non, monsieur n&#8217;irait pas se salir les mains ; ton p\u00e8re et toi, vous avez le foin et le bacon et nous on nettoie la porcherie;..<\/p>\n<p align=\"left\">-mais t&#8217;es vraiment hargneux, toi, m\u00e9fie-toi, tu pourrais tomber sur bien plus susceptible que moi&#8230;. Je te garantie qu&#8217;un de ces quatre quelqu&#8217;un te fera bouffer ton bulletin de naissance&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-ahahaha, il est pas n\u00e9, celui-l\u00e0&#8230; En g\u00e9n\u00e9ral, ils ont tous les garcettes bien haut, mais \u00e7a aboie plus que \u00e7a mord&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-oh d\u00e9trompe-toi, on a vite fait de se retrouver avec une balle en pleine poitrine, y a des gars qui sont assez chatouilleux de la gachette.. Et les types dans ton genre, un peu bacagneurs, ils ont vite fait de leur claquer le beignet&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">-ouais, ben, arr\u00eate de p\u00eater la jasette, tu me donnes encore pus soif&#8230; Allez; lance ton canasson et qu&#8217;on y aille&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">***** au ranch de Ponderosa..<\/p>\n<p align=\"left\">Ben rentre , avec \u00e9nergie, il pose son chapeau , se d\u00e9barasse de son colt et de sa veste&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">-pff qu&#8217;il fait lourd&#8230;. Oh la l\u00e0, \u00e7a va p\u00e9ter&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">-le ciel va se f\u00e2cher&#8230;. Il vaut mieux \u00eatre prudent&#8230;. Je me suis permise d&#8217;entrer dans les chambres des gar\u00e7ons, pour y fermer les fen\u00eatres et j&#8217;ai aussi rentr\u00e9 les draps du lit de Joe&#8230; Comme \u00e7a, il dormira au sec ce soir&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-Joan, vous \u00eates trop bonne&#8230; Je ne veux pas que vous fassiez le lit de Joe, il peut le faire tout seul&#8230; Ce n&#8217;est pas lui rendre service&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-Je sais Ben, mais vous savez; cela ne me d\u00e9range pas et puis, cela m&#8217;occupe l&#8217;esprit&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-Je comprends&#8230;. mais vous n&#8217;\u00eates pas ici pour vous occuper de l&#8217;intendance&#8230;. Vous me promettez de ne plus faire le lit de ce grand paresseux ?<\/p>\n<p align=\"left\">-Promis Ben&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">Tendrement, il lui pose une main sur l&#8217;\u00e9paule et lui adresse le plus lumineux des sourires&#8230; A coup s\u00fbr cet homme connait le chemin qui m\u00e8ne au coeur des femmes&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">Un peu plus tard&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">L&#8217;orage que Ben pressentait s&#8217;abat actuellement sur le ranch, un rideau de pluie tombe inlassablement du ciel, de grosses gouttes s&#8217;\u00e9crasent sur le sol poussi\u00e9reux et contre les vitres qu&#8217;Hop Sing s&#8217;est empress\u00e9 de fermer&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">-Vent \u00eatle tl\u00e8s folt, Hop Sing pas aimer \u00e7a&#8230;. Vent enlever encole les tuiles sul abli \u00e0 poules et poules pas pondle pendant tlois jouls&#8230; Mistel Hoss va pas \u00eatle content, lui pas aimer \u00eatle pliv\u00e9 d&#8217;oeufs poul petit d\u00e9jeuner&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-oui et bien mister Hoss , il s&#8217;en remettra&#8230; Tiens, je ferai bien d&#8217;aller v\u00e9rifier la porte de la grange; il me semble qu&#8217;elle tape&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">Ben coiffe son chapeau et enfile sa veste avant de se pr\u00e9cipiter hors de la maison, direction la grande b\u00e2tisse de bois dans laquelle Buck attend ses cong\u00e9n\u00e8res&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">-Tu vois, Buck, je crains que tes copains ne soient en train de se prendre un bon bain&#8230; Adam et Sport auront peut-\u00eatre eu de la chance et sont \u00e0 l&#8217;abri \u00e0 Virginia City, mais Hoss et Joe sont s\u00fbrement sous la rinc\u00e9e&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">Buck, tranquillis\u00e9 par la voix de son cavalier, semble se calmer&#8230;. Ben lui fl\u00e2tte l&#8217;encolure; le cheval fr\u00e9mit&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">-je sais que tu n&#8217;aimes pas l&#8217;orage, mon grand&#8230; Mais pense aux autres;.. Toi au moins tu es au sec, loin de la tourmente&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">Des \u00e9clairs aussi lumineuses que furtives z\u00e8brent le ciel, \u00e9clairant un horizon qui a plong\u00e9 dans l&#8217;obscurit\u00e9 avant les premi\u00e8res gouttes&#8230;. Un fracas assourdissant r\u00e9pond \u00e0 chaque train\u00e9e flamboyante&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">-Oh bon sang, il n&#8217;est pas tomb\u00e9 loin celui-l\u00e0&#8230;. Pourvu que \u00e7a ne provoque pas de catastrophe&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">Ben connait bien trop de rancher qui ont vu leur bien et leur b\u00e9tail an\u00e9anti par un incendie provoqu\u00e9 par la foudre&#8230;. La s\u00e9cheresse met en p\u00e9ril les exploitations et les propri\u00e9t\u00e9s et la moindre flam\u00e8che est une menace redoutable et redout\u00e9e&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">quelques minutes plus tard<\/p>\n<p align=\"left\">Ben , en trombe, pousse la porte et rentre se mettre \u00e0 l&#8217;abri&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-salet\u00e9 de temps&#8230;.. Je suis tremp\u00e9 d&#8217;avoir \u00e9t\u00e9 jusqu&#8217;\u00e0 la grange et d&#8217;en \u00eatre revenu&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-oh oh, d&#8217;habitude c&#8217;est mistel Joe qui fait soltil la polte de ses gonds; mistel Caltwlight jamais faile \u00e7a&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-D\u00e9sol\u00e9 Hop Sing, c&#8217;est exceptionnel; mais je n&#8217;ai plus un poil de sec&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-Oh alors Mistel Caltwlight va vite enlever \u00e7a&#8230;. et plendle un bon bain&#8230; Je clois que Hop Sing va faile chauffer beaucoup de bassines , poul les bains des Caltwlight qui vont tous alliver tlemp\u00e9s comme des soupes&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">Ben ach\u00e8ve de faire passer le dernier bouton \u00e0 travers le trou de la boutonni\u00e8re et \u00e9carte rapidement les pans de sa chemise, qui colle \u00e0 sa peau&#8230;. Son torse velu, sculpt\u00e9 par les travaux p\u00e9nibles d&#8217;une vie bien remplie, luit sous les gouttes d&#8217;eau qui ont travers\u00e9 le tissu couleur cr\u00e8me de sa tenue de travail&#8230;. Le gros drap de son pantalon; lui, supporte quelques gouttes, il d\u00e9cide de le conserver&#8230; Il attrape la serviette blanche que Hop Sing lui tend et commence \u00e0 s&#8217;essuyer le dos et la poitrine&#8230;. C&#8217;est alors qu&#8217;il s&#8217;arr\u00eate, muet de stupeur, en apercevant Joan, dans les escaliers&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-euh pardon&#8230;. ; dit-il en se couvrant&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-Oh excusez-moi Ben, je ne voulais pas&#8230; Je&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">Troubl\u00e9e, bien qu&#8217;essayant de cacher son \u00e9moi, elle s&#8217;appr\u00eate \u00e0 faire demi-tour pour remonter vers sa chambre&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">Heureusement Hop Sing est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 pour lui tendre une chemise s\u00e8che qu&#8217;il s&#8217;empresse de boutonner..<\/p>\n<p align=\"left\">-Non non, restez Joan&#8230; Me voil\u00e0 d\u00e9cemment v\u00eatu&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">Il dit \u00e7a d&#8217;un air l\u00e9ger&#8230;. et l\u00e9g\u00e8rement ironique&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">-vous ne semblez pas redouter l&#8217;orage, ma ch\u00e8re;&#8230; Je suis surpris, je connais bien des dames qui auraient d\u00e9j\u00e0 la t\u00eate sous un coussin, en attendant que \u00e7a se calme;.. Je me souviens que Mary n&#8217;aimait pas du tout l&#8217;orage&#8230; Inger, elle , au contraire, adorait \u00e7a ; je l&#8217;ai m\u00eame vu sortir et danser sous la pluie, les jours d&#8217;orage&#8230; Et moi j&#8217;essayais de faire rentrer Adam&#8230; Mais comme il la voyait dehors,; il n&#8217;avait aucune envie de se mettre \u00e0 l&#8217;abri&#8230; Et ils s&#8217;avan\u00e7aient tous les deux sous les goutti\u00e8res du saint Esprit&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">-Mon peuple m&#8217;a appris \u00e0 ne pas redouter les col\u00e8res du Tout Grand ; nous autres indiens, identifions l&#8217;oiseau-tonnerre comme celui qui apporte la pluie; les \u00e9clairs surgissent de ses yeux et le tonnerre de ses battements d&#8217;aile. D&#8217;apr\u00e8s le mythe, les Oiseaux tonnerre vivent dans la for\u00eat de c\u00e8dres \u00e0 l&#8217;extr\u00e9mit\u00e9 ouest de la Terre o\u00f9 ils construisent leurs nids et bourrent leurs pipes avec des aiguilles de c\u00e8dre. Lors d&#8217;un orage, les oiseaux-tonnerre s&#8217;envolent et d\u00e9clenchent la temp\u00eate&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-C&#8217;est une tr\u00e8s belle vision; Joan;..<\/p>\n<p align=\"left\">Le monde d\u2019harmonie qui inspire nos croyances religieuses est constitu\u00e9 de la terre, de l\u2019eau, des nuages, du vent, des v\u00e9g\u00e9taux, des min\u00e9raux et bien s\u00fbr des animaux. C&#8217;est ainsi que , pour nous , la Voie lact\u00e9e est le chemin des \u00e2mes regagnant l&#8217;au-del\u00e0 et \u00e0 son extr\u00e9mit\u00e9 se trouve le pays des morts.<\/p>\n<p align=\"left\">-C&#8217;est une jolie fa\u00e7on d&#8217;accompagner ainsi ceux qui nous ont quitt\u00e9&#8230;. Et quelle preuve de douceur et de paix dans votre croyance, Joan&#8230;. J&#8217;aime beaucoup l&#8217;image de la voix lact\u00e9e; moi j&#8217;ai longtemps vu le visage de mes proches disparus dans une \u00e9toile&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-Et bien, vous voyez Ben, vous avez l&#8217;\u00e2me d&#8217;un Paiute&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-\u00e7a je ne saurai le dire, ma ch\u00e8re&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-et moi je crois que si&#8230; Vous \u00eates si pr\u00e8s de la terre et de la nature, Ponderosa est votre d\u00e9esse \u00e0 vous, et cela se voit que vous lui portez une d\u00e9votion sans borne&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-c&#8217;est vrai que Ponderosa occupe une place immense dans mon coeur&#8230; C&#8217;est la terre de mon r\u00eave&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">-On m&#8217;a enseign\u00e9 que le coeur de l&#8217;homme \u00e9loign\u00e9 de la nature devient dur. Il faut apprendre \u00e0 contempler la terre et la nature, et se rappeler que rien ne nous appartient&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">-C&#8217;est certain, ma ch\u00e8re amie&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">&#8211; C&#8217;est d&#8217;ailleurs pour cela que les vieux Indiens se tiennent \u00e0 m\u00eame le sol plut\u00f4t que de rester s\u00e9par\u00e9s des forces de vie. S&#8217;asseoir ou s&#8217;allonger ainsi leur permet de penser plus profond\u00e9ment, de sentir plus vivement. Ils contemplent alors avec une plus grande clart\u00e9 les myst\u00e8res de la vie et se sentent plus proches de toutes les forces vivantes qui les entourent.<\/p>\n<p align=\"left\">-\u00e7a je l&#8217;ai compris, en m&#8217;asseyant avec votre chef.. , le jour o\u00f9 vous m&#8217;avez \u00e9t\u00e9 remise&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-oui , cette position vise \u00e0 gommer les diff\u00e9rences; beaucoup de conflits \u00e9clatent quand l&#8217;homme veut para\u00eetre sup\u00e9rieur&#8230; Soif de grandeur, en oubliant que seul le Grand Esprit est Grandeur et Sup\u00e9riorit\u00e9 ; aucun animal, aucun \u00eatre sur terre n&#8217;est sup\u00e9rieur, car l&#8217;Homme Rouge sait que toute chose partage le m\u00eame souffle; la b\u00eate, l&#8217;arbre et l&#8217;homme. Ils partagent tous le m\u00eame souffle.<\/p>\n<p align=\"left\">-quelle sagesse&#8230; C&#8217;est vrai que nous aurions beaucoup \u00e0 apprendre de votre peuple, j&#8217;en suis intimement convaicu&#8230;. Au lieu de \u00e7a, l&#8217;homme blanc ne cesse de chercher la querelle&#8230; Cela me rappelle une pi\u00e8ce qu&#8217;Adam m&#8217;a emmen\u00e9 voir quand il \u00e9tait \u00e9tudiant&#8230; \u00e7a s&#8217;appelait \u00ab\u00a0Nathan le Sage\u00a0\u00bb&#8230; d&#8217;un auteur Prussien, mais je ne sais plus le nom&#8230; L&#8217;histoire se passait \u00e0 J\u00e9rusalem, les personnages appartiennent \u00e0 des religions diff\u00e9rentes, mais qui s&#8217;apercevront qu&#8217;ils partagent bien plus que leur antagonisme religieux&#8230;. Un marchand juif Nathan apprend au retour d\u2019un voyage d\u2019affaires que sa fille adoptive, Recha, a \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9e du feu par un chevalier de l&#8217;ordre du Temple. Ce chr\u00e9tien est lui-m\u00eame un rescap\u00e9, seul survivant d\u2019un groupe de chevaliers de l\u2019ordre mis \u00e0 mort par les Sarazins. Ce Nathan connu pour sa sagesse r\u00e9pond \u00e0 une question par une histoire, \u00ab\u00a0la parabole de l&#8217;anneau\u00a0\u00bb&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-un anneau ? comme c&#8217;est curieux; le cercle est un des signes le plus repr\u00e9sent\u00e9 chez les Hommes Rouges, car la vie , la nature s&#8217;inscrit dans un cercle; on parle du cycle de la vie.<\/p>\n<p align=\"left\">-Oui c&#8217;est vrai&#8230; Et l&#8217;Homme Blanc, d&#8217;ailleurs, s&#8217;est tenu pendant bien longtemps \u00e9loign\u00e9 de cette id\u00e9e&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-pourquoi ?<\/p>\n<p align=\"left\">-parce que l&#8217;homme blanc a cru que la terre \u00e9tait plate&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-Plate ? mais c&#8217;est stupide&#8230;Tout est rond dans la vie ; la t\u00eate de l&#8217;homme, les fruits de la terre, le ventre de la femme f\u00e9conde, le sommet d&#8217;une colline&#8230;. Comment ont-il pu se tromper \u00e0 se point ?<\/p>\n<p align=\"left\">-Ceux qui y croyaient y croyaient dur comme fer et ont \u00e9t\u00e9 jusqu&#8217;\u00e0 condamner \u00e0 mort ceux qui pensaient autrement&#8230;., reprend Ben, l&#8217;air sombre et songeur&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-voil\u00e0 ce que fait l&#8217;homme blanc&#8230;. Mon peuple dit qu&#8217;il n&#8217;y a qu&#8217;une seule fa\u00e7on d&#8217;adorer et de servir le Grand Esprit. S&#8217; il n&#8217;y a qu&#8217;une religion, pourquoi le peuple blanc est-il si partag\u00e9 \u00e0 son sujet? Votre religion est \u00e9crite dans un livre, vous le lisez souvent, alors pourquoi n&#8217;\u00eates-vous pas tous d&#8217;accord, si vous pouvez tous lire le livre?<\/p>\n<p align=\"left\">-ah Joan, vous soulevez l\u00e0 une question bien \u00e9pineuse&#8230; On pourrait y passer la nuit, je ne suis pas s\u00fbr qu&#8217;on arriverait \u00e0 trouver un quart de demi de r\u00e9ponse&#8230;. ; conclut Ben , en lui tendant un caf\u00e9&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-Tenez ma ch\u00e8re,<\/p>\n<p align=\"left\">-merci, Ben&#8230; Et alors donc; cette parabole.. Pardonnez-moi, je vous ai interrompu&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-Un homme se fait faire un anneau qui d\u00e9tient le pouvoir de susciter l\u2019amour pour celui qui le porte et qu\u2019il l\u00e8gue \u00e0 son fils pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 en lui enjoignant de faire de m\u00eame. L\u2019anneau est transmis ainsi de p\u00e8re en fils jusqu\u2019au jour o\u00f9 il \u00e9choit \u00e0 un p\u00e8re \u00e9galement attach\u00e9 \u00e0 ses trois enfants. Se voyant mourir, il fait faire deux anneaux neufs par un orf\u00e8vre, et remet un anneau en secret \u00e0 chacun de ses fils. Le p\u00e8re mort, les trois fils se disputent l\u2019h\u00e9ritage, chacun persuad\u00e9 de d\u00e9tenir l\u2019anneau v\u00e9ritable. Ne trouvant pas de compromis possible, puisque chacun d\u00e9tient la v\u00e9rit\u00e9 de la bouche de son p\u00e8re et qu\u2019il ne peut donc la remettre en question sans accuser ce p\u00e8re bien-aim\u00e9 de lui avoir menti, les fr\u00e8res demandent au juge un arbitrage. Le juge remarque que l\u2019anneau a la r\u00e9putation de susciter l\u2019amour de Dieu et des hommes, et qu\u2019il suffit d\u2019attendre pour voir quel anneau est efficace, \u00e0 moins que le p\u00e8re n\u2019ait fait fabriquer trois anneaux neufs et que l\u2019anneau originel ne soit perdu. Il invite donc les fr\u00e8res \u00e0 travailler pour l\u2019avenir en s\u2019effor\u00e7ant de rendre les g\u00e9n\u00e9rations \u00e0 venir le plus vertueuses possible.<\/p>\n<p align=\"left\">Joan ne perd pas une miette de ce que raconte Ben, elle est charm\u00e9e par la voix calme et profonde de cet homme hors du commun&#8230;. Il a la grandeur d&#8217;\u00e2me d&#8217;un sage de son peuple; quand Ben Cartwright commence \u00e0 parler, le monde se tait et \u00e9coute&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-c&#8217;est une tr\u00e8s belle l\u00e9gende, peut-on appeler cela comme cela ?<\/p>\n<p align=\"left\">-Je crois que oui&#8230; D&#8217;autres diraient que c&#8217;est un dogme; donc une v\u00e9rit\u00e9 entendue que d&#8217;autres cherchent \u00e0 d\u00e9montrer&#8230;. La l\u00e9gende est port\u00e9e par celles et ceux qui y croient et qui n&#8217;iraient jamais l&#8217;imposer aux autres&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">-C&#8217;est ce que s&#8217;efforce de faire l&#8217;Homme Rouge, il interpelle et enseigne, mais ne cherche pas \u00e0 imposer&#8230; Tout le monde doit trouver le bon chemin. Nul le peut le voir, c\u2019est pour cela qu\u2019il est difficile \u00e0 trouver. Personne ne peut le montrer. Chacun doit le d\u00e9couvrir par lui&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">Joan laisse sa phrase en suspend en voyant Ben poser sa tasse et marcher vers la porte&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-excusez-moi, mais j&#8217;ai entendu le galop d&#8217;un cheval&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">Ben est d\u00e9j\u00e0 dehors pour aller cueillir sa prog\u00e9niture&#8230; Il ne peut pas s&#8217;en emp\u00eacher; il faut qu&#8217;il aille accueillir ses fils quand ceux-ci reviennent au bercail&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-Rentrez \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur, je m&#8217;occupe des chevaux&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-Merci pa&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">Hoss et Joe lui abandonnent les r\u00e8nes avec plaisir, ils sont ruisselant, d\u00e9goulinant, et n&#8217;aspirent qu&#8217;\u00e0 une seule chose, plonger dans un bon bain chaud&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">Ben conduit les chevaux \u00e0 la grange; il attache leur licol \u00e0 la barri\u00e8re et entreprend de bouchonner Chubb&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-Je vais vous aider&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">C&#8217;est Joan qui est l\u00e0 derri\u00e8re lui; elle prend de la paille s\u00e8che et se met \u00e0 frotter Cochise&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-merci Joan&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-Je ne devrai pas le dire, mais j&#8217;appr\u00e9cie votre compagnie&#8230; Tout est simple avec vous et j&#8217;ai, ce qui n&#8217;est pas n\u00e9gligeable, le sentiment que rien ne m&#8217;atteint ici&#8230;. Ponderosa me donne une force que je ne soup\u00e7onnais m\u00eame pas&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-Souhaitons qu&#8217;il en soit toujours ainsi, ici et ailleurs&#8230;. Hum, Joan, pardon de me montrer curieux, mais que comptez-vous faire en ce qui concerne Henry ? Envisagez-vous de retourner vivre aupr\u00e8s de lui ?<\/p>\n<p align=\"left\">-Franchement, je ne sais pas&#8230; Je n&#8217;en ai pas tr\u00e8s envie&#8230; Je me suis rendue compte de quelque chose, ce pourrait presque \u00eatre risible&#8230; Je suis une ancienne Pa\u00eeute; j&#8217;ai \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9e par un peuple qui autorise les siens \u00e0 multiplier les \u00e9pouses et l&#8217; homme blanc, pour lequel j&#8217;ai fait de nombreux sacrifices, se marie deux fois&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">-C&#8217;est ma foi tr\u00e8s juste&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-quant \u00e0 retourner vivre l\u00e0-bas, je ne crois pas que j&#8217;y parviendrai&#8230;. Dormir dans une maison dans laquelle un crime a \u00e9t\u00e9 commis; je ne pourrai pas&#8230; Voyez-vous, Ben, mon peuple est habitu\u00e9 \u00e0 vivre au grand air, dans des tentes qui se transportent facilement, ce qui nous donne une grande libert\u00e9&#8230; Nous nous d\u00e9pla\u00e7ons au gr\u00e9 de nos besoins , et nous savons qu&#8217;en cas de danger, nous pouvons faire place nette en moins de trente minutes&#8230; Moi je suis condamn\u00e9e \u00e0 vivre dans une immense boite, sans air et qui est clou\u00e9 au sol&#8230; Je ne peux pas d\u00e9placer mon habitation pour aller ailleurs; et je ne peux pas effacer les traces de l&#8217;ignominie qui y a \u00e9t\u00e9 commise&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">&#8211; Je comprends , je comprends&#8230; Sachez que je ne vous chasse pas&#8230; Vous pouvez rester ici aussi longtemps que vous le d\u00e9sirez&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">Joan s&#8217;approche encore, laisse tomber la paille par terre et se blottit contre Ben&#8230; Surpris, il sait qu&#8217;il n&#8217;a pas la force de la repousser; quand bien m\u00eame il le faudrait&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">-Oh Ben, je prends juste un peu de votre tendresse; comme un cataplasme sur un coeur bless\u00e9&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-Joan, j&#8217;aimerai vous offrir plus qu&#8217;un peu de tendresse, vous le savez&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">Il la tient contre lui, et lui caresse lentement les cheveux&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">*** pendant ce temps<\/p>\n<p align=\"left\">Adam et Edmond galopent sur la piste sablonneuse, ils ne sont plus qu&#8217;\u00e0 quelques encablures de Virginia City&#8230;. Mais les premi\u00e8res gouttes ne tardent pas \u00e0 tomber&#8230; D&#8217;abord une ou deux, puis tr\u00e8s vite des trombes d&#8217;eau&#8230; Adam jette un coup d&#8217;oeil \u00e0 son compagnon et lui dit :<\/p>\n<p align=\"left\">-allez mon gars; on va acc\u00e9l\u00e9rer; sinon, en guise de bi\u00e8re, on va \u00eatre tremp\u00e9 comme des soupes&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">&#8211; Mais c&#8217;est quoi ce patelin ? vl\u00e0 ti pas que t&#8217;\u00e0 l&#8217;heure il fallait un carmail tellement le soleil il tapait, pis astheure il pleut \u00e0 boire debout&#8230;J&#8217;vas vite en avoir la t\u00eate grosse de m\u00eame<\/p>\n<p align=\"left\">-tu sais que je ne comprends pas un mot sur trois dans tout ce que tu dis; mais j&#8217;ai dans l&#8217;id\u00e9e que tu dois bien te marrer&#8230; Tes expressions me plaisent bien&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-Que expressions ? t&#8217;as m&#8217;as l&#8217;air bien, baveux toi, l&#8217;genre du gars qu&#8217;en sait ben lourd et qui ricane pas mal des pauves gars comme moi&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-Tu n&#8217;y es pas du tout&#8230; l&#8217;ami&#8230;. Bord&#8230;. il n&#8217;est pas pass\u00e9 loin celui-l\u00e0, pas eu le temps de compter jusqu&#8217;\u00e0 quatre entre l&#8217;\u00e9clair et le ramdam&#8230;. J&#8217;faisais \u00e7a avec mon p\u00e8re quand j&#8217;\u00e9tais ptiot&#8230; On couchait dans le chariot et y avait toutes les \u00e9clairs qui faisaient comme un grand feu dans le ciel; c&#8217;\u00e9tait beau&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-c&#8217;est beau, pour sur, mais c&#8217;est couillon&#8230; alors comme on dit par che moi, d\u00e9gu\u00e9dine&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-d\u00e9gu\u00e9dine ? Qu&#8217;est-\u00e7a veut dire encore ?<\/p>\n<p align=\"left\">Adam est de plus en plus interloqu\u00e9 en entendant parler son compagnon d&#8217;infortune&#8230;;<\/p>\n<p align=\"left\">-\u00e7a veut dire d\u00e9gu\u00e9dine, faut se bouger quoi, sinon \u00e7a va nous descendre tous les Saints du ciel et \u00e7a va faire vilain&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">Maintenant les deux hommes sont en plein coeur de la tourmente; la pluie ne cesse de leur tomber dessus, Adam sent l&#8217;eau traverser progressivement sa veste de gros drap&#8230;. La piste est boueuse et \u00e0 chaque galop de leurs chevaux, les deux cavaliers se couvrent encore un peu plus de boue&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">-faudrait-y pas qu&#8217;on b\u00eache , en plus, c&#8217;est vraiment un coup \u00e0 se fiche le nez par terre&#8230;. Franchement, je suis tann\u00e9, c&#8217;est plate , vivement qu&#8217;on arrive&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">-laisse-moi deviner, t&#8217;en a marre ? r\u00e9plique Adam&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-ben i me semble \u00e0 moi que c&#8217;est pas une vie, \u00e7a&#8230;.. on est djamm\u00e9 l\u00e0 pour combien de temps encore?<\/p>\n<p align=\"left\">-bah j&#8217;dirai cinq ou dix minutes&#8230; De quoi finir de se faire rincer&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">-tu l&#8217;as dis, l&#8217;ami&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">***************<\/p>\n<p align=\"left\">Les voil\u00e0 en vue de Virginia City&#8230;.<\/p>\n<p align=\"left\">-et au fait, pourquoi qu&#8217;on a toff\u00e9 tout \u00e7a, m&#8217;semble qu&#8217;c&#8217;est pas vraiment le jour \u00e0stheure pour faire une balade \u00e0 cheval ?<\/p>\n<p align=\"left\">-et bien, on partait chercher le m\u00e9decin&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-le docteur, pis pourquoi faire ?<\/p>\n<p align=\"left\">-quand j&#8217;t&#8217;ai trouv\u00e9 sur la piste, t&#8217;\u00e9tais dans l&#8217;coltard; l&#8217;ami&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-ouais, j&#8217;sais, tu m&#8217;l&#8217;as dit&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-oui, mais toi, en revanche, tu m&#8217;as pas dit ce qui s&#8217;est pass\u00e9&#8230;<\/p>\n<p align=\"left\">-j&#8217;ai b\u00each\u00e9 en bas du cheval , rien de plus&#8230;. T&#8217;as cru que j&#8217;m&#8217;\u00e9tais mang\u00e9 une vol\u00e9e; hein ?<\/p>\n<p align=\"left\">-bah, moi tu sais, ce qui m&#8217;importe, c&#8217;est que tu sois en \u00e9tat de reprendre le boulot&#8230;. Alors on boit ce coup, et on repart&#8230;<\/p>\n<p>Il mouille \u00e0 sieaux, et pis, il vente pour \u00e9corner les boeufs, on peut pas plut\u00f4t s&#8217;poser l\u00e0 et passer la nuit ici ?<\/p>\n<p>-dis donc, tu crois quand m\u00eame pas que je vais te payer l&#8217;h\u00f4tel, quand m\u00eame&#8230; Je te pr\u00e9viens, si tu couches ici, je le retiens sur ta paie;..<\/p>\n<p>-t&#8217;es salaud toi,<\/p>\n<p>-ouais; mais c&#8217;est comme \u00e7a&#8230;.<\/p>\n<p>Adam ne le montre pas; mais il est on ne peut plus content d&#8217;avoir eu le dernier mot&#8230; C&#8217;est vrai, il n&#8217;est pas encore le patron, mais quand m\u00eame; sa voix compte aupr\u00e8s des employ\u00e9s et c&#8217;est jouissif&#8230; C&#8217;est comme \u00e7a qu&#8217;on se construit une personnalit\u00e9 et une aura, quelque part&#8230; Certes; Adam n&#8217;a pas fait ses armes sur un navire comme a pu le faire son p\u00e8re avant lui&#8230; Non, lui, ce sont ses dipl\u00f4mes et son savoir qui lui donnent son statut : ils se comptent sur les cinq doigts de la main les gars de Virginia City qui ont fait des \u00e9tudes&#8230; Bien trop souvent encore, c&#8217;est la richesse de la famille qui compte&#8230;. Adam sait qu&#8217;il n&#8217;a pas achet\u00e9 son dipl\u00f4me&#8230; Quand bien m\u00eame Ponderosa leur fournit un toit et des revenus plus que d\u00e9cent, cela n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 toujours le cas.. Et Adam sait ce que c&#8217;est d&#8217;avoir faim&#8230; Oh il l&#8217;a s\u00fbrement moins ressenti que son p\u00e8re qui , il le sait, s&#8217;est si souvent priv\u00e9 pour nourrir son fils. Mais Adam n&#8217;a pas eu de la viande tous les jours dans son \u00e9cuelle&#8230;. C&#8217;\u00e9tait plus souvent une miche de pain tremp\u00e9 dans un bouillon un peu trop clair&#8230; et quelques fruits de saison glan\u00e9s par ci par l\u00e0&#8230;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>**********Dans la grange&#8230;.<\/p>\n<p>Joan est toujours lov\u00e9e contre Ben&#8230;.Soudain elle pousse un cri et commence \u00e0 se d\u00e9battre&#8230;<\/p>\n<p>-Hey, mais, l\u00e2che-moi&#8230;. Cochise, l\u00e2che ma robe&#8230;<\/p>\n<p>Les cris se m\u00ealent aux rires&#8230;. Joan tourne, agite les bras, mais l&#8217;animal ne l\u00e2che pas&#8230;. Ben donne une tape sur les naseaux de la b\u00eate pour lui faire l\u00e2cher prise&#8230;.<\/p>\n<p>-Votre tissu fleuri semble du go\u00fbt de notre demoiselle&#8230;.<\/p>\n<p>-Cochise est une demoiselle ?<\/p>\n<p>-Oui&#8230;.<\/p>\n<p>-Remarquez; avec une robe aussi magnifique; ce ne peut \u00eatre qu&#8217;une demoiselle&#8230;. En tout cas, ils font bien la paire&#8230;. Cette jument est une charmeuse n\u00e9e, tout comme votre cadet&#8230; Ils se sont bien trouv\u00e9s, en tout cas&#8230;<\/p>\n<p>-Oui , c&#8217;est vrai. Je n&#8217;avais jamais pens\u00e9 \u00e0 \u00e7a&#8230;.<\/p>\n<p>-Nous autres les Indiens, pensons que l&#8217;homme et l&#8217;animal ne se rencontrent jamais par hasard&#8230; Il y a des \u00e2mes qui se cherchent , et qui ne demandent qu&#8217;\u00e0 s&#8217;unir&#8230;<\/p>\n<p>-Et qu&#8217;en est-il des humains ?<\/p>\n<p>-Un guerrier, d\u00e8s l\u2019instant o\u00f9 il a pris rang parmi les hommes, o\u00f9 on l\u2019a reconnu capable d\u2019\u00e9lever une famille, peut prendre une compagne, jeune, aimable; une qui a de l&#8217;adresse \u00e0 \u00e9corcher un buffle, \u00e0 coudre des mocassins, et \u00e0 pr\u00e9parer les aliments. Comme on ne fait la cour qu&#8217;\u00e0 la d\u00e9rob\u00e9e; le jeune homme se cache sous sa couverture afin de ne pas \u00eatre reconnu&#8230;.Il attend la jeune fille quand elle va chercher de l&#8217;eau \u00e0 la rivi\u00e8re&#8230;..<\/p>\n<p>-donc pas de chaperon dans vos cercles sociaux&#8230;.<\/p>\n<p>-pas de chaperon, non&#8230; Mais tout est cach\u00e9&#8230; et ils expriment beaucoup de choses avec cette couverture. Ainsi la jeune Indienne, par un mouvement de t\u00eate; fait tomber la couverture, elle montre ainsi qu&#8217;elle est amoureuse&#8230;. D&#8217;ailleurs, bien souvent, elle a peint en secr\u00eat des dessins vermillons sur son visage&#8230;.<\/p>\n<p>-Je connais quelqu&#8217;un qui s&#8217;est fait faire un tatouage de dauphin sur le bras&#8230; Un gar\u00e7on qui a fait faire \u00e7a le jour de son mariage&#8230;<\/p>\n<p><strong>&#8211;<\/strong>La baleine, Ben, est\u00a0consid\u00e9r\u00e9e comme le ma\u00eetre de l&#8217;oc\u00e9an. Les dauphins sont ses guerriers, il symbolise le guide. Le jeune homme qui s&#8217;est fait tatouer \u00e7a montre la gratitude qu&#8217;il a pour son p\u00e8re et qu&#8217;il appelle la b\u00e9n\u00e9diction de son p\u00e8re sur son union&#8230; Il esp\u00e8re ainsi \u00eatre un aussi bon p\u00e8re que l&#8217;a \u00e9t\u00e9 le sien&#8230;.<\/p>\n<p>La jeune fille finit sa phrase dans un frisson&#8230; Elle resserre ses bras autour de son corps.<\/p>\n<p>-Tenez, prenez ma veste&#8230; Vous frissonnez&#8230; Quel sot je fais de vous laissez ici&#8230; Venez, rentrons&#8230; Nous serons tout aussi bien \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur, pour poursuivre cette conversation passionnante;. Vous me raconterez la suite, promis ?<\/p>\n<p>-Promis&#8230;.<\/p>\n<p>Et il l&#8217;embrasse sur la main, avant de l&#8217;entra\u00eener vers le ranch, en l&#8217;entourant de ses bras&#8230;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>*********pendant ce temps , au ranch<\/p>\n<p>-et bien, on est mieux ici que dehors&#8230;.<\/p>\n<p>-Oh que oui, quelle sauc\u00e9e, mes aieux&#8230;.<\/p>\n<p>-je ne voix pas trop ce que tes aieux viennent faire l\u00e0 dedans, Hoss&#8230;<\/p>\n<p>-oh fa\u00e7on de parler; c&#8217;est tout&#8230;. Tiens , pa n&#8217;est pas rentr\u00e9 ? s&#8217;interroge Hoss en se servant une tasse de caf\u00e9 fumant;&#8230;<\/p>\n<p>-Il ne va pas tarder&#8230; J&#8217;ai appr\u00e9ci\u00e9 qu&#8217;il nous propose de rentrer les chevaux; j&#8217;avoue que \u00e7a fait du bien d&#8217;\u00eatre exempt\u00e9 de temps en temps des corv\u00e9es&#8230;<\/p>\n<p>-c&#8217;est pas moi qui vais te contredire, c&#8217;est certain&#8230; C&#8217;est pas dans les habitudes de Pa, alors; autant savourer&#8230;. Il nous fait des gentillesses; on ne va pas refuser; quand m\u00eame&#8230;.<\/p>\n<p>-c&#8217;est plus souvent qu&#8217;il nous a coll\u00e9 du rab de corv\u00e9es, que des all\u00e8gements ou des remises de pein&#8230;<\/p>\n<p>Joe est interrompu par des \u00e9clats de voix; tous deux tournent la t\u00eate vers la lourde porte de bois qui s&#8217;ouvre \u00e0 pleine vol\u00e9e&#8230;.<\/p>\n<p>-rentrez-vite vous mettre \u00e0 l&#8217;abri;<\/p>\n<p>C&#8217;est Ben et Joan qui arrivent de la grange&#8230; La jeune femme a , sur ses \u00e9paules, la veste de Ben qu&#8217;il lui a tendrement pos\u00e9e quand ils sont sortis de leur abri&#8230; Et sur son \u00e9paule, il n&#8217;y pas qu&#8217;un v\u00eatement, non, il y a \u00e9galement la main de Ben&#8230;<\/p>\n<p>-Oh attendez , vous permettez ?<\/p>\n<p>Et tout doucement, du bout du doigt, il d\u00e9colle une m\u00e8che de cheveux que la pluie a eu le temps de plaquer sur sa joue&#8230; Elle le laisse faire et lui adresse un sourire amus\u00e9.<\/p>\n<p>A ce moment, entendant ses deux fils \u00e9touffer un \u00e9clat de rire, Ben s&#8217;interrompt :<\/p>\n<p>-Tu disais Joe ?<\/p>\n<p>-non, j&#8217;ai rien dit&#8230;. Promis Pa;&#8230;<\/p>\n<p>-Mouais, \u2026<\/p>\n<p>Ben n&#8217;est pas dupe&#8230;Il ne conna\u00eet que trop bien la mine tant\u00f4t conspiratrice tant\u00f4t moqueuse de ses deux fils&#8230;<\/p>\n<p>-mettons nous \u00e0 table, \u00e7a vous \u00e9vitera de dire des b\u00eatises&#8230;. Commencez \u00e0 dresser le couvert; j&#8217;arrive&#8230;.<\/p>\n<p>-le couvert ?<\/p>\n<p>-dis Joe, qu&#8217;est-ce qu&#8217;il nous fait , le paternel ?<\/p>\n<p>-Bah, moi, j&#8217;dirai qu&#8217;il est \u00e0 deux petits doigts de go\u00fbter au fruit d\u00e9fendu&#8230; Tu as vu comme il la regarde&#8230;.<\/p>\n<p>-Ben non, j&#8217;ai pas trop fait attention&#8230;<\/p>\n<p>-Oh Hoss, tu es path\u00e9tique&#8230; Va vraiment falloir t&#8217;acheter des lunettes; mon vieux&#8230; Ils sont de plus en plus complices, tous les deux&#8230; On a droit au deuxi\u00e8me chapitre&#8230;.<\/p>\n<p>-Deuxi\u00e8me chapitre, pourquoi ???<\/p>\n<p>-Et bien, le premier chapitre, c&#8217;est quand Joan est arriv\u00e9e \u00e0 la maison, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 chass\u00e9e de la tribu&#8230; Et maintenant, ils nous font le deuxi\u00e8me chapitre, et j&#8217;ai dans l&#8217;id\u00e9e que celui-ci ne va pas se conclure comme le premier&#8230; Il me para\u00eet de plus en plus clair que Pa ne va pas la laisser partir&#8230;.<\/p>\n<p>-Oh Joe, tu ne peux pas insinuer ce genre de choses&#8230; Pa ne ferait jamais la cour \u00e0 une femme mari\u00e9e&#8230;<\/p>\n<p>Joe remue son index sous le nez de son fr\u00e8re :<\/p>\n<p>-non , non, pas mari\u00e9e&#8230; Moi je te dis qu&#8217;elle va demander le divorce.. Et elle l&#8217;obtiendra&#8230; Plus rien ne s&#8217;opposera \u00e0 leur idylle&#8230;.<\/p>\n<p>Hoss secoue la t\u00eate et tourne les talons&#8230;.<\/p>\n<p>-bah bah bah bah bah, arr\u00eate; tu te fais des id\u00e9es&#8230;.Et pis d&#8217;abord, c&#8217;est pas nos oignons.. Nous n&#8217;avons pas \u00e0 nous m\u00ealer des histoires de coeur de pa&#8230;. Tu sais qu&#8217;il n&#8217;aime pas qu&#8217;on s&#8217;occupe de sa vie&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>****dans le bureau du sh\u00e9riff. Roy est avec ses deux assistants&#8230;. Dayve et Larson&#8230;<\/p>\n<p>-Bon, on a cette femme qui a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9e&#8230;. Manifestement frapp\u00e9e derri\u00e8re la t\u00eate&#8230; Rien dans la chambre n&#8217;a disparu&#8230; Le meurtrier n&#8217;a touch\u00e9 \u00e0 rien, il n&#8217;a rien pris&#8230;. La femme est la m\u00e8re de Henry Dexter, et tous deux n&#8217;\u00e9taient pas en bon terme; ce qui malheureusement nous am\u00e8ne \u00e0 le suspecter&#8230;. M\u00eame si je n&#8217;y crois pas trop&#8230;<\/p>\n<p>-sh\u00e9riff; vous devriez savoir que rien n&#8217;est impossible&#8230;<\/p>\n<p>-j&#8217;ai du mal \u00e0 y croire; il a l&#8217;air ahuri de tout ce qui lui arrive&#8230; Il y a aussi cette histoire de faux document&#8230;.<\/p>\n<p>-faux document ?; demande Dayve.<\/p>\n<p>-Oui, c&#8217;est Henry Dexter qui m&#8217;a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 \u00e7a&#8230; Son nom figure sur un certificat de mariage \u00e9tabli \u00e0 son nom dans une ville voisine&#8230; Une lettre anonyme a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9e \u00e0 son \u00e9pouse avec le certificat&#8230; Boulevers\u00e9e, elle s&#8217;est r\u00e9fugi\u00e9e chez Ben Cartwrigth.. Henry a quitt\u00e9 son ranch vers 21h00 pour une balade \u00e0 cheval&#8230;. Il s&#8217;est fait attaquer par un serpent et s&#8217;est tir\u00e9 une balle dans le pied&#8230;. Puis il a r\u00e9ussi \u00e0 rejoindre le ranch de Ponderosa o\u00f9 il a pass\u00e9 la nuit&#8230;<\/p>\n<p>-Mordu par un serpent , vous dites ???<\/p>\n<p>-Il semblerait que la bestiole se soit cass\u00e9 les crochets sur ses bottes , sinon, il ne serait jamais parvenu au ranch en vie&#8230;<\/p>\n<p>-Il \u00e9tait arm\u00e9 ?<\/p>\n<p>-oui, c&#8217;est ce qu&#8217;il a dit&#8230; Mais l&#8217;arme est rest\u00e9e chez Ben Cartwright. De toutes fa\u00e7ons, le corps de la pauvre malheureuse ne porte pas de blessure par balle&#8230; Elle a eu la t\u00eate fracass\u00e9e; on l&#8217;aura frapp\u00e9 avec un b\u00e2ton&#8230;.<\/p>\n<p>-Ou une crosse de r\u00e9volver.. Et cela nous ram\u00e8ne \u00e0 son fils&#8230;, conclut Dayve.<\/p>\n<p>-oui, j&#8217;y ai bien pens\u00e9&#8230; Il sait qu&#8217;il peut \u00eatre suspect&#8230;.<\/p>\n<p>-et qu&#8217;est-ce qui vous emp\u00eache de l&#8217;arr\u00eater ?, demande Dayve<\/p>\n<p>-sa moralit\u00e9 , je suppose ?; ajoute Larson un peu sarcastique&#8230;<\/p>\n<p>-ben oui, disons que je ne l&#8217;imagine pas frapper sa m\u00e8re et imaginer cette histoire&#8230;<\/p>\n<p>-oui mais \u00e7a expliquerait pourquoi il n&#8217;a rien d\u00e9rob\u00e9&#8230;<\/p>\n<p>-On n&#8217;en sait rien&#8230;. Cette femme, personne ne la connait en ville.. Alors bien s\u00fbr; on peut toujours se dire qu&#8217;un bandit de grand chemin est pass\u00e9 par l\u00e0, mais faut reconna\u00eetre que les circonstances ne plaident pas en faveur de ce pauvre Dexter&#8230; Sa brouille avec sa m\u00e8re; ce faux document; \u00e7a fait beaucoup&#8230;..<\/p>\n<p>-alors qu&#8217;est-ce qu&#8217;on fait, sh\u00e9riff ? On pr\u00e9vient le juge ?<\/p>\n<p>-Si Monsieur Dexter passe en proc\u00e8s, il risque la peine de mort&#8230; J&#8217;ai envie d&#8217;\u00eatre s\u00fbr, je ne veux pas d&#8217;une erreur.. Je n&#8217;aime pas cette affaire.<\/p>\n<p>-dites plut\u00f4t que \u00e7a vous g\u00eane de devoir r\u00e9aliser qu&#8217;un homme de loi puisse \u00eatre coupable&#8230;<\/p>\n<p>-Et ben oui, Larson&#8230; Il me semble que \u00e7a ne se fait pas de soup\u00e7onner un avocat&#8230; Ou alors, le monde est en train de devenir fou&#8230;<\/p>\n<p>-et ben moi, rien ne m&#8217;\u00e9tonne&#8230; Apr\u00e8s tout, comme je vous disais, on ne sait rien de cette famille&#8230; Apr\u00e8s tout, il est aussi avocat que moi je suis le pr\u00e9sident des Etats-Unis&#8230;<\/p>\n<p>-oh les gars, vous arr\u00eatez vos d\u00e9lires ! D&#8217;abord vous affirmez que Mr Dexter a assassin\u00e9 sa m\u00e8re, maintenant vous insinuez qu&#8217;il n&#8217;est pas avocat, d\u00e9sol\u00e9, mais moi je ne vous suis pas&#8230;.<\/p>\n<p>-mais Sh\u00e9rif, reconnaissez que tout est contre lui&#8230; Il n&#8217;\u00e9chappera pas \u00e0 la potence&#8230;.<\/p>\n<p>-Pour l&#8217;instant, il n&#8217;est pas question de peine capitale, je veux gagner un peu de temps et essayer de continuer mon enqu\u00eate et \u2026.<\/p>\n<p>-impossible, sh\u00e9riff, j&#8217;ai pr\u00e9venu le juge .<\/p>\n<p>-Hein, tu as fait quoi ?<\/p>\n<p>-j&#8217;ai t\u00e9l\u00e9graphi\u00e9 au juge Buckler, il sera l\u00e0 dans trois jours&#8230;.<\/p>\n<p>-Mais bon dieu, qu&#8217;est-ce qui t&#8217;as pris ?<\/p>\n<p>-C&#8217;est la proc\u00e9dure, on fait toujours \u00e7a&#8230;. en cas d&#8217;homicide \u2026 Et le coupable, nous l&#8217;avons; je ne vois pas pourquoi vous vous foutez en p\u00e9tard&#8230;<\/p>\n<p>-Tu viens de le condamner \u00e0 mort, esp\u00e8ce de demeur\u00e9&#8230;<\/p>\n<p>-Erreur, sh\u00e9riff, Dexter s&#8217;est condamn\u00e9 tout seul&#8230;. Et je vous interdis de m&#8217;insulter&#8230;<\/p>\n<p>-Oh, monsieur est susceptible&#8230; Non seulement, je me prends le droit de te dire ma fa\u00e7on de penser , Larson, mais en plus, regarde ce que je vais faire&#8230;.<\/p>\n<p>Roy s&#8217;avance vers Larson, et sans un regard, d&#8217;un geste prompt, il arrache l&#8217;insigne \u00e9pingl\u00e9 sur la poitrine de son assistant&#8230;.<\/p>\n<p>-tu peux prendre la porte sur le champs; tu es vir\u00e9&#8230; Tu n&#8217;avais pas \u00e0 prendre une telle initiative sans m&#8217;en parler avant.. C&#8217;est encore moi le chef ici, il me semble&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Larson, sans un regard pour Roy, prend son chapeau et quitte la pi\u00e8ce en claquant la porte derri\u00e8re lui&#8230; Voil\u00e0, voil\u00e0 cinq ans de collaboration foutue en l&#8217;air en quarante cinq secondes&#8230;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>-Je n&#8217;ai plus aucune chance de le sauver, maintenant;..<\/p>\n<p>-Mais sh\u00e9riff, je ne crois pas qu&#8217;il ait beaucoup de chance d&#8217;\u00e9chapper \u00e0 la potence, je le r\u00e9p\u00e8te; insiste Dayve&#8230;<\/p>\n<p>-Toi aussi, tu t&#8217;y mets&#8230; Tu \u00e9tais au courant qu&#8217;il avait t\u00e9l\u00e9graphi\u00e9 ?<\/p>\n<p>-Non&#8230; Mais moi aussi j&#8217;ai du mal \u00e0 adh\u00e9rer \u00e0 votre version&#8230; Je ne serais pas all\u00e9 pr\u00e9venir le juge, mais je me base sur les faits et les faits ne plaident pas en sa faveur&#8230; C&#8217;est un peu gros cette histoire de crotale et de balle dans le pied&#8230;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>********Devant l&#8217;office.<\/p>\n<p>Larson marque une pause devant les quelques marches qui le s\u00e9parent de la rue&#8230; Il l\u00e8ve les yeux et fixe l&#8217;immensit\u00e9 du ciel&#8230;<\/p>\n<p>-matin\u00e9e de merde&#8230;.<\/p>\n<p>La r\u00e9action du sh\u00e9riff a \u00e9t\u00e9 si violente; Larson ne comprend pas&#8230;. Il n&#8217;a pas le sentiment d&#8217;avoir commis une faute; c&#8217;est la proc\u00e9dure habituelle&#8230; Le juge est toujours pr\u00e9venu en cas de mort violente&#8230; Roy lui reproche d&#8217;avoir outrepass\u00e9 ses droits; mais lui et Dayve ont toujours fait \u00e7a&#8230; Les assistants ont les m\u00eames droits que le sh\u00e9riff; d\u00e8s l&#8217;instant qu&#8217;un sh\u00e9riff ou un juge vous \u00e9pingle une \u00e9toile sur la poitrine, il fait de vous son bras droit&#8230;. Larson se souvient du jour o\u00f9 c&#8217;est arriv\u00e9, cinq ans en arri\u00e8re, cinq ans jour pour jour, ou presque&#8230; Lui, le pauvre gars de Carson City d\u00e9barqu\u00e9 ici avec vingt sous en poche et un sac mit\u00e9. Pr\u00eat \u00e0 tenter sa chance dans une ville en expansion; pauvre Larson Clark, orphelin de m\u00e8re; abandonn\u00e9 par son p\u00e8re; \u00e9lev\u00e9 par sa grand-m\u00e8re P\u00e9tula : une femme d&#8217;une grande bont\u00e9, mais \u00e0 qui il avait fait blanchir les cheveux. \u00ab\u00a0brigand, bandit; \u00e7a pousse comme de la mauvaise herbe\u00a0\u00bb, lui lan\u00e7ait-elle \u00e0 bout de souffle, mais toujours avec affection&#8230;. Pas de p\u00e8re quand il \u00e9tait petit&#8230; Lui \u00e9tait rest\u00e9 au bord du chemin, tandis que son p\u00e8re avait poursuivi le sien, un chemin qui ne devait plus jamais croiser celui de son paternel&#8230; Il aurait pu en faire des conneries; il avait d&#8217;ailleurs bien souvent fr\u00f4l\u00e9 les limites, jou\u00e9 avec le feu; comme on disait alors&#8230;. C&#8217;est vrai, quand on y pensait ; il n&#8217;y avait rien de plus fin que la ligne de d\u00e9marcation entre le Bien et le Mal ; quelle diff\u00e9rence entre m\u00e9daille de bonne conduite et bracelets qui menaient en prison&#8230;. Chance ? Malchance ? Destin d\u00e9cid\u00e9 dans un berceau ?Larson Clark avait-il \u00e9t\u00e9 destin\u00e9 \u00e0 finir en cellule, lui la mauvaise graine de Carson City ???? Et bien non, bien qu&#8217;ayant pass\u00e9 les cinq derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des grilles d&#8217;une prison, il avait su rester du bon c\u00f4t\u00e9, avec le trousseau de clefs dans les mains&#8230;. Voir passer autant de voyous et de bandits lui avait sans cesse rappel\u00e9 la fragilit\u00e9 d&#8217;une destin\u00e9e. Il n&#8217;aurait d\u00e9cid\u00e9ment pas fallu grand chose pour qu&#8217;un homme comme lui bascule du c\u00f4t\u00e9 des bad guys.. Une mauvaise rencontre, une mauvaise influence et il aurait pu tourner le dos \u00e0 une vie rang\u00e9e d&#8217;honn\u00eate homme&#8230;. Il en avait crois\u00e9 des regards haineux, hargneux, les regards de ceux pass\u00e9s de l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9 et qu&#8217;il avait boucl\u00e9 derri\u00e8re les barreaux&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>********<\/p>\n<p>ranch de Ponderosa<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ben est maintenant \u00e0 table avec deux de ses trois fils et Joan&#8230;.. Hop Sing apporte sur la table une grande marmite de laquelle s&#8217;\u00e9chappe un d\u00e9licieux fumet&#8230;.<\/p>\n<p>-Hop Sing , qu&#8217;est-ce que vous nous avez pr\u00e9par\u00e9 ?<\/p>\n<p>-Hop Sing avoil pl\u00e9pal\u00e9 Poule au pot, lecette flan\u00e7aise que Missis Caltwlight avoil lamen\u00e9 de beau pays \u00e0 elle&#8230;.<\/p>\n<p>-Et qu&#8217;y a -t-il dans cette petite merveille ?<\/p>\n<p>&#8211; Calotte, navet, lutabaga, c\u00e9leli, oignon, des clous de gilofe, des poileaux, du sel, du poivle et j&#8217;ai ajout\u00e9 du liz&#8230;<\/p>\n<p>-Hop Sing, vous nous g\u00e2tez&#8230;. \u00e7a sent tellement bon&#8230;<\/p>\n<p>Joan a les yeux qui brillent&#8230;. Et bien vite, plus un mot \u00e0 table, seules les machoires et les papilles sont entr\u00e9es en action&#8230;<\/p>\n<p>Soudain la paix du repas est troubl\u00e9e par une cascade de petits cailloux qui viennent frapper les petites vitres de la fen\u00eatre situ\u00e9e au-dessus du bureau de Ben Cartwright&#8230;.<\/p>\n<p>-Mais enfin, qu&#8217;est-ce que c&#8217;est ? C&#8217;est un peu fort tout de m\u00eame&#8230;<\/p>\n<p>Ben , Hoss et Joe se pr\u00e9cipitent dehors, juste le temps de prendre les colts \u00e0 la main&#8230;.<\/p>\n<p>Dehors une surprise de taille les attend : un jeune gars leur fait face, r\u00e9volver fumant \u00e0 la main&#8230;. Hoss ;Joe et Ben pointent leurs armes.<\/p>\n<p>-L\u00e2che-\u00e7a , fiston&#8230; .<\/p>\n<p>Le gars tourne la t\u00eate, lance \u00e0 Ben Cartwright un regard de d\u00e9fi, mais n&#8217;obtemp\u00e8re pas&#8230;<\/p>\n<p>-Ne fais pas d&#8217;\u00e2nerie, l\u00e2che-\u00e7a&#8230;, lance Ben de sa voix rauque, tout en avan\u00e7ant vers le jeune gamin&#8230; L\u00e2che-\u00e7a&#8230;.<\/p>\n<p>L&#8217;instant d&#8217;apr\u00e8s, Ben s&#8217;est pr\u00e9cipit\u00e9 sur le gars et l&#8217;a brutalement d\u00e9sarm\u00e9&#8230;. Il le m\u00e8ne manu-militari dans la grange, en le maintenant par le col de son blouson et le fond de son pantalon&#8230; Il le pousse et l&#8217;assoit de force sur une botte de paille&#8230;. Puis il se campe devant lui, jambes \u00e9cart\u00e9es; bras sur les hanches, m\u00e2choire crisp\u00e9e et yeux noirs de col\u00e8re :<\/p>\n<p>-Maintenant, jeune homme, tu vas t&#8217;expliquer&#8230; Et tu as plut\u00f4t int\u00e9r\u00eat \u00e0 ce que ce soit une bonne explication, sinon je te flanque une correction que tu n&#8217;es pas pr\u00eat d&#8217;oublier&#8230;..<\/p>\n<p>-d\u00e9sol\u00e9; murmure-t-il les yeux plant\u00e9s au sol&#8230;<\/p>\n<p>-hey, l\u00e8ve les yeux, et regarde la personne \u00e0 qui tu parles&#8230;;<\/p>\n<p>Doucement, il se redresse et ose croiser le regard de celui qui est en train de l&#8217;incendier.;<\/p>\n<p>-D\u00e9sol\u00e9 patron, je ne voulais pas&#8230;<\/p>\n<p>-Tu ne voulais pas ? Tu ne voulais pas ?<\/p>\n<p>Oh oh, ce n&#8217;est jamais bon signe quand le grand Benjamin Cartwright commence \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter les phrases&#8230;<\/p>\n<p>-Je suis nul, je sais que j&#8217;aurai pas d\u00fb faire \u00e7a&#8230;<\/p>\n<p>-Non, je te confirme; tu n&#8217;aurais pas d\u00fb faire \u00e7a&#8230; Alors, tu m&#8217;expliques maintenant..;<\/p>\n<p>-Et bien, disons que j&#8217;ai perdu la t\u00eate; et \u2026<\/p>\n<p>-Oui, c&#8217;est un bon d\u00e9but&#8230; Poursuivons&#8230;<\/p>\n<p>Pour le coup, Ben enl\u00e8ve les mains de ses hanches et croise ses bras bien haut , sur sa poitrine&#8230;<\/p>\n<p>-J&#8217;ai une petite amie, c&#8217;est Daisy Maccain&#8230; On s&#8217;entend plut\u00f4t bien elle et moi, mais hier soir , je ne sais pas pourquoi, \u00e7a a cass\u00e9 entre elle et moi&#8230;. Et<\/p>\n<p>-Et alors ???<\/p>\n<p>-Alors je crois que j&#8217;ai un peu noy\u00e9 mon chagrin dans du mauvais whisky&#8230;<\/p>\n<p>-Juste un peu ? Tu empestes le whisky, gamin&#8230;. Et donc \u00e7a t&#8217;a pris l&#8217;envie de faire un carton dans nos volets; c&#8217;est \u00e7a ?<\/p>\n<p>-Oui, euh non, j&#8217;ai fait \u00e7a sans r\u00e9fl\u00e9chir \u2026..<\/p>\n<p>-\u00e7a je ne te le fais pas dire&#8230; Sans r\u00e9fl\u00e9chir, c&#8217;est un fait&#8230;. C&#8217;est malheureux \u00e0 ton \u00e2ge, d&#8217;avoir si peu de jugeotte&#8230; Je vais t&#8217;\u00e9pargner le sermon sur les risques que tu nous as fait courir&#8230;. Je crois que tu as l&#8217;esprit trop embru\u00e9 pour te rendre compte de ce que tu as fait&#8230;<\/p>\n<p>-Monsieur Cartwright, je sais que j&#8217;ai fait une connerie; pardon.. Je regrette&#8230;. Mais je suis devenu fou quand elle m&#8217;a dit qu&#8217;elle me quittait&#8230;<\/p>\n<p>-Alors r\u00e9fl\u00e9chissons ensemble, tu veux bien ? Tu travailles pour moi, n&#8217;est-ce pas ?<\/p>\n<p>-Oui Monsieur Cartwright&#8230;.<\/p>\n<p>-Que crois-tu que je doive faire \u00e0 cet instant ?<\/p>\n<p>-Me virer , je suppose&#8230;.<\/p>\n<p>-Pas b\u00eate; en effet&#8230;. As-tu un endroit o\u00f9 cr\u00e9cher ?<\/p>\n<p>-Bah, non, pas vraiment&#8230;<\/p>\n<p>-As-tu de la famille, ici ?<\/p>\n<p>-Ben non, le p\u00e8re, il est s\u00fbrement mort \u00e0 cette heure, et la m\u00e8re, elle trime dans un saloon du c\u00f4t\u00e9 de San Francisco et&#8230;.<\/p>\n<p>-Et ?<\/p>\n<p>-Ben disons, que j&#8217;ai l&#8217;impression d&#8217;avoir trouv\u00e9 ici comme qui dirait une famille et puis aussi un toit;.. J&#8217;esp\u00e8re ne pas vous manquer de respect, Mr Cartwright, en disant ceci&#8230; Surtout apr\u00e8s ce que j&#8217;ai fait&#8230;<\/p>\n<p>Troisi\u00e8me changement de position pour Ben : apr\u00e8s les mains sur les hanches, apr\u00e8s les bras crois\u00e9s; le voil\u00e0 qu&#8217;il \u00e9carte les bras et entoure le gar\u00e7on en un geste paternaliste&#8230;<\/p>\n<p>-Tu n&#8217;es pas irrespectueux, fiston, tu as fait une b\u00eatise, c&#8217;est vrai, mais tu as le courage de reconna\u00eetre tes erreurs&#8230; L\u00e0 o\u00f9 je te rejoins, c&#8217;est que tu as, effectivement, ici une famille; consid\u00e8re-toi ici comme chez toi&#8230;<\/p>\n<p>-Merci monsieur Cartwright&#8230;.<\/p>\n<p>-De rien, pour moi, l&#8217;incident est clos&#8230; Alors non, je ne vais pas te virer.. \u00e7a pourrait te donner la possibilit\u00e9 d&#8217;aller te torcher encore une fois&#8230; Tu vas rester ici , \u00e0 mon service; comme un de mes fils&#8230;.<\/p>\n<p>-Oh merci Monsieur Car&#8230;.<\/p>\n<p>-Ne m&#8217;interrompt pas, fiston, je n&#8217;ai pas fini&#8230; Je disais donc, je te garde ici comme homme \u00e0 tout faire&#8230; Mais , et je dis bien Mais, JE NE VEUX PLUS JAMAIS TE VOIR AGIR DE LA SORTE&#8230;. TU M&#8217;AS BIEN COMPRIS&#8230;.<\/p>\n<p>-oooui, sir&#8230;.<\/p>\n<p>Ben a d\u00fb lui exploser le tympan, car il lui a hurl\u00e9 la derni\u00e8re phrase&#8230; Le jeune gar\u00e7on en flagelle encore&#8230;.<\/p>\n<p>-Il n&#8217;y aura pas de deuxi\u00e8me chance, tiens-toi le pour dit&#8230;.<\/p>\n<p>-Bien monsieur&#8230;.<\/p>\n<p>-Bon, maintenant, passons \u00e0 autre chose&#8230;.. Nous avons quelques comptes \u00e0 r\u00e9gler, toi et moi ???<\/p>\n<p>Mine inqui\u00e8te du principal int\u00e9ress\u00e9&#8230;..<\/p>\n<p>-des c&#8230;c&#8230;.comptes \u00e0 r\u00e9gler, vous d\u00eetes ?<\/p>\n<p>-Oui, tout \u00e0 fait, des comptes \u00e0 r\u00e9gler&#8230;. Tu n&#8217;esp\u00e9rais quand m\u00eame pas t&#8217;en tirer comme \u00e7a; hein ??? Sacripan&#8230; Tu as bousill\u00e9 les carreaux de la fen\u00eatre, je pense que la boiserie a d\u00fb ramasser&#8230; et je ne te dirai pas \u00e0 combien se chiffre la menace et les dangers que tu nous as fait courir&#8230; Alors, je pense qu&#8217;une sanction s&#8217;impose&#8230;<\/p>\n<p>-Bien, tout ce que vous voudrez; monsieur Cartwright.. Je pense avoir m\u00e9rit\u00e9 ce que vous d\u00e9ciderez de m&#8217;infliger&#8230;<\/p>\n<p>-Tu es un bon gars.. Alors commen\u00e7ons par l&#8217;aspect p\u00e9cuniaire : je me vois oblig\u00e9 de retenir sur ton salaire de quoi payer les d\u00e9g\u00e2ts que TU as caus\u00e9s&#8230; Et en ce qui concerne l&#8217;aspect \u00ab\u00a0moral\u00a0\u00bb de l&#8217;acte, je vais te coller des travaux d&#8217;int\u00e9r\u00eats g\u00e9n\u00e9raux; des corv\u00e9es si tu pr\u00e9f\u00e8res&#8230;<\/p>\n<p>-C&#8217;est en effet plus clair ainsi&#8230;.<\/p>\n<p>-Ces corv\u00e9es prennent effet maintenant, et sont \u00e0 dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e&#8230;<\/p>\n<p>-Bien monsieur&#8230;<\/p>\n<p>-Ah j&#8217;oubliais, je t&#8217;ai dis tout \u00e0 l&#8217;heure que tu pouvais te consid\u00e9rer comme un de mes fils, je maintiens ce que j&#8217;ai dis, et je vais t&#8217;en donner la preuve d\u00e8s maintenant&#8230;. Vois-tu, mes fils ont , en plus du sermon et des corv\u00e9es; une assignation \u00e0 r\u00e9sidence, c&#8217;est \u00e0 dire qu&#8217;ils sont clou\u00e9s au ranch pour un certain temps, pour ne pas dire un temps certain&#8230; Ton p\u00e9rim\u00e8tre se r\u00e9sume \u00e0 ton bloc, le cabinet d&#8217;aisance et la grange, c&#8217;est bien compris ?<\/p>\n<p>-Yes sir&#8230; Bien, tu peux disposer&#8230;.<\/p>\n<p>Le jeune contrit s&#8217;efface et se dirige vers la sortie de la grange quand il a la d\u00e9sagr\u00e9able surprise de recevoir une violente claque sur le post\u00e9rieur.<\/p>\n<p>-Et \u00e7a, c&#8217;est le dernier volet de la trilogie chez les Cartwright ; apr\u00e8s le sermon, les corv\u00e9es, la fameuse \u00ab\u00a0necessary talking to\u00a0\u00bb. Tu fais partie de la famille, fiston&#8230;.<\/p>\n<p>Le \u00ab\u00a0fiston\u00a0\u00bb lance un sourire crisp\u00e9 \u00e0 son patron et quitte la grange en se frottant le bas des reins;.. D\u00e9cid\u00e9ment ce Monsieur Cartwright a des arguments de choc et \u2026.. et aussi un coeur en or&#8230; pas certain qu&#8217;un autre se serait montr\u00e9 aussi indulgent.. A y regarder de plus pr\u00e8s, d&#8217;autres auraient pu tout aussi bien pr\u00e9venir le sh\u00e9riff et d\u00e9poser une plainte ou pire, l&#8217;abattre sans aucune sommation.. Finalement, il s&#8217;est sort bien : un bleu au coeur, une claque sur les fesses ; et des ampoules et des crampes en perspective&#8230; mais il a toujours un toit, un revenu, certes amput\u00e9, mais un revenu quand m\u00eame et des gens qui tiennent \u00e0 lui&#8230;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>au ranch , vers 15h\u00a030<\/p>\n<p>-Adam n&#8217;est pas encore rentr\u00e9; c&#8217;est \u00e9trange&#8230;. fort \u00e9trange&#8230;. Je n&#8217;aime pas trop \u00e7a&#8230;. Il devrait \u00eatre l\u00e0 depuis un petit bout de temps&#8230;.<\/p>\n<p>Ben est sur le porche, les mains dans les poches; faisant les cent pas devant la porte; les yeux incessamment clou\u00e9s vers le lointain, vers la piste qui fait le tour de la grange.. Rien, rien, rien, les minutes passent&#8230; Le jour d\u00e9cline, l&#8217;apr\u00e8s-midi s&#8217;est pass\u00e9 tranquillement : il a accompli cent et une petites t\u00e2ches, il a consign\u00e9 par \u00e9crit toutes les corv\u00e9es destin\u00e9es \u00e0 Corvet; son jeune rancher coupable et enfin il a emmen\u00e9 Joan faire une balade en buggy sur les bords du lac&#8230;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Voici qu&#8217;un cavalier arrive au galop :<\/p>\n<p>-C&#8217;est Adam; crie Ben&#8230;.<\/p>\n<p>Adam descend p\u00e9niblement de cheval&#8230; front pliss\u00e9, yeux tombant; bouche entrouverte; les chevaux en bataille; et \u2026. du sang sur ses v\u00eatements; sur sa joue, sur ses mains&#8230;<\/p>\n<p>-Adam, qu&#8217;est-ce qui ? Viens \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur&#8230;. JOE, HOSS , vite&#8230;.;<\/p>\n<p>Les trois hommes aident Adam \u00e0 marcher, ils l&#8217;emm\u00e8nent \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur&#8230;. Hop Sing; qui est sorti aussi en entendant la voix imp\u00e9rieuse de Mistel Caltwlight; prend la longe de Sport et conduit le cheval \u00e0 la grange&#8230;<\/p>\n<p>Adam est maintenant sur le canap\u00e9, son p\u00e8re est tout pr\u00e8s de lui&#8230;<\/p>\n<p>-Tu es bless\u00e9 Adam ?<\/p>\n<p>Adam fait non de la t\u00eate&#8230; Il porte lentement \u00e0 ses l\u00e8vres le verre que son p\u00e8re vient de lui apporter&#8230;<\/p>\n<p>-Hey fils, \u00e7a va ? Qu&#8217;est-ce qui t&#8217;est arriv\u00e9 ?<\/p>\n<p>-en ville; du grabuge&#8230; au saloon, battu&#8230;.<\/p>\n<p>Les mots sortent difficilement&#8230;. Paroles hach\u00e9es, pens\u00e9es embrouill\u00e9es, emm\u00eal\u00e9es&#8230; Gorge nou\u00e9e, voix enrou\u00e9e , sanglots entrem\u00eal\u00e9s de hocquets&#8230;<\/p>\n<p>Le regard de Ben qui va de son fils assis l\u00e0 \u00e0 ses fils debout, pr\u00e8s du canap\u00e9, qui cachent mal leur impatience de savoir ce qui s&#8217;est pass\u00e9&#8230;<\/p>\n<p>-Adam; tu peux nous en dire plus ?<\/p>\n<p>-Pa, o\u00f9 est Joan ?<\/p>\n<p>-euh dans sa chambre, je suppose&#8230;. Pourquoi ?<\/p>\n<p>-Henry a \u00e9t\u00e9 bless\u00e9, gravement bless\u00e9 .<\/p>\n<p>-Mais bon sang; que s&#8217;est-il pass\u00e9, Adam;<\/p>\n<p>-On est rentr\u00e9 avec Edmond dans le saloon, pour prendre une bi\u00e8re, on \u00e9tait tremp\u00e9&#8230; On nous a servi un steak. Henry \u00e9tait assis tout pr\u00e8s, devant un verre de whisky&#8230; Il nous \u00e9coutait parler; je l&#8217;ai invit\u00e9 \u00e0 s&#8217;asseoir avec nous&#8230; Et puis, Edmond a mis la main \u00e0 sa poche et quelque chose en est tomb\u00e9&#8230; Henry s&#8217;est pr\u00e9cipit\u00e9 pour ramasser l&#8217;objet en question , et il a chopp\u00e9 Edmond par le col et a commenc\u00e9 \u00e0 le secouer comme un prunier&#8230; Il lui hurlait dessus , \u00ab\u00a0o\u00f9 avez-vous trouv\u00e9 \u00e7a ? D&#8217;o\u00f9 le tenez-vous ? C&#8217;est \u00e0 ma m\u00e8re, \u00e7a; je le reconnais\u00a0\u00bb&#8230; Il \u00e9tait hyst\u00e9rique, il disait que c&#8217;\u00e9tait un bracelet qu&#8217;il avait lui-m\u00eame achet\u00e9 \u00e0 sa m\u00e8re le jour de la remise de son dipl\u00f4me&#8230;. Il le traitait de voleur, d&#8217;assassin, \u00e7a faisait vilain dans le saloon&#8230; Henry n&#8217;\u00a0\u00e9coutait personne, j&#8217;ai essay\u00e9 de lui parler; mais rien \u00e0 faire&#8230; Et Edmond l&#8217;a poignard\u00e9&#8230; Henry s&#8217;est \u00e9croul\u00e9&#8230;Puis Edmond a pris la fuite, j&#8217;ai d\u00e9gain\u00e9 et j&#8217;ai tir\u00e9 .<\/p>\n<p>-Tu l&#8217;as tu\u00e9 ? s&#8217;\u00e9crie Ben.<\/p>\n<p>-Non, j&#8217;ai vis\u00e9 les jambes;.. Je l&#8217;ai remis au sh\u00e9rif.<\/p>\n<p>-Et Henry ?<\/p>\n<p>-Je me suis approch\u00e9 de lui ; il avait le couteau plant\u00e9 dans le ventre; il perdait beaucoup de sang&#8230; J&#8217;ai retir\u00e9 la lame du couteau et j&#8217;ai appuy\u00e9 sur la plaie avec un linge propre, en attendant Paul&#8230; J&#8217;ai vu qu&#8217;il s&#8217;affaiblissait, et si \u00e7a se trouve, \u00e0 l&#8217;heure qu&#8217;il est, il est mort&#8230; C&#8217;\u00e9tait une vilaine blessure&#8230; -Il va falloir le dire \u00e0 Joan.. Elle voudra \u00eatre aupr\u00e8s d&#8217;elle&#8230;.<\/p>\n<p>Ben ne r\u00e9pond que d&#8217;un signe de la t\u00eate. Puis il se dirige vers les escaliers&#8230; Posant le pied sur la premi\u00e8re marche, il se retourne vers les gar\u00e7ons :<\/p>\n<p>-C&#8217;est \u00e0 moi de lui annoncer&#8230;<\/p>\n<p>Mon dieu que les marches sont hautes; le poids d&#8217;une telle nouvelle est atroce \u00e0 porter&#8230; Ben le sent; il ferme les yeux, prend une profonde respiration et essaie de calmer la violente temp\u00eate dans sa poitrine.. Que lui dire ? Quels espoirs lui donner ? Lui dire brutalement qu&#8217;Henry a \u00e9t\u00e9 poignard\u00e9 ?? Qu&#8217;il est entre la vie et la mort ? Encore huit marches; sept, puis cinq; ses pas sont lourds&#8230; Il monte lentement, pour repousser encore un peu l&#8217;instant o\u00f9 il devra parler, expliquer&#8230;. Adam n&#8217; a pas dit grand-chose; mais l&#8217;essentiel est l\u00e0 : Henry est gravement bless\u00e9&#8230; Henry va peut-\u00eatre mourir&#8230;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>******en ville<\/p>\n<p>Paul a demand\u00e9 aux hommes du saloon de porter Henry jusqu&#8217;\u00e0 sa maison; mais voyant ce dernier dans un \u00e9tat aussi critique, il y a renonc\u00e9&#8230; Il a fait \u00e9vacuer les lieux et a engag\u00e9 une lutte contre le temps pour essayer de le sauver&#8230;. Henry git \u00e0 m\u00eame le sol, Paul a interdit qu&#8217;on le bouge ou qu&#8217;on le touche&#8230; Il est \u00e0 m\u00eame le sol, la t\u00eate tourn\u00e9e sur le c\u00f4t\u00e9.. Paul lui a administr\u00e9 du laudanum en forte dose afin qu&#8217;il ne s&#8217;agite plus&#8230;<\/p>\n<p>-bon sang, Mr Dexter; arr\u00eatez de bouger&#8230; Vous perdez \u00e0 chaque fois un peu plus de sang. Et j&#8217;arrive pas \u00e0 stopper l&#8217;h\u00e9morragie&#8230;<\/p>\n<p>Son patient s&#8217;affaiblit encore en encore&#8230;<\/p>\n<p>-Il faudrait que je lui redonne du sang, mais \u00e7a risque de le tuer&#8230;.<\/p>\n<p>Mais s&#8217;il attend, il risque de toute fa\u00e7on de ne jamais se relever&#8230; Il a eu l&#8217;occasion de voir bon nombre de blessures de ce type, et tr\u00e8s peu en ont r\u00e9chapp\u00e9&#8230;<\/p>\n<p>-Docteur, qu&#8217;en pensez-vous ? demande un des gars venu lui pr\u00eater main forte&#8230;.<\/p>\n<p>-Bien mal engag\u00e9&#8230;. Si \u00e7a se trouve, il y a des organes qui ont \u00e9t\u00e9 touch\u00e9s&#8230;. Il a perdu \u00e9norm\u00e9ment de sang&#8230;. Il faut que j&#8217;arrive \u00e0 stopper cette satan\u00e9e h\u00e9morragie&#8230;. Passez-moi encore de la gaze; et approchez la lampe, je n&#8217;y vois rien&#8230;.<\/p>\n<p>Paul s&#8217;essuie le front, il a les mains couvertes de sang qui bient\u00f4t laissent une train\u00e9e sur ses joues&#8230;. -Il faut que je puisse suturer la plaie ; sinon, \u00e7a va s&#8217;infecter et il mourra&#8230;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>****** \u00e0 Ponderosa<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ben s&#8217;arr\u00eate devant la porte de la chambre de Joan&#8230; Elle va savoir, il va lui dire \u2026. Et d\u00e9j\u00e0 il sait qu&#8217;il hait ce qu&#8217;il s&#8217;appr\u00eate \u00e0 faire&#8230; Il doit le faire mais il en d\u00e9teste chaque seconde. Porteur de mauvaises nouvelles; \u00eatre celui qui infligera obligatoirement une immense douleur&#8230; Que dire ??? Comment le dire ? Il faut le faire; allons, Ben se secoue int\u00e9rieurement&#8230; tant pis s&#8217;il a le mauvais r\u00f4le, personne ne va le seconder&#8230; Il doit y aller&#8230;. Il inspire un grand coup, expire lentement, ferme les yeux, l\u00e8ve la main et tape contre le bois de la porte&#8230;<\/p>\n<p>-Entrez&#8230;.<\/p>\n<p>Joan lui tourne le dos, elle plie du linge&#8230;Il la voit vaquer \u00e0 ses occupations, pendre une robe&#8230; La ceinture de satin rose glisse.. Aussit\u00f4t il s&#8217;avance pour la ramasser, elle en fait de m\u00eame; leurs mains se fr\u00f4lent; ils se sourient&#8230;. Il lui tend le bout de tissu, elle le prend et le remercie du bout des l\u00e8vres&#8230; Leurs yeux se croisent, encore une fois&#8230;.<\/p>\n<p>-Joan, j&#8217;ai quelque chose \u00e0 vous dire&#8230;. Venez&#8230;.<\/p>\n<p>Il la prend par la main et la conduit vers le lit&#8230; Elle s&#8217;y assoit, il prend une chaise et se place devant elle&#8230;.<\/p>\n<p>-Joan, il s&#8217;est pass\u00e9 quelque chose de grave au saloon&#8230;.<\/p>\n<p>-Adam ?<\/p>\n<p>-Non, Adam va bien.. Il est en bas&#8230; Il est tr\u00e8s choqu\u00e9, mais il est parvenu \u00e0 nous expliquer&#8230; J&#8217;ai cru comprendre qu&#8217;Henry est gravement bless\u00e9&#8230;<\/p>\n<p>-OH NON, \u2026&#8230;&#8230; est-il ?<\/p>\n<p>-Je ne sais pas; Joan&#8230; Adam a juste dit qu&#8217;il \u00e9tait tr\u00e8s bless\u00e9..<\/p>\n<p>-Mais que lui est-il arriv\u00e9 ? Une chute de cheval ? Un accident ?<\/p>\n<p>-Il re\u00e7u un coup de couteau au cours d&#8217;une bagarre au saloon&#8230;<\/p>\n<p>-Un coup de couteau ; Henry ? Il doit y avoir une erreur&#8230; \u00e7a ne se peut pas; pas Henry.. Henry n&#8217;est pas bagarreur&#8230;.<\/p>\n<p>-D&#8217;apr\u00e8s Adam, il y a eu un accrochage entre lui et Edmond&#8230;.<\/p>\n<p>-Edmond ? Est-ce que je le connais cet Edmond ?<\/p>\n<p>-Oui, il travaille pour nous&#8230; C&#8217;est lui qu&#8217;Adam ramenait en ville&#8230;.<\/p>\n<p>-Benjamin, je veux aller en ville, je veux aller au chevet de Henry&#8230; Il le faut, emmenez-moi, je vous en prie&#8230;Benjamin&#8230;.<\/p>\n<p>-tout ce que vous voudrez Joan&#8230; Nous partons sur le champ&#8230;.<\/p>\n<p>Joan attrape au vol sa cape de velours noir et son chapeau violine ainsi que ses gants et sort de la chambre; pr\u00e9c\u00e9dant Ben qui referme la porte derri\u00e8re lui&#8230;. Il lui passe la main autour de la taille et l&#8217;entra\u00eene doucement dans le couloir qui m\u00e8ne aux escaliers&#8230; Elle se laisse aller; elle pose sa t\u00eate sur son \u00e9paule, lui faisant ainsi comprendre qu&#8217;elle a besoin de soutien et de r\u00e9confort&#8230;. Il se met face \u00e0 elle et la prend dans ses bras&#8230;. Les larmes ne tardent pas&#8230;.<\/p>\n<p>-venez, allons-y, nous avons une longue route devant nous et Adam avait l&#8217;air de dire que c&#8217;\u00e9tait tr\u00e8s s\u00e9rieux&#8230;.<\/p>\n<p>Joan sort de sa poche un d\u00e9licat mouchoir de coton blanc et tamponne ses yeux rougis&#8230;. En bas des escaliers, Ben croise le regard de ses fils&#8230; Joe s&#8217;avance et prend Joan dans ses bras, avant de l&#8217;embrasser sur la joue&#8230;<\/p>\n<p>-Joan, n&#8217;oubliez pas que nous sommes l\u00e0&#8230;<\/p>\n<p>-Merci Joe&#8230;. Merci d&#8217;\u00eatre l\u00e0&#8230;.<\/p>\n<p>-Je reste l\u00e0 avec Adam&#8230;.<\/p>\n<p>A ces mots, Adam se redresse.<\/p>\n<p>-Non, Joe, je vais en ville&#8230; Je dois parler \u00e0 Roy&#8230;<\/p>\n<p>-Adam, est-ce bien raisonnable ?<\/p>\n<p>-Pa, je ne suis pas bless\u00e9,; tout va bien&#8230; C&#8217;est dit; je viens avec vous&#8230;<\/p>\n<p>-Bien, je n&#8217;insiste pas; fils&#8230; Hoss, tu veux atteler la voiture&#8230; Qui monte avec Joan et moi ? Adam ? Joe ?<\/p>\n<p>-Non, pa; on y va \u00e0 cheval.. Monte seulement avec Joan..<\/p>\n<p>-Doucement les gar\u00e7ons, pas d&#8217;imprudence&#8230; L&#8217;orage a d\u00e9tremp\u00e9 la piste, n&#8217;allez pas tomber ; nous n&#8217;avons pas besoin de \u00e7a en ce moment&#8230;<\/p>\n<p>-Promis Pa&#8230;.<\/p>\n<p>-Adam tu es s\u00fbr que \u00e7a;&#8230;.<\/p>\n<p>-PAAA;<\/p>\n<p>-Bon bon, tr\u00e8s bien&#8230;<\/p>\n<p>Hoss, Joe et Adam galopent dans la plaine noy\u00e9e de brume et de pluie, tous les trois encadrent le buggy qui file; emportant Ben et Joan vers Virginia City, vers une nouvelle \u00e9preuve, vers des heures difficiles&#8230;. Joan serre ses mains gant\u00e9es autour de sa capeline ; il ne pleut plus, mais l&#8217;air est vif et lui pique les joues&#8230;. Une foule de pens\u00e9es se bouscule dans sa t\u00eate, tout d\u00e9file \u00e0 vive allure devant ses yeux : le paysage, les arbres, les buissons, les derni\u00e8res semaines, sa vie&#8230;. Et tout d\u00e9file sans qu&#8217;elle n&#8217;ait prise sur le temps; elle subit les \u00e9v\u00e9nements,; mais ne comprend pas tout&#8230; \u00e7a lui tombe dessus&#8230;. Henry gravement bless\u00e9, voil\u00e0 une fin tragique pour un mariage qui a vol\u00e9 en \u00e9clat&#8230;. Est-ce que \u00e7a compte ou est-ce que \u00e7a ne compte plus ? Elle ne sait pas&#8230;<\/p>\n<p>-Ben, d\u00eetes-moi qu&#8217;on va arriver \u00e0 temps&#8230;<\/p>\n<p>-je ne peux pas vous le promettre, Joan.. \u00e7a ne d\u00e9pend pas de moi&#8230;.<\/p>\n<p>-je veux lui parler, j&#8217;esp\u00e8re en avoir le temps&#8230;<\/p>\n<p>-je ne peux rien faire de plus pour vous, Joan, Il ne vous reste plus que la pri\u00e8re&#8230;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Et Joan joint ses mains et \u00e9l\u00e8ve son regard vers le ciel : la petite voix solennel empreinte de sinc\u00e9rit\u00e9 murmure :<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Oh grand esprit dont j&#8217;entends la voix dans le vent et dont le souffle donne vie \u00e0 tout l&#8217;univers, entends ma pri\u00e8re&#8230; Je suis ton enfant de lumi\u00e8re&#8230; J&#8217;ai besoin de la force de ton amour pour discerner le vrai du faux et chasser les t\u00e9n\u00e8bres qui embrouillent mon esprit&#8230;. Donne-moi la sagesse pour pardonner, fait que mes yeux et que mon coeur voient clair en l&#8217;homme \u00e0 qui j&#8217;ai uni ma vie&#8230;. Je demande la force non pas pour dominer, mais pour combattre un ennemi terrible : le doute&#8230;.. Fais que mes mains soient instrument de gu\u00e9rison pour \u00e9loigner la mort de celui \u00e0 qui j&#8217;appartiens; afin que nous puissions parler et \u00e9claircir notre horizon&#8230; Et s&#8217;il vous plaisait de le rappeler, laissez-nous le temps de nous regarder, laissez-nous le temps de nous parler, afin que nous nous quittions sereinement&#8230;.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Elle a \u00e0 ce moment une telle majest\u00e9 que Ben en a le souffle coup\u00e9 : elle d\u00e9gage tellement de force et de courage&#8230;. Il imagine la communion qu&#8217;elle partage avec ce Grand Esprit dont elle parle avec tellement de sentiments; c&#8217;est quelque chose qu&#8217;il con\u00e7oit, puisqu&#8217;il a lui aussi l&#8217;habitude d&#8217;adresser des pri\u00e8res au Tr\u00e8s Haut&#8230;. Il esp\u00e8re que Joan sera entendue; lui-m\u00eame en a adress\u00e9 tant lorsque Marie luttait contre la mort&#8230; Il sait qu&#8217;il n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 entendu,; mais il sait aussi qu&#8217;il a eu le temps; il a eu le temps de la serrer contre lui, ils ont eu le temps de se dire adieu; il a pu l&#8217;embrasser une derni\u00e8re fois avant que la mort ne fige pour toujours son dernier sourire&#8230; Il ose esp\u00e9rer que Joan aura la m\u00eame chance, si Henry devait ne pas se remettre de ses blessures.. Alors oui; pourvu qu&#8217;ils arrivent \u00e0 temps&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>*****que le temps dure longtemps lorsque l&#8217;urgence se fait sentir&#8230;. Ce buggy se traine, Joan voit passer des branches, et des branches&#8230;.<\/p>\n<p>-J&#8217;ai l&#8217;impression de ne pas avancer; j&#8217;ai l&#8217;impression qu&#8217;on va au ralenti&#8230; Alors qu&#8217;en m\u00eame temps, tout s&#8217;est acc\u00e9l\u00e9r\u00e9.. Je n&#8217;ai aucune prise sur ce qui se passe et \u00e7a me fait peur&#8230;.<\/p>\n<p>-Nous y sommes presque; Joan&#8230; Il nous reste quelques miles; encore une quarantaine de minutes et vous serez aupr\u00e8s de lui&#8230;.<\/p>\n<p>-merci Benjamin&#8230;<\/p>\n<p>-Moi aussi j&#8217;ai h\u00e2te d&#8217;y \u00eatre&#8230; J&#8217;ai besoin de comprendre ce qui s&#8217;est pass\u00e9&#8230; Cet homme qui a tir\u00e9 nous doit des explications; il travaillait pour moi, apr\u00e8s tout&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Enfin Ben stoppe les chevaux, devant le saloon&#8230; Une foule de curieux s&#8217;est amass\u00e9e devant les portes \u00e0 battants&#8230;Les nouvelles vont tr\u00e8s vite ici, comme partout&#8230; Et l&#8217;annonce de la bagarre au saloon au cours de laquelle un homme avait \u00e9t\u00e9 bless\u00e9 ne pouvait qu&#8217;attirer les habitants de Virgninia City pour qui tout ce qui sortait de l&#8217;ordinaire \u00e9tait bon \u00e0 prendre&#8230;. Hoss joue des coudes pour faire d\u00e9gager les badauds et les comm\u00e8res&#8230;.<\/p>\n<p>-Vous n&#8217;avez rien d&#8217;autre \u00e0 faire, leur lance Ben&#8230;.<\/p>\n<p>Joan d\u00e9fait le crochet de sa cape et la lance \u00e0 Joe&#8230;. Elle se pr\u00e9cipite vers le fond de la pi\u00e8ce, l\u00e0 o\u00f9 Paul s&#8217;est install\u00e9&#8230; Henry git maintenant sur une table ; qu&#8217;on a d\u00e9barrass\u00e9e \u00e0 la h\u00e2te&#8230;. C&#8217;est avec d&#8217;infinies pr\u00e9cautions qu&#8217;ils l&#8217;ont soulev\u00e9 et qu&#8217;ils l&#8217;ont allong\u00e9 sur le dessus de la table&#8230;.<\/p>\n<p>-Docteur, comment va-t-il ?<\/p>\n<p>-Il a perdu \u00e9norm\u00e9ment de sang&#8230;. Mais il est toujours avec nous&#8230;<\/p>\n<p>-Oh merci docteur&#8230;.<\/p>\n<p>Elle l&#8217;embrasse de gratitude et pose sa main sur le bras de son \u00e9poux.. Henry ne r\u00e9agit pas&#8230;<\/p>\n<p>-Il est si p\u00e2le&#8230;.<\/p>\n<p>-C&#8217;est \u00e0 cause de la perte de sang&#8230;. Pour l&#8217;instant il est stabilis\u00e9, j&#8217;ai pu stopper l&#8217;h\u00e9morragie mais il est tr\u00e8s faible&#8230; Et je n&#8217;exclue pas la venue prochaine d&#8217;une infection&#8230;. Son pronostic vital est doublement engag\u00e9&#8230;.<\/p>\n<p>Joan encaisse les paroles du docteur; ses larmes roulent doucement sur ses joues, elle ne quitte pas des yeux son \u00e9poux et lui caresse tendrement le visage&#8230;.<\/p>\n<p>-Pourrai-je rester seule avec lui ?<\/p>\n<p>-Bien s\u00fbr Mrs Dexter&#8230;.<\/p>\n<p>Les hommes pr\u00e9sents quittent la pi\u00e8ce et Ben tire le rideau qui s\u00e9pare la salle principale de l&#8217;arri\u00e8re-salle o\u00f9 Paul s&#8217;est install\u00e9 avec le bless\u00e9; le pr\u00e9servant des regards des curieux qui sont toujours aussi nombreux devant les portes&#8230;<\/p>\n<p>-Hoss, Joe, fa\u00eetes d\u00e9gager cette bande de fouineurs sans g\u00eane et indiscrets&#8230;. Sinon je vais leur foncer dans le lard&#8230; Oh et puis tenez, je vais sortir avec vous, je dois parler \u00e0 Roy&#8230;.<\/p>\n<p>Ben sort, accompagn\u00e9 d&#8217;Adam&#8230; La foule s&#8217;est dispers\u00e9e sous la menace de Hoss et de Joe, et maintenant, la rue est presque vide&#8230;<\/p>\n<p>-Faut pas r\u00eaver, pa; ils vont revenir&#8230;. Ils ne peuvent pas s&#8217;en emp\u00eacher&#8230;<\/p>\n<p>-Bah, assister \u00e0 la mort d&#8217;un autre doit les rassurer sur leur propre sort&#8230; C&#8217;est pas leur tour&#8230;<\/p>\n<p>-Oui mais leur tour viendra;<\/p>\n<p>-Oui Joe; nous tous y passeront&#8230;.<\/p>\n<p>-Le plus tard possible, j&#8217;esp\u00e8re&#8230;<\/p>\n<p>-\u00e7a Joe, seul le Tout Grand peut le dire&#8230; Effor\u00e7ons-nous de vivre chaque jour, nul ne sait si ce ne sera pas le dernier&#8230; Et derni\u00e8re chose les gar\u00e7ons, ne jamais oublier de dire \u00e0 ceux qu&#8217;on aime qu&#8217;on les aime&#8230; Apr\u00e8s c&#8217;est trop tard&#8230; L&#8217;important est de pouvoir se parler&#8230;<\/p>\n<p>-Tu crois que Joan aura le temps de parler avec Henry ?<\/p>\n<p>-Je l&#8217;esp\u00e8re&#8230; Quelque chose me dit qu&#8217;ils auront le temps&#8230;.<\/p>\n<p>-Tu penses qu&#8217;Henry va s&#8217;en sortir ?<\/p>\n<p>-Je n&#8217;en sais rien, Hoss&#8230; Je voudrai le croire,; mais sa blessure est tr\u00e8s grave&#8230;. Trop grave, peut-\u00eatre&#8230; Maintenant ce qu&#8217;il importe, c&#8217;est de faire la lumi\u00e8re sur ce qui s&#8217;est pass\u00e9&#8230; J&#8217;ai dans l&#8217;id\u00e9e que nous n&#8217;allons pas tarder \u00e0 comprendre&#8230;<\/p>\n<p>-Tu sais Pa; j&#8217;ai d\u00e9j\u00e0 compris pas mal de choses&#8230; Marchildon avait sur lui quelque chose qui appartenait \u00e0 Henry ou \u00e0 la m\u00e8re d&#8217;Henry&#8230; J&#8217;ai dans l&#8217;id\u00e9e qu&#8217;il est all\u00e9 au ranch des Dexters et manifestement pas pour prendre le th\u00e9&#8230;..<\/p>\n<p>-Tu as sans doute raison, Adam&#8230; Mais nous voil\u00e0 devant l&#8217;office de Roy&#8230;.<\/p>\n<p>-Bonjour Roy&#8230;<\/p>\n<p>-Oh bonjour Ben, bonjour les gars&#8230; Adam, tu vas bien ?<\/p>\n<p>-Oui oui sh\u00e9riff&#8230;.<\/p>\n<p>-Ben, tu as vu Henry Dexter, comment va-t-il ?<\/p>\n<p>-toujours entre la vie et la mort, peut-\u00eatre plus proche de la mort que de la vie&#8230;<\/p>\n<p>-J&#8217;ai pu interroger Marchildon&#8230;. Ce qu&#8217;il raconte n&#8217;est pas clair&#8230;<\/p>\n<p>-A t-il dit quelque chose \u00e0 propos du bracelet ?<\/p>\n<p>-le bracelet; oh; je ne lui ai pas demand\u00e9&#8230;<\/p>\n<p>-J&#8217;ai vu la t\u00eate d&#8217;Henry quand il a aper\u00e7u ce qui \u00e9tait tomb\u00e9 de la poche de Marchildon&#8230; Marchildon \u00e9tait chez Henry Dexter, c&#8217;est s\u00fbr&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>******dans le saloon&#8230;.<\/p>\n<p>Joan a pos\u00e9 sa t\u00eate sur la poitrine de Henry&#8230;. Elle pleure doucement, elle lui caresse la main&#8230; Elle voudrait \u00eatre plus proche de lui encore, pour lui donner un peu de sa vie \u00e0 elle&#8230; Elle murmure \u00e0 son oreille de douces paroles&#8230;.L&#8217;entend-il seulement ? Les mots parviennent-ils jusqu&#8217;\u00e0 lui ? Il semble si loin d\u00e9j\u00e0;&#8230;Est-il en train de partir ? Est-il en train de lutter contre la fi\u00e8vre, contre l&#8217;infection, une lutte en silence , en solitaire; une lutte interne ? Ou bien a-t-il renonc\u00e9 et attend-il sur le pas de la porte de son Cr\u00e9ateur ?<\/p>\n<p>-Docteur, docteur, venez vite; il se r\u00e9veille&#8230;.<\/p>\n<p>Joan s&#8217;est pr\u00e9cipit\u00e9 sur le rideau, sit\u00f4t qu&#8217;elle a senti dans sa main, que les doigts du bless\u00e9 se crispaient&#8230;.<\/p>\n<p>Paul arrive, et prend le pouls de son patient&#8230; Examine ses pupilles&#8230;. Ecoute la respiration&#8230;<\/p>\n<p>-Il semble qu&#8217;il se r\u00e9veille, effectivement&#8230; Le laudanum aura cess\u00e9 de faire effet&#8230;<\/p>\n<p>-Qu&#8217;allez-vous faire , docteur ?<\/p>\n<p>-Cela d\u00e9pend de lui.. S&#8217;il s&#8217;agite, il risque de rouvrir la plaie, je serai oblig\u00e9 de l&#8217;endormir \u00e0 nouveau&#8230;Voyons s&#8217;il nous entend&#8230; Mr Dexter, Mr Dexter ; m&#8217;entendez-vous ???<\/p>\n<p>Pas de r\u00e9ponse&#8230; Mais un l\u00e9ger mouvement de t\u00eate&#8230;.. Henry ouvre les yeux, essaie de bouger la t\u00eate, les doigts&#8230;<\/p>\n<p>-Doucement, mr Dexter&#8230; \u00a8Pas de mouvements brusques&#8230;. Est-ce que vous avez mal ?<\/p>\n<p>-Oireeeeeeeeeeee&#8230; , dit-il d&#8217;un filet de voix&#8230;.<\/p>\n<p>-Pas maintenant, monsieur&#8230;<\/p>\n<p>Paul humecte un linge et le tend \u00e0 Joan&#8230;.<\/p>\n<p>-Je peux ?<\/p>\n<p>-Oui, mouillez lui les l\u00e8vres&#8230;.<\/p>\n<p>Tendrement Joan fait ce que lui a conseill\u00e9 le docteur&#8230;. Henry pose sa main sur celle de Joan, la main droite, celle \u00e0 laquelle brille l&#8217;anneau&#8230;<\/p>\n<p>-Oui c&#8217;est moi.. Restez calme; mon ami&#8230;. \u00e7a va aller&#8230;.Vous ne devez pas vous agiter&#8230;.<\/p>\n<p>-Le bra-ccce&#8230;..bracc&#8230;. Il il \u2026.. March&#8230;don avait le bra&#8230;.<\/p>\n<p>Il ne termine pas sa phrase&#8230;<\/p>\n<p>-Il faut qu&#8217;il arr\u00eate de parler, le moindre effort le fatigue&#8230;. Il faut lui redonner le sang qu&#8217;il a perdu, sans quoi il ne pourra se remettre.. Je vais tenter de lui en redonner&#8230;<\/p>\n<p>-Vous pouvez faire \u00e7a, docteur ? lui demande Joan&#8230;<\/p>\n<p>-Oui, on a pu d\u00e9montrer qu&#8217;un animal affaibli par une perte de sang peut \u00eatre ranim\u00e9 par une injection de sang&#8230;. Donc on peut envisager la m\u00eame chose pour l&#8217;\u00eatre humain&#8230;. On sait maintenant que le sang transporte quelque chose d&#8217;indispensable \u00e0 la vie : l&#8217;oxyg\u00e8ne&#8230;.<\/p>\n<p>-Et cela va sauver mon \u00e9poux ?<\/p>\n<p>-Joan vous devez savoir que ce que je vais faire n&#8217;est pas sans risque&#8230;.. Votre mari peut mourir&#8230; Nous ne savons pas l&#8217;expliquer, mais certains patients se r\u00e9tablissent et d&#8217;autres meurent&#8230;. Ainsi un m\u00e9decin fran\u00e7ais a sauv\u00e9 un jeune gar\u00e7on d&#8217;une quinzaine d&#8217;ann\u00e9e atteint d&#8217;une fi\u00e8vre. Il lui injecta neuf onces de sang art\u00e9riel d&#8217;agneau. Le patient, suivant le r\u00e9cit, gu\u00e9rit aussit\u00f4t de fa\u00e7on d\u00e9finitive.<\/p>\n<p>Paul pr\u00e9pare son mat\u00e9riel&#8230;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>*************dans le bureau du sh\u00e9riff<\/p>\n<p>Le temps donne l&#8217;impression d&#8217;\u00eatre suspendu&#8230; On entend plus que le cliquetis de la pendule qui \u00e9graine les secondes&#8230; Adam, pr\u00e8s de la fen\u00eatre, fixe le bout de ses bottes et jette de temps en temps un oeil vers la porte ferm\u00e9e qui le s\u00e9pare de Marchildon&#8230;. Ben Cartwright est assis en face de Roy et de son assistant \u2026. Sur la table, le couteau que personne n&#8217;a lav\u00e9,; le bracelet et quelques billets verts&#8230;<\/p>\n<p>-C&#8217;est ce qu&#8217;il avait dans ses poches&#8230; lance Dayve&#8230;<\/p>\n<p>-Rien d&#8217;autre, pas de papier, pas de notes ???<\/p>\n<p>-Non Ben, qu&#8217;esp\u00e9rais-tu ?<\/p>\n<p>-une lettre, un mot griffonn\u00e9 avec lequel on aurait pu comparer l&#8217;\u00e9criture de la lettre qui accompagnait le certificat que Joan a re\u00e7u&#8230;<\/p>\n<p>-A quoi penses -tu pa ?<\/p>\n<p>-Joe, j&#8217;ai dans l&#8217;id\u00e9e que Edmond a jou\u00e9 un r\u00f4le dans cette affaire, bien avant de planter son couteau dans le ventre de Henry&#8230;. Plus j&#8217;y pense et plus je trouve que cela se tient&#8230;. Roy, tu veux bien me laisser lui parler ?<\/p>\n<p>-Oui Ben, tu es son employeur, apr\u00e8s tout&#8230;<\/p>\n<p>-Oui, je le suis en effet&#8230; Je suis l&#8217;employeur d&#8217;un assassin, peut-\u00eatre d&#8217;un faussaire et d&#8217;un double assassin&#8230; Dur \u00e0 encaisser&#8230;<\/p>\n<p>-Pa, tu n&#8217;as rien \u00e0 te reprocher&#8230;. Dans ce cas l\u00e0, je suis aussi bl\u00e2mer, c&#8217;est moi qui l&#8217;ai recrut\u00e9&#8230;.ajoute Adam&#8230;.<\/p>\n<p>-Oui pa, Adam a raison&#8230; Personne ne pouvait se m\u00e9fier&#8230;. C&#8217;est un bosseur capable d&#8217;abattre une quantit\u00e9 incroyable de travail; on n&#8217;a pas cherch\u00e9 midi \u00e0 quatorze heures&#8230;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ben se l\u00e8ve, va vers son fils a\u00een\u00e9 et lui touche l&#8217;\u00e9paule&#8230;Puis il se dirige vers la porte. Il pose la main sur la poign\u00e9e, il l&#8217;abaisse, ouvre et entre dans la pi\u00e8ce, dans laquelle deux cellules aux lourdes barreaux attirent le regard.. Celle de gauche est vide; une couverture marron est pli\u00e9e sur la couchette&#8230; Edmond occupe celle de droite&#8230;. Voyant Ben Cartwright entrer, il se l\u00e8ve et colle ses mains contre les barreaux&#8230;.<\/p>\n<p>-Mr Cartwright p\u00e8re en personne&#8230;. z&#8217;vous aurai bien fait eintrer, mais l&#8217;autre a barr\u00e9 la porte&#8230;. dit-il avec un rire gras qui n&#8217;est pas du go\u00fbt de Ben&#8230;<\/p>\n<p>-Assez, taisez-vous&#8230;. J&#8217;ai une question \u00e0 vous poser, et je veux une r\u00e9ponse&#8230;. Savez-vous \u00e9crire ?<\/p>\n<p>-Ouais, pis astheure faut y que je vous fasse vot courrier, patron ?<\/p>\n<p>-Fermez-la&#8230;.. Vous allez juste \u00e9crire ceci; \u00ab\u00a0Mo Edmond Marchildon, d\u00e9clare ne plus \u00eatre au service de Benjamin Cartwright&#8230;Vous datez et vous signez&#8230;.<\/p>\n<p>Et Ben lui tend un crayon de bois et une feuille&#8230;. Il n&#8217;y a pas \u00e0 discuter&#8230; Ben lui d\u00e9coche un regard noir, plus noir que le cuir de ses bottes. L&#8217;autre lui arrache la feuille des mains ainsi que le crayon et s&#8217;asseoit sur sa couchette&#8230;.;<\/p>\n<p>-j&#8217;sais pas si \u00e7a va \u00eatre ben lisable&#8230;..<\/p>\n<p>-Si c&#8217;est pas \u00ab\u00a0lisable\u00a0\u00bb comme tu dis, tu recommenceras&#8230;<\/p>\n<p>Ben s&#8217;accomode du langage de son ancien rancher&#8230;. Il attend, bras crois\u00e9s haut sur la poitrine, visage ferm\u00e9; les l\u00e8vres pinc\u00e9es&#8230;.<\/p>\n<p>-pis t&#8217;en as pas marre de poireauter, comme \u00e7a ?<\/p>\n<p>-J&#8217;ai tout mon temps; va&#8230;<\/p>\n<p>-tu serais pas tent\u00e9 d&#8217;aller voir l&#8217;autre; i me semble \u00e0 moi qu&#8217;aurait mieux fait de se calmer le pompon&#8230;. le petit gars&#8230;. Faut dire qu&#8217;il a du guts, quand m\u00eame&#8230; C&#8217;est ben d\u00a0&#8216;valeur qu&#8217;il a but\u00e9 contre la lame de mon belt knife&#8230;.<\/p>\n<p>Tout en disant \u00e7a, le monstre mime le geste d&#8217;un pauvre gars venant s&#8217;empaler sur la lame d&#8217;un couteau&#8230;.<\/p>\n<p>Mais Ben tourne le dos, apr\u00e8s avoir r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 la feuille de papier&#8230; Ben sait trop bien que le gars veut le provoquer, il n&#8217;attend que \u00e7a; voir son patron perdre son calme et lui d\u00e9foncer la face&#8230; Mais Ben n&#8217;est pas ce genre d&#8217;homme.. Quand bien m\u00eame il en meurt d&#8217;envie, il ne le montre pas et s&#8217;appuyant sur sa force int\u00e9rieur et son intelligence sup\u00e9rieure, il ne s&#8217;abaisse pas \u00e0 porter la main sur le gars qui le nargue pourtant&#8230;<\/p>\n<p>-On verra bien si t&#8217;en aura toi, du guts ou du cran quand le juge te fera lecture de ta condamnation pour homicide, l&#8217;ami&#8230;. Sur ce&#8230;&#8230;<\/p>\n<p>Du coup, l&#8217;autre explose :<\/p>\n<p>-vendu, pourri , p\u00e9teux de broue; j&#8217;te casserai ben la yeule&#8230;..<\/p>\n<p>-Casse-toi les poings sur les barreaux, pour l&#8217;instant.. Tu r\u00e9serveras tes insultes pour celui qui te passera la corde au cou&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>******dans le saloon&#8230;.C&#8217;est fini&#8230;.<\/p>\n<p>-je suis d\u00e9sol\u00e9 Joan&#8230;. Il n&#8217;y a plus rien \u00e0 faire&#8230;.<\/p>\n<p>-Nonnnnnnnnnnnnnnnnnnnn&#8230;. Henry&#8230;.<\/p>\n<p>Joan s&#8217;\u00e9croule sur la poitrine sans vie de son \u00e9poux&#8230;.<\/p>\n<p>-Je vous aimais tant&#8230;.<\/p>\n<p>Sa voix se termine en un long sanglot&#8230;. Elle noie de larme le corps sans vie de son mari&#8230;.Les regrets. Bonheur d\u00e9truit, bonheur foudroyant&#8230; Corps que l&#8217;on a si peu eu le temps d&#8217;aimer; corps que l&#8217;on voudrait garder contre soi&#8230; Corps sans vie de celui qu&#8217;on a aim\u00e9. Souvenir des derniers mots de Henry qui a dit : \u00ab\u00a0Elle n&#8217;a jamais \u00e9t\u00e9 l\u00e0 pour moi; un ortie \u00e0 la place des mains&#8230;. J&#8217;sais que j&#8217;ai rien demand\u00e9; j&#8217;ai pas demand\u00e9 \u00e0 venir&#8230;. Est-ce trop demander que d&#8217;\u00eatre aim\u00e9 ? Est-ce trop attendre de la femme qui nous a mis au monde.. hein, je vous le demande ? J&#8217;avais besoin de savoir qu&#8217;elle m&#8217;aimait, j&#8217;ai fait ce que j&#8217;ai pu,; mais je sais que je suis bancal malgr\u00e9 ma belle situation.. Oh oui, mr l&#8217;avocat, \u00e7a sonne bien&#8230; J&#8217;avance droit sur mon chemin, en oubliant, que moi, on m&#8217;a laiss\u00e9 en route, on m&#8217;a perdu en route&#8230; Et m\u00eame pas par accident&#8230;.\u00a0\u00bb Et puis cette promesse , murmur\u00e9e dans un dernier souffle \u00ab\u00a0 je n&#8217;ai \u00e9pous\u00e9 personne \u00e0 part vous, et je n&#8217;ai pas tu\u00e9 ma m\u00e8re\u00a0\u00bb&#8230;.<\/p>\n<p>Ultime confession d&#8217;un homme qui \u00e9tait en train de quitter la vie et qui voulait \u00eatre lav\u00e9 de tous soup\u00e7ons&#8230;.<\/p>\n<p>Paul a pris soin d&#8217;enlever ses instruments&#8230;. L&#8217;homme a qui il a pr\u00e9lev\u00e9 un peu de sang au moyen d&#8217;une seringue se tient \u00e0 l&#8217;\u00e9cart&#8230;. Paul l&#8217;a rassur\u00e9 en lui disant qu&#8217;il n&#8217;y \u00e9tait pour rien; que ce genre de complications arrivaient quatre fois sur cinq&#8230;. Il demande un verre d&#8217;eau, apr\u00e8s avoir plong\u00e9 ses avant-bras dans la cuvette d&#8217;eau fraiche qu&#8217;on lui tendait&#8230;. Puis il sort, besoin de changer d&#8217;air. Il se frotte les tempes, un mal de t\u00eate lancinant, l&#8217;agitation sans rel\u00e2che des derni\u00e8res minutes&#8230;. Un acharnement qui se solde par la mort d&#8217;un patient&#8230; Il aura tout tent\u00e9 mais la blessure \u00e9tait trop importante; et puis cette ultime tentative pour repousser le spectre de la mort&#8230;. Un coup de poker, un pile ou face qui a mal tourn\u00e9&#8230;. Le front lui br\u00fble, l&#8217;\u00e9puisement le guette, une douleur lui scie la t\u00eate&#8230;. Il se laisse tomber bras en avant sur la barri\u00e8re devant le saloon, il plante sa t\u00eate dans ses mains ; ne plus rien voir, chasser de son esprit les 1001 pens\u00e9es de honte, de tristesse, d&#8217;impuissance qui se d\u00e9chainent dans son cr\u00e2ne&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>*********dans le bureau du sh\u00e9riff;&#8230;<\/p>\n<p>Ben lance sur la table la feuille ; puis ; mettant la main dans la poche de son veston, en sort un carr\u00e9 froiss\u00e9&#8230;<\/p>\n<p>-Tenez sh\u00e9riff; regardez; ici, les quelques mots que j&#8217;ai fait \u00e9crire \u00e0 Edmond et ici, la lettre que Joan a re\u00e7u : ne dit-on pas \u00able bandit a sign\u00e9 son forfait\u00a0\u00bb.. Je ne l&#8217;accuse pas de meurtre, pas pour l&#8217;instant,; mais il est l&#8217;auteur de cette lettre, \u00e7a ne fait aucun doute&#8230;Regardez, la m\u00eame \u00e9criture pench\u00e9e vers la gauche&#8230; les m\u00eames lettres mal form\u00e9es, comme saccad\u00e9es&#8230;. Il y a de l&#8217;aggressivit\u00e9 dans cette \u00e9criture, c&#8217;est flagrant&#8230;<\/p>\n<p>-Troublant, en effet, Ben&#8230; C&#8217;est un premier lien entre notre gars et la famille Dexter&#8230;.<\/p>\n<p>-Les autres liens, nous les conna\u00eetrons plus tard; il les livrera au juge&#8230;. C&#8217;est lui qui a poignard\u00e9 Henry&#8230;.<\/p>\n<p>-Le juge arrive dans trois jours&#8230; Il a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9venu pour Henry&#8230;.. , commente Dayve&#8230;<\/p>\n<p>-Comment \u00e7a, pour Henry Dexter, demande Adam&#8230;<\/p>\n<p>-Mon assistant Larson Clark croit , enfin croyait \u00e0 la culpabilit\u00e9 de Mr Dexter&#8230; Il le croit coupable d&#8217;homicide sur sa m\u00e8re \u2026<\/p>\n<p>-SUR SA MERE, ALLONS DONC&#8230;., s&#8217;\u00e9crie Adam&#8230;<\/p>\n<p>Joe se rapproche de son fr\u00e8re; et avoue :<\/p>\n<p>-Tu sais Adam; moi aussi j&#8217;ai eu des doutes&#8230; Je dis \u00ab\u00a0j&#8217;ai eu\u00a0\u00bb car il me semble que le pauvre Henry ne va pas assister \u00e0 son proc\u00e8s&#8230;. Il sera cit\u00e9 mais comme victime, et pas comme t\u00e9moin&#8230;<\/p>\n<p>-C&#8217;est moi qui t\u00e9moignerai comme t\u00e9moin, conclue Adam, m\u00e2choires d&#8217;acier et regard de braise&#8230; C&#8217;est moi qui l&#8217;ai vu s&#8217;\u00e9crouler avec le couteau dans l&#8217;abdomen&#8230;<\/p>\n<p>-Et Edmond n&#8217;a pas le moindre remord&#8230;, ajoute Ben&#8230;.<\/p>\n<p>-En tout cas, ce geste change tout&#8230;. Effectivement&#8230; Mais il reste l&#8217;homicide commis sur Mme Dexter m\u00e8re&#8230;<\/p>\n<p>-Sh\u00e9riff, j&#8217;ai confiance dans le proc\u00e8s&#8230; On saura beaucoup de choses \u00e0 ce moment&#8230;. Hein, qu&#8217;est-ce qu&#8217;il y a , Hoss ?<\/p>\n<p>-Deux gars viennent de rentrer dans le saloon&#8230; Je ferais bien d&#8217;aller jeter un coup d&#8217;oeil&#8230;.<\/p>\n<p>Hoss sort de l&#8217;office&#8230;<\/p>\n<p>-je reviens&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Hoss saute les trois marches et parcourt \u00e0 grandes enjamb\u00e9es les quelques m\u00e8tres qui s\u00e9parent le saloon de l&#8217;office de Roy Coffee&#8230; Il reconna\u00eet aussit\u00f4t la stature du docteur, il s&#8217;approche&#8230;.<\/p>\n<p>-Docteur, que se passe-t-il ? C&#8217;est Henry ?<\/p>\n<p>Paul Martin remue la t\u00eate en signe d&#8217;acquiescement&#8230;.. Hoss lui touche l&#8217;\u00e9paule et se rue \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur du saloon&#8230;. Il pousse le rideau et s&#8217;arr\u00eate devant la table sur laquelle git Henry, immobile, que la mort a d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 \u00e0 figer&#8230;Hoss s&#8217;avance, enl\u00e8ve son chapeau et pose sa main sur le bras de Joan, celle-ci se redresse et s&#8217;appuie contre la poitrine de celui qu&#8217;elle consid\u00e8re comme un fr\u00e8re&#8230;&#8230;<\/p>\n<p>-Joan, je suis d\u00e9sol\u00e9&#8230;.<\/p>\n<p>Joan n&#8217;a pas besoin d&#8217;en entendre plus&#8230; Les bras de Hoss sont un grand r\u00e9confort&#8230;. Ce colosse est l&#8217;incarnation de Honaw , l&#8217;animal totem de sa tribu&#8230;. Elle sait qu&#8217;elle n&#8217;est pas seule : les Cartwright sont l\u00e0 pr\u00e8s d&#8217;elle et sauront la soutenir&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>*******Dans le bureau du sh\u00e9riff&#8230;.<\/p>\n<p>-Hoss ne revient pas&#8230; Il a d\u00fb se passer quelque chose&#8230;.lan\u00e7a Ben en regardant la porte que son fils avait ferm\u00e9 derri\u00e8re lui&#8230;<\/p>\n<p>-Je crois que nous ferions bien d&#8217;y aller&#8230;<\/p>\n<p>Adam d\u00e9croise ses bras et se tourne vers la porte, suivi de son fr\u00e8re et de son p\u00e8re&#8230;. Ils sortent et courent vers le saloon&#8230; Ils poussent les portes battantes et se pr\u00e9cipitent vers Joan&#8230;<\/p>\n<p>Ben s&#8217;approche doucement. Joan est pench\u00e9e sur son mari; leurs mains sont unies, en une ultime caresse&#8230; Il s&#8217;approche encore, l\u00e8ve lentement sa main, se retient, avance encore la main et la pose sur l&#8217;\u00e9paule de Joan&#8230; Elle ne r\u00e9agit pas; toute enti\u00e8re \u00e0 son chagrin. Il exerce une toute l\u00e9g\u00e8re pression sur le haut de son \u00e9paule&#8230; et la tourne vers elle&#8230; Avec des gestes d&#8217;infinie tendresse, il l&#8217;\u00e9carte du corps de son mari et l&#8217;emm\u00e8ne un peu \u00e0 l&#8217;\u00e9cart, il l&#8217;enveloppe dans ses bras pour qu&#8217;elle essuie ses larmes sur sa chemise&#8230;. Hoss est l\u00e0, assis sur une chaise, la t\u00eate enfouie dans ses mains&#8230; Adam s&#8217;avance, son chapeau \u00e0 la main, il se dirige vers le corps \u00e9tendu sur la table. Joe le suit.. Ils vont aider Hanks Patterson, le fossoyeur&#8230;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>***********Nuit \u00e0 Virginia City&#8230;<\/p>\n<p>Henry a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9 dans un cercueil de pin. Joe et Hoss ont voulu assister Ned&#8230;. Henry n&#8217;a personne ici et \u00e0 part les Cartwright, les Dexter n&#8217;avaient pas beaucoup d&#8217;amis&#8230;. Maintenant le d\u00e9funt repose dans l&#8217;office de Ned Patterson. Toute la famille Cartwright dort au Grand Hotel, Ben y a pris des chambres pour lui , pour ses fils et pour Joan&#8230; Joan dort profond\u00e9ment, Paul lui a fait une piqure&#8230; Il a dit \u00e0 Ben que bien qu&#8217;\u00e9tant tr\u00e8s courageuse, il craignait de la voir s&#8217;\u00e9crouler&#8230;.<\/p>\n<p>Edmund ne dort pas; il fait les cent pas dans sa cellule&#8230;. Son repas est encore l\u00e0, il n&#8217;a pas touch\u00e9 au plateau&#8230; La viande paraissait app\u00e9tissante, mais il n&#8217;a rien mang\u00e9&#8230; M\u00eame pas un bout de pain.. Tout juste a-t-il bu un peu d&#8217;eau , trempant ses l\u00e8vres dans la louche que Dayve a laiss\u00e9 \u00e0 sa disposition&#8230; Edmund est troubl\u00e9 de ces attentions, un repas, de l&#8217;eau&#8230;. Assur\u00e9ment, on veut le garder en forme jusqu&#8217;au proc\u00e8s&#8230; Bah, autant en finir vite de cette foutue mascarade&#8230; Puisque personne ne va venir les \u00e9carter, ces fichus barreaux, puisque personne ne va le sortir de sa cage&#8230; Mais bien \u00e9videmment, le sh\u00e9riff ne lui a pas laiss\u00e9 sa ceinture&#8230;. Il n&#8217;a pas de drap&#8230; chialeux de sh\u00e9riff, il va pas courir le moindre risque&#8230; Un prisonnier est pr\u00eat \u00e0 tout pour \u00e9chapper \u00e0 la justice&#8230; Il n&#8217;a pas r\u00e9ussi \u00e0 s&#8217;enfuir, arr\u00eat\u00e9 par cette balle&#8230; que ce pissou de Cartwright lui a tir\u00e9 dans la jambe&#8230; Le docteur a m\u00eame pris le temps de lui nettoyer le mollet, \u00e9rafl\u00e9 par la balle&#8230;<\/p>\n<p>Murs vides devant lui, murs crasseux.. Dans un coin, des traits minuscules, barr\u00e9s par paquet de cinq par un ancien condamn\u00e9&#8230; Dans l&#8217;autre coin, un trou, des latrines sommaires vers lesquelles il faut pourtant bien aller, se soulager&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le soulagement vient d&#8217;un souvenir ; souvenir d&#8217;un m\u00f4me qui courait apr\u00e8s les oiseaux dans la cour d&#8217;une ferme paum\u00e9e dans la plaine&#8230;. souvenir d&#8217;enfance, quand il r\u00eavait de plus tard&#8230; Lui, il aurait aim\u00e9 naviguer, remonter le Saint-Laurent en barque&#8230; Et puis faire sa vie avec une sauvageonne des bords de rives, une de ces petites filles aux jambes griff\u00e9es par les broussailles; les bras rougis d&#8217;avoir brass\u00e9 l&#8217;eau fra\u00eeche de la rivi\u00e8re \u00e0 la recherche des grenouilles&#8230;. Il en avait crois\u00e9 quelques unes , il avait grimp\u00e9 dans les arbres avec les plus audacieuses; qu&#8217;il \u00e9tait parvenu \u00e0 entra\u00eener dans son antre myst\u00e9rieux ; un immense buis dont les branches tombaient au sol et lui fournissait un abri connu que par lui.. Il s&#8217;y \u00e9tait cach\u00e9 tant de fois pour \u00e9chapper aux col\u00e8res du p\u00e8re, il y avait dissimul\u00e9 ses peines, ses r\u00eaves, ses chagrins de m\u00f4mes, et ses fant\u00f4mes, ses angoisses. Le &#8220;Bonhomme Sept Heure&#8221;, il en avait tellement peur; c&#8217;est sa grand-m\u00e8re qui lui avait racont\u00e9 l&#8217;histoire de ce personnage affreux utilis\u00e9 pour faire peur aux enfants qui refusaient d&#8217;aller se coucher&#8230; Et Edmond avait longtemps eu peur de la nuit&#8230; Et qui sait si aujourd&#8217;hui il n&#8217;en avait pas encore peur..<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La nuit, que la nuit est longue quand on ne dort pas&#8230;Heureusement, les souvenirs sont l\u00e9gions et lui tiennent compagnie&#8230;<\/p>\n<p>Et puis vient la lueur, la lueur rougissante du po\u00eale&#8230; Roy a froiss\u00e9 trois feuilles de journal et les bourre dans la gueule noircie du fourneau qui tr\u00f4ne dans le coin du bureau, en face de la cellule&#8230; Edmond voit le dos du sh\u00e9riff, il est accroupi et jette du petit bois dans l&#8217;\u00e2tre;&#8230; Craquement de l&#8217;allumette, l\u00e9g\u00e8re flamme, fragile flamme qui s&#8217;\u00e9l\u00e8ve au bout de sa main&#8230;<\/p>\n<p>-Bon dieu, c&#8217;est pas possible, ce feu&#8230;.<\/p>\n<p>-Hey sh\u00e9riff, il fait frette&#8230; Comme j&#8217;suis pas du genre \u00e0 m&#8217;pogner le cul, j&#8217;pourrai peut-\u00eatre vous donner la main ?<\/p>\n<p>-Mais bien s\u00fbr&#8230;c&#8217;est \u00e7a&#8230; Je ne suis pas n\u00e9 de la derni\u00e8re pluie, ne me prenez pas pour un d\u00e9butant&#8230;<\/p>\n<p>-Oh mais j&#8217;ai pas l&#8217;intention de t&#8217;enfirouaper&#8230;.<\/p>\n<p>-Fermez-l\u00e0, je comprends rien \u00e0 votre charabia et ne comptez-pas sur moi pour vous faire sortir de l\u00e0.. Vous ne sortirez que pour entendre la sentence qui sera rendue \u00e0 votre proc\u00e8s&#8230;.<\/p>\n<p>-le proc\u00e8s, le proc\u00e8s, z&#8217;avez qu&#8217;\u00e7a \u00e0 la bouche, pis astheure watch un coup ton feu, l&#8217;est en train de s&#8217;\u00e9teindre&#8230;.<\/p>\n<p>De col\u00e8re, Roy ferme la porte sur le bavardage de Marchildon et rallume son feu&#8230;. tranquillement sans se soucier de l&#8217;autre qui va se geler dans sa cellule&#8230; Si seulement..Et puis qu&#8217;il se taise; juste se taire.. Mais non, il tambourine maintenant contre les barreaux&#8230; Roy persiste \u00e0 ne pas entendre; mais il ne tient pas&#8230; A bout de nerfs, il pousse la porte avec fracas&#8230;<\/p>\n<p>-OH, t&#8217;as bient\u00f4t fini ? T&#8217;as d\u00e9cid\u00e9 de m&#8217;emmerder ce matin ?<\/p>\n<p>-Et mon caf\u00e9 ? J&#8217;ai quand m\u00eame droit \u00e0 un bol de caf\u00e9.<\/p>\n<p>-C&#8217;est pas l&#8217;heure&#8230;<\/p>\n<p>-Comment \u00e7a c&#8217;est pas l&#8217;heure ? et c&#8217;est quoi la combine pour avoir du caf\u00e9 astheure ?<\/p>\n<p>-Qu\u00e9 combine&#8230; Pas de combine, pas de passe-droit.. T&#8217;attendras&#8230; Non mais.. Et t&#8217;avise pas de faire du rafus, encore;.. sans quoi moi je vais t&#8217;endormir&#8230;<\/p>\n<p>-Mais non sh\u00e9riff; \u00e7a te couterait un bras&#8230; Faut qu&#8217;j&#8217;arrive en \u00e9tat \u00e0 cte proc\u00e8s, hein ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>****************************chambre d&#8217;h\u00f4tel; 7.25 am<\/p>\n<p>Joan remue lentement&#8230; Elle bouge la t\u00eate sur l&#8217;oreiller, de gauche \u00e0 droite&#8230; Elle g\u00e9mit doucement :<\/p>\n<p>-Henry , henry&#8230;<\/p>\n<p>Puis son souffle se fait r\u00e9gulier, l&#8217;agitation cesse; et le sommeil reprend ses droits&#8230;<\/p>\n<p>-pa, tu crois qu&#8217;elle pleure dans son sommeil ?<\/p>\n<p>-Je ne sais pas Hoss&#8230;. Tout ce que j&#8217;esp\u00e8re c&#8217;est qu&#8217;elle ne va pas se r\u00e9veiller&#8230;Il faut qu&#8217;elle dorme le plus possible; aujourd&#8217;hui et les jours suivants vont \u00eatre si p\u00e9nibles&#8230;Cet apr\u00e8s-midi l&#8217;enterrement d&#8217;Henry et apr\u00e8s-demain le proc\u00e8s&#8230;.<\/p>\n<p>-Tu crois qu&#8217;elle tiendra, Pa ?<\/p>\n<p>-Je n&#8217;en sais rien, fils&#8230; Je n&#8217;en sais rien&#8230;.<\/p>\n<p>-Pa; je n&#8217;arr\u00eate pas de penser \u00e0 maman&#8230; C&#8217;est un peu la m\u00eame chose qui lui est arriv\u00e9e&#8230; Une rencontre malheureuse, un endroit o\u00f9 il ne fallait pas \u00eatre&#8230;<\/p>\n<p>-hum, je pr\u00e9sume..<\/p>\n<p>-Mais dis-moi pa, tu n&#8217;as pas eu des envies de meutre apr\u00e8s \u2026. .apr\u00e8s \u00e7a ?<\/p>\n<p>-Je crois que le choc a anhil\u00e9 chez moi toute \u00e9motion, tout ressenti.. Et puis, il fallait s&#8217;occuper de toi, te trouver une nourrice, et puis continuer, continuer \u00e0 vivre pour Adam, pour ta m\u00e8re et pour aller co\u00fbte que co\u00fbte qu\u00e9rir ce r\u00eave qui brulait en moi&#8230;.<\/p>\n<p>-Tu l&#8217;as trouv\u00e9e tout de suite, cette nourrice ?<\/p>\n<p>-oui, dans le convoi des p\u00e8lerins&#8230; Certains arrivaient derri\u00e8re nous; ils avaient eu vent du risque d&#8217;attaque par les indiens et avaient tent\u00e9 de contourner les Rocheuses; mais sans succ\u00e8s&#8230; Alors ils avaient fait demi-tour et nous avaient rejoint \u2026 Et c&#8217;est Mme Peckamon qui t&#8217;a nourri, en m\u00eame temps que sa petite fille Louisa&#8230;. Elle t&#8217;a nourri pendant 12 mois&#8230;<\/p>\n<p>-et apr\u00e8s ?<\/p>\n<p>-Mme Peckamon est morte de la fi\u00e8vre tipho\u00efde; en chemin&#8230;<\/p>\n<p>-Et la petite Louisa ???<\/p>\n<p>-Morte aussi&#8230;. J&#8217;ai craint pour ta vie, mais tu as surv\u00e9cu aux fi\u00e8vres&#8230;<\/p>\n<p>-Comment ?<\/p>\n<p>-Je ne sais pas vraiment, je crois que j&#8217;ai beaucoup pri\u00e9 tout le temps o\u00f9 je te tenais serr\u00e9 contre moi, contre ma peau&#8230; Je te faisais boire de la tisane \u00e0 base de saule et de fleurs de bourrache.. Et la fi\u00e8vre est tomb\u00e9e&#8230; Et nous avons pu poursuivre notre chemin..<\/p>\n<p>Discussion pleine d&#8217;\u00e9motion entre Ben et son fils; conversation murmur\u00e9e dans le petit matin calme&#8230; Ben est appuy\u00e9 contre le montant du pied du lit, tandis que Hoss est assis \u00e0 m\u00eame le sol, les coudes pos\u00e9s sur les genoux; et la t\u00eate sur les mains&#8230; Ils \u00e9voquent de douloureux souvenirs; et on voit dans les yeux de Hoss Cartwright toute l&#8217;admiration et la tendresse qu&#8217;il a pour son p\u00e8re&#8230;<\/p>\n<p>-Tu sais, Pa, parfois je me demande comment tu as r\u00e9ussi une telle aventure.. Bien souvent, j&#8217;en ai parl\u00e9 \u00e0 Adam, et on a parfois du mal \u00e0 comprendre&#8230;<\/p>\n<p>-La chance sourit aux audacieux, fils..<\/p>\n<p>-Arr\u00eate pa; tu sais bien que ce ne sont que des paroles.. Reconnais quand m\u00eame que tu as r\u00e9ussi quelque chose d&#8217;invraisemblable&#8230;<\/p>\n<p>-Mais fils, ce que j&#8217;ai fait, d&#8217;autres l&#8217;ont fait avant&#8230; Et d&#8217;autres aussi&#8230;<\/p>\n<p>-Oui mais beaucoup n&#8217;y sont pas parvenu&#8230; Et surtout seul avec deux enfants&#8230;<\/p>\n<p>-Mais je n&#8217;\u00e9tais pas seul !!!!<\/p>\n<p>-que veux-tu dire ?<\/p>\n<p>-J&#8217;\u00e9tais avec le Tr\u00e8s Haut, je le priais tout le temps o\u00f9 tu as \u00e9t\u00e9 malade&#8230; Je le priais de me donner la force d&#8217;aller au bout et de te garder toi et ton fr\u00e8re en bonne sant\u00e9&#8230;<\/p>\n<p>-Et tu as pri\u00e9 quand maman a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9e ?<\/p>\n<p>-Oui, plus que jamais&#8230; Je le priais pour qu&#8217;il chasse la col\u00e8re de mon coeur&#8230; J&#8217;aurais pu devenir fou avec cette col\u00e8re en moi, et le Seigneur m&#8217;a aid\u00e9 \u00e0 la faire sortir de moi&#8230; Enfin, plus exactement, il m&#8217;a permis de transformer cette col\u00e8re en rage de vivre&#8230; Je me suis r\u00e9p\u00e9t\u00e9 que je devais aller au bout de mon r\u00eave, pour aller b\u00e2tir ce havre de paix o\u00f9 plus aucun de mes proches ne serait tu\u00e9&#8230; Je l&#8217;ai voulu ce sanctuaire pour mettre les miens \u00e0 l&#8217;abri de la folie et de la m\u00e9chancet\u00e9&#8230; Ce sanctuaire, c&#8217;est Ponderosa&#8230;<\/p>\n<p>-Je sais Pa, et pourtant Marie est morte&#8230;<\/p>\n<p>-Oui, mais j&#8217;ai r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9loigner le p\u00e9ril indien de ma famille&#8230;. Je suis all\u00e9 \u00e0 leur rencontre, je leur ai offert secours et assistance et leur amiti\u00e9 m&#8217;est pr\u00e9cieuse&#8230;. Marie est morte d&#8217;un accident, nul n&#8217;est \u00e0 l&#8217;abri d&#8217;une malchance et d&#8217;un accident&#8230; Mettre les siens en s\u00e9curit\u00e9 ne veut pas dire supprimer tous les risques..Vivre est le plus grand risque que l&#8217;on prend, et c&#8217;est ce que nous offrent nos parents, nos m\u00e8res en nous donnant la vie&#8230;<\/p>\n<p>-Oui, et Adam est sans doute celui qui en a le plus souffert.. Dis pa, tu te souviens de Jamie et de son p\u00e8re.. Tu te souviens comme il lui en voulait, \u00e0 Jamie d&#8217;avoir fait mourir sa m\u00e8re;..<\/p>\n<p>-Oui, et c&#8217;est une grave erreur.. Aucun enfant n&#8217;a demand\u00e9 \u00e0 venir , et aucun enfant ne saurait \u00eatre responsable de la mort de sa m\u00e8re&#8230; John a fait du mal \u00e0 Jamie&#8230;<\/p>\n<p>-Toi tu n&#8217;en as jamais voulu \u00e0 Adam ?<\/p>\n<p>-Non, jamais.. J&#8217;\u00e9tais d\u00e9vast\u00e9 quand sa maman est morte, mais je me suis raccroch\u00e9 \u00e0 la vie.. Et la vie, c&#8217;\u00e9tait Adam , et ce fut toi&#8230;<\/p>\n<p>-Et pourquoi ce fut diff\u00e9rent apr\u00e8s la mort de Marie ?<\/p>\n<p>-Je ne sais pas Hoss&#8230; Je sais que vous pourrez tous m&#8217;en faire le reproche.. Je sais que je ne me suis pas montr\u00e9 \u00e0 la hauteur \u00e0 ce moment l\u00e0&#8230;<\/p>\n<p>-Bah, alors n&#8217;en parlons plus, pa&#8230; Hey pa; regarde ; je crois que Joan se r\u00e9veille&#8230;.<\/p>\n<p>-Peut-\u00eatre avons-nous parl\u00e9 trop fort ?<\/p>\n<p>Ben s&#8217;approche du lit et prend la main de Joan dans la sienne&#8230; Elle \u00e9merge doucement et ouvre les yeux&#8230;<\/p>\n<p>-Joan&#8230;<\/p>\n<p>Elle frotte ses yeux et cherche \u00e0 se redresser&#8230; Ben pose sa main dans sa dos&#8230;<\/p>\n<p>-Doucement, laissez-moi vous aider&#8230;<\/p>\n<p>La voil\u00e0 maintenant assise contre son oreiller&#8230;.<\/p>\n<p>-est-ce que vous voulez quelque chose ? Un peu d&#8217;eau ?<\/p>\n<p>-Oui Benjamin, je veux bien&#8230;<\/p>\n<p>-Tiens Hoss, tu me donnes un verre d&#8217;eau&#8230;.<\/p>\n<p>-Oui pa&#8230;<\/p>\n<p>Elle porte \u00e0 ses l\u00e8vres le verre \u00e0 demi rempli&#8230;<\/p>\n<p>-Merci&#8230;<\/p>\n<p>-Comment vous sentez-vous ? Bien repos\u00e9e ?<\/p>\n<p>-Oui, oui, je ne me suis pas r\u00e9veill\u00e9e&#8230; H\u00e9las, le sommeil ne m&#8217;a pas enlev\u00e9 les images que j&#8217;ai dans la t\u00eate \u2026 Et ne m&#8217;a pas ramen\u00e9 mon \u00e9poux&#8230;.<\/p>\n<p>-Non, bien s\u00fbr je sais&#8230; Rien de ce que je vais vous dire ne pourra att\u00e9nuer votre peine&#8230; N\u00e9anmoins n&#8217;oubliez pas que mes fils et moi sommes l\u00e0 pour vous..<\/p>\n<p>En disant \u00e7a, Ben pose sa main sur le bras de la jeune femme&#8230;<\/p>\n<p>-Il faudra manger un peu, Paul a dit que vous pouviez prendre un petit d\u00e9jeuner. Vous vous sentez bien ? Vous n&#8217;avez pas de vertiges ?<\/p>\n<p>-Non, juste un peu barbouill\u00e9e&#8230;<\/p>\n<p>-Je pense que ce sont les effets du laudanum&#8230; Vous allez prendre votre petit d\u00e9jeuner au lit; Hoss, tu veux bien aller chercher un plateau&#8230; Et profites-en pour v\u00e9rifier si tes fr\u00e8res sont r\u00e9veill\u00e9s&#8230; L&#8217;un de vous devra retourner \u00e0 Ponderosa, Hop Sing a le droit de savoir avant qu&#8217;il ne d\u00e9cide de ficher le camp.. Et puis, il faudra nous ramener du linge et quelques menus bagages&#8230;<\/p>\n<p>-tr\u00e8s bien pa&#8230; Je suis pr\u00eat \u00e0 y aller&#8230;.<\/p>\n<p>-Merci fils..<\/p>\n<p>Hoss sort de la pi\u00e8ce&#8230;. Joan repousse le couvre-lit; elle veut se lever&#8230;<\/p>\n<p>-doucement Joan&#8230; Je vous ai dit que vous pouviez d\u00e9jeuner au lit&#8230;<\/p>\n<p>-Non, Ben, je vais me lever&#8230; Pouvez-vous me donner mes bottines ?<\/p>\n<p>Ben met un genou \u00e0 terre et glisse le pied de Joan dans le soulier de cuir ; un pied fin, recouvert d&#8217;un bas noir&#8230;. Joan s&#8217;empresse de laisser tomber le bas de sa robe pour dissimuler ses chevilles; sit\u00f4t que Ben a termin\u00e9 de fermer la deuxi\u00e8me bottine&#8230;<\/p>\n<p>-Merci Benjamin&#8230;.<\/p>\n<p>Elle touche son bras, le regarde tendrement, marque une pause avant d&#8217;\u00e9clater en sanglots&#8230; Ses \u00e9paules chevrotent, elle cache ses jolis yeux noirs dans ses fines mains qui tremblent un peu trop&#8230;Ben la fait asseoir sur la chaise et lui donne un verre d&#8217;eau&#8230;<\/p>\n<p>-Voulez-vous que j&#8217;appelle Paul ?<\/p>\n<p>-Non , Ben&#8230;.. \u00e7a va aller.. Je ne veux plus de piqure&#8230; Dormir ne servirait \u00e0 rien, si c&#8217;est pour se r\u00e9veiller deux heures plus tard avec la m\u00eame douleur&#8230; Je pr\u00e9f\u00e8re faire face, essayer du moins de faire face&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>******deux heures plus tard&#8230; Sur la piste&#8230;<\/p>\n<p>Hoss galope dans la plaine. Voil\u00e0 trois quarts d&#8217;heure qu&#8217;il a quitt\u00e9 Virginia City&#8230;. Matin\u00e9e fra\u00eeche, humidit\u00e9 des jours de pluie; humidit\u00e9 des coeurs attrist\u00e9s, humidit\u00e9 des coeurs meurtris&#8230;. Hoss sait qu&#8217;il doit faire vite : filer \u00e0 Ponderosa; ramener des tenues pour son p\u00e8re, ses fr\u00e8res et pour lui, et puis pour Joan&#8230; Et puis revenir pour \u00eatre \u00e0 16hoo au cimeti\u00e8re pour l&#8217;enterrement d&#8217;Henry&#8230; Il n&#8217;est pas tr\u00e8s loin du ranch, tout au plus quelques miles, il en a encore pour une quarantaine de minutes&#8230;<\/p>\n<p>Soudain il aper\u00e7oit au loin un nuage de poussi\u00e8re; de la fum\u00e9e&#8230;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>*******dans l&#8217;office de Roy<\/p>\n<p>Roy entre dans la pi\u00e8ce, il vient reprendre le plateau sur lequel \u00e9tait pos\u00e9 le bol de caf\u00e9 noir.<\/p>\n<p>-\u00e7a vaut pas une tarte \u00e0 la ferlouche, mais c&#8217;\u00e9tait mangeable&#8230;.<\/p>\n<p>-Hein, je ne comprends pas ce que vous dites&#8230;.<\/p>\n<p>-Ben, t&#8217;en as jamais bouff\u00e9 des ferlouches, c&#8217;est du raisin sec&#8230; quoi, \u2026.. c&#8217;qui fait qu&#8217;t&#8217;as pas les p\u00e9pins&#8230;<\/p>\n<p>-Ouais, ben les p\u00e9pins, c&#8217;est vous qui les avez&#8230;. Le gars que vous avez poignard\u00e9 n&#8217;a pas surv\u00e9cu&#8230;.Ce qui fait que vous allez \u00eatre jug\u00e9 pour meurtre.<\/p>\n<p>-N&#8217;emp\u00eache que je lui ai fait fermer sa yeule , \u00e0 celui l\u00e0&#8230; j&#8217;va pas brailler sur lui; astheure&#8230;.<\/p>\n<p>-taisez-vous, vous \u00eates abject&#8230; Et un conseil l&#8217;ami, ne vous avisez pas de manquer de respect \u00e0 Mme Dexter, sinon c&#8217;est \u00e0 moi que vous aurez affaire&#8230; c&#8217;est clair ?<\/p>\n<p>Roy Coffee a -\u00e0 ce moment \u2013 un air vraiment mauvais&#8230; Roy Coffee est un gars patient, qui traite les individus avec respect, mais l\u00e0, il a du mal; vraiment du mal&#8230; Il a h\u00e2te que justice soit rendue&#8230; Tout crime est hideux, mais celui-ci atteint des sommets dans l&#8217;horreur ; d&#8217;abord une respectable vieille dame, puis un avocat sans histoire, un homme auquel personne ne connait le moindre ennemi.. Un homme sans richesse.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>***** sur la piste<\/p>\n<p>Hoss voit arriver un chariot conduit par deux individus&#8230;. Le chariot, une sorte de cariole en bois; avec des parois de bois peintes en rouge et deux petites fen\u00eatres vertes, une de chaque c\u00f4t\u00e9 est tir\u00e9 par deux magnifiques b\u00eates \u00e0 la robe chocolat.. .Des b\u00eates puissantes, large poitrail et pattes \u00e9paisses et costaudes.. Des b\u00eates habitu\u00e9es \u00e0 tracter de lourdes charges, des b\u00eates qui rendent un fier service \u00e0 l&#8217;homme&#8230; De ce nuage de poussi\u00e8re duquel \u00e9merge cet \u00e9trange chargement, des voix brisent la tranquillit\u00e9&#8230;.<\/p>\n<p>-Si j&#8217;avais su \u00e9couter ma m\u00e8re et ne pas t&#8217;\u00e9pouser&#8230; Ce jour-l\u00e0, j&#8217;ai fait la plus grosse b\u00eatise de ma vie&#8230; J&#8217;aurais mieux fait de me briser une jambe&#8230;<\/p>\n<p>-tais-toi femme; c&#8217;est \u00e0 se demander comment ta m\u00e8re n&#8217;a pas tourn\u00e9 de l&#8217;oeil en te mettant au monde&#8230; Tu ferais tourner le lait rien qu&#8217;en le regardant.. Tu as du concentr\u00e9 de moisissure de fiante de chacal qui coule dans les veines&#8230;<\/p>\n<p>-Oh oh monsieur fait de l&#8217;esprit&#8230; Mais si je suis aussi nuisible, pourquoi m&#8217;as-tu \u00e9pous\u00e9e ? Faut dire que les billets de beau-papa, tu n&#8217;as pas crach\u00e9 dessus, hein&#8230;<\/p>\n<p>-Et ben c&#8217;est s\u00fbre que c&#8217;est pas pour ton sourire que je t&#8217;ai choisi, ma vieille&#8230;<\/p>\n<p>A ce moment, un des deux individus s&#8217;adresse \u00e0 Hoss :<\/p>\n<p>-Monsieur, vous entendez comment ce \u2026.. ce d\u00e9bris , ce faux-jeton ose me parler.. et vous n&#8217;intervenez pas ? Monsieur, je ne vous f\u00e9licite pas&#8230;<\/p>\n<p>-bah, mais, euh ,pardon&#8230;. mais \u2026.<\/p>\n<p>-et bien, ma m\u00e8re avait bien raison quand elle me disait que les hommes, ils ont que de la jappe; tout dans la gueule, rien entre les guiboles&#8230;<\/p>\n<p>Les 136 kilogs de Hoss n&#8217;y font rien, il est litt\u00e9ralement en train de se liqu\u00e9fier, ahuri de ce \u00e0 quoi il est en train d&#8217;assister&#8230; Une sc\u00e8ne tr\u00e8s tr\u00e8s violente entre deux \u00e9poux; visiblement plus que tr\u00e8s remont\u00e9s l&#8217;un contre l&#8217;autre&#8230;.<\/p>\n<p>-Monsieur, je vous prie de nous excuser&#8230; Mais elle a d\u00e9pass\u00e9 les bornes de mes limites; nous allons bouffer la grenouille \u00e0 cause de cette, cette sorci\u00e8re&#8230; Plus personne ne veut \u2026<\/p>\n<p>-Moi une sorci\u00e8re ? mais je vais te faire bouffer les r\u00e8nes, esp\u00e8ce de poivrot patent\u00e9, triple concentr\u00e9 de d\u00e9gueulis de tripe de bison&#8230;.<\/p>\n<p>-oui parfaitement, une sorci\u00e8re&#8230;<\/p>\n<p>-Je t&#8217;interdis de me traiter de sorci\u00e8re, vieux pruneau rabougri.<\/p>\n<p>Hoss secoue la t\u00eate; choqu\u00e9, estomaqu\u00e9 par ce qu&#8217;il entend&#8230; Comment une aussi belle personne peut-elle prof\u00e9rer de telles monstruosit\u00e9s ?<\/p>\n<p>-Ecoutez, je ne veux pas me m\u00ealer de vos histoires,; mais manifestement ; il se passe quelque chose entre vous.. Et j&#8217;avoue que je n&#8217;ai ni le temps ni l&#8217;envie d&#8217;y \u00eatre m\u00eal\u00e9.. Maintenant, veuillez m&#8217;excuser, Mr ?<\/p>\n<p>-Vernon, Vernon Tamplewood&#8230;..<\/p>\n<p>Puis se tournant, le voil\u00e0 qui poursuit :<\/p>\n<p>-Ma ch\u00e8re P\u00e9tunia, je crains que nous n&#8217;ennuyons ce monsieur&#8230;<\/p>\n<p>-Oh oui, Vernon&#8230; Alors; montrons \u00e0 Monsieur qui nous sommes et&#8230;..<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>-\u00catre, ou ne pas \u00eatre, c\u2019est l\u00e0 la question.<br \/>\nY a-t-il plus de noblesse d\u2019\u00e2me \u00e0 subir<br \/>\nla fronde et les fl\u00e8ches de la fortune outrageante,<br \/>\nou bien \u00e0 s\u2019armer contre une mer de douleurs<br \/>\net \u00e0 l\u2019arr\u00eater par une r\u00e9volte? Mourir.., dormir,<br \/>\nrien de plus&#8230;\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>-Stop stop, arr\u00eatez&#8230;. Je ne sais pas qui vous \u00eates; je ne sais pas \u00e0 quoi vous jouer&#8230; Mais je sais une seule chose, une amie tr\u00e8s ch\u00e8re est dans la peine, et je dois \u00eatre rapidement de retour pour la soutenir&#8230; Alors; maintenant, vous allez arr\u00eater votre charabia et me laisser partir&#8230;<\/p>\n<p>-Attendez, on ne va pas se quitter comme \u00e7a.. Laissez-nous vous offrir quelque chose&#8230;<\/p>\n<p>-Ce ne sera pas n\u00e9cess&#8230;<\/p>\n<p>Mais Hoss n&#8217;a pas le temps de finir sa phrase. L&#8217;homme a d\u00e9j\u00e0 bondi en bas de sa charrette et se pr\u00e9cipite \u00e0 l&#8217;arri\u00e8re&#8230; Le voil\u00e0 qui revient avec un bric-\u00e0-brac encombrant; des boites de diff\u00e9rentes tailles et de diff\u00e9rentes formes derri\u00e8re lequel il dispara\u00eet quasiment;..<\/p>\n<p>-Que voulez-vous ? j&#8217;ai ici le tapis de Sh\u00e9h\u00e9razade; le pommeau authentique de l&#8217;\u00e9p\u00e9e de Ars\u00e8ne&#8230;<\/p>\n<p>-Pss, Vernon, c&#8217;est pas Ars\u00e8ne, c&#8217;est Arthur&#8230;<\/p>\n<p>-Ah oui, je me gourre \u00e0 chaque fois&#8230; C&#8217;est vrai&#8230;. Mais, \u00e7a j&#8217;en suis s\u00fbr; c&#8217;est LA vraie fl\u00fbte enchant\u00e9e en provenance directe de Hamelin&#8230; J&#8217;ai aussi le violon de Antonio Stradivari&#8230;<\/p>\n<p>-Alors l\u00e0, vous allez trop loin, monsieur&#8230; Arr\u00eatez&#8230; Les violons, j&#8217;ai d\u00e9j\u00e0 donn\u00e9&#8230; c&#8217;est pas parce que j&#8217;ai l&#8217;air d&#8217;un ahuri, que j&#8217;en suis un&#8230; On me l&#8217;a fait le coup du grand maestro et de mon g\u00e9nie&#8230; Je vous r\u00e9p\u00e8te que cela ne m&#8217;int\u00e9resse pas&#8230;. Alors vous allez recharger vos trucs, vos machins, vos bidules et vos tr\u00e9sors et vous allez me fiche le camp&#8230;<\/p>\n<p>Avec 1000 pr\u00e9cautions , Hoss lui repose tout sur les bras, et le laisse pantois avec ses boites qui ne tardent pas \u00e0 lui tomber sur le nez&#8230;.<\/p>\n<p>-Maintenant, bien le bonjour, allez raconter vos singeries \u00e0 d&#8217;autres et l\u00e2chez-moi la grappe&#8230;.<\/p>\n<p>Hoss prend les r\u00eanes du buggy et lance les chevaux&#8230;<\/p>\n<p>-Ya ya, en avant&#8230;<\/p>\n<p>Puis il se calme ; se rendant compte qu&#8217;il malm\u00e8ne la bouche des chevaux, \u00e0 force de tirer sur les r\u00eanes&#8230;. Ces pauvres b\u00eates n&#8217;y sont pour rien&#8230;. Le voil\u00e0 en tout sac sacr\u00e9ment retard\u00e9; il ne va pas falloir tra\u00eener pour rejoindre Ponderosa et avertir Hop Sing.. A deux, ils seront plus efficace pour rassembler les quelques affaires qu&#8217;il souhaite rapporter&#8230; Joan lui a bien dit de ne rapporter que sa robe noire&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>****<\/p>\n<p>Joan marche lentement dans le grand champ derri\u00e8re l&#8217;H\u00f4tel&#8230;. Elle passe entre les herbes et les fr\u00f4le du bout des doigts; les yeux dans le vague&#8230;. Elle s&#8217;est \u00e9loign\u00e9e de Ben qui l&#8217;attend pr\u00e8s de l&#8217;arbre qui supporte une balan\u00e7oire&#8230;. Il est appuy\u00e9 contre le tronc, les bras crois\u00e9s&#8230;. C&#8217;est elle qui a demand\u00e9 \u00e0 sortir un peu, apr\u00e8s avoir pris son petit d\u00e9jeuner&#8230;. La journ\u00e9e est belle, le soleil brille dans le ciel et c&#8217;est en soi un r\u00e9confort.. Henry sera mis en terre sous un beau soleil, et Joan sait au plus profond d&#8217;elle-m\u00eame que la chaleur des rayons de l&#8217;astre solaire seront agr\u00e9ables sur elle&#8230;. Elle se sent prot\u00e9g\u00e9e dans ce champ , les pieds ancr\u00e9s dans le sol, en harmonie avec le ciel et la terre.. Et elle au centre, au centre d&#8217;une \u00e9preuve douloureuse, mais qu&#8217;elle ne traverse pas seule&#8230;. Elle serre contre elle quatre brass\u00e9es de solidago blanches et jaune et d&#8217;asthers qui viendront orner la tombe d&#8217;Henry. Elle a aussi gliss\u00e9 dans sa poche des cailloux blancs et gris qu&#8217;elle a ramass\u00e9&#8230;. Puis elle soul\u00e8ve le bas de sa jupe et se dirige vers Ben , d&#8217;abord en marchant puis elle se met \u00e0 courir&#8230; Elle veut sentir le vent du Grand Esprit souffler dans ses cheveux qu&#8217;elle a d\u00e9nou\u00e9 et qu&#8217;elle a attach\u00e9 avec un lacet de cuir, les faisant appara\u00eetre plus courts&#8230; Mais il n&#8217;en est rien : prise entre deux mondes; elle ne peut pas pratiquer les rituels que son peuple lui ont transmis, et de plus; son mari n&#8217;\u00e9tait pas un pa\u00efute&#8230; N&#8217;\u00e9tant elle m\u00eame pas une Pa\u00eeute de naissance, la voil\u00e0 contrainte \u00e0 cr\u00e9er un rituel fun\u00e9raire qui lui permettront de vivre en paix&#8230;. On ne lui permet pas de veiller le corps de son mari quatre jours, peu importe, elle veillera quatre jours sur sa tombe&#8230; Elle n&#8217;a pas tranch\u00e9 ses cheveux, aucune femme \u00e0 Virginia City n&#8217;aurait compris et accept\u00e9 pareille attitude.. Elle ne tient pas \u00e0 attirer l&#8217;attention, elle veut juste \u00eatre en accord avec ses convictions en tenant fi\u00e8rement la place qui est la sienne : \u00e0 la lisi\u00e8re de deux mondes&#8230;.<\/p>\n<p>Soudain, sa course est stopp\u00e9e par une douleur fulgurante dans le corps; elle s&#8217;arr\u00eate de courir et tombe au sol&#8230;<\/p>\n<p>JOAN&#8230;.<\/p>\n<p>Ben se pr\u00e9cipite vers elle&#8230; Avec pr\u00e9caution, il la soul\u00e8ve et la maintient contre lui&#8230; Elle est inconsciente&#8230; Il lui caresse le visage; lui parle doucement, lui tapote les joues; mais rien n&#8217;y fait.. Elle ne revient pas \u00e0 elle&#8230; Il se redresse, portant la jeune femme dans ses bras et descend la colline derri\u00e8re les premi\u00e8res maisons de Virginia City&#8230;. Il la conduit chez son ami Paul.. Une chance, ce dernier est encore ici&#8230;<\/p>\n<p>-Docteur, docteur, vite ; c&#8217;est Joan&#8230; Elle s&#8217;est trouv\u00e9e mal&#8230;<\/p>\n<p>-Amenez-l\u00e0 \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur&#8230;.<\/p>\n<p>Ben entre dans la maison et d\u00e9pose Joan sur la table d&#8217;examen que Paul a fait installer dans une des pi\u00e8ces de son lieu d&#8217;habitation.. Paul ach\u00e8ve de rincer ses mains dans la cuvette, les essuie soigneusement, se saisit de sa trousse et vient au chevet de la jeune femme&#8230;<\/p>\n<p>-Attendez-moi dehors, Ben, je vous appelle d\u00e8s que j&#8217;ai fini.<\/p>\n<p>Ben sort en prenant soin de tirer le rideau derri\u00e8re lui&#8230; Il s&#8217;assoit sur une chaise, commence \u00e0 tordre son chapeau entre ses mains&#8230; Il est inquiet, triste et inquiet&#8230;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>***** \u00e0 Ponderosa<\/p>\n<p>-Hop Sing, Hop Sing tu es l\u00e0 ?<\/p>\n<p>-Mistel Caltwlight \u00e0 peine alliv\u00e9&#8230; Lui clier avant d&#8217;expliquer poulquoi famille pas venue&#8230;<\/p>\n<p>-Oui justement, je suis l\u00e0 pour \u00e7a.. Pa est en ville, il s&#8217;est pass\u00e9 quelque chose de grave&#8230;.<\/p>\n<p>-Oh non, mistel Hoss pas annoncer mauvaise nouvelle&#8230; Si ?<\/p>\n<p>-Si Hop Sing, je suis d\u00e9sol\u00e9&#8230; Mais Henry; le mari de Joan est mort&#8230;<\/p>\n<p>-Molt ??? mais comment \u00e7a ?<\/p>\n<p>-Il a \u00e9t\u00e9 poignard\u00e9&#8230;<\/p>\n<p>-Poignald\u00e9, mais quelle horreur ? mais comment \u2026 Qui a pu faile une chose paleille&#8230;<\/p>\n<p>-C&#8217;est un de nos hommes.. Marchildon, le gars que Adam a recrut\u00e9 derni\u00e8rement&#8230;<\/p>\n<p>-Oh le gledin&#8230; Hop Sing esp\u00e8le lui \u00eatle puni poul \u00e7a&#8230;lui \u00eatle calamit\u00e9&#8230;.<\/p>\n<p>-Le proc\u00e8s va avoir lieu apr\u00e8s-demain&#8230; Je dois retourner en ville, mais je dois rapporter des v\u00eatements pour Pa et Joan&#8230;<\/p>\n<p>-Hop Sing va aider&#8230; Hop Sing veut \u00eatle l\u00e0 poul soutenil pauvle Mrs Joan&#8230;<\/p>\n<p>-Merci Hop Sing.. Tiens toi pr\u00eat.. Je monte chercher ce qu&#8217;il faut et on se met en route.. Faut pas tra\u00eener.. Et j&#8217;esp\u00e8re bien ne pas recroiser ces oiseaux de malheur&#8230;<\/p>\n<p>-qui&#8230; Encole des bandits ?<\/p>\n<p>-Non, j&#8217;t&#8217;expliquerai en route&#8230;.<\/p>\n<p>Hoss se pr\u00e9cipite \u00e0 l&#8217;\u00e9tage; il va de chambre en chambre, attrape quatre chemise; des cravates et les vestes fonc\u00e9es&#8230; Bien qu&#8217;\u00e9tant un peu g\u00ean\u00e9, il entre dans la chambre de Joan.. Il ouvre la penderie et d\u00e9croche la robe noire; toute simple, cintr\u00e9e \u00e0 la taille et la pose sur son bras&#8230; Il redescend et s&#8217;appr\u00eate \u00e0 rejoindre Hop Sing dans la cour&#8230; Puis se ravisant, il fait demi-tour, abandonne momentan\u00e9ment son chargement sur le canap\u00e9 et remonte les escaliers \u00e0 la h\u00e2te.. Il ouvre la porte de la chambre de son p\u00e8re et ouvre le tiroir de la table de chevet.. Il en sort une bible usag\u00e9e, et la fourre dans la poche de sa veste&#8230; S\u00fbrement son p\u00e8re appr\u00e9ciera de l&#8217;avoir avec lui;&#8230;<\/p>\n<p>Il est temps de se remettre en route&#8230;. A l&#8217;heure qu&#8217;il est ils sont s\u00fbrement pr\u00eats \u00e0 passer \u00e0 table pour le repas de midi&#8230; qui sait, Joan mangera-t-elle un peu plus \u2026. Au moins, elle n&#8217;est pas seule&#8230; Elle a aupr\u00e8s d&#8217;elle Pa, qui sait ce qu&#8217;est la douleur&#8230; un homme de cinquante ans qui a eu son lot de malheur, qui a surv\u00e9cu \u00e0 la tristesse&#8230; Qui a connu le pire et qui ne fuit pas devant les larmes d&#8217;une femme, et qui n&#8217;a pas honte de verser les siennes&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Au d\u00e9tour du chemin , juste derri\u00e8re le ranch&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>-Oh non, Hop Sing, il faut faire demi-tour&#8230;<\/p>\n<p>-Quoi ? Poulquoi ???<\/p>\n<p>-Il faut pr\u00e9venir le gamin&#8230; Arg darnburnt, je savais que j&#8217;oubliai quelque chose&#8230;.<\/p>\n<p>Hoss fait tourner bride aux chevaux et refait le chemin en sens-inverse&#8230;<\/p>\n<p>-Mais poulquoi ?<\/p>\n<p>-Pa ne veut plus le laisser seul&#8230; J&#8217;ai cru comprendre qu&#8217;il voulait garder un oeil sur lui, pour lui \u00e9viter les mauvaises tentations&#8230; Tu saisis ???<\/p>\n<p>-Oui, Hop Sing a complis. Mais Hop Sing dit que jeune gamin en ville va aller au saloon&#8230; Mauvaises tentations \u00eatle en ville&#8230;<\/p>\n<p>-Ah oui, faut reconna\u00eetre que c&#8217;est peut-\u00eatre pas une bonne suggestion&#8230;<\/p>\n<p>-Hop Sing toujouls avoil laison quand lui pas avoil tolt.<\/p>\n<p>Hoss regarde le serviteur de Ponderosa et lui envoie une bourrade dans l&#8217;\u00e9paule&#8230;<\/p>\n<p>-Toi alors&#8230; C&#8217;est pas la modestie qui t&#8217;\u00e9touffe&#8230;<\/p>\n<p>-Hey, Hop Sing pas \u00eatle gland , alols bien oblig\u00e9 de compenser \u2026 Esplit malin, concentl\u00e9 de malice dans petit colps fluet&#8230;.<\/p>\n<p>-Ouais&#8230;. J&#8217;ai d\u00e9j\u00e0 entendu \u00e7a&#8230;. la qualit\u00e9 prime sur la quantit\u00e9, et patin couffin, patati et patata&#8230;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>De retour au ranch&#8230;.<\/p>\n<p>-Corvet ? Corvet, t&#8217;es l\u00e0 ? Corvet, r\u00e9ponds-moi.<\/p>\n<p>Hoss pousse la porte de la grange, jette un coup d&#8217;oeil dans les box, personne&#8230;<\/p>\n<p>-Corvettttttttttttt ? Oh, t&#8217;es par l\u00e0 ???<\/p>\n<p>Hoss s&#8217;appr\u00eate \u00e0 ressortir, quand un bruit attire son attention&#8230;. Assur\u00e9ment, il y a quelqu&#8217;un ou quelque chose dans la grange&#8230;. Hoss prend l&#8217;\u00e9chelle et l&#8217;adresse contre une des poutres qui soutient le plancher sur lequel est amass\u00e9 le fourrage pour les b\u00eates&#8230;. Hoss monte trois barreaux, hisse la t\u00eate et balaie du regard l&#8217;espace sombre \u00e9clair\u00e9 par les interstices des panneaux de bois vieilli&#8230;<\/p>\n<p>Le voil\u00e0 maintenant sur le plancher&#8230; Il avance avec pr\u00e9caution, \u00e0 l&#8217;affut&#8230;Maintenant il distingue mieux le type de bruit, ce sont des couinements \u2026.. Il approche encore et finit par d\u00e9couvrir \u2026.<\/p>\n<p>-Mistel Hoss, o\u00f9 \u00eates-vous ?<\/p>\n<p>-En haut, dans le fournil&#8230;. Y a une petite chatte qui vient de mettre bas&#8230; Y a trois chatons, ils sont mignons comme tout : y en a un noir et blanc, et deux marrons&#8230; C&#8217;est rigolo&#8230;<\/p>\n<p>-Bon bon, d&#8217;accold;.. Mais Mistel Hoss en attendant, y a pelsonne ici&#8230;. Je ne sais pas o\u00f9 il est&#8230;<\/p>\n<p>-Tu lui as parl\u00e9 ce matin ?<\/p>\n<p>-Oui, il a plis petit d\u00e9jeuner&#8230;<\/p>\n<p>-Et il \u00e9tait comment ?<\/p>\n<p>-Pas content&#8230; Lui avoil pass\u00e9 son temps \u00e0 lonchonner..<\/p>\n<p>-Le contraire m&#8217;aurait \u00e9tonn\u00e9&#8230; Vu la liste que Pa lui a laiss\u00e9&#8230;. Bon, la grange est nette, \u00e7a prouve qu&#8217;il a fait son boulot&#8230;<\/p>\n<p>Hoss redescend et remet l&#8217;\u00e9chelle \u00e0 sa place&#8230; Il tapote son pantalon pour enlever la poussi\u00e8re et sort de la grange, avec Hop Sing sur ses talons&#8230;<\/p>\n<p>-Allons jeter un coup d&#8217;oeil dans la cabane des hommes.. .Peut-\u00eatre qu&#8217;il y est \u2026.<\/p>\n<p>Hoss fait le tour du ranch et se dirige d&#8217;un pas alerte vers la maison que se partagent les hommes de main des Cartwrigtht qu&#8217;ils soient saisonniers ou embauch\u00e9s pour de plus longues p\u00e9riodes&#8230;. Mais il fait demi-tour&#8230; Il y a quelqu&#8217;un dans la maison&#8230; Hoss fait signe \u00e0 Hop Sing :<\/p>\n<p>-pst, passe par la cuisine&#8230; Moi j&#8217;entre&#8230;.<\/p>\n<p>Hoss met la main \u00e0 sa ceinture, et prend son colt&#8230; Il se baisse et pousse la porte&#8230;<\/p>\n<p>-sortez, les mains en l&#8217;air&#8230;<\/p>\n<p>Hoss attend deux secondes&#8230;.<\/p>\n<p>-UN \u2013 DEUX&#8230;<\/p>\n<p>-c&#8217;est bon ne tirez pas&#8230;.<\/p>\n<p>-Corvet c&#8217;est toi ?<\/p>\n<p>-Oui, je sors&#8230;<\/p>\n<p>Hoss, reconnaissant la voix du gamin, range son colt quand soudain un \u00e9clair roux jaillit de la maison, le bousculant. Enfin , fa\u00e7on de parler, car on ne bouscule pas Hoss Cartwright comme \u00e7a&#8230;.<\/p>\n<p>-Damned !!<\/p>\n<p>Hoss est vite sur ses talons et l&#8217;attrape par le col de son veston :<\/p>\n<p>-Hey Gamin tu me fais quoi, l\u00e0 ?<\/p>\n<p>-Mais rien.<\/p>\n<p>-Tu te carapates comme si tu avais le diable aux trousses&#8230; Tu as quelque chose \u00e0 te reprocher ?<\/p>\n<p>-Euh non&#8230;<\/p>\n<p>-bon alors dis-moi ce que tu fabriquais dans la maison&#8230; Tu cherchais quoi? Un pot de miel?<\/p>\n<p>-Hum, tr\u00e8s dr\u00f4le&#8230;. Vous savez, j&#8217;ai rien piqu\u00e9.. J&#8217;voulais juste&#8230;<\/p>\n<p>-Tu voulais quoi&#8230; D\u00e9p\u00eache, j&#8217;ai pas que \u00e7a \u00e0 faire&#8230;<\/p>\n<p>-Je voulais un crayon. Le mien est cass\u00e9&#8230;<\/p>\n<p>-Tu te fiches de moi ?<\/p>\n<p>-Non, sir&#8230; Je vous jure que&#8230;<\/p>\n<p>-Ne jure pas, gamin&#8230;. Je te crois.. explique-moi calmement&#8230;.<\/p>\n<p>-Ben, \u00e0 mes heures perdues, j&#8217;aime bien dessiner&#8230; Mais seulement quand j&#8217;ai fini de travailler, c&#8217;est promis&#8230;<\/p>\n<p>-Du calme, gamin.. J&#8217;ai vu la grange, t&#8217;as fait du bon boulot&#8230;<\/p>\n<p>Et devant la mine \u00e9bahie du jeune aide, Hoss ajoute :<\/p>\n<p>-J&#8217;suis s\u00e9rieux, j&#8217;ai jamais vu la grange aussi nette&#8230; M\u00eame Joe n&#8217;a jamais fait un boulot aussi propre&#8230; Compte-sur moi pour en glisser deux mots \u00e0 mon p\u00e8re&#8230;<\/p>\n<p>-C&#8217;est vrai, vous \u00eates content ?<\/p>\n<p>-Si je te le dis, bougre d&#8217;idiot&#8230; Je parie m\u00eame que tu as ramass\u00e9 les brins d&#8217;herbe avec une pince,<\/p>\n<p>-Ben non, quand m\u00eame pas&#8230; Alors, vous \u00eates pas f\u00e2ch\u00e9 ?<\/p>\n<p>-Mais non&#8230; Tu as r\u00e9pondu tout de suite, ce qui fait que j&#8217;ai rengain\u00e9&#8230; Tu as bien r\u00e9agi.. Bon, tu aurais pu \u00e9viter de sortir comme une furie..<\/p>\n<p>-Ben j&#8217;ai eu peur&#8230;<\/p>\n<p>-J&#8217;ai dans l&#8217;id\u00e9e que tu sais pas trop comment faire, toi, hein ,?<\/p>\n<p>-qu&#8217;est-ce que vous voulez dire ?<\/p>\n<p>-Ben tu as un peu besoin qu&#8217;on te remette les pendules \u00e0 l&#8217;heure&#8230; C&#8217;est pas bien clair chez toi les limites entre ce qui se fait et ce qui ne se fait pas&#8230; Fuir, par exemple, \u00e7a n&#8217;a jamais arrang\u00e9 les affaires de personne&#8230; Il vaut toujours mieux faire face \u00e0 ses responsabilit\u00e9s et dire la v\u00e9rit\u00e9&#8230; Les bobards t&#8217;attireront toujours des ennuis&#8230; Autant te mettre \u00e7a dans le cr\u00e2ne si tu veux continuer \u00e0 bosser pour nous.. Compris ?<\/p>\n<p>-yes sir&#8230;<\/p>\n<p>-Bon maintenant, il faut qu&#8217;on y aille.<\/p>\n<p>-Qu&#8217;ON y aille ?? O\u00f9 ? Et qui ???<\/p>\n<p>-Toi et moi et Hop Sing; on va en ville..<\/p>\n<p>-J&#8217;tiens pas trop \u00e0 y aller&#8230;<\/p>\n<p>-oh gamin, je ne te demande pas ton avis&#8230; TU viens et c&#8217;est tout&#8230;<\/p>\n<p>Tout en disant \u00e7a, il tire le gamin un peu brusquement;.. Il faut dire que Hoss a eu sa dose de casse-bonbons pour aujourd&#8217;hui. On a beau \u00eatre un grand bonhomme costaud et sensible et patient et bon enfant, un g\u00e9ant au coeur d&#8217;or, la patience, elle n&#8217;est pas en fer et ne se dilate pas sous l&#8217;effet de la chaleur&#8230;.<br \/>\n-C&#8217;est bon, c&#8217;est bon, vous \u00e9nervez pas.. Je viens.. Je faisais \u00e7a pour vous taquiner.. En tout cas, sauf le respect que je vous dois, vous \u00eates bien le fils de votre p\u00e8re&#8230;<\/p>\n<p>-Oh allez, avance, gamin&#8230;<\/p>\n<p>Hoss est faussement en col\u00e8re, et sa mauvaise humeur tombe aussit\u00f4t&#8230;<\/p>\n<p>-Ouais, t&#8217;as de la chance que dans la donne, le mauvais caract\u00e8re de mon p\u00e8re se soit trouv\u00e9 dilu\u00e9 entre nous trois, je suis celui qui en a h\u00e9rit\u00e9 le moins.<\/p>\n<p>-Oh non, j&#8217;trouve pas qu&#8217;vot p\u00e8re a mauvais caract\u00e8re&#8230;. Je le trouve pas bougon et c&#8217;est un homme bon&#8230;<\/p>\n<p>-Si tu le dis&#8230; Et au fait, Corvet, parlons-en de ton p\u00e8re.. Tu nous a dit l&#8217;autre jour qu&#8217;il \u00e9tait mort , qu&#8217;est-ce qui s&#8217;est pass\u00e9 ?<\/p>\n<p>-Oh, un accident , il \u00e9tait mineur&#8230; Y a une galerie qui lui est tomb\u00e9 sur le palet\u00f4t&#8230; On nous a demand\u00e9 \u00e0 ma m\u00e8re et \u00e0 moi de reconna\u00eetre le corps; mais difficile d&#8217;identifier de la gel\u00e9e&#8230;<\/p>\n<p>Nouvelle secousse pour Corvet;<\/p>\n<p>-Hey, un peu de respect gamin.. Tu te rends compte comment tu parles de ton p\u00e8re&#8230;<\/p>\n<p>-ouais, peut-\u00eatre, pardon&#8230; J&#8217;ai pas fait gaffe&#8230;<\/p>\n<p>-Oui et bien, fait un peu plus attention \u00e0 ton langage.. C&#8217;est pas des fa\u00e7ons&#8230; Allez, on y va&#8230; Faut pas tra\u00eener&#8230;.<\/p>\n<p>-Dites, monsieur Hoss, on va faire quoi en ville ?<\/p>\n<p>-Tu verras avec mon p\u00e8re comment il a pr\u00e9vu de te faire passer l&#8217;apr\u00e8s-midi&#8230; Au fait, attends que je jette un coup d&#8217;oeil ; t&#8217;es propre sur toi ?<\/p>\n<p>-Oui, j&#8217;crois..<\/p>\n<p>-On t&#8217;ach\u00e8tera une cravate et une veste en ville&#8230;<\/p>\n<p>-Une cravate, pour quoi faire ?<\/p>\n<p>-Parce que nous allons \u00e0 un enterrement cet apr\u00e8s-midi.. Tu sauras te tenir ?<\/p>\n<p>-Ben oui, quand m\u00eame.. J&#8217;ai pas quatre ans, j&#8217;suis pas un m\u00f4me;.<\/p>\n<p>-Si t&#8217;en est un.. Et t&#8217;as int\u00e9r\u00eat \u00e0 te tenir correctement&#8230; Sinon il t&#8217;en cuira&#8230;<\/p>\n<p>-et ben mes cadets, et ben mes petits fr\u00e8res, \u00e7a commence bien&#8230;<\/p>\n<p>-Qu&#8217;est-ce que tu marmonnes dans ton \u00e9bauche de moustache ?<\/p>\n<p>-Euh rien, je disais , rien \u00e0 craindre, je sais ce que j&#8217;ai \u00e0 faire,<\/p>\n<p>-tr\u00e8s bien&#8230;. Allez en route&#8230;<\/p>\n<p>Hoss grimpe sur le si\u00e8ge du buggy, Hop Sing prend place \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui , tandis que Corvet se hisse \u00e0 l&#8217;arri\u00e8re&#8230;<\/p>\n<p>-Hey fiston, t&#8217;assois pas sur les v\u00eatements, s&#8217;il te plait&#8230; Pousse-les un peu&#8230;<\/p>\n<p>-Oh pardon&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>****\u00e0 Virginia City<\/p>\n<p>Ben retrouve Adam et Joe dans la salle de restaurant.<\/p>\n<p>-Pa, on est l\u00e0&#8230; On vient de commander une bi\u00e8re , tu en veux une ?<\/p>\n<p>-Oui je veux bien&#8230;<\/p>\n<p>Ben enl\u00e8ve son chapeau et sa veste et prend place sur la chaise qu&#8217;Adam lui d\u00e9signe&#8230;<\/p>\n<p>-Et Joan, elle ne vient pas manger ?<\/p>\n<p>-Joan se repose dans le cabinet du docteur;. Elle a fait un malaise ce matin.<\/p>\n<p>-Un malaise, comment \u00e7a; interroge Adam..<\/p>\n<p>-Elle s&#8217;est trouv\u00e9e mal, pendant qu&#8217;on se baladait.. Elle a perdu connaissance un bref instant;..<\/p>\n<p>-Et alors pa; qu&#8217;a dit le docteur ?, demande Joe.<\/p>\n<p>-Paul s&#8217;est montr\u00e9 rassurant&#8230;<\/p>\n<p>-mais encore ?<\/p>\n<p>-Joan attend un enfant.<\/p>\n<p>Adam et Joe d\u00e9tournent le visage. Leur r\u00e9action est la m\u00eame que celle que Ben a eu ; choc, incr\u00e9dulit\u00e9 et grande tristesse.. Comment se r\u00e9jouir d&#8217;une naissance future en de pareilles heures ?<\/p>\n<p>La serveuse apporte les deux bi\u00e8res sur un plateau;<\/p>\n<p>-Voici pour toi Joe, et pour toi Adam&#8230; Monsieur Cartwright, qu&#8217;est-ce que ce sera pour vous ?<\/p>\n<p>-Un verre de whisky, s&#8217;il vous plait..<\/p>\n<p>-Je vous apporte cela tout de suite&#8230; Pardonnez-ma curiosit\u00e9, mais c&#8217;est de mme Dexter dont vous parlez ?<\/p>\n<p>-Oui, j&#8217;\u00e9tais aupr\u00e8s d&#8217;elle&#8230; Je compte sur vous pour ne pas \u00e9bruiter la nouvelle, Doroth\u00e9a \u2026<\/p>\n<p>-Bien \u00e9videmment Monsieur Cartwright.. Pauvre femme; perdre son mari , si jeune.. Que d&#8217;\u00e9preuves en ce bas monde&#8230;Elle est bien \u00e0 plaindre cette brave femme. Bon assez bavard\u00e9. Qu&#8217;est-ce que je vous sers Messieurs ?<\/p>\n<p>-Votre plat du jour, c&#8217;est quoi ?<\/p>\n<p>-J&#8217;ai du lapin \u00e0 la moutarde, ce midi.. Le p\u00e8re a tu\u00e9 les plus beaux&#8230;<\/p>\n<p>-Alors, allons-y pour trois plats du jour&#8230;<\/p>\n<p>-Et Hoss, on fait quoi, on l&#8217;attend ?<\/p>\n<p>-Non, je ne pense pas qu&#8217;il va arriver tout de suite. Faut quand m\u00eame qu&#8217;il fasse l&#8217;aller et le retour.. Vous lui mettrez de c\u00f4t\u00e9.<\/p>\n<p>-Deux lapins, \u00e7a va de soi.<\/p>\n<p>-Joe.<\/p>\n<p>Adam lance un regard \u00e0 son petit fr\u00e8re, ni l&#8217;un ni l&#8217;autre ne peut s&#8217;emp\u00eacher de rire \u00e0 l&#8217;\u00e9vocation de l&#8217;app\u00e9tit oh combien l\u00e9gendaire de leur frangin..<\/p>\n<p>-Et n&#8217;oubliez pas les rognons, c&#8217;est ce que je pr\u00e9f\u00e8re.. Vous m&#8217;en mettrez cinq ou six.<\/p>\n<p>-Oui mister Adam. Sauf que je vous rappelle que mes lapins n&#8217;ont que deux reins.. Je vais pas les inventer, quand m\u00eame..<\/p>\n<p>-je sais, ma ch\u00e8re Doroth\u00e9a, je vous taquine, r\u00e9pond Adam en la serrant affectueusement contre lui.<\/p>\n<p>-Adam, vous \u00eates un fieff\u00e9 coquin. Vous m\u00e9riteriez que je vous fasse faire la vaisselle.<\/p>\n<p>-Mais avec plaisir; ma ch\u00e8re. D&#8217;aussi jolies mains ne m\u00e9ritent pas d&#8217;\u00eatre baign\u00e9es dans de l&#8217;eau grasse.<\/p>\n<p>-Vous irez me chercher de l&#8217;eau et \u00e7a ira, vilain flatteur.<\/p>\n<p>Doroth\u00e9a s&#8217;\u00e9loigne&#8230; Ben lance un regard amus\u00e9 \u00e0 son fils a\u00een\u00e9 :<\/p>\n<p>-Tu ne peux pas t&#8217;en emp\u00eacher toi, hein ?<\/p>\n<p>-Non, lui r\u00e9pond Adam avec un air de gamin qui est satisfait de sa bonne blague..<\/p>\n<p>-Bon, passons, et au fait, vous avez fait quoi ce matin ?<\/p>\n<p>-On est all\u00e9 aux champignons&#8230;, r\u00e9pond Joe, en portant \u00e0 sa bouche sa chope de bi\u00e8re.<\/p>\n<p>-Ah tr\u00e8s bien, et vous en avez trouv\u00e9 ?<\/p>\n<p>-oui, on a fait une belle cueillette, on a rempli un panier.. On les a donn\u00e9s en cuisine.<\/p>\n<p>-Et et , vous \u00eates s\u00fbrs qu&#8217;ils sont tous bons ?<\/p>\n<p>-Ben pa, quand m\u00eame; pour qui tu nous prends. On n&#8217;a pas l&#8217;intention d&#8217;empoisonner qui que soit..<\/p>\n<p>-Ah non ? Pourtant, Joe, j&#8217;ai souvenir d&#8217;un repas o\u00f9 on n&#8217;est quand m\u00eame pas pass\u00e9 loin de l&#8217;intoxication g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e.<\/p>\n<p>-Ah, pas avec moi, s\u00fbrement pas&#8230;<\/p>\n<p>-Ben si, mais tu t&#8217;en rappelles pas. T&#8217;\u00e9tais m\u00f4me \u00e0 l&#8217;\u00e9poque&#8230; Tu nous a dis que tu voulais aider Hop Sing \u00e0 faire \u00e0 manger..<\/p>\n<p>-Et j&#8217;ai fait quoi ?<\/p>\n<p>-Oh tu nous a fait une salade de pissenlits et du poulet aux champignons et \u2026.<\/p>\n<p>-Et ?<\/p>\n<p>-Et on a tous \u00e9t\u00e9 malades; conclut Adam.. Hop Sing a pass\u00e9 la nuit \u00e0 \u00e9ponger et \u00e0 nous pr\u00e9parer des tisanes de verveine. On ne gardait rien&#8230;<\/p>\n<p>-Mais c&#8217;est fou \u00e7a, je ne me souviens de rien..<\/p>\n<p>-Mais, Joe, tu sais bien que les plus belles conneries sont fa\u00eetes par des gens qui n&#8217;en gardent pas le moindre souvenir&#8230;<\/p>\n<p>-mais je t&#8217;en prie, toi; Reste poli&#8230;<\/p>\n<p>-Ah tiens, voil\u00e0 nos petits plats tout chauds, tout bons&#8230;<\/p>\n<p>Doroth\u00e9a pose devant les trois Cartwright des assiettes bien pleines, fumantes.<\/p>\n<p>-Vos mines r\u00e9jouies font plaisir \u00e0 voir, Messieurs, mais attendez de go\u00fbter, vous m&#8217;en direz des nouvelles.. Vos papilles vont p\u00e9tiller, fr\u00e9tiller, papillonner&#8230; Bon app\u00e9tit, Messieurs.<\/p>\n<p>-Merci miss Doroth\u00e9a.<\/p>\n<p>-Oh Adam;, regarde; oh tu vois ce que je vois&#8230;<\/p>\n<p>Joe et Adam se lancent un regard de connivence.<\/p>\n<p>-Mais \u00e7a serait-y pas nos petits amis chevelus, mousseux au pied tendre&#8230; Oh mais ils ont bien tenu la cuisson&#8230;<\/p>\n<p>-Oh pour s\u00fbr, \u00e7a c&#8217;est du frais.. Sit\u00f4t cueillis; sit\u00f4t servis. Mais d\u00eetes-moi ma ch\u00e8re Doroth\u00e9a, comment avez-vous r\u00e9ussi ce petit prodige..<\/p>\n<p>-Je les fais revenir pendant quinze petites minutes dans la po\u00eale avec un peu de sel et de poivre; et apr\u00e8s je les noie dans le vin. Et avec ce vin, je fais la jolie petite sauce brune dans laquelle Jeannot Lapin a tremp\u00e9 ses cuisses et son arri\u00e8re-train&#8230;<\/p>\n<p>-Hum arr\u00eatez; Miss Doroth\u00e9a&#8230; C&#8217;est insoutenable.<\/p>\n<p>&#8211; En attendant, mangez, sinon \u00e7a va \u00eatre tout froid. Et je ne veux plus rien dans les assiettes&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans le cabinet<\/p>\n<p>-Mme Dexter, que faites-vous ?<\/p>\n<p>-Je me sens mieux, je veux me lever.<\/p>\n<p>-Attendez, rien ne presse, reposez-vous. Vous accumulez les chocs en ce moment, prenez le temps de souffler , je vous en conjure.<\/p>\n<p>-Je vais bien docteur. Vous l&#8217;avez dit vous m\u00eame; rien de grave.. J&#8217;attends un enfant, je ne suis pas malade.<\/p>\n<p>-Oui, c&#8217;est vrai. Mais vous avez besoin de repos, quand m\u00eame. Tenez, je vous ai fait porter un peu de nourriture. Il faut le nourrir correctement ce petit. Vous avez beaucoup de courage; mais vous devez me promettre que vous allez prendre soin de vous.<\/p>\n<p>Joan tord ses mains contre sa robe. Elle tourne le dos au m\u00e9decin, le temps de remettre de l&#8217;ordre dans sa tenue.<\/p>\n<p>-C&#8217;est promis; madame ?<\/p>\n<p>-Oui, docteur; c&#8217;est promis. Apr\u00e8s tout, cet enfant est le dernier cadeau que mon cher \u00e9poux m&#8217;aura fait. Et je compte bien l&#8217;\u00e9lever dans le souvenir de son papa.<\/p>\n<p>Derniers mots qui se noient dans un sanglot. Prise de conscience brutale de cette maternit\u00e9, qui s&#8217;impose \u00e0 elle, inconnue d&#8217;elle jusqu&#8217;\u00e0 ce matin.<\/p>\n<p>-Docteur, j&#8217;apprends que je vais avoir un b\u00e9b\u00e9 le jour o\u00f9 je vais mettre mon mari en terre&#8230; Pourquoi?<\/p>\n<p>Paul Martin tend la main et la pose dans le dos de sa patiente..<\/p>\n<p>-Ce sont l\u00e0 les grandes peines de la vie. Maintenant, vous devez penser \u00e0 vous et \u00e0 ce b\u00e9b\u00e9. Que comptez-vous faire ?<\/p>\n<p>-Je n&#8217;en ai aucune id\u00e9e. Pour l&#8217;instant, je dois penser \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie de cet apr\u00e8s-midi, puis au proc\u00e8s qui d\u00e9bute et seulement apr\u00e8s, je r\u00e9fl\u00e9chirai \u00e0 tout cela.<\/p>\n<p>-Vous avez bien raison. A chaque jour suffit sa peine.<\/p>\n<p>-Oui tout \u00e0 fait. L&#8217;homme ne peut accomplir que la distance que ses pieds voudront bien couvrir..<\/p>\n<p>-sage parole, en effet&#8230; Le soleil se l\u00e8vera demain pour vous, et il sera bien temps de relever chacun des d\u00e9fis que la vie mettra sur votre route.. Alors, puisque vous savez donner d&#8217;aussi sages conseils; ne soyez pas trop exigeante avec vous; prenez soin de vous et allez-y doucement. Et puis, n&#8217;oubliez pas que vous pouvez compter sur moi, ainsi que sur les Cartwright.<\/p>\n<p>-Merci docteur.<\/p>\n<p>-Ben Cartwright va veiller sur vous.<\/p>\n<p>-oui oui, je n&#8217;en doute pas. C&#8217;est un homme bon et sensible. J&#8217;ai beaucoup de chance d&#8217;\u00eatre son amie.<\/p>\n<p>-Oui, c&#8217;est une \u00e9paule solide et il sera toujours l\u00e0 pour vous.<\/p>\n<p>-Tiens mais d&#8217;ailleurs, est-il encore l\u00e0 ?<\/p>\n<p>-Non, il est all\u00e9 retrouver ses fils. Je l&#8217;y ai forc\u00e9. Ai-je eu tort ?<\/p>\n<p>-Pas du tout, il a d\u00e9j\u00e0 tant fait pour moi.<\/p>\n<p>-Il a dit qu&#8217;il viendrait vous apporter vos effets personnels, sit\u00f4t que Hoss les aura ramen\u00e9s. Pour l&#8217;instant, nous allons prendre le temps de manger ces sandwich. Je n&#8217;ai pas fait porter autre chose, je ne savais pas combien de temps vous alliez dormir&#8230; Vous auriez mang\u00e9 froid; alors j&#8217;ai demand\u00e9 des tranches de pain et un peu de charcuterie.. Et j&#8217;ai m\u00eame trouv\u00e9 des fruits; regardez.<\/p>\n<p>-Oh du raisin&#8230;<\/p>\n<p>-Et j&#8217;ai aussi des noix et des figues fra\u00eeches. Vous allez me go\u00fbter \u00e7a, c&#8217;est un d\u00e9lice. Par contre, je vous conseille d&#8217;enlever la petite peau des noix, car sinon, gare aux aphtes&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Tard dans la soir\u00e9e<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>-Bonne nuit, ma ch\u00e8re Joan&#8230; T\u00e2chez de dormir. La journ\u00e9e a \u00e9t\u00e9 longue.<\/p>\n<p>-Merci Benjamin. Merci d&#8217;avoir \u00e9t\u00e9 l\u00e0.<\/p>\n<p>-Non, Joan, ne me remerciez pas&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ben est en train de raccompagner Joan jusqu&#8217;\u00e0 sa chambre&#8230; Il a fait monter un repas pour lui et Joan. Les gar\u00e7ons ont soup\u00e9 avec Corvett dans la grande salle de l&#8217;h\u00f4tel. Hop Sing quant \u00e0 lui a rejoint sa famille&#8230; Joan ne se sentait pas de descendre au restaurant. Ben a donc command\u00e9 un plateau repas avec une assiette de soupe; une part de tarte sal\u00e9e au jambon et au fromage et une cr\u00e8me au caf\u00e9.<\/p>\n<p>-Benjamin, je voulais vous remercier pour ce que vous avez dit cette apr\u00e8s-midi. Vos paroles m&#8217;ont touch\u00e9.<\/p>\n<p>-Joan, je vous l&#8217;ai dit. J&#8217;ai eu de bons moments avec votre \u00e9poux, nous avons discut\u00e9 beaucoup et il m&#8217;a confi\u00e9 des pans de sa vie, ses doutes, ses peurs. Je regrette de ne pas l&#8217;avoir connu davantage et je regrette qu&#8217;il y ait eu cette douloureuse histoire. Maintenant que je sais que cette lettre et ce certificat \u00e9taient des faux, j&#8217;ai honte d&#8217;avoir dout\u00e9 de lui.<\/p>\n<p>-Ne d\u00eetes pas \u00e7a, Benjamin. Vous avez \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 m&#8217;ouvrir les yeux.<\/p>\n<p>-Je vous en prie Joan, je m&#8217;en veux assez d&#8217;avoir agi ainsi.<\/p>\n<p>-Mais enfin, Benjamin, cessez de vous sentir responsable. Henry et moi avons \u00e9t\u00e9 victimes d&#8217;une affreuse machination. Et celle-ci a fait souffrir tant de personnes; vous et vos fils.. Et elle a co\u00fbt\u00e9 la vie \u00e0 deux personnes, je vous en prie, arr\u00eatez de vous sentir coupable. Vous n&#8217;avez pas \u00e0 vous sentir responsable : les gens haineux font partie de la vie; tout comme le puma ou le vautour.<\/p>\n<p>-Joan, il y a des moments o\u00f9 je me demande de quel mati\u00e8re vous \u00eates faite. Vous me mettez la t\u00eate \u00e0 l&#8217;envers; vous vous abandonnez \u00e0 la col\u00e8re de temps en temps, ou alors vous faites preuve d&#8217;un calme hors du commun&#8230; Vous \u00eates deux personnes; vous avez le coeur d&#8217;un brave et la fragilit\u00e9 d&#8217;une agnelle..<\/p>\n<p>-Benjamin, j&#8217;appartiens \u00e0 deux mondes, je suis le fruit de deux cultures, de quatre influences, mon p\u00e8re et ma m\u00e8re biologique m&#8217;ont transmis un pass\u00e9, une famille, un nom mais ma tribu m&#8217;a forg\u00e9, m&#8217;a model\u00e9. Je suis une fille de la terre, mais mes racines se d\u00e9doublent.<\/p>\n<p>-J&#8217;ose esp\u00e9rer que vous avez pu dire adieu \u00e0 l&#8217;homme de votre vie comme vous le souhaitiez.<\/p>\n<p>-Oui je crois. Je ne connais plus trop les pri\u00e8res que vous avez r\u00e9cit\u00e9, sans doute les ai-je un appris avec ma m\u00e8re mais je n&#8217;en ai qu&#8217;un vague souvenir et ce ne sont que des mots.<\/p>\n<p>-Mais vous ont-ils apport\u00e9 un l\u00e9ger r\u00e9confort ?<\/p>\n<p>-Oooui, oui, je crois. J&#8217;ai aim\u00e9 l&#8217;accent que vous avez mis sur ce suppos\u00e9 passage entre ici et l&#8217;au-del\u00e0.<\/p>\n<p>-Joan, vous vous rappelez de la conversation que nous avons eu \u00e0 propos de nos croyances respectives ?? J&#8217;en ai appr\u00e9ci\u00e9 chaque minute, et notamment ce que vous avez dit \u00e0 propos de la voix lact\u00e9e qui entra\u00eene les \u00e2mes de ceux qui nous ont quitt\u00e9&#8230;<\/p>\n<p>-Je crois alors que les hommes blancs sont plus proches de nous qu&#8217;ils ne veulent le reconna\u00eetre&#8230; L&#8217;\u00e9ventualit\u00e9 de ces passerelles entre votre monde et le mien m&#8217;apporte une grande s\u00e9r\u00e9nit\u00e9. Cela prouve que l&#8217;homme qui se laisse bercer par la musique du monde et de la nature est apais\u00e9 et re\u00e7oit force et secours. Allons, Benjamin, nous voil\u00e0 reparti pour une nouvelle longue discussion&#8230; Mais j&#8217;aime tellement cela.<\/p>\n<p>-Je pourrai rester des heures \u00e0 vous \u00e9couter parler de votre culture, de votre croyance&#8230;. Mais je ne veux pas amputer vos heures de sommeil&#8230;. Vous devez vous reposer et prendre soin de vous.. Pensez \u00e0 votre enfant.<\/p>\n<p>-Mon enfant; oui&#8230;. Je pense d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s fort \u00e0 lui&#8230; Je sens que je l&#8217;aime d\u00e9j\u00e0&#8230;<\/p>\n<p>-Oh oui vous allez l&#8217;aimer.. Vous serez une m\u00e8re formidable; Joan, je le sais. Vous \u00eates une personne exceptionnelle&#8230;.<\/p>\n<p>-exceptionnelle, je ne sais pas&#8230; Ce que je sais, c&#8217;est que je suis seule, dor\u00e9navant. Henry a fait un bout de chemin avec moi, mais l\u00e0, il m&#8217;a d\u00e9finitivement l\u00e2ch\u00e9 la main. Et je dois marcher vers demain, seule, et ce sera \u00e0 moi de guider et de donner confiance \u00e0 un tout petit.<\/p>\n<p>-Et vous en serez parfaitement capable, ma ch\u00e8re;.. Vous allez lui donner tout votre amour; votre sensibilit\u00e9, vous lui parlerez de son p\u00e8re et vous l&#8217;\u00e9l\u00e8verez, vous le ferez grandir dans le souvenir de son p\u00e8re et lui vous \u00e9tonnera en devenant lui, tout en \u00e9tant un morceau de son p\u00e8re, un morceau de vous et et surtout, en \u00e9tant la preuve vivante que votre amour \u00e9tait beau. Seul un bel amour peut engendrer de belles personnes et je sais , pour avoir vu votre amour , que votre enfant sera beau.<\/p>\n<p>-vous \u00eates bien plac\u00e9s pour le dire, n&#8217;est-ce pas Benjamin, quand on voit vos trois fils, on est frapp\u00e9 par leur beaut\u00e9 et leur charme.. Oh vous avez du aimer chacune de vos femme, Benjamin.<\/p>\n<p>-Oh oui, je les ai aim\u00e9es. Toutes les trois, diff\u00e9remment mais avec la m\u00eame force. Et vous savez quoi, j&#8217;ai \u00e0 chaque fois cr\u00fb que mon chagrin allait me submerger et que plus jamais je n&#8217;aimerai.. .Lorsque Inger est entr\u00e9 dans ma vie, j&#8217;\u00e9tais un jeune papa paum\u00e9, d\u00e9pass\u00e9 par le poids de ce qui m&#8217;arrivait.. Elle est venue \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s, doucement, tendrement, et elle s&#8217;est install\u00e9e, sans faire de bruit. D&#8217;abord en figure maternelle pour venir au chevet d&#8217;Adam qui \u00e9tait tr\u00e8s malade, puis comme une compagne d\u00e9sireuse de partager mon r\u00eave&#8230; Quand elle est morte, la douleur fut d&#8217;une rare violence, j&#8217;ai eu si mal&#8230; Et au chagrin s&#8217;ajoutait la responsabilit\u00e9 d&#8217;un autre enfant, pas encore sevr\u00e9&#8230; J&#8217;ai surmont\u00e9 mon mal-\u00eatre pour mes gar\u00e7ons et j&#8217;ai regard\u00e9 devant moi.. Et sur ce chemin est arriv\u00e9 ma derni\u00e8re \u00e9pouse, la maman de Joe&#8230;. Et elle m&#8217;a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9e, elle aussi&#8230;. Mais malgr\u00e9 la peine, malgr\u00e9 la douleur, malgr\u00e9 le fait que j&#8217;en vienne \u00e0 me demander si je ne suis pas maudis; je garde confiance en la vie&#8230; Et si l&#8217;amour voulait p\u00e9n\u00e9trer ma vie \u00e0 nouveau, je serai pr\u00eat \u00e0 l&#8217;accueillir&#8230;. Que serions-nous sans amour, je vous le demande.<\/p>\n<p>Joan, le dos appuy\u00e9 contre le mur tapiss\u00e9 du couloir, fr\u00e9mit sous les derni\u00e8res paroles de cet homme qui parle si bien d&#8217;amour&#8230;<\/p>\n<p>-Benjamin, j&#8217;ai le coeur gris-sombre, mais j&#8217;ai envie de vous croire.. J&#8217;ose croire ce que vous d\u00eetes. Pour l&#8217;instant, j&#8217;ai juste mal, parce que mon bonheur vient d&#8217;\u00eatre foudroy\u00e9. Mais je garderai au fond de mon coeur ces mots si beaux que vous venez de prononcer.<\/p>\n<p>-Gardez-les le temps qu&#8217;il faudra, mais n&#8217;oubliez jamais que la vie vaut le coup d&#8217;\u00eatre v\u00e9cue et que viendra un jour o\u00f9 des heures plus douces s&#8217;offriront \u00e0 vous.. Cette vie qui vous inflige une telle souffrance, se fera c\u00e2line et apaisante pour vous dans quelques temps&#8230; A vous d&#8217;accueillir chacun de ces temps, au rythme de ce que vous dictera votre coeur.<\/p>\n<p>Ben, pendant tout ce temps, ne lui a pas l\u00e2ch\u00e9 la main&#8230; Il la porte \u00e0 ses l\u00e8vres et l&#8217;embrasse tendrement&#8230; Puis il pose sa bouche sur la joue de la jeune femme :<\/p>\n<p>-Bonne nuit, ma Joanie ch\u00e9rie.. Je vous quitte ici.<\/p>\n<p>-Bonne nuit Benjamin&#8230;.<\/p>\n<p>Elle l&#8217;embrasse au coin du visage, l\u00e0 o\u00f9 les joues se fondent pour dessiner la ligne de la bouche. Baiser d&#8217;affection, baiser \u00e9mu, baiser confus, baiser d&#8217;attention, baiser remerciement, baiser engagement ? Peu importe, il a un parfum de sinc\u00e9rit\u00e9, une touche de tendresse, baiser bienveillant, \u00ab\u00a0ne tardez pas, rentrez et prenez du repos\u00a0\u00bb. Rien de plus&#8230;. Qu&#8217;y chercher de plus ? Oh oui, il ne faudrait pas grand-chose pour que ce baiser se prolonge en une promesse d&#8217;un lendemain ? Mais convenance et biens\u00e9ance sont deux \u00e9pais rideaux pourpres tendus sur la sc\u00e8ne d&#8217;une romance vou\u00e9e \u00e0 l&#8217;opprobre et au scandale&#8230; Le printemps des sentiments devra attendre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Fin d&#8217;apr\u00e8s-midi, veille du proc\u00e8s<\/p>\n<p>-Hey Corvett, qu&#8217;est-ce que tu fous ? Tu viens ?<\/p>\n<p>-Heu oui&#8230; Euh partez devant, j&#8217;arrive&#8230;<\/p>\n<p>-Ben qu&#8217;est-ce que t&#8217;as ?<\/p>\n<p>-Oh rien, mais \u2026.<\/p>\n<p>-Mais fais voir ? Non, je le crois pas&#8230;. Ohhhhhh , nonnnnnnnnnnnn&#8230; Alors \u00e7a; \u00e7a vaut son pesant d&#8217;or&#8230; Mister Corvet le roi des rodearors s&#8217;est fait lac\u00e9rer le pantalon par une vache liliputienne&#8230; Ahhh..<\/p>\n<p>Joe se tient les c\u00f4tes et pleure tellement il rigole&#8230;<\/p>\n<p>-Oh oh , petit Corvet aurait-il d\u00e9couvert l&#8217;agr\u00e9able sensation qu&#8217;on \u00e9prouve quand on vole&#8230;.<\/p>\n<p>-Oui mais, apparemment il mal dos\u00e9 l&#8217;atterrissage, r\u00e9pond Adam&#8230;.<\/p>\n<p>-t&#8217;as cass\u00e9 ton cul par terre, gamin, demande Hoss.<\/p>\n<p>-C&#8217;est \u00e7a marrez-vous&#8230;<\/p>\n<p>-Oh te f\u00e2che pas&#8230; Hey, on y est tous pass\u00e9.. \u00e7a fait super mal \u00e0 l&#8217;orgueil, mais \u00e7a va plus loin&#8230;, ajoute Hoss.<\/p>\n<p>-L&#8217;orgueil, je sais pas; mais j&#8217;ai d\u00fb me p\u00e9ter les reins, \u00e0 tous les coups&#8230;<\/p>\n<p>-Mais non, t&#8217;es rembourr\u00e9&#8230; Dis tu vas pas me dire que c&#8217;est ton premier gadin, quand m\u00eame&#8230;; demande Adam; contamin\u00e9 par le rire de ses deux frangins&#8230;<\/p>\n<p>-Ben non, j&#8217;suis d\u00e9j\u00e0 tomb\u00e9&#8230; Mais&#8230;.<\/p>\n<p>-Mais tu t&#8217;es jamais fais faucher par un taurillon, c&#8217;est \u00e7a, conclue Joe.<\/p>\n<p>-Ben ouais, j&#8217;sais pas ce qu&#8217;il lui a pris \u00e0 ce con..<\/p>\n<p>-Il lui a pris qu&#8217;il t&#8217;a fonc\u00e9 dessus&#8230;. et c&#8217;est tout.<\/p>\n<p>-Ouais, \u00e7a j&#8217;avais compris, merci Hoss.<\/p>\n<p>-T&#8217;es vex\u00e9 ?<\/p>\n<p>-Non, mais avoue que c&#8217;est humiliant&#8230;<\/p>\n<p>-Tu sais quoi, gamin, il a d\u00fb craquer en te voyant arriver avec ton petit noeud de cravate rouge&#8230;<\/p>\n<p>-Pffff, n&#8217;importe quoi.<\/p>\n<p>-ben si, c&#8217;est un b\u00e9b\u00e9 taureau, alors il r\u00e9agit aux tout petits bouts de rouge&#8230;, ajoute Joe.<\/p>\n<p>-Mais c&#8217;est vrai qu&#8217;il est tout mignon notre Corvet avec son noeud rouge.<\/p>\n<p>-Ouais, pour un noeud, c&#8217;est un beau noeud, c&#8217;est d&#8217;ailleurs le seul truc de potable&#8230;. maintenant.<\/p>\n<p>-Hein, quoi ? Mais&#8230;<\/p>\n<p>-Ben oui, fiston, t&#8217;as pas vu l&#8217;arri\u00e8re de ta chemise. Enfin si on peut encore appeler \u00e7a une chemise.<\/p>\n<p>-Oh non, malheur&#8230; Votre p\u00e8re, il va dire quoi ?&#8230; Il m&#8217;a achet\u00e9 cette chemise pour la c\u00e9r\u00e9monie et elle est fichue&#8230;<\/p>\n<p>-Bah, te tracasse pas pour pa.. On lui expliquera que t&#8217;as fait une mauvaise rencontre&#8230;<\/p>\n<p>-Euh non ,Adam, \u00e7a c&#8217;est pas une bonne id\u00e9e&#8230; Pa pourrait croire qu&#8217;il est all\u00e9 tra\u00eener au saloon&#8230; Et vu ce qui s&#8217;est pass\u00e9 l&#8217;autre jour, faut peut-\u00eatre pas insister&#8230;<\/p>\n<p>-Ah oui , bien vu Hoss..<\/p>\n<p>-C&#8217;est s\u00fbr que \u00e7a ferait beaucoup, de se faire charger par un taurillon, puis de se faire botter le cul par le taureau des Cartwright, r\u00e9plique Joe malicieusement.<\/p>\n<p>-Ah bon, il est taureau votre p\u00e8re ?<\/p>\n<p>-Oh non, j&#8217;crois pas&#8230; Mais toi en revanche, il s&#8217;agit de te taire&#8230;. T&#8217;avises pas de lui dire \u00e7a; car tu risquerais de t&#8217;appeler Carpette; au lieu de Corvet. Tu sais ce qu&#8217;on dit , entre nous, quelle est la meilleure farce \u00e0 faire \u00e0 Ponderosa ?<\/p>\n<p>-Pft; j&#8217;en sais rien.<\/p>\n<p>-y&#8217;en a des dizaines \u00e0 faire, \u00e0 condition que notre p\u00e8re soit pas dans les parages&#8230;<\/p>\n<p>-Oh oh, et \u00e0 qui donnes-tu ce sage conseil ?<\/p>\n<p>-Arg heum, tu es l\u00e0, pa ?<\/p>\n<p>-Oui. Et apparemment je fais bien de venir..<\/p>\n<p>-Pa, on n&#8217;est pas s\u00e9rieux, tu sais. C&#8217;est juste un peu d&#8217;humour&#8230;<\/p>\n<p>-Mais oui&#8230; Juste un peu d&#8217;humour&#8230;<\/p>\n<p>-Mais bien s\u00fbr Joseph&#8230;. Et bien dis donc, Corvet, que t&#8217;est-il arriv\u00e9 ?<\/p>\n<p>-Ben c&#8217;est \u00e0 dire&#8230;<\/p>\n<p>A ce moment, Corvet cherche Hoss du regard. Ce dernier le fixe avec sympathie et l&#8217;encourage&#8230;.<\/p>\n<p>-Mr Cartwright, je suis d\u00e9sol\u00e9, Hoss , Adam et Joe m&#8217;ont emmen\u00e9 voir les b\u00eates de chez Ezchechiel, et y a un petit taureau qui m&#8217;a fonc\u00e9 dessus&#8230;<\/p>\n<p>-C&#8217;est lui qui t&#8217;as mis dans cet \u00e9tat-l\u00e0 ?<\/p>\n<p>-Oui monsieur Cartwright. Je ne suis pas fier de moi, pardonnez-moi, j&#8217;ai abim\u00e9 la chemise que vous m&#8217;avez achet\u00e9e. Je travaillerai pour la rembourser&#8230;.<\/p>\n<p>-Non, Corvett, la chemise, c&#8217;est pour moi&#8230; Ce genre de hum m\u00e9saventures peut arriver \u00e0 tout le monde, n&#8217;est-ce pas les gar\u00e7ons&#8230;<\/p>\n<p>-Tu dis, pa \u2026<\/p>\n<p>-Je disais Adam, que ce genre de rencontres peut arriver \u00e0 n&#8217;importe qui, m\u00eame \u00e0 des ranchers exp\u00e9riment\u00e9s.<\/p>\n<p>-Heu oui, c&#8217;est certain pa&#8230;<\/p>\n<p>-Bon, en attendant, va falloir te trouver quelque chose pour couvrir tes fesses&#8230;. Joe; tu peux lui passer un pantalon ?<\/p>\n<p>-Ben c&#8217;est \u00e0 dire que, pourquoi moi ?<\/p>\n<p>-\u00e7a me semble \u00e9vident, non ? Tu vois notre ami Corvet dans un des pantalons d&#8217;Hoss ? Allons..<\/p>\n<p>-Pour le coup faudrait organiser une battue, juste pour le retrouver&#8230; Attention, on recherche un jeune gar\u00e7on, \u00e9gar\u00e9 dans le pantalon de Hoss Cartwright&#8230; , claironne Adam en tournant autour de son fr\u00e8re.<\/p>\n<p>-Ah ah tr\u00e8s dr\u00f4le, ronchonne le principal int\u00e9ress\u00e9.<\/p>\n<p>-Bon c&#8217;est entendu, Joe, tu lui passeras ton pantalon de travail et tu enfileras ton pantalon de costume.. Ce sera tr\u00e8s bien pour le tribunal, n&#8217;oublie pas que tu dois \u00eatre entendu comme t\u00e9moin&#8230; Attention, l\u00e0 tout de suite je cautionne votre petit d\u00e9lire du moment parce qu&#8217;on n&#8217;a peu d&#8217;occasions de plaisanter, mais demain , les choses s\u00e9rieuses commencent;&#8230; Je compte sur vous les gar\u00e7ons&#8230;<\/p>\n<p>-Monsieur Cartwright, vous croyez qu&#8217;il va y avoir une pendaison ?<\/p>\n<p>-Vois-tu Corvet, je ne suis pas juge; nous attendrons l&#8217;issue du proc\u00e8s.. Je dis bien nous, parce que toi, tu seras ailleurs&#8230;<\/p>\n<p>-o\u00f9 je vais moi ?<\/p>\n<p>-Tu es r\u00e9quisitionn\u00e9 par le palefrenier pour faire tes corv\u00e9es aux \u00e9curies de la ville&#8230;<\/p>\n<p>Mine d\u00e9confite du gamin, bien \u00e9videmment.<\/p>\n<p>-Nous ne sommes pas \u00e0 Ponderosa, certes, mais tu as une punition \u00e0 faire, tu n&#8217;avais pas oubli\u00e9 quand m\u00eame&#8230;<\/p>\n<p>-oui ben j&#8217;en connais un qui n&#8217;oublie pas.<\/p>\n<p>-Tu disais ?<\/p>\n<p>-Non, rien, je n&#8217;ai pas oubli\u00e9, bien s\u00fbr&#8230;<\/p>\n<p>-Bon les gar\u00e7ons, l&#8217;audience commence \u00e0 8h00, soyez \u00e0 l&#8217;heure&#8230; Je vous laisse, vous avez quartier libre ce soir&#8230; Corvet, interdiction de&#8230;.<\/p>\n<p>-oui je sais , je rentre \u00e0 l&#8217;h\u00f4tel&#8230;<\/p>\n<p>-Ah bon, c&#8217;est ce que tu veux&#8230; Pas de probl\u00e8mes..<\/p>\n<p>-non non, non Monsieur Cartwright. J&#8217;\u00e9tais s\u00fbr que vous alliez dire \u00e7a&#8230;<\/p>\n<p>-comment peux-tu \u00eatre sur de ce que je vais dire, voyons. Tu n&#8217;es pas devin, quand m\u00eame..<\/p>\n<p>-Ben non, excusez-moi.<\/p>\n<p>-Donc je disais; tu as le droit de sortir, c&#8217;est pour moi le meilleur moyen de m&#8217;assurer que tu ne feras pas de b\u00eatises. Les gar\u00e7ons, vous gardez les deux yeux sur lui&#8230; Joe, j&#8217;ai ta parole de ne pas boire ?<\/p>\n<p>-Je tiens \u00e0 avoir les id\u00e9es claires face au juge, pour r\u00e9pondre \u00e0 toutes ses questions..<\/p>\n<p>-Joe, \u00e7a va ?<\/p>\n<p>Entrainant son fils \u00e0 part, Ben l&#8217;entoure de ses bras.<\/p>\n<p>-Tu n&#8217;as rien \u00e0 craindre, fils, tu diras ce que tu as vu, rien de plus.<\/p>\n<p>-Je sais pa, n&#8217;emp\u00eache que je me sentirai mieux quand tout sera fini&#8230;<\/p>\n<p>-Pense \u00e0 Joan, tu crois qu&#8217;elle se sentira mieux pour autant ? Nulle trace d&#8217;agacement dans la voix de Ben, tout au plus de la tristesse et de l&#8217;abattement.<\/p>\n<p>-Je sais Pa, je sais que je ne devrai pas dire \u00e7a.. Pardon.<\/p>\n<p>-Bah, t&#8217;en fais pas&#8230; Je crois savoir ce que tu ressens&#8230; Nous serons tous l\u00e0; et de toutes fa\u00e7ons, le juge nous entendra tous.<\/p>\n<p>-Quoi ?<\/p>\n<p>-Ben oui Hoss, nous \u00e9tions les seules connaissances de Henry, et puis n&#8217;oublie pas que je reste l&#8217;employeur de Marchildon.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>******************<\/p>\n<p>Il est bient\u00f4t cinq heures, le jour va bient\u00f4t se lever&#8230;. Ben se l\u00e8ve . Plus de sommeil, trop d&#8217;agitation dans la t\u00eate&#8230; Le soleil va briller sur la plaine, sur la ville et sur la salle dans laquelle se tiendra le proc\u00e8s&#8230; Et accessoirement le soleil brillera sur la tombe de Henry et sur la peine de Joan&#8230; Mais peut-\u00eatre aura-t-elle des r\u00e9ponses \u00e0 toutes ces questions, \u00e0 cet encha\u00eenement de drames&#8230; Ben veut y croire, il a pour lui la foi infinie qu&#8217;il a en la justice de son pays&#8230; Hier au soir, il a mis dans sa pri\u00e8re une ferveur sp\u00e9ciale, demandant au Tr\u00e8s Haut de veiller sur cette femme \u00e9patante qui va faire face avec dignit\u00e9 et courage \u00e0 une \u00e9preuve frisant l&#8217;intol\u00e9rable&#8230; Ben esp\u00e8re la voir d\u00e9fier Marchildon du regard , il esp\u00e8re qu&#8217;elle osera le regarder avec ses mains sur son ventre pour bien pointer l&#8217;horrible r\u00e9alit\u00e9 de ce crime qu&#8217;il a commis : il a tu\u00e9 le p\u00e8re de son enfant. Peut-\u00eatre rira-t-il de son rire gras aux accents de son pays et de ses expressions que personne \u00e0 part lui ne peut comprendre&#8230;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>***************<\/p>\n<p>-Devant ces yeux de femme; je m&#8217;appr\u00eate \u00e0 rendre justice; d\u00e9clare le juge Buckler&#8230;. Il n&#8217;y a qu&#8217;un seul Dieu,, mais il y aura plusieurs jur\u00e9s.. J&#8217;en appelle \u00e0 l&#8217;honneur et \u00e0 la loyaut\u00e9 de chacun&#8230; Messieurs; je vais d\u00e9signer quatre d&#8217;entre vous et vous viendrez prendre place \u00e0 ma droite apr\u00e8s avoir pr\u00eat\u00e9 serment.<\/p>\n<p>Ben et ses fils ont pris place dans l&#8217;assistance, ils savent d\u00e9j\u00e0 que pas un seul ne sera d\u00e9sign\u00e9; \u00e9tant donn\u00e9 qu&#8217;ils seront tous entendus comme t\u00e9moin&#8230; le juge leur a bien pr\u00e9cis\u00e9 avant d&#8217;ouvrir officiellement la s\u00e9ance.<\/p>\n<p>L&#8217;homme qui vient de prononcer ses paroles; est Edgar Buckler, grand et sec, aux cheveux blancs et au visage soigneusement ras\u00e9. Il parle d&#8217;une voix lente et mani\u00e9r\u00e9e qui lui conf\u00e8re une autorit\u00e9 qui va au-del\u00e0 de son titre et de sa fonction. Il prend une feuille de papier dans son \u00e9pais dossier et commence \u00e0 lire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>-Accus\u00e9, levez-vous :Edmond Marchildon, vous \u00eates accus\u00e9 d&#8217;avoir bless\u00e9 mortellement mr Dexter. Avouez-vous ce crime dont vous \u00eates accus\u00e9 ?<\/p>\n<p>-je ne l&#8217;ai pas tu\u00e9&#8230; Je me suis d\u00e9fendu. Il m&#8217;a saut\u00e9 dessus&#8230;<\/p>\n<p>-Etait-il arm\u00e9 ?<\/p>\n<p>&#8211;<\/p>\n<p>-R\u00e9pondez, Marchildon, \u00e9tait-il arm\u00e9 ?<\/p>\n<p>-Non, finit-il par bredouiller.<\/p>\n<p>-J&#8217;appelle Adam Cartwright, \u00e0 la barre&#8230;<\/p>\n<p>Adam, se l\u00e8ve, pose son chapeau sur sa chaise et s&#8217;avance. Il est v\u00eatu de son costume de ville; chemise blanche et veste noire qui retombe sur un pantalon gris-noir \u00e0 rayures. Il jette un coup d&#8217;oeil \u00e0 son p\u00e8re et se dirige vers le juge.<\/p>\n<p>-Veuillez d\u00e9cliner votre identit\u00e9<\/p>\n<p>-Adam Abel Stoddart, n\u00e9 le 23 mai 1830 \u00e0 Boston..<\/p>\n<p>-Jurez-vous de dire toute la v\u00e9rit\u00e9, levez la main droite et dites \u00ab\u00a0je le jure\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>-Je le jure.<\/p>\n<p>-Bien; comment avez-vous fait la connaissance de l&#8217;accus\u00e9 .<\/p>\n<p>-Sur nos terres; je l&#8217;ai embauch\u00e9. Mon p\u00e8re relevait de graves soucis de sant\u00e9 et c&#8217;est moi qui ai \u00e9t\u00e9 charg\u00e9 de recruter des hommes pour abattre du bois et charrier les troncs.<\/p>\n<p>-Et donc Mr Marchildon s&#8217;est pr\u00e9sent\u00e9.<\/p>\n<p>-Oui, avec d&#8217;autres gars&#8230; Il \u00e9tait bosseur, costaud, ne rechignait pas \u00e0 la t\u00e2che; nous lui avons donc donn\u00e9 un job.<\/p>\n<p>-Quel employ\u00e9 est-il ?<\/p>\n<p>-S\u00e9rieux, toujours \u00e0 l&#8217;heure. Je n&#8217;ai jamais eu \u00e0 me plaindre de lui&#8230;.<\/p>\n<p>-Comment \u00e9tait-il avec les autres ranchers ?? Bagarreur ?<\/p>\n<p>-Pas du tout monsieur le Juge, il faisait son boulot point. Il ne se m\u00ealait pas beaucoup avec les autres gars; mais \u00e0 la limite; cela ne nous regarde pas&#8230; Une fois qu&#8217;ils ont fait leur journ\u00e9e de boulot, les gars sont libres de faire ce qu&#8217;ils veulent;<\/p>\n<p>-Et donc, si je reprends ce qu&#8217;il y a dans le dossier, vous avez accompagn\u00e9 l&#8217;accus\u00e9 en ville&#8230;<\/p>\n<p>-Oui, c&#8217;est \u00e0 dire que je l&#8217;ai trouv\u00e9 inconscient sur nos terres&#8230; Alors je l&#8217;ai ramen\u00e9 au ranch et j&#8217;ai d\u00e9cid\u00e9 de l&#8217;emmener jusque chez le docteur&#8230; En chemin, il a repris connaissance, mais comme nous n&#8217;\u00e9tions qu&#8217;\u00e0 quelques lieux de Virginia City, nous avons continu\u00e9 pour aller boire un coup.<\/p>\n<p>-Dites-moi Monsieur Cartwright, vous allez souvent boire un coup avec vos gars ?<\/p>\n<p>-Souvent, non, monsieur le juge, mais cela nous arrive&#8230;<\/p>\n<p>-Et donc, venons-en \u00e0 ce qui s&#8217;est pass\u00e9 dans le saloon&#8230; J&#8217;ai men\u00e9 ma petite enqu\u00eate aupr\u00e8s du sh\u00e9rif, mais j&#8217;aimerai entendre les faits de votre bouche&#8230; Monsieur Cartwright, le Tribunal vous \u00e9coute.<\/p>\n<p>-Nous \u00e9tions en train de manger et de siroter une bi\u00e8re..<\/p>\n<p>-Mr Dexter \u00e9tait-il d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 ?<\/p>\n<p>-Oui, oui il mangeait \u00e0 la table derri\u00e8re nous&#8230; Soudain, il s&#8217;est jet\u00e9 sur Edmond. Il a vu quelque chose tomber de sa poche&#8230; Henry a chop\u00e9 Edmond par le col, en le traitant de voleur. Il avait reconnu un bracelet qui appartenait \u00e0 sa m\u00e8re&#8230; Edmond a alors plant\u00e9 son couteau dans le ventre de Mr Dexter&#8230;<\/p>\n<p>Murmures d\u00e9sapprobateurs dans l&#8217;assembl\u00e9e.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Soir\u00e9e sur Virginia City.<\/p>\n<p>Roy Coffee ram\u00e8ne Marchildon dans sa cellule&#8230;.<\/p>\n<p>-Il va \u00eatre temps que ce proc\u00e8s se termine&#8230; , hein sh\u00e9riff&#8230; Serez plus oblig\u00e9 de me nourrir ni de m&#8217;entretenir&#8230;. J&#8217;ai eu de la flouxe de tomber dans un patelin pareil, plein de bidoux&#8230; Vous devez en collecter des taxes, ici&#8230;<\/p>\n<p>-y a pas plus de richesses ici qu&#8217;ailleurs&#8230; Y a des gens qui travaillent dur pour gagner leur pain&#8230;<\/p>\n<p>-Ah ouais, et vous, vous avez de la broue dans le toupet , enfin je veux dire, y a du boulot pour un sh\u00e9rif dans un coin paum\u00e9 comme cui-l\u00e0 ? C&#8217;est un lieu de passage pour les bad guys ?<\/p>\n<p>-je fais pas que \u00e7a, et des dans votre genre, on en voit pas tous les mois, heureusement&#8230; Notre petite ville n&#8217;a rien \u00e0 faire avec des \u00ab\u00a0hors la loi\u00a0\u00bbcomme vous &#8230; J&#8217;suis l\u00e0 pour assurer la tranquillit\u00e9 des honn\u00eates gens&#8230; Tenez, votre repas.<\/p>\n<p>-j&#8217;ai quoi ce soir ?<\/p>\n<p>-Lard grill\u00e9 et pommes de terres . Et un bol de caf\u00e9&#8230;<\/p>\n<p>-patates pil\u00e9es ? C&#8217;est \u00e7a ? Une bonne pur\u00e9e de pommes de terre avec ce qu&#8217;il faut de lait et de fromage ?<\/p>\n<p>-Oh je crois, c&#8217;est pas moi qui cuisine&#8230; , marmonne Roy en quittant la pi\u00e8ce&#8230;<\/p>\n<p>-je vous invite pas, sh\u00e9riff, za pas assez de chaises&#8230;Pis astheure on peut pas aller sur le perron..<\/p>\n<p>Roy ne r\u00e9pond pas&#8230;<\/p>\n<p>-Vous savez, y a belle lurette que vous avez cess\u00e9 d&#8217;\u00eatre dr\u00f4le&#8230; J&#8217;dis pas, dans d&#8217;autres circonstances&#8230;.<\/p>\n<p>-oh mais, vous pouvez pas vous calmer le pompon deux secondes; pis quoi, qu&#8217;est-\u00e7a peut vous faire \u00e0 vous&#8230;. Ce gars l\u00e0, l&#8217;est pas de votre famille&#8230;.<\/p>\n<p>Roy fait demi-tour. Rageusement il ouvre la cellule; fonce sur Marchildon et lui envoie son poing dans la face&#8230;.<\/p>\n<p>-Attrape-\u00e7a, et va te coucher mon gros. Au moins quand tu dors, tu dis pas de conneries.<\/p>\n<p>Roy sort de la cellule en se frottant le poing&#8230; Il rejoint son bureau et prend son ceinturon, il va faire son tour de ville.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>************un peu plus loin<\/p>\n<p>Il croise la petite Amy&#8230;. Elle a un panier \u00e0 la main et marche d&#8217;un pas vif en l\u00e9chant un sucre d&#8217;orge&#8230;<\/p>\n<p>-Bonsoir Monsieur le sh\u00e9riff.<\/p>\n<p>-Oh bonsoir ma petite Amy&#8230; O\u00f9 vas-tu comme \u00e7a ?<\/p>\n<p>-Je vais voir ma grand-m\u00e8re.. Maman m&#8217;a dit d&#8217;aller l&#8217;aider \u00e0 ramasser les oeufs&#8230;<\/p>\n<p>-Oh c&#8217;est bien, tu es une brave petite.. Ne t&#8217;attardes pas; promis ?<\/p>\n<p>-Oui monsieur le sh\u00e9riff&#8230;<\/p>\n<p>La petite poursuit son chemin et Roy reprend son ronde. Il marche en direction du saloon, s&#8217;assure que tout est calme.. Le proc\u00e8s de Marchildon a attir\u00e9 pas mal de monde en ville et nombreux sont ceux qui s&#8217;entassent dans les chambres d&#8217;h\u00f4tel o\u00f9 qui se sont plac\u00e9s chez des habitants&#8230; Septembre est un mois qui fournit du travail et les bras sont toujours les bienvenus&#8230; Les fermiers croulent sous les pommes de terre qu&#8217;il faut mettre \u00e0 l&#8217;abri , elles permettront de passer l&#8217;hiver&#8230; Roy n&#8217;aime pas trop quand des proc\u00e8s se d\u00e9roulent dans sa juridiction&#8230; Ce n&#8217;est pas chose ais\u00e9e quand m\u00eame; personne n&#8217;aime \u00e0 voir sa ville \u00eatre le th\u00e9\u00e2tre d&#8217;une pendaison&#8230; Ce n&#8217;est pas bon pour la r\u00e9putation et l&#8217;image de la ville&#8230; Mais en m\u00eame temps; il faut rassurer la population et en particulier les riches propri\u00e9taires; Tanner, Berts et Menilson, qui seraient bien tent\u00e9s de financer la campagne de Roy Bean, tueur \u00e0 gage qui veut \u00e0 tout prix se faire \u00e9lire sh\u00e9riff&#8230; Roy a eu maille \u00e0 partie avec lui y a pas longtemps&#8230; Non d\u00e9cid\u00e9ment, ce proc\u00e8s l&#8217;enquiquine beaucoup&#8230;. Il lui faut veiller sur ce Marchildon de malheur, lui filer \u00e0 manger et dont la surveillance l&#8217;emp\u00eache de vaquer \u00e0 son travail habituel. En en attendant, les paperasses s&#8217;entassent sur son bureau&#8230; Et \u00e7a l&#8217;ennuie prodigieusement&#8230; Consciencieux comme il est, il ne peut pas \u00eatre satisfait d&#8217;une situation pareille.. Et puis avec un assistant en moins, il est encore plus pris \u00e0 la gorge&#8230; Larson Clark n&#8217;est pas r\u00e9apparu depuis le jour o\u00f9 il lui a fait prendre la porte&#8230; Mais c&#8217;\u00e9tait un bon associ\u00e9 et son absence p\u00e8se&#8230;<\/p>\n<p>-MONSIEUR MONSIEUR&#8230;. VITE&#8230;.<\/p>\n<p>La petite Amy arrive vers lui ventre \u00e0 terre; \u00e0 bout de souffle&#8230;.<\/p>\n<p>-Vite vite, Grand-m\u00e8re ne r\u00e9pond pas&#8230;<\/p>\n<p>Roy prend la petite par la main et l&#8217;entra\u00eene un peu plus loin, pour l&#8217;\u00e9loigner du saloon&#8230;<\/p>\n<p>-Calme-toi; respire un bon coup et explique-moi&#8230;<\/p>\n<p>-Et ben, et ben, OUF OUF, je suis arriv\u00e9e chez grand-m\u00e8re et elle \u00e9tait m\u00eame pas l\u00e0.. La porte est ouverte, mais elle r\u00e9pond pas&#8230; J&#8217;ai regard\u00e9 partout elle&#8230;.<\/p>\n<p>-Je viens avec toi.. On va la trouver&#8230;.<\/p>\n<p>Roy Coffee suit la petite fille. Il ne leur faut pas longtemps pour arriver \u00e0 la ferme o\u00f9 habite la vieille dame&#8230; Elle y vit seule avec quelques poules , des porcs et deux vaches&#8230;. Elle garde aussi un boeuf dont la vente des meilleures pi\u00e8ces de viande lui rapporte quelques billets qui lui permettre de subsister&#8230;<\/p>\n<p>-Mme Cunnighan, Mme Cunninghan, r\u00e9pondez, c&#8217;est Roy Coffee&#8230; O\u00f9 \u00eates-vous&#8230;<\/p>\n<p>Pas de r\u00e9ponse&#8230; Roy Coffee et la petite fille font le tour de la grange&#8230; Et ils finissent par d\u00e9couvrir Mme Cunningham , allong\u00e9e par terre, les jambes coinc\u00e9es sous un fag\u00f4t de bois, le visage en sang et les bras sanguinolents de m\u00eame&#8230;<\/p>\n<p>-Grand-m\u00e8re&#8230; Oh Grand-m\u00e8re&#8230;<\/p>\n<p>Amy se jette contre sa grand-m\u00e8re et lui offre le r\u00e9confort de ses petits bras&#8230;<\/p>\n<p>-Mme Cunningham, m&#8217;entendez-vous ?<\/p>\n<p>-Oui, je vous entends&#8230;.<\/p>\n<p>-Que vous est-il arriv\u00e9 ?<\/p>\n<p>-Je voulais faucher un peu d&#8217;herbe pour les vaches. Je pense que la t\u00eate m&#8217;aura tourn\u00e9e&#8230;<\/p>\n<p>-Avez-vous mal quelque part ?<\/p>\n<p>-Non.<\/p>\n<p>Amy a sorti son mouchoir et commence \u00e0 taponner doucement la joue de sa grand-m\u00e8re, de laquelle s&#8217;\u00e9chappe un filet de sang qui rougit aussit\u00f4t le tissu blanc&#8230;<\/p>\n<p>Roy Coffee passe ses bras autour du corps de la vieille dame et l&#8217;aide \u00e0 se relever&#8230;<\/p>\n<p>-Je vais vous conduire chez le docteur Martin.. Il me semble \u00e0 moi qu&#8217;il vaut mieux recoudre cette vilaine coupure&#8230;<\/p>\n<p>-Ce sera une branche qui m&#8217;aura gratign\u00e9.. Rien de grave&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>***************<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Nouvelle nuit \u00e0 Virginia City&#8230;. Ben et Joan sont assis dans la salle de restaurant, dans une petite alc\u00f4ve \u00e9clair\u00e9e , \u00e0 l&#8217;\u00e9cart des autres clients&#8230; Joan est plong\u00e9e dans la contemplation de sa tisane tandis que Ben sirote un dernier verre de brandy&#8230;.<\/p>\n<p>-buvez, Joan, \u00e7a va \u00eatre froid&#8230;.<\/p>\n<p>Rien, rien, je n&#8217;ai rien appris aujourd&#8217;hui.. Ce proc\u00e8s, j&#8217;en attends peut-\u00eatre trop&#8230;<\/p>\n<p>-C&#8217;est seulement le premier jour, Joan&#8230; Demain, on en saura plus&#8230;.<\/p>\n<p>-Je l&#8217;esp\u00e8re Ben, je l&#8217;esp\u00e8re&#8230;. A quoi \u00e7a sert sinon&#8230;<\/p>\n<p>-Esp\u00e9rance et confiance.. .Ayez confiance en la justice, Joan&#8230;.<\/p>\n<p>-Tant que vous \u00eates l\u00e0; j&#8217;ai confiance&#8230;<\/p>\n<p>-La justice ne ram\u00e8nera ni Henry, ni sa m\u00e8re&#8230;. Mais votre douleur aura \u00e9t\u00e9 entendue&#8230;. Et puis vous saurez, j&#8217;en suis intimement persuad\u00e9&#8230;<\/p>\n<p>-Oui, Ben, voudriez-vous m&#8217;emmenez faire un tour dehors ? J&#8217;ai un peu chaud&#8230;.<\/p>\n<p>-Mais avec plaisir, ch\u00e8re amie&#8230; Venez&#8230;<\/p>\n<p>Ben se l\u00e8ve et va vers Joan&#8230; Il lui recule la chaise et lui tend son bras&#8230;.<\/p>\n<p>-N&#8217;oubliez pas votre ch\u00e2le&#8230;<\/p>\n<p>-Oh merci;; Mais o\u00f9 avais-je la t\u00eate ?<\/p>\n<p>Joan tend la main vers sa capeline et s&#8217;en saisit; avant de la d\u00e9poser sur ses \u00e9paules&#8230;. Ben arrange le bord de dentelle sur les bras de la jeune femme et tous deux se dirigent vers la sortie&#8230;.<\/p>\n<p>-Atchoum; pardonnez-moi Joan&#8230; Atchoum&#8230;<\/p>\n<p>-A vos souhaits, cher Benjamin.. \u00cates-vous en train de vous enrhumer ?<\/p>\n<p>-Oh non, pensez-donc&#8230;. Tout une plus une petite poussi\u00e8re qui vient me chatouiller le nez&#8230;.<\/p>\n<p>-Bah bah , regardez-vous, vous \u00eates sorti sans veste.. Cela ne me semble pas tr\u00e8s raisonnable&#8230;.<\/p>\n<p>-Sans doute, mais je n&#8217;ai pas froid&#8230;.<\/p>\n<p>Tout en parlant, il porte sa main \u00e0 sa gorge et entreprend de d\u00e9nouer le noeud de sa cravate et d\u00e9boutonne son col de chemise..<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>********<\/p>\n<p>Des cris attirent leur attention&#8230; venant du saloon&#8230;.<\/p>\n<p>-Une bagarre; \u00e0 tous les coups&#8230;<\/p>\n<p>A ce moment, la vitrine explose&#8230;. Une chaise vient d&#8217;\u00eatre lanc\u00e9e au travers des carreaux.. La boiserie explose, le verre s&#8217;amoncelle sur le sol au milieu des d\u00e9bris de chaises et de quelques bouteilles qui ont suivi la trajectoire de la chaise de bois et de paille&#8230;<\/p>\n<p>Ben se retourne, fourre son noeud dans sa poche et s&#8217;appr\u00eate \u00e0 courir vers le saloon&#8230; Joan tente de le retenir..<\/p>\n<p>-Non Benjamin, n&#8217;y allez pas&#8230;<\/p>\n<p>-Joan,<\/p>\n<p>-Je ne veux pas, Benjamin, vous risquez de prendre un mauvais coup&#8230; Je ne supporterai pas de vous perdre&#8230;.<\/p>\n<p>-Tout ira bien, soyez tranquille&#8230;. Je veux juste m&#8217;assurer que les gar\u00e7ons n&#8217;y sont pas m\u00eal\u00e9s&#8230;.<\/p>\n<p>-Oh , allons, mais \u00e0 quoi pensez-vous, Benjamin&#8230;<\/p>\n<p>-Mais \u00e0 rien, mais entre Corvet qui est un peu chatouilleux de la g\u00e2chette et mon plus jeune fils qui est encore plus susceptible; j&#8217;ai toutes les raisons de m&#8217;inqui\u00e9ter&#8230;. Ma ch\u00e8re Joan, allez pr\u00e9venir le sh\u00e9riff..<\/p>\n<p>-Mais Benja&#8230;<\/p>\n<p>-Ne discutez pas Joan, faites ce que je vous dis&#8230;. Il n&#8217;y a pas une minute \u00e0 perdre&#8230;<\/p>\n<p>Ben part au pas de charge , direction l&#8217;h\u00f4tel, il passe par l&#8217;escalier ext\u00e9rieur qui m\u00e8ne directement aux chambres.. Il ne lui faut pas plus de cinq minutes pour r\u00e9cup\u00e9rer son colt et redescendre les marches quatre en quatre.. Il finit de boucler son ceinturon en bas et file vers le saloon&#8230; L&#8217;\u00e9cho de la bagarre augmente; il per\u00e7oit des voix qui s&#8217;entrem\u00ealent dans le vacarme&#8230;<\/p>\n<p>-Barney, tu vas me le payer&#8230;.<\/p>\n<p>Un solide gars, chemise \u00e0 carreaux , jeans noirs et foulard marron autour de cou se retrouve affal\u00e9 par terre, apr\u00e8s \u00eatre pass\u00e9 par les portes battantes, la t\u00eate la premi\u00e8re&#8230;. Il se rel\u00e8ve \u00e0 quatre pattes, secoue la t\u00eate et tente de se remettre sur ses pieds&#8230;<\/p>\n<p>-Ouh l\u00e0 ; qu&#8217;est-ce que j&#8217;ai pris&#8230;.<\/p>\n<p>Ben est aupr\u00e8s de lui et lui tend la main&#8230; Le gars accepte l&#8217;aide.<\/p>\n<p>-Oh vieux, \u00e7a va aller , demande Ben Cartwright&#8230;<\/p>\n<p>-Ouais; rien de cass\u00e9.. J&#8217;y retourne&#8230;<\/p>\n<p>-Minute l&#8217;ami&#8230; Peux-tu me dire qui est \u00e0 l&#8217;origine de la bagarre ? Pas un petit gars fluet , j&#8217;esp\u00e8re ?<\/p>\n<p>-Non, si, euh non, j&#8217;crois pas&#8230; En fait, j&#8217;sais pas trop&#8230; \u00e7a a commenc\u00e9, ben, tiens, j&#8217;sais plus trop comment&#8230;<br \/>\nTandis que le type se gratte l&#8217;arri\u00e8re du cr\u00e2ne, Ben commente son bavardage impr\u00e9cis par un haussement d&#8217;\u00e9paules et se tourne vers le saloon&#8230;. Il a juste le temps de s&#8217;\u00e9carter; un autre type sort mordre la poussi\u00e8re&#8230;<\/p>\n<p>-Et au suivant de ses messieurs&#8230;<\/p>\n<p>Bon sang, la voix de&#8230;.. Le sang de Ben ne fait qu&#8217;un tour&#8230;. Il va entendre causer du pays, c&#8217;est s\u00fbr&#8230; Ben plonge dans la m\u00eal\u00e9e&#8230;<\/p>\n<p>-ADAM , ARRETE TOUT DE SUITE&#8230;.<\/p>\n<p>&#8211;<\/p>\n<p>-ADAMMMMMMMMMMMMMM<\/p>\n<p>Ben attrape son a\u00een\u00e9 par le col et le repousse en arri\u00e8re&#8230;<\/p>\n<p>-Pa, c&#8217;est pas ce que tu crois&#8230;<\/p>\n<p>-SUFFIT, ADAM&#8230; JE CROIS CE QUE JE VOIS&#8230;..<\/p>\n<p>-Mais enfin, arr\u00eate&#8230; Laisse-moi t&#8217;expliquer&#8230;.<\/p>\n<p>-NON, TU TE TAIS&#8230;&#8230; O\u00f9 sont tes fr\u00e8res; et o\u00f9 est Corvet ?<\/p>\n<p>-Hoss doit \u00eatre \u2026..Tiens le voil\u00e0.<\/p>\n<p>-O\u00f9 ?<\/p>\n<p>-En-dessous du gros lard&#8230; Oui on voit pas bien.. Attends, voil\u00e0, regarde, c&#8217;est Hoss&#8230;<\/p>\n<p>Hoss qui vient d&#8217;envoyer valdinguer son lourd chargement.. Le type fait un sacr\u00e9 beau vol plan\u00e9 et atterrit sur une table de jeu.. Les cartes, les pions et les verres de bi\u00e8re voltigent dans la grande salle&#8230;<\/p>\n<p>-Hors d&#8217;ici ou je t&#8217;\u00e9crase ,<\/p>\n<p>-MOI ? Tu me prends pour un cafard ? On va bien voir qui va \u00e9craser l&#8217;autre..<\/p>\n<p>Hoss se retourne et envoie son coude dans le pif de l&#8217;insolent .<\/p>\n<p>-On va bien voir qui va l&#8217;avoir le cafard maintenant&#8230;.<\/p>\n<p>-HEY MAIS QU&#8217;EST-CE QUI VOUS PREND&#8230;<\/p>\n<p>-Ah manquait plus que lui&#8230;. lance un des gars qui tient encore debout;<\/p>\n<p>Roy Coffee vient d&#8217;entrer dans le saloon&#8230; Il enjambe le type qui fait carpette apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 secou\u00e9 par le Hercule de la famille Cartwright&#8230;.<\/p>\n<p>-Otez-vous de l\u00e0, vous; lance-t-il d&#8217;une voix forte&#8230;.<\/p>\n<p>La bagarre cesse, les chapeaux mettent un peu de temps \u00e0 retrouver la t\u00eate de leur propri\u00e9taire. Roy chasse ceux qui vivent hors de la ville&#8230;<\/p>\n<p>-EN SELLE MESSIEURS. DU BALAI&#8230; VOS FEMMES VOUS ATTENDENT. ALLEZ DISPARAISSEZ.<\/p>\n<p>En un court instant, le saloon se vide, quelques uns rejoindront l&#8217;h\u00f4tel ou quelques piaules ou une grange&#8230;<\/p>\n<p>-Bon, on y voit un peu plus clair&#8230;. Ben, merci de m&#8217;avoir fait pr\u00e9venir&#8230; Je hais ces proc\u00e8s qui ram\u00e8nent toute la racaille et toute la viande saoule dans notre ville&#8230; J&#8217;ai pas que \u00e7a \u00e0 faire, moi&#8230;<\/p>\n<p>-Et Joan, o\u00f9 est-elle ?<\/p>\n<p>-Elle est rentr\u00e9e \u00e0 l&#8217;h\u00f4tel&#8230;<\/p>\n<p>-J&#8217;esp\u00e8re qu&#8217;elle fera pas de mauvaise rencontre..<\/p>\n<p>-Non, elle est d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l&#8217;abri, ne te tracasse pas.<\/p>\n<p>-Je vais moi aussi me rentrer&#8230; HOSS ADAM, ON Y VA . J&#8217;AI DEUX MOTS A VOUS DIRE&#8230;<\/p>\n<p>Hoss rapplique ;<\/p>\n<p>-\u00a8Pa, tu vas quand m\u00eame pas imaginer qu&#8217;on y est all\u00e9 par plaisir.. Adam, tu lui as dit j&#8217;esp\u00e8re&#8230;<\/p>\n<p>-ME DIRE QUOI ?<\/p>\n<p>-Cher frangin, je n&#8217;ai rien eu le temps d&#8217;expliquer , vois-tu&#8230;<\/p>\n<p>-PA, j&#8217;t&#8217;assure qu&#8217;on n&#8217;y est pour rien&#8230;<\/p>\n<p>-ON VA EN REPARLER; O\u00f9 est Joe ?<\/p>\n<p>-Il a fait d\u00e9gager Corvet, ils sont sortis tous les deux par derri\u00e8re&#8230;<\/p>\n<p>-Je suis sens\u00e9 gober \u00e7a ?<\/p>\n<p>-Pa, c&#8217;est la v\u00e9rit\u00e9.. Joe a emmen\u00e9 Corvet.<\/p>\n<p>-Et bien tu vois, Ben, tout arrive&#8230; Ton Joe a pris du plomb dans la cervelle ; il a enfin compris qu&#8217;il \u00e9tait dans son int\u00e9r\u00eat de se tenir \u00e0 l&#8217;\u00e9cart des bastons&#8230;.<\/p>\n<p>-aussi miraculeux que cela puisse para\u00eetre, je dois reconna\u00eetre que je ne pensais pas voir \u00e7a un jour.<\/p>\n<p>-Comme quoi, tout arrive; Ben..<\/p>\n<p>-Oui, tout arrive&#8230; Et du coup ce sont mes deux grands dadais qui se mettent \u00e0 distribuer les ch\u00e2taignes&#8230;<\/p>\n<p>-Hey, pa; c&#8217;est logique apr\u00e8s les champig&#8230;..<\/p>\n<p>Adam ne finit pas sa phrase; son p\u00e8re lui a lanc\u00e9 un de ses regards en coin, qui le fait se recroqueviller un peu plus dans le coin du mur&#8230;. Ben le fixe, les yeux mi-clos ; noirs et lan\u00e7ant des \u00e9clairs. Puis il cligne une fois des yeux et poursuit sa petite discussion avec Roy..<\/p>\n<p>-J&#8217;ai h\u00e2te que ce satan\u00e9 proc\u00e8s se termine&#8230; On retrouvera tous un peu de paix et c&#8217;est pas moi qui m&#8217;en plaindrais&#8230;<\/p>\n<p>-C&#8217;est pesant ; c&#8217;est certain.<\/p>\n<p>-Ben oui, surtout que je n&#8217;ai pas que \u00e7a \u00e0 faire.. La population a besoin de moi, tiens; tout \u00e0 l&#8217;heure, la petite Amy Cunnigham est venu me trouver en pleurs.. Sa grand-m\u00e8re ne r\u00e9pondait pas&#8230;Elle avait fait une chute derri\u00e8re chez elle, et ne parvenait pas \u00e0 se relever&#8230;.<\/p>\n<p>-Et comment va-t-elle ?<\/p>\n<p>-Rien de cass\u00e9&#8230; Quelques \u00e9gratignures&#8230; Elle a vu Paul et maintenant, elle se repose chez son fils et sa belle-fille&#8230; Bon je m&#8217;en retourne; la nuit va \u00eatre longue, je le sens&#8230;<\/p>\n<p>-\u00e0 plus tard, Roy.<\/p>\n<p>-Bonne nuit, Ben, bonne nuit les gar\u00e7ons.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>************dans la rue<\/p>\n<p>-Vous me d\u00e9cevez beaucoup tous les deux; vraiment;..<\/p>\n<p>-Non mais c&#8217;est un peu fort; \u00e7a quand m\u00eame. Tu te rends compte, Hoss; il ne nous croit pas&#8230;<\/p>\n<p>-Non IL ne vous croit pas.<\/p>\n<p>-Mais Pa, tu nous crois assez stupides pour aller d\u00e9clencher une bagarre au saloon ? Hoss et moi, on a essay\u00e9 d&#8217;intervenir quand on a vu que \u00e7a tournait au vinaigre \u2026<\/p>\n<p>-C&#8217;est bien vrai Hoss, c&#8217;est bien comme \u00e7a que \u00e7a s&#8217;est d\u00e9roul\u00e9 ?<\/p>\n<p>-Oui pa&#8230; Bon je reconnais que les faits ne plaident pas en notre faveur.. Apr\u00e8s-tout, j&#8217;\u00e9tais bien m\u00eal\u00e9 \u00e0 la bagarre quand tu es entr\u00e9&#8230; Mais c&#8217;\u00e9tait pour faire le m\u00e9nage, rien de plus..<\/p>\n<p>-Aucun de vous quatre n&#8217;a provoqu\u00e9 ce pugilat d\u00e9bile ?<\/p>\n<p>-Non pa. Je te promets que nous n&#8217;y sommes pour rien&#8230;<\/p>\n<p>-Et toi Adam ?<\/p>\n<p>-Pur\u00e9e mais c&#8217;est pas vrai.. Qu&#8217;est-ce qu&#8217;il te faut de plus ? La confiance r\u00e8gne; vin zou&#8230;<\/p>\n<p>-Bon bon t&#8217;\u00e9nerve pas; Tr\u00e8s bien, excusez-moi les gar\u00e7ons&#8230; J&#8217;ai eu tort.. Je vous prie de bien vouloir m&#8217;excuser&#8230;<\/p>\n<p>-Encore une fois , c&#8217;est tellement bon&#8230; AIE&#8230;..<\/p>\n<p>-\u00e7a t&#8217;apprendra \u00e0 manquer de respect \u00e0 ton p\u00e8re&#8230; T&#8217;as beau avoir 29 ans et de grandes jambes, \u00e7a ne met pas ton matricule \u00e0 l&#8217;abri d&#8217;une rencontre f\u00e2cheuse avec mon 44.<\/p>\n<p>-Je vois \u00e7a Pa&#8230; T&#8217;es super souple, quand m\u00eame&#8230;<\/p>\n<p>-Et oui , tu vois, ton vieux d\u00e9bris de p\u00e8re peut encore lever la jambe pour te mettre son pied aux fesses&#8230;. Non mais.. Tiens-toi le pour dit&#8230;<\/p>\n<p>-Si je venais \u00e0 l&#8217;oublier, mon cerveau coccyxien se chargerait de me le rappeler.. Il a gard\u00e9 en m\u00e9moire l&#8217;empreinte de ta main et de ta botte&#8230;<\/p>\n<p>-Tu m&#8217;en vois ravi fils&#8230;. Allez en route mauvaise troupe&#8230; Le lit nous attend tous&#8230;<\/p>\n<p>-HEY , H\u00e9ho \u2026<\/p>\n<p>La voix de Joe vient couvrir les \u00e9clats de rire de Hoss et d&#8217;Adam&#8230;<\/p>\n<p>-Ah voil\u00e0 le dernier de mes fils&#8230; Viens voir, j&#8217;ai quelque chose \u00e0 te dire, toi&#8230;<\/p>\n<p>-Mais Pa, j&#8217;ai rien fait&#8230;. Hey, Hoss; Adam; vous lui avez pas dit ?<\/p>\n<p>-Dit quoi ?<\/p>\n<p>-Ben vous savez bien, quoi.. Que j&#8217;ai emmen\u00e9 Corvet d\u00e8s que \u00e7a a commenc\u00e9 \u00e0 faire vilain ?<\/p>\n<p>Ben se rapproche de son fils; Joe n&#8217;en m\u00e8ne pas large&#8230; Ben se rapproche encore.. Joe voit d\u00e9j\u00e0 briller les yeux de son p\u00e8re, deux billes noires per\u00e7antes&#8230; Ben pose ses deux mains sur les \u00e9paules de son fils , avec tout le poids de son charisme et de sa prestance. Joe plie un peu les genoux. Ben continue de fixer son fils&#8230; Joe d\u00e9glutit avec difficult\u00e9.. Ben intensifie son geste, quelle poigne. Joe se pr\u00e9pare mentalement \u00e0 l&#8217;engueulade qui va suivre&#8230; Ben secoue son fils et daigne enfin ouvrir la bouche.<\/p>\n<p>-Joe, je suis on ne peut plus fier de toi&#8230; Voil\u00e0 si longtemps que j&#8217;attendais \u00e7a.. Tu viens de me faire le plus cadeau&#8230;<\/p>\n<p>-Heu pa, tu sais, j&#8217;ai rien fait d&#8217;exceptionnel&#8230;<\/p>\n<p>-Rien d&#8221;exceptionnel ? Te tenir \u00e0 l&#8217;\u00e9cart d&#8217;une bagarre ; tu appelles \u00e7a rien d&#8217;exceptionnel; mais pour moi, c&#8217;est quasi miraculeux&#8230;<\/p>\n<p>-Oh ben si tu le dis&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>-**** le lendemain au proc\u00e8s. Vers 10h00<\/p>\n<p>-Voil\u00e0 ce que j&#8217;ai \u00e0 dire, Monsieur le Juge&#8230; Je le r\u00e9p\u00e8te. J&#8217;ai agi sur ses ordres.<\/p>\n<p>La stupeur vient de s&#8217;abattre sur la salle commune dans laquelle se tient le proc\u00e8s de Marchildon&#8230; La s\u00e9ance a \u00e9t\u00e9 ouverte avec le t\u00e9moignage de Joe qui a d\u00e9clar\u00e9 avoir vu Mme Dexter gisant au sol, sans vie. Joe a ainsi pu attester que feu monsieur Dexter avait demand\u00e9 \u00e0 rejoindre son ranch et y avait d\u00e9couvert sa m\u00e8re.. La pr\u00e9sence de monsieur Dexter \u00e0 Ponderosa \u00e9tant confirm\u00e9 par Ben, Adam et Hoss; entendus chacun leur tour sur le d\u00e9roulement des \u00e9v\u00e9nements.<\/p>\n<p>-Mais la cour ne s&#8217;explique pas comment vous \u00eates entr\u00e9 en contact avec elle&#8230;<\/p>\n<p>La r\u00e9ponse de Marchildon est \u00e0 la hauteur du personnage, insolent et d\u00e9monstratif :<\/p>\n<p>-Mais qu\u00e9 niaiseux, Mme Dexter m\u00e8re et moi nous nous sommes connus \u00e0 San Francisco&#8230; Je suis rapidement devenu l&#8217;homme dont elle avait besoin.. Elle avait entendu parler de mes dons, et moi je suis du genre au plus fort la poche&#8230;<\/p>\n<p>-Quel genre de dons avez-vous, monsieur, \u00e0 part celui de d\u00e9daigner l&#8217;autorit\u00e9 d&#8217;une cour de justice ?<\/p>\n<p>-J&#8217;suis plut\u00f4t boll\u00e9, un gars qu&#8217;en a dans la t\u00eate; et je m&#8217;d\u00e9fends pas trop mal quand il s&#8217;agit de contrefaire&#8230;<\/p>\n<p>-Vous avez donc r\u00e9dig\u00e9 de toute pi\u00e8ce un faux certificat de mariage impliquant feu Mr Dexter ?<\/p>\n<p>-Oui.<\/p>\n<p>-J&#8217;ai ici dans le dossier ce faux-document ainsi qu&#8217;une lettre qui a \u00e9t\u00e9 remise \u00e0 Mme Dexter, l&#8217;\u00e9pouse de la victime&#8230; C&#8217;est \u00e9galement vous qui l&#8217;avez r\u00e9dig\u00e9e ?<\/p>\n<p>-Oui.<\/p>\n<p>-Est-ce que l&#8217;\u00e9limination physique faisait \u00e9galement partie du hum , de votre petit arrangement ?<\/p>\n<p>-\u00e7a non, ce n&#8217;\u00e9tait pas pr\u00e9vu&#8230; Monsieur Dexter est venu se jeter sur moi, j&#8217;ai du me d\u00e9fendre.<\/p>\n<p>Combien sont-ils dans la salle \u00e0 se dire que d\u00e9cid\u00e9ment la terre engendre bien des fous ? Tous pensent \u00e0 ce moment que le type est un monstre. Le verdict ne tardera pas \u00e0 tomber .. De toutes fa\u00e7ons, ils sont au moins dix pr\u00eats \u00e0 le lyncher si d&#8217;ordinaire il devait s&#8217;en tirer.. Double crime, il a aucune chance de sauver sa peau&#8230; Il ne pourra m\u00eame pas invoquer l&#8217;ivresse; seule circonstance att\u00e9nuante retenue par certains juges lors de pr\u00e9c\u00e9dents proc\u00e8s&#8230; Mais ce n&#8217;est pas le cas; car ceux qui \u00e9taient au saloon et Adam le premier peuvent attester que Marchildon \u00e9tait sain d&#8217;esprit et sobre au moment o\u00f9 il a poignard\u00e9 la victime.. Ben tord son chapeau de rage, une rage contenue&#8230;. Puis il pense \u00e0 Joan, assise seule sur son banc&#8230; Il se l\u00e8ve silencieusement et vient s&#8217;assoir \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&#8217;elle.. .Elle est mortifi\u00e9e. Ce qu&#8217;elle vient d&#8217;entendre l&#8217;a an\u00e9antie&#8230;. Elle ravale courageusement ses larmes mais quel effort&#8230; quasiment insurmontable.. Elle vient d&#8217;entendre qu&#8217;une femme a \u00e9t\u00e9 capable de payer un homme pour d\u00e9truire le bonheur de son propre fils.. L\u00e0 tout de suite, elle ne pense pas \u00e0 elle, mais \u00e0 Henry; trahi par sa propre m\u00e8re&#8230; C&#8217;est inimaginable&#8230;. Son mari tomb\u00e9 sous une arme bien plus tranchante que celle de la lame d&#8217;un couteau.. Comment une m\u00e8re peut-elle \u00eatre capable de faire une chose pareille \u00e0 la chair de sa chair ??? Joan ne comprend pas; Joan ne r\u00e9alise pas bien&#8230; pas encore&#8230; Elle rel\u00e8ve doucement la t\u00eate lorsque Ben s&#8217;approche d&#8217;elle&#8230; Il passe son bras autour de son \u00e9paule; elle se laisse aller un instant contre lui puis se redresse&#8230;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>*******Derri\u00e8re des barreaux pour quelques heures encore.. Dehors, les hommes tapent et tapent sur les madriers et les planches , ils \u00e9rigent ta potence, mon gars; se dit-il&#8230; Derni\u00e8res heures de vie, et du coup, la libert\u00e9 , elle est dans sa t\u00eate.. Il est libre de penser, ou de ne pas penser; et il compte bien en jouir de cette derni\u00e8re libert\u00e9&#8230; Au proc\u00e8s, il a dit ce qu&#8217;il avait \u00e0 dire&#8230; et il n&#8217;est pas peu fier de sa prestation.. Il est surtout content de ne pas endosser seul la responsabilit\u00e9 de ces crimes&#8230; Quand bien m\u00eame il sera seul condamn\u00e9 et pendu, cette vieille greluche est associ\u00e9e \u00e0 jamais \u00e0 lui&#8230; Franchement, quelle bande, la vieille bourgeoise et le petit gars calligraphe pass\u00e9 de l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9&#8230;. Jamais on a vu telle association de malfaiteur&#8230;. Et elle n&#8217;aura m\u00eame pas eu le plaisir de le voir plonger, il l&#8217;a refroidie avant&#8230; Elle a essay\u00e9 de se jouer de lui, elle l&#8217;a menac\u00e9; sans aucun regret qu&#8217;il a frapp\u00e9; une fois, deux fois.. Il ne sait plus&#8230; Dans la p\u00e9nombre de la pi\u00e8ce, il n&#8217;a sans doute pas bien vu&#8230; Mais il se rappelle le bruit : ses cris, les siens, leur accrochage, leur d\u00e9saccord autour de la somme&#8230; Elle avait fix\u00e9 la prestation \u00e0 1000 dollars; il en avait exig\u00e9 1500; elle avait dit non et avait menac\u00e9 de tout r\u00e9v\u00e9ler.. Et l\u00e0, \u00e7a sentait pas bon&#8230; Qui l&#8217;aurait cru ? Contre la vieille, pas une chance \u2026.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Insoumis et rebelle; mais insomnie qui finit par gagner&#8230;. Angoisse qui monte ; panique de l&#8217;animal cloitr\u00e9&#8230; Le r\u00e9pit de l&#8217;aube; oui,; mais l&#8217;aube sera rideau qui s&#8217;ouvrira sur son d\u00e9clin&#8230;. A quelle heure ont-ils d\u00e9cid\u00e9 de lui allonger la nuque; ces pisseux de jur\u00e9s ? On ne lui a pas donn\u00e9 l&#8217;heure&#8230;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>********\u00e0 l&#8217;h\u00f4tel .<\/p>\n<p>Ben est dehors, il fume tranquillement sa pipe&#8230; Joan est mont\u00e9e se coucher. Adam et Hoss, passablement remont\u00e9s apr\u00e8s leur p\u00e8re ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 dispara\u00eetre dans leur chambre, pour aller faire une partie de cartes avec Joe&#8230;<\/p>\n<p>-Monsieur Cartwright ?<\/p>\n<p>-Ho Corvet.. c&#8217;est toi&#8230; Pas encore couch\u00e9 ?<\/p>\n<p>-Si si j&#8217;vais y aller&#8230; Demain je dois encore me lever t\u00f4t; j&#8217;ai du boulot qui m&#8217;attend&#8230; Mais c&#8217;est juste que&#8230;<\/p>\n<p>-Allez fiston, approche&#8230;<\/p>\n<p>Ben , toujours appuy\u00e9 sur la barri\u00e8re; lance un regard amical au jeune gar\u00e7on :<\/p>\n<p>-Tu fais du bon travail, je tiens \u00e0 te f\u00e9liciter&#8230; et doublement m\u00eame. Hoss m&#8217;a gliss\u00e9 quelques mots, il para\u00eet que la grange est impeccable&#8230; Je suis tr\u00e8s fier de toi.<\/p>\n<p>-.<\/p>\n<p>Corvet est plus touch\u00e9 encore qu&#8217;il ne le laisse para\u00eetre&#8230; Ces compliments lui font chaud au coeur&#8230; D\u00e9cid\u00e9ment ce monsieur Cartwright est vraiment un homme hors du commun, impressionnant, s\u00e9v\u00e8re; mais en m\u00eame temps capable d&#8217;une telle bont\u00e9.. Voil\u00e0 bien la premi\u00e8re fois qu&#8217;il rencontre quelqu&#8217;un qui le met face \u00e0 ses responsabilit\u00e9s et lui montre ses bons c\u00f4t\u00e9s&#8230; apr\u00e8s avoir point\u00e9 ses erreurs et lui avoir donn\u00e9 une chance de les r\u00e9parer..<\/p>\n<p>-Monsieur Cartwright, je voulais vous remercier;..<\/p>\n<p>-Me remercier; allons fiston&#8230; mais de quoi ?<\/p>\n<p>-Vous \u00eates gentil avec moi&#8230;.<\/p>\n<p>Son dernier mot s&#8217;\u00e9touffe dans sa gorge&#8230; Il \u00e9clate en sanglots et tente de les masquer maladroitement dans sa manche de chemise&#8230;.<\/p>\n<p>-allez pleure fiston, \u00e7a va te faire du bien&#8230;..<\/p>\n<p>Ben encore une fois, tend les bras, offre une \u00e9paule consolatrice; un corps solide et protecteur, comme un refuge insubmersible&#8230; Corvet se jette contre la poitrine de son patron et le serre de toute la force de ses bras&#8230;<\/p>\n<p>-Hey..<\/p>\n<p>Ben l\u00e8ve la t\u00eate; ses yeux s&#8217;emplissent de larmes,; l\u00e0, devant ce gamin paum\u00e9 qui s&#8217;accroche \u00e0 lui&#8230;<\/p>\n<p>-l\u00e0 la, fiston, \u00e7a va aller.. Je suis l\u00e0&#8230;<\/p>\n<p>Corvet renifle et s&#8217;essuie les yeux dans sa manche&#8230;.<\/p>\n<p>-j&#8217;sais pas c&#8217;qui m&#8217;arrive, pardon.<\/p>\n<p>-Ne t&#8217;excuse pas, il est peut-\u00eatre temps ; c&#8217;est tout&#8230; Tu as l&#8217;air d&#8217;en avoir gros sur le coeur&#8230;<\/p>\n<p>-Je reconnais que j&#8217;ai du mal \u00e0 me confier..<\/p>\n<p>-J&#8217;ai cru comprendre \u00e7a fiston&#8230; Maintenant, n&#8217;oublie pas que je suis l\u00e0&#8230;. Si tu as besoin de parler, j&#8217;aurai toujours du temps pour toi&#8230;<\/p>\n<p>Les larmes reprennent de plus belle&#8230;<\/p>\n<p>-et ben&#8230;.<\/p>\n<p>-Vous pouvez pas imaginer ce que \u00e7a fait d&#8217;entendre quelqu&#8217;un dire qu&#8217;il a du temps pour moi&#8230;<\/p>\n<p>La vie c&#8217;est incroyable, se dit Corvet&#8230; Au moment o\u00f9 il se sentait si perdu, Mr Cartwright est venu lui tendre la main&#8230; C&#8217;est plus souvent contre un mur ou un tronc d&#8217;arbre qu&#8217;il a frott\u00e9 ses joues que contre la poitrine d&#8217;un homme&#8230;. Longues journ\u00e9es \u00e0 ravaler son ennui et son chagrin et voil\u00e0 que cet homme entre dans sa vie et lui dit \u00ab\u00a0j&#8217;ai du temps pour toi\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>**********7.50<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans la cour, environ 40 personnes, les notables de la ville, les conseillers municipaux, et des curieux venus assister \u00e0 l&#8217;ex\u00e9cution&#8230;. Et derri\u00e8re les fen\u00eatres qui donnent sur l&#8217;emplacement du ch\u00e2timent , combien sont-ils \u00e0 attendre, \u00e0 scruter les allers et les venues des uns et des autres ?<\/p>\n<p>Ben, Adam, Joe et Hoss sont l\u00e0 aussi; Joan est l\u00e0&#8230;.<\/p>\n<p>Dayve, l&#8217;assistance de Roy Coffee monte sur l\u2019\u00e9chafaud, ajuste la corde de la potence et retourne ensuite dans la prison pour y chercher le condamn\u00e9. Il ressort avec le sh\u00e9rif, tous deux ont le r\u00e9volver \u00e0 la ceinture et l&#8217;\u00e9toile qui \u00e9tincelle&#8230;, le r\u00e9v\u00e9rend Browne en paletot, avec \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s le condamn\u00e9 \u00e0 mort. Le cort\u00e8ge monte les seize marches de l\u2019\u00e9chafaud lentement, avec solennit\u00e9 m\u00eame. Le r\u00e9v\u00e9rend prie avec Marchildon qui se place sur la trappe du gibet. Dayve lui lie les bras et les jambes avec des courroies, couvre sa t\u00eate d\u2019un bonnet noir et ajuste le n\u0153ud coulant de la corde qui lui enserre le cou.<\/p>\n<p>-Dieu toi qui voit tout, prends piti\u00e9 de cet homme qui va expier ses fautes&#8230;&#8230; Fais que le Bien triomphe du Mal&#8230;.<\/p>\n<p>A huit heures deux, Edmond Marchildon meurt&#8230;.Au moment o\u00f9 le corps bascule lourdement dans le trou b\u00e9ant pratiqu\u00e9 dans le plancher de l&#8217;\u00e9chafaud, un cri retentit alors que tout le monde s&#8217;est tu&#8230;.<\/p>\n<p>-NON&#8230;&#8230;<\/p>\n<p>L&#8217;auteur du cri se lance en courant vers la potence; mais quelqu&#8217;un a d\u00e9j\u00e0 parcouru la distance qui les s\u00e9pare&#8230; Quelqu&#8217;un qui d\u00e9j\u00e0 a compris&#8230;.<\/p>\n<p>&#8211; calme-toi&#8230;.<\/p>\n<p>Celui qui a cri\u00e9 , c&#8217;est Corvet et celui qui a couru ; c&#8217;est Hoss&#8230;.Il entoure de ses bras puissants le corps du gamin qui gesticule de douleur et de rage&#8230; Hoss l&#8217;emm\u00e8ne \u00e0 part. \u00c9prouv\u00e9, ce gamin est en d\u00e9sarroi, en peine, et cherche du r\u00e9confort. Et Hoss Cartwright, tout comme son p\u00e8re, sait prendre un bras, une main, offrir une \u00e9paule. Seules r\u00e9ponses \u00e0 donner, celles qui sont les plus propices \u00e0 l&#8217;apaisement. Le fait de reconna\u00eetre le chagrin par le toucher et l&#8217;attention, cr\u00e9e un climat de confiance. Cette communication tactile, bien que silencieuse, est une aide pr\u00e9cieuse pour le jeune gar\u00e7on d\u00e9sorganis\u00e9 et \u00e9branl\u00e9. Cela lui permet de se sentir soutenu \u00e0 travers la souffrance. C&#8217;est un \u00e9tat de choc , une stupeur incommensurable.<\/p>\n<p>-Rendez-le moi&#8230;.<\/p>\n<p>Un frisson parcourt l\u2019assistance et, de la rue, o\u00f9 la foule a les yeux riv\u00e9s sur les poutres du gibet , s\u2019\u00e9l\u00e8ve un murmure de sympathie. Paul Martin se pr\u00e9cipite alors pour constater le d\u00e9c\u00e8s et soutenir le corps. Dayve coupe la corde , le docteur et Roy, aid\u00e9s de Ben et d&#8217;Adam mettent le corps de Marchildon en bi\u00e8re. La foule se disperse silencieusement.<\/p>\n<p>Ben, suivi de peu par Paul Martin, se fraie un passage et joue un peu des coudes pour rejoindre son fils&#8230;. C&#8217;est un long, un tr\u00e8s long regard qu&#8217;ils \u00e9changent&#8230;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>********Dans la chambre d&#8217;h\u00f4tel.. Corvet est assis sur son lit.<\/p>\n<p>De nombreux sentiments l&#8217;habitent , \u00e0 ce moment&#8230;. isolement, culpabilit\u00e9, inqui\u00e9tude, g\u00eane. Mort, il est mort, cette fois pour de vrai&#8230;. Pas une mort invent\u00e9e, pas un sc\u00e9nario germ\u00e9 dans sa t\u00eate&#8230; Non, mort de la fa\u00e7on la plus effroyable qu&#8217;il soit&#8230; Ces terribles images ne quitteront jamais son esprit&#8230; Mort dans la honte et la vindicte populaire; mort d&#8217;avoir donn\u00e9 la mort, deux fois. Cet homme qui a trich\u00e9, cet homme qui a menti; cet homme qui a assomm\u00e9 ; cet homme qui a poignard\u00e9, c&#8217;est son p\u00e8re&#8230;. Son p\u00e8re&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>*******dans le couloir<\/p>\n<p>-Quand as-tu su, Hoss ?<\/p>\n<p>-Au tribunal, quand Marchildon a dit qu&#8217;il avait un don pour contrefaire. Tu sais pa , le jour o\u00f9 je suis retourn\u00e9 \u00e0 Ponderosa , j&#8217;ai d\u00fb me lancer \u00e0 la recherche du gamin. En r\u00e9alit\u00e9, il \u00e9tait dans la maison. Il a reconnu y \u00eatre entr\u00e9 sans autorisation, il cherchait un crayon&#8230; Il voulait dessiner et son crayon n&#8217;avait plus de mine..<\/p>\n<p>-Oh Hoss, je me sens tellement mal; mal pour ce gamin, \u00e0 cause de ce \u00e0 quoi il a assist\u00e9&#8230; Mon dieu, mais qu&#8217;avons-nous fait ?<\/p>\n<p>-Pa, comment aurions-nous pu nous douter&#8230; Toi aussi tu l&#8217;as entendu parler de la mort de son p\u00e8re ?<\/p>\n<p>-oui je crois.. Enfin, j&#8217;t&#8217;avoue que je sais plus exactement.<\/p>\n<p>-Moi il m&#8217;a clairement dit que son p\u00e8re \u00e9tait mort dans une galerie&#8230;.<\/p>\n<p>-Que dieu lui vienne en aide, maintenant&#8230; Pauvre gosse&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>********** Une semaine plus tard.<\/p>\n<p>-Alors Joan, c&#8217;est d\u00e9cid\u00e9 ?<\/p>\n<p>-Oui, Benjamin.<\/p>\n<p>Ses malles sont closes; cadenas ferm\u00e9 sur un pass\u00e9, sur une vie. Elle n&#8217;emporte que quelques affaires; et puis ses r\u00eaves, ceux envol\u00e9s, ceux qu&#8217;elles conservent encore dans son coeur;&#8230; Elle a perdu beaucoup; pas tout, mais beaucoup&#8230;. Elle n&#8217;est plus qu&#8217;une femme meurtrie. Mais elle n&#8217;est pas seule; elle porte en elle une vie; la vie de son enfant; le fruit de son amour pour Henry. Et dire qu&#8217;elle avait entendu les femmes de la tribu r\u00e9p\u00e9ter si souvent que les femmes qui sont enceintes devaient \u00e9viter ce qui pourrait les perturber&#8230; Joan n&#8217;a rien \u00e9vit\u00e9, elle a tout affront\u00e9, elle a tout subi.<\/p>\n<p>-Me voil\u00e0 pr\u00eate \u00e0 rentrer chez moi, chez les miens..<\/p>\n<p>-Laissez-moi vous accompagner, m&#8217;assurer que vous serez bien accueillie&#8230;<\/p>\n<p>-Les choses sont diff\u00e9rentes.. Le chef a rejoint le pays des braves. Son fils a repris le b\u00e2ton de parole et la grande parure de son p\u00e8re&#8230; Il dirige la tribu avec sagesse.<\/p>\n<p>-Je ne savais pas que le chef Numaga n&#8217;\u00e9tait plus&#8230;<\/p>\n<p>-Je l&#8217;ai su le jour o\u00f9 je suis retourn\u00e9e \u00e0 la tribu, quand vous \u00e9tiez si malade.<\/p>\n<p>-Oh Joan,<\/p>\n<p>-Chut Benjamin, s&#8217;il vous plait. Ne d\u00eetes rien, ce sera trop difficile&#8230;.<\/p>\n<p>-Mais Joan.<\/p>\n<p>-Je sais ce que vous allez me dire; et sachez que je voudrai vous dire les m\u00eames mots.<\/p>\n<p>-Alors si nous devons nous quitter, que ce soit un au revoir, et pas un adieu&#8230; Et permettez que&#8230;<\/p>\n<p>Et prenant le visage de la jeune femme dans ses mains, Ben y d\u00e9pose un baiser. A l&#8217;instant o\u00f9 ses l\u00e8vres touchent celles de Joan, le go\u00fbt amer et sal\u00e9 d&#8217;une larme le fait reculer.<\/p>\n<p>-Joan, pourquoi ?<\/p>\n<p>-Je vous aime, Benjamin. D\u00e8s le premier jour o\u00f9 vous avez pos\u00e9 vos yeux sur moi, j&#8217;ai su que mon coeur allait vous appartenir. J&#8217;ai tent\u00e9 d&#8217;oublier, j&#8217;ai essay\u00e9; Benjamin, mais comment dominer un sentiment, comment faire taire la voix de son coeur&#8230; Cette voix, j&#8217;ai r\u00e9ussi \u00e0 l&#8217;endormir quand j&#8217;ai rencontr\u00e9 Henry, mais elle n&#8217;a jamais cess\u00e9 de protester dans un coin de mon coeur&#8230;<\/p>\n<p>-Oh Joan&#8230;ma douce.<\/p>\n<p>Ben, \u00e0 ce moment, ne peut s&#8217;emp\u00eacher de repenser \u00e0 ce qu&#8217;Adam lui avait dit, le soir o\u00f9 ils rentraient de la soir\u00e9e chez les Dexter. Ainsi Adam avait vu juste; tout comme il avait vu juste, d\u00e9j\u00e0 la premi\u00e8re fois, en lui faisant comprendre que oui, Joan, allait faire davantage que s&#8217;adapter.. D\u00e8s le d\u00e9but, il avait compris que la jeune blanche chass\u00e9e de la tribu s&#8217;attachait \u00e0 Ben Cartwright.<\/p>\n<p>Ben tient la jeune femme contre lui, elle s&#8217;\u00e9carte un peu, il ne veut pas lui l\u00e2cher la main&#8230; Il la retient encore un peu&#8230; Il la ram\u00e8ne pr\u00e8s de lui, l&#8217;enserre dans ses bras.<\/p>\n<p>-Il vaut mieux que je parte. Je veux me retrancher aupr\u00e8s des miens&#8230; Me mettre \u00e0 l&#8217;abri. J&#8217;ai eu trop mal; Benjamin. J&#8217;ai cru que j&#8217;allais \u00eatre heureuse dans ce nouveau monde; le monde que vous avez ouvert , ce monde que vous m&#8217;avez offert&#8230;<\/p>\n<p>-Pardon Joan, ce n&#8217;est pas la vie que je souhaitais pour vous&#8230;..<\/p>\n<p>-Vous n&#8217;y \u00eates pour rien, Benjamin&#8230;. Et sachez qu&#8217;\u00e0 chaque lever de lune; \u00e0 chaque saison , j&#8217;aurai une pens\u00e9e pour vous; Benjamin&#8230;. Et derni\u00e8re chose; Benjamin, occupez-vous de ce jeune gar\u00e7on. Soyez un second p\u00e8re pour lui.. Fa\u00eetes avec lui ce que vous avez fait pour moi et pour tant d&#8217;autres;; soyez un guide&#8230;..<\/p>\n<p>-Tout ce que vous voudrez; ma ch\u00e8re Joanie&#8230;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>******<\/p>\n<p>Ben s&#8217;\u00e9loigne, le coeur lourd. S&#8217;\u00e9loigner encore; ne pas se retourner. Surtout ne pas se retourner; se retourner ce serait d\u00e9j\u00e0 y retourner.. Quand bien m\u00eame sa peine est grande, il doit la laisser, il doit respecter sa d\u00e9cision&#8230;. Il est malheureux de laisser la femme qu&#8217;il aime&#8230; Sur sa peau tann\u00e9e par le soleil, marqu\u00e9e par les ann\u00e9es, une larme coule. Il a vu Joan dispara\u00eetre dans le tipi des Lunes ; r\u00e9serv\u00e9 aux femmes&#8230; Finalement, il se rend compte que construire des maisons solides comme un roc ne met pas les hommes \u00e0 l&#8217;abri du malheur. Le tipi lui appara\u00eet comme un havre de paix : peau tendu sur 28 b\u00e2tons; 28 comme le cycle de la lune. Et 9 pi\u00e8ces de peaux cousues ensemble, comme les neuf mois que dure la grossesse&#8230; Joan lui a d\u00e9crit cette tente de l&#8217;attente; les femmes de la tribu veilleront sur elle et l&#8217;aideront \u00e0 l&#8217;aube des premi\u00e8res douleurs&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Epilogue<\/p>\n<p>Que la plaine est morne au moment des au revoirs. Ses yeux couleur des bois, son front indocile et lisse lui manquent d\u00e9j\u00e0, lui manqueront encore demain et les autres matins.. Oh Joan, je ne voulais pas vous voir partir. J&#8217;ai aim\u00e9 tout de suite votre coeur d&#8217;enfant, votre visage de femme d\u00e9cid\u00e9e, votre charme de femme courageuse. Vos col\u00e8res, vos insultes, votre insoumission \u2026. Je ne vous oublierai pas, Joan&#8230;..<\/p>\n<p class=\"sdfootnote\">\n<\/div>\n<div id=\"copyright\"><span style=\"text-decoration: underline;\">Disclaimer:<\/span>\u00a0All publicly recognizable characters and settings are the property of their respective owners. The original characters and plot are the property of the author. No money is being made from this work. 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