Summary: Adam va vivre un Nöël qu’il n’oubliera pas.
Rated: MA (3,000 words)
Noël à Ponderosa
Author’s Notes:
Adam remonta le col de sa veste. Il faisait un peu froid ce matin, on était à deux semaines de Noël et son père n’avait eu de meilleure idée que l’expédier voir où se trouvait le troupeau de génisses. Ils les avaient descendues des hauts pâturages de la montagne pour la clémence de ceux de la vallée. Adam avançait doucement, son cheval faisait craquer l’herbe gelée sous ses sabots. Des rapaces volaient assez bas, à la recherche de petits gibiers assez rare à cette saison. Adam avait oublié ses gants, il souffla dans ses mains pour les réchauffer. IL fronça les sourcils, c’était bien de la fumée qu’il apercevait au loin. Il était sûr qu’aucun cow-boys du ranch n’étaient en bivouac en ce moment. Il éperonna son cheval et parti au galop vers la colonne de fumée.
Il s’arrêta sur le haut d’une colline. Comme il s’y attendait, un chariot faisait halte sur les terres du ranch. Ce n’était pas la première fois que cela arrivait. Ils avaient déjà eu fort à faire avec des immigrants qui se permettaient de passer sur le ranch sans faire attention et sans rien respecter, cela leur avaient valu quelques belles bagarres. Anticipant les ennuis, Adam dégaina son arme et fit avancer son cheval au pas. Arrivé prés du campement, il stoppa sa monture. Une femme, il savait que c’était une femme car elle portait une épaisse jupe de laine grise, lui tournait le dos, elle ne l’avait pas vue ni entendu arriver.
***
« – Hep ! Vous là ! »
La femme sursauta et voulu attraper son fusil posé contre la roue du chariot.
« – Surtout pas ! Ne touchez pas à ce fusil ! » lui cria Adam
Le femme ne bougea pas, elle resta les mains en l’air. Elle était emmitouflée dans un manteau usé et trop grand pour elle, un châle lui recouvrait la tête et les épaules. Adam regarda autour de lui. Il n’y avait personne d’autre au campement.
« – Etes-vous seule ? Vous pouvez vous tourner, sans toucher au fusil. »
La femme, doucement, se tourna vers Adam, les mains toujours en l’air.
« – Est-ce que vous êtes seule ?
– Qu’est-ce que ça peut vous faire !
– Vous savez où vous êtes ? »
La femme lui fit signe que non de la tête.
« – Pas du tout et je m’en fiches !
Adam haussa les sourcils à cette réponse.
« – Vous-vous en fichez ! Pas moi. Vous êtes sur mes terres.
– Si vous le dites. Je veux bien vous croire.
– Vous êtes à Ponderosa, ce ranch appartient à ma famille.
– Tant mieux pour vous
– Qui est avec vous ? Combien êtes vous ? Baissez les mains et répondez-moi ! »
La Femme baissa ses mains et les mit dans ses poches, elle eut un frisson.
« – Alors, j’attends une réponse. »
Elle leva les yeux vers Adam, il put remarquer qu’elle était assez jolie. Ses joues étaient rosies par l’air frais, mais elle avait l’air fatigué. Adam descendit de cheval et, son arme toujours à la main, s’approcha d’elle.
« – Je ne vais pas vous faire de mal. Assoyez-vous prés du feu. »
Ce fut lorsqu’elle voulut s’asseoir avec difficulté, qu’Adam s’aperçut qu’elle était enceinte.
« – Où est votre mari ? »
Devant le mutisme de la jeune femme, Adam commença à s’énerver.
« – Mais enfin, bon sang ! Je vous ai dit de vous ne craignez rien ! Je ne vais pas vous toucher, ni vous voler, je n’ai pas non plus l’intention de faire de mal à votre mari. Alors où est-il ? A la chasse ? Bon, il a deux solution ou vous me répondez ou je vous emmène chez le shérif. Vous avez le choix ! »
La femme lui murmura la réponse ;
« – Je suis seule.
– Seule ! Ne me dites pas que vous voyagez seule à cette époque de l’année et dans votre état ?
– Si.
– Que faites-vous par ici ?
– Je vais vers l’ouest.
– Jusqu’où vers l’ouest ?
– Sacramento.
– Bon. Pour l’instant il est hors de question que vous restiez ici. Ramassez vos affaire pendant que j’attèle votre cheval.
– Où m’emmenez-vous ?
– Au ranch !
– Mais, mais… Je ne vous connais pas.
– Moi, non plus, mais nous allons faire plus ample connaissance au chaud, prés de la cheminée. Vous verrez, vous y serez bien mieux que dehors dans ce froid. »
Adam aida la jeune femme à se relever. Elle lui tendit ses mains, elles étaient froides comme de la glace. Adam prit le fusil, enleva les cartouches et le posa dans le chariot. Après avoir attelé le cheval, il attacha sport à l’arrière et aida la femme à monter, il s’installa près d’elle. Adam la regarda avant de mettre le chariot en route.
« – Comment vous appelez-vous ?
– Carrie.
– C’est joli Carrie, moi c’est Adam.
– C’est joli aussi. »
Adam fit partir le cheval au trot. Ils arrivèrent au ranch à l’heure du déjeuner. Hoss entendit le chariot arriver.
« – P’pa, p’pa, vient voir ce qu’Adam nous ramène de sa tournée d’inspection ! »
Ben se précipita à l’extérieur et aida Carrie à descendre du chariot. Carrie était assise prés de la cheminée, dans le confortable fauteuil de cuir fauve. Elle s’était défaite de son manteau et de son châle. Elle paraissait plus menue, malgré son gros ventre. Ben et Adam étaient assis en face d’elle. Ben sur le sofa, Adam sur la table basse, ils la regardaient, les yeux interrogateurs. Ben lui parla sur un ton paternel.
« – Mais que faites-vous toute seule sur la piste.
– Je voulais aller à Sacramento.
– Mais pourquoi ? Est-ce que quelqu’un vous attend là-bas ? »
Carrie remua la tête.
« – Non, personne.
– Du travail peut-être ?
– Non.
– Ecoutez, nous sommes prêt à vous aider, mais, il faut que vous nous expliquiez ce que vous faites toute seule et… dans votre état sur la route. Vous n’avez pas de famille ?
– Non, je n’en ai plus.»
Sur ces paroles, les larmes, doucement, se mirent à couler sur les joues de Carrie. Ben regarda Adam d’un air ennuyé. Adam posa sa main sur celle de Carrie.
« – Ecoutez, vous ne voulons pas vous mettre mal à l’aise. Si vous ne voulez pas nous parler de vous c’est votre droit. »
Carrie renifla et essuya ses larmes d’un revers de main.
« – C’est pas grave, de toute façon il fallait bien que cela finisse comme ça.
– Comme quoi ?
– J’avais un petit ami, je croyais qu’il m’aimait vraiment, je croyais que l’on se marierait plus tard. Il était pressé, vous comprenez, il me disait que l’on pouvait le faire parce que l’on s’aimait. »
Adam regarda son père d’un air désolé, il savait déjà tous deux, ce qu’il s’était passé pour cette jeune femme.
« – Mais quant il a appris que j’attendais un bébé, il a rit. Il a dit que jamais il ne m’épouserait et il est parti. Je n’ai rien dit à mes parents, mais quand mon père s’en est aperçut. »
Carrie se remit à pleurer, entre deux hoquets, elle réussit à terminer.
« – Il m’a mise à la porte. Il a dit que j’étais une mauvaise fille, une fille perdue, que jamais personne ne voudrait m’épouser et que j’étais une honte pour la famille. »
Ben ne put réprimer un cri ;
« – Quoi ! Votre père vous a chassé au lieu de vous aider ! C’est lui qui devrait avoir honte ! Quelques soient les erreurs que font nos enfants, nous devons les aider et les protéger.
– Calme-toi p’pa, tu vas l’effrayer.
– Excusez-moi Carrie. Pour l’instant vous allez rester ici. Vous allez vous reposer et nous aviserons après. Adam veux-tu lui monter la chambre d’ami. Ensuite, nous passerons à table, je crois qu’un bon repas ne vous fera pas de mal. »
Adam prit Carrie par le bras et la conduisit jusqu’à la chambre. Ben profita de leur absence pour donner une leçon de moral à Hoss et Joe qui étaient resté au salon.
« – Voilà pourquoi, je veux que vous fassiez attention avec les jeunes fille que vous rencontrez. On s’amuse à flirter et un… accident est vite arrivé. Même si je sais que vous n’êtes pas du genre à fuir vos responsabilités, c’est souvent un drame pour les demoiselles qui doivent faire face à leur famille. »
Quelques instants après Adam redescendit. Ils se mirent à table et attendirent que Carrie les rejoigne. Elle descendit l’escalier doucement, elle s’était lavée le visage et avait brossé ses cheveux. Ses yeux étaient rougis d’avoir pleuré. Adam lui proposa une chaise prés de lui. Elle s’assit et attendit qu’on lui serve à manger. Il y avait longtemps qu’elle n’avait pas fait un repas digne de ce nom. Elle mangea avec appétit.
Ben entama la conversation.
« – Dites moi Carrie, pourquoi voulez-vous absolument aller à Sacramento. »
Carrie baissa la tête et roula de la mie de pain en boule du bout des ses doigts.
« – Il paraît qu’il y a un bon orphelinat là-bas.
– Un orphelinat ! Vous n’y pensez pas !
– Je ne pense qu’à ça Monsieur. Qu’est-ce que je peux faire d’autre ? Je n’ai pas d’argent, pas de mari, pas de famille et pas de travail. Comment est-ce que je vais faire pour élever mon enfant ? Au moins là-bas, on pourra lui trouver une vraie famille qui l’aimera et qui prendra soin de lui.
– Avez-vous vraiment envie de l’abandonner ?
– Non, mais je n’ai pas d’autres choix. »
Les larmes se remirent à couler sur les joues de Carrie, Adam regarda son père d’un air sévère.
« – Voyons p’pa, je crois que Carrie en a assez des questions. Venez, je vais vous reconduire dans votre chambre, vous allez vous reposer et nous reparlerons plus tard. Vous voulez bien ?
Carrie regarda Adam. Elle avait déjà remarqué qu’il était beau garçon. Mais pour elle, un beau garçon maintenant, c’était un signe de danger. Adam lui prit la main, Carrie se laissa faire et monta les marches au côté d’Adam. Il redescendit et se rassit à table.
« – Bien triste histoire. Elle est fatiguée, je me demande s’il ne serait pas judicieux de faire venir le docteur Martin. Elle a l’air d’être…. heu… assez grosse, enfin, je veux dire, prête à avoir son bébé.
– Oui, c’est aussi ce qu’il me semble. Joe, tu iras en ville chercher le médecin. »
Le docteur Martin redescendit au salon sa sacoche à la main. Il s’assit dans le fauteuil alors que Hop Sing apportait du café et des cookies. Ben et Adam attendirent qu’il donne des nouvelles de Carrie.
« – Elle va bien, elle est fatiguée, mais ça va. D’après ce qu’elle m’a dit, elle ne doit pas être loin du terme. A mon avis le bébé devrait arriver d’ici la fin du mois, au plus tard début janvier.
– Oui, c’est bien ce qu’il me semblait
– Que va t-on faire p’pa ? Pas question de la laisser repartir.
– Non, bien sûr que non. Nous allons la garder jusqu’à la naissance du bébé, après, nous aviserons. Mais c’est à elle de prendre la décision.
– Vous devriez lui parler, car je crois qu’elle veut partir. »
Adam se leva prit une tasse, y versa du café, il la déposa sur le plateau avec un cookie.
« – Je vais monter la voir et discuter un peu avec elle. J’espère la décider à rester. »
Adam frappa doucement à la porte et attendit que Carrie l’invite à entrer. Elle était toujours couchée, ses vêtements posés sur une chaise. Carrie avait son châle sur ses épaules, elle remonta pudiquement les draps jusqu’au menton et fixa Adam. Il posa le plateau sur la table et lui tendit la tasse de café. Carrie se redressa, se cala sur les oreillers et croisa son châle sur sa poitrine. Adam approcha une chaise du lit et s’assit. Il lui parla doucement, essayant de lui faire comprendre qu’elle avait tout intérêt à rester au ranch jusqu’à la naissance du bébé, qu’elle pouvait prendre le temps de réfléchir pour la suite.
« – Vous savez rien ne presse, vous pouvez rester aussi longtemps que vous voudrez. Nous sommes heureux de pouvoir vous aider.
– Merci, c’est vraiment très gentil, mais je ne vais pas vous déranger ?
– Bien sûr que non. Je m’en voudrais de vous voir repartir. Reposez-vous et si vous avez besoin de quelque chose, n’hésitez pas à m’appeler. »
Carrie hocha la tête et pour la première fois elle fit un sourire timide. Adam ressorti de la chambre en fermant doucement la porte. Carrie ne mit pas longtemps à s’endormir. Ben fut ravi de voir qu’Adam avait décidé la jeune à rester.
« – A ton avis p’pa, qu’est-ce qu’elle va décider après la naissance du bébé ?
– Je n’en sais rien Adam, mais je vais essayer de la dissuader de placer son enfant à l’orphelinat.
– Ce ne sera pas facile, elle est seule.
– Je sais Adam, je sais. »
Pendant les jours qui suivirent, Adam s’occupa de Carrie. Il lui fit la lecture lorsqu’elle était couchée et se reposait. Ils firent des promenades dans le ranch, Adam lui tenant le bras. Il réussit à la faire rire et il lui chanta quelques chansons de Noël qui lui tirèrent quelques larmes.
Ben regardait cela d’un certain œil. Un soir, il aborda le sujet avec Adam.
« – Adam, je sais que tu penses bien faire, mais ne crois-tu pas que tu t’occupes un peu trop de Carrie ?
– Que veux-tu dire ?
– Et bien, malgré son état, Carrie est une jolie jeune femme.
– Tout à fait et où vois-tu un problème ?
– Nous ne savons rien d’elle, ni d’où elle vient.
– P’pa qu’est-ce que tu veux me dire ?
– Fait attention Adam, elle pourrait se méprendre sur tes intentions.
– Mes intentions ? Et quelles intentions crois-tu que j’ai pour elle ?
– Adam, je sais bien que tu ne veux qu’être agréable avec elle, mais elle pourrait croire que …. Tu t’intéresses à elle.
– Et si c’était vrai ?
– Voyons Adam ! Elle va avoir un enfant !
– Et alors ? L’erreur n’est-elle pas humaine ? Pourquoi n’aurait elle pas le droit de refaire sa vie ?
– Bien sûr Adam ,bien sûr qu’elle a le droit de faire sa vie.
– Mais tu préférerais que ce ne soit pas avec moi ?
– Tout je que je veux Adam, c’est que tu ne trompes pas, elle souffre déjà suffisamment comme ça.
– Ne t’inquiète pas, je ne vais pas la faire souffrir. »
Carrie se posait beaucoup de questions. Les moments passés avec Adam étaient magiques. Elle aimait être au près de lui. Au début, elle avait essayé de se tenir éloigné de lui, mais c’était sans compter sur l’attirance qu’il exerçait sur elle. Mais Carrie ne rêvait pas, dans quelques jours le bébé serait là et le charme serait rompu. Si seulement leur rencontre avait été différente, un autre jour, dans un autre lieu, à un autre moment. Carrie sentit les larmes monter. Partir, peut-être que c’était ce qu’il y avait de mieux à faire, partir avant que le charme ne soit rompu et garder au fond de son cœur ce sentiment d’être aimé.
Il faisait nuit, Carrie ne dormait pas, elle se leva et s’habilla rapidement. Elle descendit doucement l’escalier, toute la maisonnée dormait. Carrie ouvrit la porte doucement, en essayant de ne pas la faire grincer. Elle se dirigea vers la grange en serrant son manteau contre elle. Carrie alluma une lanterne et s’approcha de son cheval, elle chercha les brides et se pencha pour ramasser les rênes qui traînaient par terre. Une violente douleur la fit se plier en deux. Carrie sentit son panty se mouiller, un liquide chaud se répandit sur ses jambes et forma une flaque à ses pieds. Elle lâcha les rênes et posa ses mains sur son ventre, une nouvelle contraction lui fit pousser un petit cri.
« – Mon Dieu, non pas maintenant ! Pas tout de suite ! »
Les larmes roulèrent sur ses joues. Elle dut se cramponner à un poteau de bois pour ne pas tomber. Elle essaya tant bien que mal de marcher pour retourner à la maison. Une nouvelle contraction la stoppa. Carrie se mit à genou et s’assit dans la paille, les mains toujours sur son ventre. Elle ne sut dire combien de temps elle resta là, le souffle court à essayer de maîtriser les tremblements qui agitaient ses jambes et la douleur qui lui broyait le ventre. Elle n’entendit pas la porte de la grange s’ouvrir. Ce fut lorsqu’il s’approcha, une lanterne à la main, qu’elle l’aperçut.
« – Bon sang, mais qu’est-ce que vous faites là ?
– Le bébé ! Il arrive !
– Mais c’est pas vrai ! Pourquoi n’êtes-vous pas resté dans votre lit ? »
Pour toute réponse Adam n’eut droit qu’à un cri perçant ;
« – Mon Dieu, il faut m’aider, je vous en prie !
– Vous aider ! Mais je n’ai jamais mis d’enfant au monde !
– Moi non plus ! »
Carrie retroussa sa robe, elle réussit à se défaire de ses bottines et de son panty. Adam la regarda avec ahurissement.
« – Ne bougez pas, je vais chercher de l’aide !
– NON ! Restez ! Je vous en prie ! Restez ! »
Adam s’approcha et s’agenouilla près d’elle, il lui prie la main. Il fut surpris de la force avec laquelle Carrie la serra. L’accouchement fut rapide, ce fut lorsque le bébé se mit à pleurer, que Ben entra à son tour. Il trouva Adam assit dans la paille, Carrie couchée près de lui serrant un nouveau né dans ses bras.
Le bébé était en parfaite santé, Carrie l’appela Randall. Tout le monde fut d’accord pour trouver ce prénom très bien.
Le lendemain, 24 décembre, Joe et Hoss installèrent le sapin dans la maison, il firent la crèche et avant de poser le nouveau-né entre l’âne et le bœuf, en riant, ils le baptisèrent Randall.
Il fallut un peu plus de temps à Adam pour se remettre de l’accouchement qu’à Carrie.
Carrie ne repartit pas du ranch. Quelques mois plus tard, on célébra un mariage et un baptême en même temps.
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